Québec et New-Brunswick

Québec et le Nouveau-Brunswick  du 23 juillet au 16 aoùt 2009

 Pour consulter les photos sur Québec, veuillez cliquer sur le lien : http://picasaweb.google.com/motovoyage35/Quebec2009?feat=directlink
 

                1er jour, jeudi 23 juillet (110 km)

               Départ de Rennes le 23 juillet à 6h10, le T.G.V nous conduit vers l'aéroport à vive allure. Il est 9h15, quand nous posons les pieds à la gare de Roissy. Nous prenons notre temps pour rejoindre le terminal, où se situe notre avion de la compagnie Air Transat. Le vol est prévu à 13h25 pour Québec, cela nous laisse un bon moment de libre, pour faire enregistrer nos bagages. C'est sous un soleil radieux et chaud que le Québec nous accueille, il est à peine 14h40. Le décalage horaire de 6h00, nous permet d'avoir le reste de l'après-midi pour nous organiser, trouver un motel et un restaurant pour cette première journée. Nous récupérons nos valises et passons la douane de l'aéroport, ensuite nous allons prendre possession de la Chevrolet que nous avions retenue par internet. Nous ramons un peu  pour quitter l'aéroport, puis nous empruntons la route 138 vers Tadoussac. C'est à Château-Richier que nous dénichons le "Motel Spring" légèrement retiré de la route principale et non loin du St-Laurent.

               Il n'est pas trop tard, nous décidons d'aller faire une petite promenade dans le village de Ste-Anne de Beaupré qui est situé à quelques encablures. Ste Anne de Beauprés est installée à 20 mn de la ville de Québec. Cette petite bourgade est  mondialement connue grâce à sa basilique catholique Sainte-Anne-de-Beaupré. C'est un lieu de pèlerinage, qui attire chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Nous finissons la soirée dans un petit restaurant-pizza, le "Hollywood-pizza".

               2ème jour, vendredi 24 juillet (195 km)

               Lever ce matin à 8h00, après un petit déjeuner copieux, nous prenons la direction de Québec. Puis nous enjambons le fleuve St-Laurent, sur un magnifique pont suspendu métallique qui relie l'île d'Orléans à la rive gauche du fleuve, depuis 1935. C'est Jacques Cartier qui en 1536 la nomme île d'Orléans en l'honneur du Duc d'Orléans, fils du Roi de France, François 1er. La petite route (appelée . chemin Royal) qui suit le pourtour de l'île, nous fait découvrir de magnifiques villages. Le premier est Ste Pétronille fondé en l'an 1870, c'est ici que les Hurons "Wendake" chassés par les anglais y trouvèrent refuge en 1651. Une rue étroite nous conduit à la pointe de l'île et nous offre un spectacle grandiose sur la chute d'eau de Montmorency. En toile de fond  on aperçoit Québec et le château de Frontenac. St-Laurent est le second village de notre balade, peuplé dès 1660 par des colons Français. La paroisse prend vie en 1679 sous le nom de St-Paul, puis définitivement St-Laurent en 1698. Une 1ère église vit le jour en 1675, toute en bois, elle fut remplacée par une autre plus solide, construite de pierres en 1697. Remaniée plusieurs fois, elle finit par être démolie en 1864 et remplacée par l'église actuelle édifiée en 1860 de l'autre côté du cimetière. Elle possède des vitraux de 1900 et aussi plusieurs tableaux de la fin du XIXème. A St-Laurent on trouve des vestiges des chantiers de marine et des chalouperies, qui à l'époque de sa plus grande production, fournissaient quelques 400 chaloupes par an.

               St-François, qui a vu sa naissance vers 1679, et où la première église de style breton voit le jour en 1734, détruite suite à un incendie en 1988, fut reconstruite à l'identique en 1992. Saint-François est surtout un village d'agriculteur. En effet, bénéficiant d'une grande étendue de terre, on y récolte principalement poireaux et pommes de terre. De l'autre côté du chenal des grands voiliers, on a une vue superbe sur le Mont-Ste-Anne et le Cap Tourmente. Nous abordons l'autre côté de l'île, et nous arrivons au parc des bisons. L'entrée est de 5,00 $, une piste de 4 km en fait le tour, nous l'empruntons à la vitesse d'un homme au pas. Nous parcourons la prairie à la recherche de ces gros mammifères, que nous apercevons au loin s'en pouvoir les approcher. Les bisons sont libres de déplacement et peuvent traverser la piste comme bon leurs semblent. Nous ferons deux fois le parcours pour mieux les observer, et nous avons la chance de les voir de très près, c'est extraordinaire de pouvoir approcher ces montagnes de muscles.

                Nous poursuivons notre flânerie de l'île, par le village de Sainte-Famille fondé en 1661, possède une vue sublime sur la Côte de Beauprè et le mont Saint-Anne. Sainte Famille est la plus ancienne paroisse de l'île d'Orléans. Sainte-Famille partage avec Saint-François la plus grande concentration de maisons en pierre, datant de l'époque Française au  début du XVIIe siècle. Ces maisons solides rappellent la ténacité et le courage des premiers colons, dont les descendants sont fiers. Les résidants de l'île entretiennent encore aujourd'hui le patrimoine et les traditions de leurs ancêtres, entamés il y a plus de trois siècles. Une première église voit le jour en l'an 1669, modeste de part ses dimensions, en effet elle ne mesurait que 26 m de long, sur 11,70 m de large. Cette église accusa dès 1700 des vices de construction. L'état en était si  pitoyable dans les années 1730/1740, qu'on décida d'en construire une seconde. Les travaux débutèrent en 1740, l'église actuelle est classée monument historique depuis 1980. Elle possède trois clochers, ce qui est unique dans tout le Québec. La décoration intérieure date de 1812, une gracieuse voûte décorée de caissons supporte l'ensemble de la toiture. Les murs, le chœur et le transept sont également décorés, le tout est agrémenté d'œuvres d'art du XVIIe et XVIIIe siècle. Les cloches de l'église dates de 1919, et on été coulées à Annecy-le-Vieux en Haute-Savoie.

               Nous continuons notre visite par le dernier village de l'île. Saint-Pierre est Situé au sud-ouest de la rivière Pot-au-Beurre, Saint-Pierre coule des jours heureux depuis 1662. Une chapelle fut érigée en 1662, et l'église actuelle édifiée en 1717, en fait la plus vieille église du Québec. Les troupes de l'armée Anglaise sous le commandement du général James Wolfe occupèrent l'île d'Orléans et l'église de Saint-Pierre. Ils saccagèrent le presbytère de cette dernière, avant de rejoindre les Plaines d'Abraham et de livrer la bataille, qui entrainera la perte de Québec par les Français en 1759.

               En début d'après-midi nous arrivons à Québec "Kebek" dont le nom est d'origine Algonquine, qui signifie passage étroit, soit le rétrécissement du St-Laurent à l'endroit du Cap Diamant. Les grandes dates de la ville de Québec :

 1608, la ville de Québec est fondée par Samuel de Champlain à proximité d'un ancien village Iroquois appelé Stadaconé. Québec est considéré comme le berceau de la civilisation française en Amérique du nord.

1620, construction du fort Saint-Louis par Samuel de Champlain.

      1629, les frères Kirke s'emparent de Québec jusqu'au retour des Français en 1632.

      1690, la batterie royale est érigée par Frontenac.

      1711, naufrage sur les récifs de l'Île aux œufs de plusieurs navires de la flotte de l'amiral Walker venu assiéger Québec.

     1759, siège de Québec et bataille des plaines d'Abraham qui donne lieu à un affrontement entre la troupe française du Lieutenant Général marquis de Montcalm et l'armée anglaise du Général James Wolfe. Les anglais gagnent la bataille, mais les deux chefs meurent des suites de leurs blessures. Les forces sont inégales, côté anglais, 150 vaisseaux de guerre armés de 1900 canons, 13500 marins, 8500 soldats. Du côté Français, quelques dizaines de canon et 15000 hommes défendent la ville.

      1760, lors de la bataille de Sainte-Foy, les troupes françaises sous le commandement du chevalier Gaston de Lévis assiègent Québec. L'arrivée de navires anglais en renfort change la donne et Lévis lève le siège pour regagner Montréal.

      1775, le siège de Québec par les troupes américaines de Richard Montgomery et Bénédict Arnold échouent, le premier meurt au combat et le second encerclé, se rend.

       Il est environ 14h00, nous laissons la voiture au parc de stationnement des bus, et nous prenons une navette électrique pour rejoindre le vieux Québec historique. Nous descendons à un arrêt de bus situé aux pieds de la rue Notre Dame. Nous entamons la remontée de la rue étroite et très pentue, bordée de maisons datant du XVIIe au XVIIIe siècle. Nous bifurquons vers l'insolite petite rue Sous le Fort, et au bout nous découvrons la Batterie Royale édifiée en 1691. Les dix bouches à feu qui constituent cette batterie ont été offertes par la France.

               La place Royale, nous fait contempler un ensemble de superbes demeures en granit, nous rappelant les habitations de certaines villes de Bretagne. Il ne faut pas oublier que la Place Royale est considérée comme le berceau de la civilisation Française en Amérique. C'est ici en 1608, que Samuel de Champlain construisit sa première cabane en bois. Nous empruntons la côte de la Montagne et longeons le Parc Montmorency, tout en franchissant la Porte Prescott. C'est ici que l'on remarque l'imposante muraille de 4,6km qui encercle la vieille ville. La rue De Buade nous conduit à la Basilique-Cathédrale Notre-Dame de Québec. Cette 1ère église de Québec fut édifiée par Samuel de Champlain en 1647, ce qui en fait la plus ancienne paroisse de l'Amérique du nord. Suite à l'incendie qui ravagea cette dernière, une seconde église fut construite par des jésuites qui a son tour connue la destruction par les anglais lors du siège de Québec en 1659. C'est en 1874 que le pape Pie IX éleva l'église au rang de Basilique-Cathédrale. L'actuelle Basilique-Cathédrale Notre-Dame de Québec fut de nouveau touchée par le feu en 1922, restaurée et reconstruite en 1923. A l'intérieur de la Cathédrale de superbes vitraux, un dais épiscopal, également une magnifique lampe offerte par Louis XIV et trois orgues des frères Casavant. Dans la Crypte, reposent les évêques de Québec, ainsi que quatre gouverneurs de la Nouvelle-France.

               En sortant de la Basilique, sur la droite au 2 rue de la Fabrique se trouve le Petit Séminaire, qui abrite le musée de l'Amérique française. Le musée d'histoire de Québec fait revivre les moments les plus importants de l'Amérique française.

               Notre visite se poursuit vers la porte St-Jean édifiée au XVIIIe siècle. La rue qui porte le même nom, est l'artère la plus  touristique et la plus animée du vieux Québec. A droite de la porte Saint-Jean, le site du Parc de l'Artillerie, est un haut lieu de l'histoire de Québec. La rue d'Auteuil nous tend les bras vers la porte Saint-Louis. Elle est rude à monter, mais les demeures du XVIIIe siècle qui la borde, valent à elle seule le détour. Nous remontons la rue Saint-Louis à la fois captivante et trépidante de vie, qui nous mène directement vers le Château Frontenac. Le majestueux château hôtel édifié en 1893, doit son nom au comte de Frontenac, illustre gouverneur de la Nouvelle France.

               Nous sommes maintenant arrivés devant le monument statue de Samuel de Champlain, le fondateur de Québec. En contre bas,  la terrasse Dufferin, bordée de canons de marine et de bancs, nous offre une vue exceptionnelle sur le Saint-Laurent et la basse ville. Nous poursuivons par la promenade des Gouverneurs, qui longe les remparts de la citadelle, avec une multitude d'escaliers. La citadelle constitue l'ultime fortification de Québec, sa construction débute en 1820 et s'étale sur 30 ans. Un sentier nous conduit sur les portes et les murs des remparts, de la dernière ville fortifiée d'Amérique du nord. Du haut de l'imposante muraille, nous admirons la vieille ville et ses rues étroites d'un côté et de l'autre une vue sur le parlement et la ville moderne.

               A partir du kiosque situé au bout de la citadelle, nous entamons la visite du Parc des Champs de Batailles ou encore appelée  Les Plaines d'Abraham. C'est un endroit magnifique tout près du Saint-Laurent. C'est ici qu'eut lieu la grande bataille en 1759, où le lieutenant général Louis-Joseph de Montcalm perdit la vie et la France son immense territoire d'Amérique.

 Nous terminerons cette belle journée dans un restaurant du vieux Québec, il n'y a que l'embarras du choix. Vers 23h00, nous sommes au vieux port, pour regarder la projection sur le mur du moulin à images, qui retrace l'histoire de Québec.

              3ème jour, samedi 25 juillet (300 km)              

              Déjà 7h00, nous entamons notre journée par un solide déjeuner. En route vers Québec par la route 138 ouest, puis l'A 40  ouest, ensuite l'A 73 nord et enfin nous prenons la sortie 154 pour rejoindre le Boulevard Bastien direction Loretteville. C'est ici que se situe la réserve de la nation Huronne-Wendat, sur un minuscule territoire de 1,5 km de long et 0,5 km de large. Le peuple Huron-Wendat est l'une des nations amérindiennes autochtones les mieux urbanisées du Québec. Les Hurons-Wendat utilisent principalement la langue française au détriment de la langue ancestrale huronne. Ne vous attendez pas à voir des amérindiens vivants sous des huttes ou des tipis. Les Hurons comme le reste des autres tribus vivent comme tout les Canadiens, dans des maisons en bois et roulent en voitures américaines.

              Le plus intéressant de cette visite est incontestablement le village Huron reconstitué. Il est entouré de palissades en épinette. Nous prenons la visite guidée; on nous donne des explications sur la construction des habitations ancestrales en bois et en écorce de  bouleaux. La maison longue qui abrite une famille ou un clan, nous impressionne de par ses dimensions, environ 20m  de long et 7 m de large. La visite se poursuit vers un wigwam, un séchoir à viande, une hutte de sudation, un fumoir à poisson et viande, la cabane du Chamane. Le spectacle de danses et animations traditionnelles est à ne pas manquer. Il est midi, nous en profitons pour prendre notre repas directement sur le site. Le restaurant, (Nek&Arre) offre divers menus authentiques à base de poisson et de gibier.

               Nous continuons vers le village de Wendake (moderne), situé à quelques centaines de mètre du village reconstitué. Une population d'environ 1300 Hurons habitent Wendake et 1700 vivent à l'extérieur. La charmante église Notre Dame de Lorette construite en 1862, est classée monument historique. Elle est vénérée par la Nation Huronne reconvertie à la religion catholique. Le village autour de l'église se compose essentiellement de restaurant et de magasins artisanaux, aux noms évocateurs : Raquette Gros Louis, l'Oiseau Tonnerre, Boutique Terre de   l'Aigle, Le Petit Huron, etc. L'économie principale est bien sur le tourisme et la fabrication artisanale de mocassins, de canots et de raquettes exportés dans le monde entier.

               Au bord du torrent et sur la place de la Nation, Il ne faut pas manquer la superbe fresque du peuple Wendat (Huron). Cette fresque marque le passage de l'histoire ancienne du peuple Wendat à la vie moderne. Nous descendons vers la magnifique chute d'eau Kabir-Kouba, qui est encaissée dans un canyon d'une profondeur de 42 mètres. D'une hauteur de 28m, la chute nous fait part de son mécontentement par un rugissement de son eau limpide.

              Il est 15h30, nous reprenons la route 175 Nord/Est, et les 200 km qui nous séparent de Chicoutimi. Nous longeons le Parc National de la Jacques Cartier, niché dans l'une des plus belles vallées glacières du Québec. Cet ancien territoire de chasse et chemin reliant Québec et le Lac Saint-Jean, était autrefois utilisé par les Montagnais et les Hurons. Le parc est situé au cœur de la réserve Faunique Des Laurentides.

              Nous poursuivons notre route à travers la réserve Faunique des Laurentides, créée en 1895 par le gouvernement Canadien. Cette dernière couvre environ 10 000km2, ce qui en fait l'une des plus grandes réserves de Québec. Elle est formée de montagnes aux  sommets ne dépassant guère les milles mètres, de forêts de résineux et de feuillus, de multiples lacs et de rivières. On y rencontre une faune très variée, loups, orignaux, caribous, castors, lynx, ours noirs et une centaine d'espèces d'oiseaux. Nous arrivons vers 18h30 à quelques km de Chicoutimi, nous prenons nos quartiers à l'Hôtel Mont-Valin où nous recevons un accueil très sympa. Nous sommes aux portes du Saguenay, demain nous bifurquerons vers Roberval.

              4ème jour, dimanche 26 juillet (230 km)

              9h00, nous quittons l'hôtel Mont-Valin, la route 70 Nord, et la route 170 Nord que nous empruntons longe la rivière Saguenay. Nous traversons plusieurs villages, dont Lac aux Bleuets, Larouche, La Chaîne et Saint-Gédéon-sur-le-lac avant d'atteindre le lac Saint-Jean. Cet immense lac, véritable mer intérieure, c'est formé dans une ancienne cuvette glacière. Son ancien nom d'origine indienne est  Piékouagami qui signifie "le lac plat". Nous poursuivons par la route 169 Nord, qui suit le lac. Il est presque 10h30, quand nous arrivons  sur le parking du village historique de Val-Jalbert. Le village est né au début du XXe siècle et meurt en 1927, à l'aube de la crise de 1929. Il est bâti autour d'une pulperie, pour la fabrication du papier. C'est Damase Jalbert qui fonde la compagnie de Pulpe Ouiatchouan et construit l'usine de pâte à papier au pied d'une chute d'eau d'une respectable hauteur de 72 mètres (21 m de plus  que les chutes du Niagara). De l'usine de pâte à papier, il ne reste que des ruines, mais à l'intérieur du grand bâtiment aménagé en musée, beaucoup de choses intéressantes sur l'industrie papetière. C'est à  partir de 1987 que le village reprend vie à nouveau, pour devenir l'un des endroits le plus fréquenté du Lac Saint-Jean. Le village était composé d'environ 80 maisons, et comprenait 950 habitants dans les années vingt. La plupart des maisons ont disparues ou sont en ruines, mais environ une dizaine ont été restaurées. La visite de ce lieu est très intéressant, rien que pour la balade et le rôle historique.

              Il est aux alentours de 15h45 quand nous arrivons à Saint-Félicien, il pleut et il fait 18°. Le Motel Moreau est situé au bord du Lac-St-Jean et à l'entrée de la ville, il est tenu par des Français du Jura immigrés en 2007. Une visite brève de Saint-Félicien, nous fait découvrir une magnifique petite église, ainsi qu'un parc charmant en bordure du lac.

               Comme nous avons le temps nous rebroussons chemin sur 22 km, pour aller voir une petite réserve d'amérindiens Montagnais,  le village s'appelle "Mashteuiatsh" qui signifie "là où il y a une pointe". Mashteuiatsh est la seule communauté autochtone au Saguenay-Lac-St-Jean. La tribu des Montagnais comprend environ 4800 membres, dont 2000 vivent dans le village. L'activité économique est essentiellement l'artisanat, le tourisme, l'industrie du bois et du tabac. Les langues officielles du peuple Montagnais sont le Nehlueun et le Français. Le village est fondé en 1856 par le gouvernement Canadien. Il bénéficie d'un emplacement idéal, puisque placé au bord du lac Saint-Jean, mais n'en demeure pas moins une réserve. La pluie et le vent redouble de violence, nous finissons la soirée dans un restaurant de St-Félicien.

              5ème jour, lundi 27 juillet (130 km)

              Ce matin 9h00, le soleil est au rendez-vous et il fait une vingtaine de degrés. Nous partons en direction du Parc Zoologique (68$) pour une visite à ne pas manquer. Le Zoo a été fondé en 1960, sur une superficie de 485 hectares, 80 espèces et 1000 animaux vivent librement dans de grands espaces naturels. Une partie est  réservée au zoo traditionnel, dont les vedettes sont deux ours blancs, que l'on observe derrière des vitres. La seconde partie est le Zoo sauvage qui se distingue en faisant cohabiter différentes espèces dans des habitats aussi semblables à la réalité que possibles. Le clou de la visite c'est incontestablement la balade du sentier de la nature, d'une longueur de 7 km, à bord d'un petit train grillagé, pour votre sécurité.

 

                En effet nous nous promenons au milieu des animaux sauvages nord-américains, dans un espace représentant les grandes régions canadiennes. Nous y rencontrons des ours noirs, des bisons, des caribous, des orignaux, des loups en toutes libertés. Nous traversons également des reconstitutions de six modes de vie : la ferme du colon, le camp du traiteur, la poste de traite, le camp du bûcheron, le ranch de l'ouest et le village amérindien. En milieu d'après-midi un orage éclate lorsque nous atteignons la salle musée, pour y voir la projection de deux films, le 1er sur la Boréalie et le second sur la vie des  Inuits au début du XXe siècle et l'élevage des grands troupeaux de rennes.

              L'orage cesse au moment où nous quittons le parking par la route 169 Nord, 1h40 plus tard nous arrivons à Saint-Henri de Taillon. Il fait de nouveau très beau, nous décidons de camper et nous posons la toile au camping de Belley au milieu d'une pinède et au bord du Lac St-Jean. Une plage magnifique longe le camping sur 3 km, dans un site exceptionnel, nous marchons dans du sable fin et doux,   devant nos yeux, quelques îlots parsèment le lac. Nous attendons le coucher de soleil, et nous profitons des dernières lueurs magiques de cet endroit sublime. Il parait que c'est une des plus belles plages de Québec. Elle est située à quelques kilomètres d'Alma, au centre de la région du Saguenay et à quelques minutes du Parc national de la Pointe-Taillon.

              6ème jour, mardi 28 juillet (240 km)

              Le soleil est déjà levé depuis plusieurs heures. Il est 7h30, quand nous commençons à plier la toile et à charger le barda  dans la Chevrolet. Nous sommes sur la route 169 Sud, nous stoppons à Saint-Cœur-de-Marie, pour prendre notre petit-déjeuner dans un bar-resto "le Gusto", surprise le serveur est Français originaire de Montpellier. Une demi-heure plus tard, nous bifurquons par la route 172 Est et à Saint-Ambroise nous quittons la 172 Est   par erreur et nous suivons la route du portage Lapointe. Nous décidons de la suivre, une piste prend le relais jusqu'à la rivière shipshaw et la superbe chute aux galets. Nous revenons sur nos pas et prenons la piste qui enjambe la rivière Shipshaw par un pont couvert. Après Saint-Honoré nous retrouvons la route 172 Est ou aussi appelée la route des baleines et nous roulons vers la Baie Sainte-Marguerite.

              13h00, nous venons de prendre un orage violent, pendant 20mn il a plu des cordes, on roulait au ralenti à peine 40km/h.  Nous voici arrivés dans le Parc National du Saguenay et le soleil est de retour avec 27°, nous nous acquittons de l'entrée pour une modique somme de 7$. Nous prenons le sentier qui nous conduit au belvédère, et de ce promontoire nous admirons le panorama splendide de la Baie Sainte-Marguerite. C'est un excellent observatoire pour contempler aux jumelles, les Bélugas et aussi quelques phoques. C'est dans cette baie que les Bélugas s'y rassemblent avec leurs progénitures, ils y sont abondants, nous en voyons une quinzaine en 1h30. La baleine blanche "Béluga" est la seule à être sédentaire, elle vit essentiellement dans le Saint-Laurent et le Saguenay. Sa taille varie de 2,80m à 3,70m pour un poids d'environ 800kg, sa population est estimée aux alentours de 1100 individus et elle est protégée.

              Parlons un peu du Saguenay, il s’étend sur 3 km de large et 100 km de long depuis l’entrée de Tadoussac jusqu’à Saint-Fulgence. Le Fjord du Saguenay est l’un des plus longs du monde. Le mot fjord vient du Norvégien, qui signifie "vallée glaciaire envahie par la mer". Il atteint une profondeur maximale de 276 mètres au Cap Trinité. Il est alimenté en eau douce par le Lac Saint-Jean et ses nombreux affluents.

              Nous montons dans la Chevrolet et continuons la route 172 Est en direction de Tadoussac, dans la région du Manicouagan. Nous prenons sur la gauche la route 138 Est, et rejoignons Les Bergeronnes où nous plantons la tente pour deux jours au camping « Bon Désir ». Le camping est bien situé, au centre du pays des baleines et en bordure de l’estuaire du Saint-Laurent. On installe la toile sur un tapis d’herbe et au milieu des arbres. Le site est bien équipé, il y a un dépanneur (petit commerce), lave-linge, sèche-linge et douches payantes. Comme il n’est pas trop tard, nous en profitons pour faire un peu de lessive. Un petit tour dans le camping nous mène au bord du fleuve et de ses plages, nous continuons à flâner en observant les Cormorans et les Goélands joués avec le vent. La nuit nous surprend, il est 20h00, nous finissons la soirée au restaurant "Le Boisé" bonne table, spécialité de fruits de mer, il est situé à Les Bergeronnes, route 138.

              7ème jour, mercredi 29 juillet (110 km)

              7h00 debout, aujourd’hui c’est la journée baleines, nous prenons notre petit déjeuner à la toile, après la douche, nous quittons le camping. Nous nous mettons en quête de la compagnie Neptune, afin d’acheter les billets pour une navigation de deux heures sur le Saint-Laurent. Une fois les sésames en poche nous gagnons le site de départ, qui se trouve à Grandes Bergeronnes. Il fait chaud, il y a un snack sur place, nous en profitons pour nous restaurer. Le rendez-vous est fixé à 13h30, on nous équipe de combinaisons étanches et chaudes, avant l’embarquement sur les zodiacs. Il est 14h00, la grande aventure débute, nous sommes tout émoustillés, à l’idée de voir les plus gros mammifères que la terre est portée. Le Zodiacs Neptune IV quitte l’embarcadère, une sensation de fraicheur nous envahit immédiatement. Le premier  indice que l’on aperçoit est le jet de vapeur dégagé par l’évent du cétacé, mais l’animal est loin. Les 45 mn se passe ainsi à les voir de loin, sans pouvoir les approcher à moins de 300 ou 400 mètres. Bien plus tard quand on commençait à désespérer de pouvoir les aborder, le pilote du zodiac met les gaz à fond, laissant derrière lui tous les autres bateaux. L'homme connait son affaire, nous filons à vive allure pendant 10mn, puis il stoppe tout net au large du Cap Bon Désir. C'est l'enchantement, c’est le festival le plus magique que je n’ai jamais vu, des baleines devant, à droite et à gauche, peut être quinze ou vingt cétacés en une heure. Des baleines bleues, des baleines à bosses, des rorquals communs, des petits rorquals peuplent le Saint-Laurent. Un spectacle extraordinaire, nous avons pu les voir quelques fois à moins de vingt mètres. La plus grande que l’on  est pu observer, était une baleine bleue aussi appelée Rorqual bleu d’environ 25 mètres de long. Cette géante des mers peut atteindre 30 mètres de long pour un poids avoisinant les 135 tonnes. Le moment le plus spectaculaire c’est quand elles remontent à la surface en soufflant bruyamment par leurs évents. Une poussée d’adrénaline vous remonte le long de l’épine dorsale, tellement c’est fascinant et inoubliable de pouvoir les approcher de si près.

              Le milieu de l’après-midi approche, nous partons à Tadoussac pour une petite visite. Il est le 1er et le plus vieux village  Québécois à avoir fêté ses 400 ans en 2000. Tadoussac est le premier comptoir français nord-américain, et par la même le plus ancien bastion de la colonisation française de la Nouvelle-France. Tadousac ou Totouskak en langue innue, qui signifie « mamelles » ; En effet deux collines aux formes arrondies ressemblant à la poitrine d'une femme, se situent à l’ouest du  village. Tadoussac est installé à la jonction du Saint-Laurent et du Saguenay, pas très loin de l’ancien poste de traite des fourrures du XVIe siècle. Le village jouit d’un site exceptionnel, logé au milieu des collines couvertes de sapinettes, bordé par l’un des plus beaux fjords d’Amérique du nord d’un côté et de l’autre côté par le majestueux fleuve St-Laurent. Des vieilles demeures centenaires subsistent encore, une vieille cabane reconstituée rappelle le poste de traite Chauvin, et une petite chapelle historique à toit rouge complète les curiosités à voir.

              En quittant Tadoussac on prend le traversier à l’anse à l’eau pour rejoindre l’anse au portage de l’autre côté du  Saguenay, histoire de faire quelques photos de l’une des plus belles baies du monde. La chance est avec nous, évoluant autour du traversier, une bonne dizaine de Belugas chasse le plancton qui pullule dans les eaux du Saguenay. Du haut du pont du rafiot, c’est un spectacle inattendu qui complète déjà une journée bien remplis. Il fait déjà nuit et il se met à pleuvoir très fort, nous reprenons le traversier pour regagner Tadoussac et nous finissons au restaurant de la veille "Le Boisé".

              8ème jour, jeudi 30 juillet (180 km)

              Nous levons le camp vers 9h30, nous prenons notre petit-déj "au petit régal" dans le village des Escoumins, ensuite nous rejoignons le Cap-Bon-Désir. Le centre d'interprétation et d'observation du Cap-Bon-Désir est situé au nord des Bergeronnes, dans la région du Manicouagan. Nous nous acquittons des droits d'entrées (16$) pour deux personnes, nous visitons le centre d'interprétation. Le phare en bois toujours en fonction. Nous descendons de  quelques dizaines de mètre pour contempler la vieille machinerie de la corne de brume. Nous   nous engageons dans le chemin forestier qui nous méne sur les rocher au bord du St-Laurent. Nous nous installons confortablement au soleil, avec le pique-nique. Pendant environ 3 heures, nous aurons le plaisir d'observer des rorquals communs, des baleines à bosses à une dizaine de mètres du rivage.

              Nous voici de nouveau sur la 138 Est, juste à l'entrée du village, Les Escoumins. Nous faisons une halte dans la réserve amérindienne Essipit. Les Montagnais-Essipit font partie de la nation Innue, elle-même issue de la famille  Algonquienne. Ce peuple vit de l'artisanat, de location de chalets et surtout des croisières aux  baleines sur le St-Laurent. L'après midi se poursuit sous un soleil splendide, avec la traversée de nombreux villages aux noms très typique de Québec. Comme, Baie-des-Bacon, Sault-au-Mouton où une magnifique chute d'eau, venant de la rivière du même nom se déverse dans le St-Laurent. Nous poursuivons par Rivière-Éperlan, Saint-Anne-de-Portneuf, Latour, etc,  ces villages nous voient passer sans faire d'arrêt. Nous passons la réserve indienne Betsiamites à l'embouchure de la rivière Bersimis. La route 138 Est semble interminable, elle sillonne, serpente, monte et descend à travers les collines. Les sapinettes, les tourbières, les chutes d'eau, les rivières devenues torrent par endroit et les lacs aux eaux tranquilles se succéderont au file de l'après-midi. Il est 19h30, nous venons d'arriver à Baie-Comeau notre ville étape du jour. Le motel "La Salle" à la sortie de la ville est modeste, mais bien tenu et l'accueil sympathique. Nous prenons le temps de nous installer et de prendre une douche, avant d'aller au restaurant "Les 3 Barils" un peu cher, mais c'est une très bonne table et on vous reçoit chaleureusement.

              9ème jour, vendredi 31 juillet (180 km)

 

            Nous quittons le motel vers 9h00, une magnifique journée ensoleillée est annoncée avec 26° à l'ombre. Nous nous offrons une balade de 2h00 environ dans le parc "Le Boisé de la Pointe St-Gilles", situé au cœur de la ville de Baie-Comeau. C'est un endroit superbe qui longe le Saint-Laurent à travers une forêt de sapins, il y a un lac parmi les collines où se pavanent quelques colverts. En début d'après-midi nous reprenons la route 138 Est, nous rejoignons Godbout 1 heure plus tard. Nous nous empressons d'aller au poste du traversier pour obtenir une réservation pour le soir vers Matane de l'autre côté du fleuve. Mais, nous n'avons pas de chance tout est complet pour les trois prochains jours. Il reste des places pour le lendemain à partir de Baie-Comeau. La décision est prise nous réservons pour demain soir 20h00, cela nous oblige à rebrousser chemin, nous perdons une journée, mais ce n'est pas grave. Puisque nous sommes ici, nous décidons d'y passer la nuit. Nous prenons une chambre chez le dépanneur-épicerie-bar (Edith Cormier), pour la modique somme de 32$.

               Il est 15h00, nous en profitons pour remonter la 138 Est jusqu'à la Baie Trinité située à 25 km de Godbout. Ce sera le point le plus extrême de notre voyage. Nous quittons la route 138 Est et nous nous engageons à droite sur la petite route de 11 km qui rejoint la Pointe-des-Monts. Le vieux phare de 30 mètres de haut, érigé à cet endroit date de 1830, ce qui en fait l'un des plus anciens phares de toute l'Amérique. Nous gravissons l'escalier qui mène à un petit balcon et nous offre une splendide vue sur le Saint-Laurent. C'est ici que le fleuve Saint-Laurent prend ses aises, passant de 45 km à 100 km pour devenir le Golfe du Saint-Laurent. Nous sommes heureux d'y être venus, c'est un endroit à ne pas manquer. Il parait que c'est peuplé d'ours noirs, nous en n'avons pas vu.

              En revenant du phare, à une centaine de mètres, nous effectuons une visite de la petite chapelle amérindienne  historique Saint-Ausgustin, construite en 1898. Puis nous empruntons le sentier de Charlotte sur 1,5 km, qui nous conduit au tentement d'un Chef indien Ashini, découvert dans les années 1900. La fin de la journée approche, nous retournons à Godbout. Nous entamons une balade sur la plage, au loin des phoques jouent et poussent des cris rauques. Plus près de nous, nous apercevons une baleine qui expulse un jet de vapeur par son évent. Nous rencontrons des pécheurs de maquereaux, et le soleil finit sa course à l'horizon dans une belle couleur rougeoyante. La soirée  se termine autour d'une bonne table au restaurant "Le Petit Moussaillon".

              10ème jour, samedi 1er août (90 km)

              Comme la veille, le soleil est au rendez-vous dès 6h00. Nous prenons le temps de déjeuner, et nous musardons la matinée à Godbout. C'est en début d'après-midi que nous arrivons de nouveau à Baie-Comeau. La journée se passe à flâner et à faire des achats. Vers 18h30, nous dînons au Mont-Blanc au 222 Boulevard La Salle, on se fait servir de vrais steaks Français à un prix vraiment pas cher.

                Il est 20h00, nous nous présentons à l'embarquement, à 20h20 nous quittons les quais de Baie-Comeau et la région du Manicouagan. Le soleil nous salue bien bas, et ses rayons se reflètent dans les vagues de l'estuaire du Saint-Laurent. Vers 23h45, La Gaspésie qui tire son nom du mot Amérindien "Gespeg" signifiant "la fin de la terre" nous sourit; nous débarquons à Matane dans la région de Haute-Gaspésie et 5mn  plus tard nous sommes au motel "Le Beach", que nous avions repéré dans un guide touristique. Il reste une seule chambre fumeur à 65 $, nous la prenons. Vu l'heure, nous ne faisons pas les difficiles.

              La Gaspésie, est une région du Québec incontournable à ne pas manquer. Les Amérindiens s'y sont installés depuis des millénaires, et ont vus bien avant Jacques Cartier en 1534, passer des Vikings, des pêcheurs basques et bretons, chasser les baleines. Les paysages sont époustouflants de beauté, les rivières tombent en cascades de la montagne et regorgent de saumons. La Gaspésie c'est aussi des immenses forêts de sapins, de chênes rouges, d'ormes et d'érables à sucres. C'est ici également que l'on trouve la plus forte concentration d'orignaux, mais aussi des ours noirs, des castors et des caribous. La côte Gaspésienne est elle aussi habitée par des phoques, par quelques des fous de Bassan du côté de Gaspé et une multitude d'oiseaux marins.

              11ème jour, dimanche 2 août (200 km)

              Ce matin nous nous levons vers 7h00. Après la douche et le bouclage des valises, nous rejoignons la salle du restaurant, et nous prenons un solide petit-déjeuner. Sur le coup de 9h00, nous quittons le Motel, en direction de la 132 Est. Nous traversons plusieurs villages, avant de faire une halte à Cap-Chat, site officiel de l'énergie éolienne depuis  1988. Dans cette petite bourgade, la plus puissante et la plus haute éolienne à axe vertical au monde, domine le paysage du haut de ses 110mètres. Elle est entourée de 133 de ces consœurs à axe horizontal. Nous continuons notre route jusqu'à Sainte-Anne-des-Monts, puis nous bifurquons à droite sur la route 299 Sud en direction du Parc national de la haute Gaspésie.

                5 km après l'entrée du Parc, nous prenons la piste 11 Ouest sur notre droite, pendant 10km, en léger contrebas le lac Cascapédia nous invite à faire une pause pique-nique. Plus tard nous faisons un arrêt court au Lac du Volume et un autre au bord de la rivière Saint-Anne, le temps de faire quelques photos. Nous poursuivons par la piste 16EST, qui prend la relève, pour une balade de 70 km à travers le Parc, malheureusement le temps se dégrade en milieu d'après-midi. La pluie nous accompagne, ce qui gâche un peu  l'observation de la faune et de la flore. Vers 15h00 nous entrons dans la réserve faunique des Monts Chic-Chocs et nous arrivons à un belvédère d’où nous contemplons le Mont-Albert (1154 M) le deuxième plus haut sommet après le Mont-Jacques Cartier (1268 M). Nous avons un magnifique panorama sur l'immense plateau du Mont-Albert. Un peu plus tard, la piste 22 Nord nous conduit au Lac Branche-Nord, un endroit très agréable. Il est 16h00, quand la pluie a faibli, sans pour autant cesser. Nous continuons cette piste vers le nord, puis nous retrouvons la piste 16 Est, sur quelques kms et enfin la 14 Est.

              La pluie a définitivement cessé pour la fin de journée, mais le temps reste très couvert. Le Lac à Claude nous accueille, pour nous offrir un magnifique instant au bord de l'eau. L'après-midi avance à grand pas, nous laissons le Lac à Claude derrière nous, la piste 14 Ouest nous attend pour continuer notre balade. Nous ratons le chemin de Marsoui Nord, et nous buttons contre le pont détruit, signalé une quinzaine de km en aval. Nous rebroussons notre chemin et trouvons la pancarte du chemin de Marsoui en partie détruite, maintenant nous sommes sur la bonne direction. Nous rejoignons le village de Marsoui, il est 19h00 passé, il fait presque nuit, nous reprenons la route 132 Est. C'est à 10 km de Marsoui, que nous trouvons notre bonheur pour la nuit, un couple très agréable loue des cabines en bordure de l'estuaire du Saint-Laurent. C'est sur les conseils de ce charmant couple, que nous retournons à Marsoui pour diner, la soirée se termine au restaurant "La Couquerie" avec un menu typiquement Québécois. 

12ème jour, lundi 3 août( 180 km)

              Cette nuit il y a eu des rafales de vent, accompagnés de fortes pluies. Ce matin c'est un ciel de traîne qui nous ouvre la route 132 Est, le soleil joue à cache-cache avec les nuages une bonne partie de la journée. La route 132 E est  très sinueuse, toute en montée et descente, elle suit la côte de l'estuaire du Saint-Laurent avec de splendides paysages d'un côté, et de l'autre, c'est la montagne aux formes arrondies qui nous sert de décor. Nous traversons une succession de villages côtiers, Rivière-à-Claude, Ruisseau-des-Olives, Gros-Morne, Manche-d'épée, Nous effectuons un  arrêt au site du phare de Cap-Madeleine, où l'on peut admirer une extraordinaire vue de l'estuaire du Saint-Laurent.Un nouvel arrêt, 22 km plus à l'est, nous amène à un parking belvédère, d'où l'on surplombe le village de Grande-Vallée posée sur une coulée de lave. Du haut de notre promontoire, une large vallée s'offre à notre regard, au fond de laquelle s'écoule vivement jusqu'à la mer, une belle rivière à saumon. Nous quittons la Haute-Gaspésie pour entrer dans la région de La-Pointe. C'est ici que  commence les plus beaux paysages de Gaspésie, la montagne s'abandonne aux éléments de dame nature et nous offre des pentes abruptes et parfois des falaises vertigineuses. La route reprend et Pointe-à-la-Frégate, L'Anse-aux-Canons, Ruisseau-à-l'Ail et bien d'autres petits villages aux noms toujours très originaux, nous regardent passés. Nous venons de parcourir une cinquantaine de km, nous voici arrivés au site de la Pointe-à-la-Renommée.

                Un haut lieu historique que cet endroit, en effet c'est ici que fut installé la 1ère station Marconi radiomaritime d'Amérique du Nord en 1904. Le Phare se visite, du haut de ces 15 mètres on a une vue d'ensemble imprenable sur l'estuaire, il fut allumé pour la 1ère fois en 1907.  Nous arrivons à L'Anse-au-Griffon en début d'après-midi, nous sommes au cœur du Parc de Forillon (droit d'entré 7,80 $ par personne). Nous prenons deux nuits au Camping "Griffon" situé au bord de la falaise, qui domine l'Estuaire du St-Laurent d'une quarantaine de mètres. Nous installons notre bivouac sous une végétation de hêtres, le camping est très agréable. Comme il n'est pas trop tard nous décidons de faire une randonnée par le chemin au Portage face au camping. Nous rentrons 3 heures plus tard, à la nuit tombante, et sur le parcours du retour, nous voyons un gros porc-épic. La soirée se termine au restaurant dit "Le Griffon" devant un plat de morue.

               13ème jour, mardi 4 août (70 km)              

              Sur les conseils du postier rencontré la veille, nous partons dès 6h00 pour une nouvelle randonnée dans la Parc de Forillon. En effet, il nous a indiqué un endroit ou l'on pouvait peut être avoir de la chance d’observer des ours. Nous prenons comme la veille le chemin au Portage et après 1h30 de marche, nous atteignons une petite clairière remplit de bleuets (Myrtilles) et de cornouiller, petit arbuste à fruit rouge. Une longue attente commence à l'abri d'un petit refuge à pique-nique, et bout d'une heure environ un ours noir seul s'approche en marchant nonchalament le long des arbres. Un grand frisson de peur d'abord et de bonheur ensuite s'empare de nous, un tel moment ce n'est pas tous les jours qu'on le verra.  Nous continuons par le chemin de la Vallée, le long du torrent de l'Anse aux Griffons, nous faisons une pause dans un très beau chalet refuge, libre d'accès aux randonneurs de passage. Il est 10h00 quand nous atteignons le parking du camping et le soleil brille de milles flammes.

              Nous suivons toujours la route 132 Est, puisque cette dernière fait le tour de la Gaspésie sur 885 km. 10 km plus tard,   nous voici aux Cap des Rosiers, qui doit son nom à la multitude de rosiers sylvestres, à l'époque de sa découverte au XVIIe siècle. C'est de cet endroit que les postes d'avant garde Français donnèrent l'alerte à Québec, en apercevant la flotte anglaise de Wolfe remontant le Golfe du Saint-Laurent en 1759. C'est également ici qu'eu lieu le pire des naufrage. En effet le voilier Carrick remplit d'immigrant Irlandais coula, seul 48 survivant sur les 187 passager ont eu la vie sauve. Le magnifique phare édifié en 1858 pour une hauteur de 34 mètres, en fait le phare le plus haut du Canada.

              Nous poussons jusqu'au Cap du Bon Ami, le spectacle est grandiose, des falaises découpées au scalpel chutent brutalement dans le Golfe du Saint-Laurent. Le soleil se couche sur le Golfe, en emportant avec lui ces superbes paysages dans la nuit profonde.

              14ème jour, mercredi 5 août( 90 km)

              Pour ne pas changer nos habitudes, nous nous levons à 6h00, la température est douce et le soleil commence à pointer son museau. Nous commençons la journée par une petite randonnée sur le sentier des castors, où nous avons observés 2 cabanes de castors. Nous reprenons la Chevrolet et stoppons 1 km plus loin, car nous venons d'apercevoir une retenue d'eau. Effectivement il s'agit bien d'un barrage construit par une famille de castor et tout au fond de ce lac artificiel, nous remarquons une cabane de branchages. Nous voici maintenant à la pointe Nord du Parc Forillon,  nous empruntons le chemin de randonnée très escarpé, qui nous conduit en haut de la falaise. L'on  découvre l'ensemble des murailles naturels du Golfe Saint-Laurent et nous contemplons les centaines de Cormorans qui y nichent et en arrière plan une vue splendide sur le Cap-des-Rosiers. Il faut compter 1h30 à 2h00 l'aller et retour, pour cette balade.

               Nous reprenons le char, pour nous diriger à l'entrée sud du Parc, jusqu'à l'extrémité de la petite route côtière à l'Anse aux Amérindiens. Nous effectuons une halte sur le retour à la maison Blanchette, située dans  l'Anse-Blanchette. C'est une maison typique de cultivateur et de pécheur à la morue, du début du XXe siècle. La visite se révèle très intéressante, la demeure est meublée, et des personnages en habits d'époque vous font découvrir la vie difficile d'autrefois. Nous commençons par la demeure familiale, ensuite la grange étable, le hangar à poissons, le hangar à bois, et enfin le chafaud et les installations de la production de morue séchée. Nous quittons le lieu pour le magasin général historique établit à 800 mètres en aval à Grande-Grave.

              Le magasin général Hyman & Sons, date de 1918, il présente tout ce qu'il y a de typique du début du XXe siècle. On y  trouve de l'alimentation, des tissus, des couvertures, du matériel agricole, des barriques de sel, des cordages à navire, des barils pour expédier la morue en Europe, des harnachements pour les chevaux et toute sorte d'autres choses. Il est 15h40, nous sommes à la Batterie de Fort Péninsule édifié par l'armée canadienne en 1941, son rôle est de protégée le port de Gaspé et la base navale de Fort-Ramsay. Le Fort comporte deux casemates munies de canons, deux chambres fortes pour les munitions et elles sont reliées entre elles par 35 mètres de tunnels.

              Nous reprenons la route 132 en passant Cap-aux-Os, pour filer vers Gaspé pour y passer la nuit. Nous nous mettons en quête d'un camping ou d'un motel, mais le site de Gaspé est complet. Nous rebroussons chemin et prenons la route 197 Nord qui longe le Parc Forillon sur 28 km, pour rejoindre le Camping "Les Apalaches" à Rivière au Renard.

              15ème jour, jeudi 6 août (140 km)

              Départ du camping des "Apalaches" sous le soleil, vers 8h15, nous refaisons les 28 km de la veille par la route 197 Sud. 10h00 sonne, nous sommes à la pointe Navarre, nous entrons dans le village reconstitué de la tribu Micmac de Gespeg, installée en Gaspésie depuis le début du XVIe siècle. Les Micmacs font partie du peuple Algonquiens et ont dû affronter au cours de leur histoire, les Mohawks et les Iroquois pour défendre leur territoire. Les Micmacs comptent environ 5000 personnes dont 3340 à Listuguj (Ristigouche), 1260 à Gespapegiag (Maria) et 506 à Gespeg (Pointe Navarre). Environ 40% des Micmac parlent la langue de leurs ancêtres et le français pour l'ensemble de la population Micmac, mais à Gespapegiag on parle aussi l'anglais. Après nous être acquittés des droits d'entrée (8$ par personne), une charmante amérindienne, nous guide dans le village. Elle nous explique les méthodes de chasse et de pèche ancestrales de sa tribu, en nous faisant observer différents pièges à castors, à ours et autres animaux, également des harpons, des nasses de leurs inventions pour la pèche aux saumons. Nous nous approchons d'un tipi construit en écorce de bouleau, et nous avons droit à une explication détaillée de la fabrication de ce dernier et de l'ensemble des abris qu'ils utilisent. Nous constatons l'étroite relation qu'ils entretiennent avec la nature. Les techniques traditionnelles de confection des vêtements et des ustensiles de cuisine, nous apprennent beaucoup sur la vie des peuples indiens. La visite se poursuit par la grande maison, le fumoir à viande et à poisson. Nous terminons par le centre d'interprétation de la culture Micmac de Gaspésie, nous avons passé 2 h 30 exceptionnelle parmi le peuple Micmac.

              En arrivant à Gaspé, nous prenons un déjeuner copieux, dans un restaurant du centre. Avant de repartir, nous faisons un saut au pied de l'immense croix en granit, commémorant la découverte du Québec par Jacques Cartier. Nous voici arrivés devant le musée Jacques Cartier, le soleil est toujours présent, mais il fait plus frais seulement 20°. C'est en ce lieu historique que débute l'histoire de la nouvelle France, un 24 juillet de l'an de grâce 1534, Jacques Cartier débarque avec 110 marins. Le Malouin breton fait équarrir et dresser une croix en bois de 9 mètres de haut, avec un écusson orné de trois fleurs de lys et un écriteau sur lequel on peut lire "Vive le roi de France". Les six stèles de  fonte qui ornent l'entrée du musée, rappellent les Menhirs bretons du pays du célèbre explorateur, ainsi que les galets de la côte gaspésienne. Les textes et les sculptures en relief sur les stèles, nous évoquent la rencontre de deux cultures diamétralement opposées. La visite dure environ 1h30 (14$ pour deux), exposition sur le 1er voyage de Jacques Cartier et la colonisation du Canada, la pèche, la navigation, l'histoire et la culture des Gaspésiens.

              Nous délaissons Gaspé Harbour, pour reprendre la route 132Est, nous venons de parcourir les 65 km qui nous séparent de Coin-du-Banc en 2 heures. Pour ne pas rencontrer le même problème que la veille, nous décidons de nous arrêter un peu avant Percé. Le motel-camping "Vibert" est à environ 9 km de Percé, l'accueil est moyen, mais la chambre reste correcte. Comme il n'est que 16h00, nous en profitons pour écrire quelques cartes postales et nous parcourons les 9 km de route très sinueuse qui nous sépare de Percé, afin d'acheter des timbres à la poste. Puisque nous sommes sur place, nous réservons une chambre au motel "Le Macareux" pour le lendemain. Dans la foulée nous  prenons également une réservation pour l'Île de Bonaventure, chez Julien Cloutier. Nous finissons cette longue journée au restaurant "Au Mille Délices". Alors que nous attendions pour nous installer, le couple de motard Québécois, rencontré en début d'après-midi au musée Jacques Cartier, nous fait signe et nous invite à leur table. Une belle soirée passée en compagnie de France et Réal, l'échange d'adresse est inévitable, et c'est avec un grand plaisir que nous acceptons.

              16ème jour, vendredi 7 août (80 km)

              A 7h30, nous sommes prêts à rejoindre Percé, pour le petit déjeuner et à 9 h00, nous embarquons pour l'Île de Bonaventure. Tout d'abord nous passons au près de l'îlot du rocher Percé, cette muraille d'une longueur de 470 mètres, 90 mètres de large et 88 mètres de haut, contient à son extrémité une arche naturelle saisissante de 15 mètres de haut. Nous effectuons un tour complet de l'île, afin de jouir du spectacle d'une colonie de phoques se  prélassant sur les rochers et les plages de galet qui jonchent le bord de l'île. Nous débarquons sur l'Île de Bonaventure après 1 h 00 de balade en mer, nous retrouvons nos amis de la veille, arrivés avec une autre compagnie de navire. Nous décidons d'un commun accord de faire le tour de l'île environ 16 km, nous avons prévu le pique-nique du midi et de l'eau pour la journée, car il fait chaud.

              Nous commençons par la visite de quelques maisons historiques d'un village de pécheurs de morue du temps de la nouvelle France. Nous empruntons le sentier des Mousses, qui nous conduit à la Craque, c'est ici que niche la 1ère colonie de fou de Bassan, l'île compte 125 000 individus. Elle héberge aussi des sternes, des guillemots marmette, des guillemots à miroir, des pingouins torda, des macareux moines et bien d'autres oiseaux marin. Nous restons une demi-heure à les contempler, parfois de très près, moins  d'un mètre pour les plus téméraires. C'est géant de voir des milliers de fou de Bassan tournoyant dans le ciel bleu, de les approcher de si près au sol avec leurs poussins entres leurs pattes, dans un tintamarre assourdissant. Nous continuons vers le Trou des Guillemots ou nidifie la 2ème colonie de fou de Bassan, c'est incroyable un véritable tapis d'oiseaux occupe le plateau de l'île. C'est en ce lieu que nous nous trouvons une table de pique-nique pour faire la pose du midi. Nous faisons plus ample connaissance avec nos nouveaux amis, vers 13h30 nous poursuivons par le sentier du Roy. Nous tombons sur la 3ème colonie de fou de Bassan et toujours cet extraordinaire spectacle d'oiseaux se chamaillant et engageant des joutes de  combat, bec contre bec. Entre pointe Wall et pointe Peter-John, une petite colonie de phoque joue à cache- cache avec les flots. La journée s'achève, il est temps de rejoindre l'embarcadère et à 17 h 00, nous débarquons à Percé. Nous nous séparons de nos amis qui reprennent la route en moto, pour nous ce sera quelques emplettes dans les magasins de Percé.

              17ème jour, samedi 8 août (280 km)

              Le soleil est au rendez-vous, il nous accompagne au petit déjeuner et nous ne quittera pas de la journée. La route 132 Est, nous retrouve et un 1er arrêt à 10 km nous stoppe, pour la visite d'un magasin général historique (14$ pour deux) à L'Anse à Beaufils. Edifié en 1928 par Robin Jones et Witman il est resté intact depuis ce temps, avec ses boiseries en chêne d'époque, ses étalages chargés de marchandises des temps passés. Il ferme à la mort de son dernier  propriétaire, Gaston Cloutier en l'an 2000. C'est en hommage à son père que Rémy Cloutier décide de faire revivre et d'ouvrir aux touristes le magasin familial. Des animateurs en costume 1900, nous font réaliser un bond dans le temps. La suite de la journée est une succession de traversée de villages le long de la côte, Cap-d'Espoir, petite rivière, grande-rivière, Petit-Pabos, Chandler, Port-Daniel, etc.

              Nous venons d'entrer dans la Baie des Chaleurs et de parcourir 110km non-stop. Nous faisons une pause de 2 heures dans le village de Paspébiac. Ce haut lieu historique du Banc-de-pêche-de-Paspébiac, est constitué de onze bâtiments. L'ensemble ayant appartenu aux deux plus importantes compagnies exportatrices de morue salée-séchée, " La Robin et la Leboutillier Brothers ". De par ses dimensions et la diversité du bâti, on se rend compte de l'importance économique et sociale de la pêche à la morue, dans ce village et, cela sur une période de deux siècles environ. Tous ces bâtiments sont occupés actuellement par des artisans d'art. Paspébiac est peuplé essentiellement de descendants Basques, Bretons, Normands et de Jersey. Une très belle plage bien aménagée borde le village, et pour finir cette visite n'oublions pas l'église catholique ou trône un orgue Casavant électropneumatique unique au Canada.

              Bonaventure retient notre attention. En effet, Bonaventure est considéré comme le bastion historique des Acadiens du Québec. Le petit village est fondé en 1760, suite à la déportation des Acadiens de la Nouvelle-Écosse ordonnée par la couronne  anglaise. Ils sont chassés sans ménagement par les troupes anglaises et c'est finalement à cet endroit que les survivants décident de fondés un nouveau village.              

              Les villages défilent inlassablement, le paysage ne change pas beaucoup, la forêt nous tient compagnie sur notre droite et sur notre gauche en toile de fond la mer, entrecoupée parfois de lagune. Nous traversons quelques villages à consonance anglaises, New-Carlisle, Careys-Hill, New-Richmond.

              Nous passons la rivière Cascapédia, qui descend directement des monts Chic-Chocs, Maria n'est plus qu'à 5 km. Le point d'intérêt qui semble intéressant à Maria est l'église catholique Micmac en forme de wigwam. La communauté Micmaque de Gespapegiag, vit à l'est de Maria, elle est située à 250 km de Pointe-Navarre, l'autre communauté Micmaque.

              La fin de l'après-midi approche, nous parcourons les 90 km de Maria à Matapédia en 1h30. La Vielle-Gare-motel placée en bordure de la route 132, nous convient parfaitement pour cette nuit. Nous y recevons un bon accueil et, c'est une excellente table.

              18ème jours, dimanche 9 août (270 km)

               Il est 7h30, nous prenons notre petit-déjeuner à la Vieille-Gare. Nous rattrapons de nouveau la route 132 Ouest et, nous rejoignons Saint-Alexis-de-Matapédia. Un chemin de 4,5km nous conduit à un belvédère où un magnifique panorama s'étale à perte de vue. Les Monts Appalaches nous plantent le décor et  au fond de la vallée le fleuve Ristigouche déploie ses méandres. Ensuite nous poussons jusqu'à Routhierville pour découvrir son pont en bois couvert datant de 1931.

              Puis nous rebroussons chemin sur 55 km la 132 Ouest. Le but en est simple, visiter le musée de Ristigouche qui est situé à La Pointe à la Croix. Ce lieu est chargé d'histoire, en effet c'est à Ristigouche que Français et Anglais se livrèrent la dernière bataille navale pour la possession du Québec. Nous sommes le 22 juin 1760, le jeune lieutenant François Chenard de La Giraudais âgé de 33 ans tient courageusement tête à la flotte anglaise. La bataille fait rage, il est aidé en cela par des renforts de réfugiés Acadiens de la petite Rochelle et des  Micmacs de Listuguj (Ristigouche). Mais au matin du 8 juillet, La Giraudais saborde ses navires, afin de bloquer l’embouchure du fleuve Ristigouche et d’empècher, que l'anglais s'empare des vivres et des munitions. Une fois à terre La Giraudais établit un petit fort et continue de livrer bataille. Le 8 septembre 1760, Montréal tombe à son tour, le Lieutenant de La Giraudais apprenant la nouvelle le 23 octobre, se rend aux anglais six jours plus tard. Suite au traité de Paris le 10 février 1963, la Grande-Bretagne prend possession de la Nouvelle-France. Le musée est riche en vestige provenant des fouilles menées dans le fleuve Ristigouche, notamment sur la frégate corsaire Le Machault.

              Nous franchissons le pont du fleuve Ristigouche entre Québec et New-Brunswick, nous stoppons pour immortaliser ce moment. Nous traversons Campbellton et suivons la route 11 Nord. Les paysages sont moins beaux, petites épinettes et beaucoup de bouleaux bordent cette nationale. Les 150 km qui nous séparent de " Pokeshaw " sont parcourus en 2h00. Le camping-motel "Le-Navigateur" où nous décidons de passer la nuit est installé au bord d'une falaise d'une dizaine de mètre, en contre bas on peut entendre le clapotis des vagues de la Baie des Chaleurs.

               Rejean Gosselin le patron qui tient la cambuse sort de l'ordinaire. C'est un biker et en tant que tel, il reçoit beaucoup de motards Québécois et du Nouveau-Brunswick, c'est souvent la fête au Navigateur. Il  est d'une grande gentillesse et l'accueil est très chaleureux. Nous bavardons un bon moment avec lui, tout en partageant une bonne bière. Ensuite nous rejoignons notre chambre entièrement lambrissée de pins. L'intérieur est coquet et bien aménagé, une télé avec décodeur, un petit frigo, une cafetière, une petite fenêtre octogonale lui donne un air marin, le tout pour 50$.

              19ème jour, lundi 10 août (160 km)

              Il a plu une bonne partie de la nuit d'après les dires de Rejean, et ce matin le temps est frais 10°. Francine la compagne de Rejean nous prépare un petit-déjeuner continental. Réjean et Francine, nous renseignent sur les lieux touristiques de la région, il est 10h30 quand nous quittons nos amis.

              Nous parcourons les 30 km qui nous séparent du Village Acadien en vingt minutes. Nous laissons le char sur le grand parking et réglons les 30$ d'entrée à l'accueil. Le village historique Acadien à été créé en 1977, à partir de maisons et de bâtiments authentiques du XIXe et début XXe siècle, provenant de toute la province. Il est posé sur la Rivière-du-Nord et vit au rythme du passé, et rappelle fortement l'identité et la ténacité du peuple Acadien. Car il en a fallu du courage, pour gagner des terres sur la zone marécageuse où l'anglais les avait chassé. La visite est surprenante, étonnante et enrichissante à la fois. Chaque maison, boutique, atelier et même l'école sont habités par des personnages en costume d'époque. Dans les champs ou bien dans les jardins autour des maisons on voit des gens qui s'affairent aux taches quotidiennes. Le forgeron, le boulanger, l'imprimeur, le meunier, le menuisier et bien d'autres artisans de l'époque sont au travail.

              Toutes ces maisons, fermes et atelier sont reliés entre eux par des petits chemins à travers bois, clairières et rivières. Il est 13 h 00, nous entrons dans une charmante demeure du XIXe siècle, nous sommes transportés 150 ans en arrière. La dame en  tenue d'antan, nous raconte la vie difficile d'autrefois, nous perdons le fil, sommes nous en 2009 ou 1850? C'est bluffant d'authenticité. Elle nous invite à sa table, c'est avec un immense plaisir que nous acceptons et partageons ce repas venu d'un autre âge. Nous traversons par le pont couvert de 1900, afin de rejoindre la partie plus moderne du village Acadien, du XIXe siècle, nous sommes projetés au XXe siècle dans les années cinquante. Le garage avec sa pompe à essence attend le client, le moulin à scie circulaire est en action. L'Hôtel Château Albert reçoit ses voyageurs, à son clocheton le drapeau Acadien bleu, blanc, rouge flanqué de son étoile dorée vole au vent. Deux belles demeures historiques bordent la rue principale, dans une rue adjacente la maison Turgeon, la maison et grange de la famille Chiasson. Une cordonnerie, le complexe de la tonnellerie, la ferblanterie et la gare avec sa locomotive complète la partie nouvelle du village.

              Nous avons passés 5 heures, d'une visite inoubliable à la rencontre d'un peuple fier de ses origines. Il est temps pour nous de reprendre la route et de continuer notre chemin. Nous passons Caraquet la capitale Acadienne, qui est fondée en 1757 par 34 familles déportées de la Nouvelle-Écosse. Caraquet est l'un des plus grands ports de la province, avec des dizaines de chalutiers, de crevettiers et de crabiers aux multiples couleurs pastelles. La journée s'achève à Neguac, nous trouvons un camping-motel à l'entrée du village. Le motel "Les Champs d'Oliviers" nous loue une chambre à 55$, équipée d'une petite salle de bain, d'une télé, d'une table et deux chaises, très correct pour le prix. Le soir le restaurant "Brookside" nous sert une table d'hôte, plus avantageuse qu'un menu standard. Le temps de cette journée est resté doux et nuageux, sans pluie depuis le matin 10h.

              20ème jour, mardi 11 août (420 km)

               8h15, nous désertons le camping-motel, nous prenons notre déjeuner chez "chez Raymond" à Neguac, un peu cher, mais excellent. Une brève visite à l'Ile aux foins, ce petit parc est aménagé avec une passerelle en bois suspendue au dessus du marais et en fait le tour. Cette passerelle à un simple but, c'est de vous faire observer les oiseaux dans leur milieu naturel, c'est bien, mais infesté de moustiques. Reprise de la route 11 Sud, en direction de Bouctouche, à 27 km au sud de Neguac, nous faisons de nouveau halte, pour visiter la  ferme Macdonald (5$ pour 2). Une charrette tirée par deux paisibles percherons, vous conduit à travers une allée boisée, jusqu'à la ferme. Cette belle demeure de style breton à été construite en 1815 par un écossais. L'intérieur est meublé du mobilier d'époque, une femme en tenue d'antan vous raconte la vie d'autrefois. Autour de cette belle demeure, de même style, des granges et étables avec quelques animaux et une basse-cour font revivre l'ensemble. La ferme Macdonald est installée au bord d'un lac, ça lui donne un cachet très sympathique.

              Le soleil qui est présent depuis ce matin avec 23°, diffuse ses rayons chauds à travers une poignée de nuages. Il est 14 h 00, quand nous arrivons à Bouctouche le pays de la Sagouine. Un village reconstitué sur une petite île, à l'effigie du roman d'Antonine Maillet, diffuse un spectacle de rue, avec des personnages costumés, où la musique et le théâtre se côtoient. Comme nous sommes à Bouctouche, nous en profitons pour faire une escapade sur la plus grande dune de sable de la province. Cette langue longue de 12 km, offre une magnifique plage de sable fin et sa configuration change aux grés des tempêtes. Une passerelle de bois à hauteur d'un mètre du sol, nous permet d'observer les oiseaux marins.

              Le point le plus extrême de notre voyage est atteint, nous quittons Bouctouche vers 16h00. Nous remontons les 200km de la route 11 Nord d'une seule traite, jusqu'aux îles Lamèque et Miscou avant la nuit. En arrivant nous nous empressons de trouver une chambre, car nous sommes en plein congrès mondial Acadien. Cette année 2009, on fête le 475ème anniversaire de l'Acadie et dans la région, tout est "booké". Les Acadiens arrivent du monde entier : Australie, Louisiane, Belle-Île en Mer, Québec et d'Acadie. La chance nous sourit, nous trouvons notre bonheur chez "Janine du Havre" un gîte situé à Shippagan (passage des canards en langue Micmac), il reste une chambre de libre. C'est une belle chambre avec salle de bains, dans une maison centenaire, nous payons 73$, petit déjeuner compris.

              21ème jour, mercredi 12 août (450 km)

              Départ du gîte "Janine du Havre" vers 8h30, sous un soleil très encourageant pour la journée qui nous attend. Nous traversons un pont-levis qui relie les Îles Lamèque et Miscou, c'est l'un des plus vieux ponts-levis encore en activité aujourd'hui. L'île Lamèque est essentiellement constituée de dunes et de plages, on dit ici que c'est la plus française des îles d'Amérique du nord. On y rencontre que des francophones issus des cinq familles fondatrices, rescapées de la terrible déportation de 1755. 26 Acadiens de l'Île-du-Prince-Édouard prirent racine en ces lieux pour former une population actuelle de 7000 personnes et parlant toujours le Français. Le point d'intérêt de cette île c'est de faire la route panoramique 313, par les villages de pointe-Alexandre, Petite-Lamèque, Pointe-Canot, Sainte-Cécile et Petit-Shippagan. Nous franchissons le deuxième pont qui relie l'île Lamèque à l'île Miscou, et c'est ici que Jacques Cartier découvrit le Canada pour la 1ère fois en juillet 1534. Une seule route vous conduit à l'extrémité de l'île et de son phare.  Beaucoup de tourbières sur cette petite île, ce qui permet de rencontrer une multitude d'espèce d'oiseaux et nous avons la chance de pouvoir observer un nid d'aigle Picard, avec la femelle et son oisillon. Nous finissons cette balade par Pigeon-Hill, pour voir les Rochers de Cap-Bateau, c'est une curiosité géologique. Dans cette falaise d'une dizaine de mètres de hauteur, on aperçoit à marée basse des petites grottes creusées il y a 300 millions d'années. De nouveau nous franchissons le pont-levis et la promenade se poursuit et se termine à Le-Goulet. Ce charmant petit village de pêcheurs qui a connu sa naissance et sa prospérité grâce à la pêche à la morue, au hareng, au crabe et au homard.

               La route 11 Nord, nous retrouve et nous entamons les 100 km pour rallier Bathurst. 1h30 se sont écoulée, Bathurst est derrière nous et nous roulons sur la 134 Nord qui longe le Golf-St-Laurent et traverse de nombreux villages côtiers. Nous atteignons Campbellton à 16h00, nous prenons des photos du pont métallique qui relie le New-Brunswick au Québec. Tout au fond on aperçoit la chaîne des Appalaches qui domine la  Gaspésie. Aux confluents de la rivière Ristigouche et de la rivière Matapédia, la route 132 Est s'enfonce dans une vallée très escarpée où coule la rivière Matapédia. Nous réitérons l'arrêt au pont couvert de Routhierville de 1931 et profitons de l'instant pour faire une nouvelle pause. 17 km plus tard, un autre pont couvert attire notre attention, il est plus ancien que le précédent, puisqu'il date de 1909. La route 132 Nord suit la rivière Matapédia et nous exhibe ses paysages sublimes de montagne et de forêt qui composent notre parcours. Une dernière escale s'impose au Lac Matapédia, appelé aussi "le joyau de la vallée", long de 19 km et large de 3 km, il est situé au cœur des Appalaches.

              Il est 19h00 passé, il a fait une journée chaude et ensoleillée (27°), nous décidons de faire halte pour la nuit, nous sommes fatigués et la route fut longue depuis Shippagan (450km). La Cantine-Resto-motel "Coin-St-Jean" au bord de la 132, un peu avant Saint-Moïse, fera l'affaire pour cette nuit. Nous nous acquittons des 95$, pour la chambre et les deux repas du soir.

              22ème jour, jeudi 13 août (155km)

              Il est 8h00, de nouveau la route 132 Est nous tend son ruban d'asphalte. Nous faisons un arrêt à l'Auberge Jacques Cartier située à Mont-Joli, à 30 km de notre point de départ, pour prendre le petit déjeuner. Nous arrivons à Sainte-Flavie au bord du Saint-Laurent, exactement à la jonction de la R 132, qui fait une boucle autour de la Gaspésie. Un gros rocher peint à l'effigie d'une tête d'indien sert de décor à la plage au sable gris, que viennent léchées les petites vagues formées par l'immense fleuve. Dans ce charmant petit village, un vieux moulin à farine presque bicentenaire est devenu une entreprise apicole. Dans un décor ancestral d'un chai et  dans une ambiance champêtre, nous assistons à la fermentation, l'élaboration et l'embouteillage de l'Hydromel (vin de miel). Nous observons à travers une ruche en verre, le travail incessant des abeilles. Le nectar produit par ces charmantes bestioles, est en vente directe dans la pièce d'accueil. Le vieux moulin sert également de musée amérindien et de la Nouvelle-France. Au 1er étage une extraordinaire collection d'objet de toutes sortes couvre une période du paléolithique au début du XXe siècle.

              Nous longeons la route panoramique 132 Ouest en direction de Rimouski. De belles grandes fermes ornent la plaine et les collines environnantes. Pointe-au-Père possède un musée qui relate les conditions extrêmes de navigation sur le Saint-Laurent. Il retrace le terrible naufrage du paquebot transatlantique l'Empress of Ireland. Dans la nuit du 29 mai 1914, le navire quitte Québec pour Liverpool emportant à son bord 1477 personnes. Un charbonnier norvégien l'aborde accidentellement par tribord, entre ses deux cheminées. Il coule rapidement, l'eau du fleuve n'est qu'à 4°, la tragédie fit 1012 victimes. De belles maisons à toits rouges entourent le 2ème plus haut phare du Canada et ses 128 marches. A pointe-au-Père depuis 2008, on visite un sous-marin de la marine canadienne, opérationnel de 1967 à 2000. L'Onondaga puisque c'est son nom, il mesure 88,50 mètres de long, pour un poids de 1400 tonnes.

              Nous voici sur le site historique de la Maison Lamontagne (4 $) situé à Rimouski. Cette belle demeure construite en 1744 par Basile Côté et Marie-Agnès Lepage, rallongé en 1810 par leur fille Geneviève Côté, et, en 1844 la famille Lamontagne s'y  installe jusqu'en 1920. La maison témoigne de deux modes de constructions, la 1ère partie en bois debout classique pour l'époque. La seconde partie (1810) se distingue par son architecture à colombage pierroté, qui nous vient du moyen âge. Ce sont les Français qui l'ont importée de Nouvelle-France, avec l'arrivée des premiers colons. L'agencement de la maison est une salle commune où l'on mangeait, dormait, s'amusait, se lavait, cuisinait et recevait, une pièce de rangement ou chambre du quêteux, une cuisine d'été.

              A 14h30, nous arrivons au Parc du Bic (3,50 $) beaucoup de choses à voir, comme la Baie des Cochons, la Baie du Ha Ha, l'Anse à Damase, l'Anse à Voilier, l'île du Massacre, l'île aux amours, etc… La montagne à Michaud couverte d'épinettes, des points d'observation pour les oiseaux tels que : le Balbuzard, pêcheur, l'Aigle royal, l'Epervier de Cooper, le Pygargue à tête blanche etc… Pour apercevoir le phoque commun ou le phoque gris, il faut aller à la pointe ouest de Cap Enragé.

              Il est 19h00, un magnifique coucher de soleil clôture cette journée, il a fait beau et chaud (27°). Il nous reste 40 km à parcourir pour rejoindre Trois-Pistoles, où nous allons poser nos fesses pour la nuit. Nous prenons une chambre au motel "La Seigneurie" à 75 $, c'est un peu cher mais c'est très confortable.Nous terminons la soirée dans un restaurant Italien "Le Michalie" qui s'avère être une très bonne table. La journée fut agrémenter d'un grand beau temps sans nuage.

              23ème jour, vendredi 14 août (90 km)

              Nous prenons notre petit-déj au "Petit Chansonnier" il est un peu cher, peu copieux, mais le service est sympa. Avant de quitter Trois-Pistoles, je fais quelques photos du village, puis nous reprenons la route 132 Ouest. 35 km plus tard, en arrivant à Cacouna, nous apercevons un panneau indiquant la réserve des Malécites. Nous enrayons notre route pour nous diriger vers cette réserve. Il s'agit d'une petite tribu rassemblant 750 âmes, nichée au bord d'une crique du St-Laurent. Les Malécites s'expriment en Français et en Anglais, à l'origine ils étaient semi-nomades et vivaient principalement de la pêche et de la chasse. Ils font partis de la confédération Wabanaki, ils sont proches des Micmacs et Abénaquis sur le plan culturel. C'est ici que nous allons acheter nos plus beaux souvenirs d'art indien.

              La 132 Ouest continue à traverser de jolis paysages de plaines vallonnées où poussent les maïs, les céréales et les tournesols. A 14h30, nous sommes à Rivière-du-Loup, nous déjeunons dans le restaurant "St-Hubert" très bonne table et service correct. Rivière-du-Loup est déjà une bourgade importante de 19 000 habitants. Nous laissons la Chevrolet à l'entrée du Parc de la Pointe. Nous effectuons la randonnée aller-retour de 2h00, pour gravir la Montagne du Gros-Cacouna, qui s'élève à une altitude  de 80 mètres. Le sommet est aménagé en observatoire et nous découvrons un splendide panorama sur le parc marin du Saguenay-St-Laurent. Après le parc, une petite visite dans une jolie grange plus que centenaire, où l'on trouve toutes sortes d'antiquités à vendre, en passant de la vaisselle, aux objets de collections et aux meubles. Maintenant une balade dans le vieux Rivière-du-Loup, tout d'abord nous grimpons les marches et franchissons la passerelle au dessus du barrage hydroélectrique. Pour admirer la spectaculaire chute d'eau de 30 mètres qui se jette dans la rivière du Loup. Pendant notre rencontre avec la citée, nous apprenons que cette ancienne seigneurie du XVIIème siècle était un important poste de traite des fourrures. De magnifiques demeures du XIXème et début XXème siècle bordent les vieilles rues, comme l'Hôtel de ville, l'ancien couvent Bon-Pasteur, la Maison Stein, le Palais de Justice, l'ancien Bureau de Poste construit en brique rouge, le presbytère Saint-Patrice de 1902, le château Granville, la majestueuse résidence seigneuriale du XIXème, et bien d'autres habitations à balcons supportées par des colonnettes.

              Nous poursuivons notre route sur 20 km, et à Rivière-des-Caps, nous remontons la 289 Nord sur Saint-Alexandre. A la station service-motel, nous refaisons le plein du char et nous prenons une chambre, avec le petit-déjeuner pour 78$. Le repas du soir sera pris chez "Diane", table d'hôte à partir de 11$, bien et pas cher. La journée d'aujourd'hui est identique à la veille avec un temps magnifique et une température de 28°.

              24ème jour, samedi 15 août (170 km)

              Lever à 7h00, nous dégustons notre petit-déjeuner dans la chambre. Une heure plus tard les bagages sont chargés dans le coffre de la Chevrolet, et il fait déjà 20°. Nous rattrapons la route 132Ouest laissée la veille, et 10 km plus loin, une 1ère pause à Saint-André. Ce minuscule village fut fondé le 26 septembre 1791. L'église édifiée en 1805, est construite entièrement en pierre, elle remplace la chapelle de 1791 en bois. La vieille école date de 1937, elle borde la 132, ainsi que plusieurs maisons de la même époque. Le paysage ne change guère, des collines, des falaises de craie, des plaines gorgées de céréales et de grandes fermes nous tiennent compagnies le long du Saint-Laurent. Vers 10h00, nous abordons Kamouraska, "là où il y a jonc au bord de l'eau" en langue Algonquienne, est né précisément le 15 juillet 1674. Kamouraska est un haut lieu historique, considéré comme le berceau des pionniers du Bas-Saint-Laurent. Un mémorial où figurent 1425 noms de défunts, dont on a retrouvé l'acte de sépulture. Il est érigé à l'emplacement de l'ancien cimetière. Au XVIIIème siècle. Les Amérindiens Malécites, Abénaquis, Micmacs et les Montagnais venaient s'y faire baptiser et inhumer.

              La route serpente tranquillement à travers la campagne, un arrêt bref à Saint-Denis pour faire quelques photos au bord du St-Laurent. Depuis St-Denis nous suivons la route 132 Ouest, qui prend l'appellation de route verte. A Port-Joli nous visitons  le musée de la moto, représentées par une centaine de machines. Il est installé sur deux étages, le rez-de-chaussée est réservé aux motos japonaises et italiennes. Le 1er étage est quant à lui entièrement consacré aux machines européennes et américaines. On y trouve même quelques rares motos françaises, dans l'ensemble il est très intéressant.

              Vers 15h30, à Montmagny, on se tape une pause au café-bistrot "au coin du Monde". On en profite pour effectuer une escapade dans le vieux Montmagny. La ville est bâtie en tout sens, sans réelle symétrie, les maisons et les boutiques bornent le coin des rues. Dans ce chaos d'architecture, il demeure néanmoins de belles demeures. Nous continuons notre destinée, nous traversons plusieurs villages, où les motels sont complets. A Saint-Michel, nous abandonnons la 132 et nous remontons la 281 Sud jusqu'à Saint-Raphaël Bellechasse. Nous trouvons notre bonheur au motel "Le Magistral" pour 75$. La chambre est super équipée, micro-onde, frigo, cafetière avec café pour deux, télé, table avec deux fauteuils et petit bureau. Le temps de la journée a été très ensoleillé avec une température de 29°, et en fin de soirée quelques nuages apparaissent.

              25ème jour, dimanche 16 août (105 km)

              Ce matin, nous entamons la dernière journée de notre périple au Québec. Nous paressons un peu plus dans la chambre du motel. Un regret de ne pouvoir prolonger ce voyage envahit notre esprit. C'est promis nous reviendrons pour visiter une autre région et aussi revoir plusieurs amis. Mais pour l'instant, nous allons prendre un solide petit déjeuner au "Bar le Raf", juste en face du motel. En quittant St-Raphaël Bellechasse, nous faisons un petit détour par le Lac-aux-Canards. Cet endroit est un lieu de villégiature, avec beaucoup de villas au bord de l'eau. La particularité est que la plupart des propriétaires possèdent un hydravion. Les 20 km de la 281 Nord sont avalé en moins d'une demi-heure, et nous retrouvons notre fidèle route 132.

              Nous voici arrivés à Lévis, la dernière ville de notre voyage. Lévis est située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, dans la région de Chaudière-Appalaches. Des quais maritimes, nous sommes justes en face du château de Frontenac de la ville de Québec. Un traversier fait la navette entre les deux villes plusieurs fois par jour. C'est en 1636 à l'époque de la nouvelle France, que la Seigneurie de Lauzon et le 1er village de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy fut fondé. La ville de Lévis est issue de ce 1er village, officiellement depuis 1861. Nous laissons la Chevrolet le long de l'ancien chantier de maritime Davies, situé à la grève Jolliet. On aperçoit encore une forme de construction de navire. Plusieurs bâtiments de fin XIXème sont en bon état et la visite est gratuite. Une écurie en brique rouge datant de 1872, aux ouvertures très variées, lui confère une architecture très pittoresque. Le sol en terre battue et les stalles à chevaux furent bétonnés et transformés en atelier de mécanique en 1953. Le plancher supérieur, dont on accède par un escalier extérieur, se prêta fort bien pour le tracé en vraie grandeur des formes et des  gabarits des nouveaux bateaux. On trouve au rez-de-chaussée un centre d'interprétation sur la construction des bateaux et une maquette de ber de mise à l'eau. Un bref regard sur la rue principale du vieux quartier des quais, où surgissent quelques belles maisons anciennes.

              De l'autre côté du fleuve, le château Frontenac et les remparts de Québec dominent toute la région de Chaudière-Appalaches. Il est 14h00, nous déjeunons au restaurant "Saint-Hubert", puis une dernière balade le long du fleuve, où nous admirons la majestueuse ville de Québec. A 16h30, nous nous dirigeons vers l'aéroport International Jean Lesage. Nous empruntons le pont suspendu Pierre Laporte. Il est l'un des ponts routiers qui franchit le Saint-Laurent, reliant ainsi la ville de Québec à la ville de Lévis. Avec sa portée principale de 668 mètres entre pilier, il est le plus grand pont suspendu canadien. C'est la fin du voyage.

Commentaires (3)

1. grisez mardi, 26 Juillet 2011

bonjour,
c'est avec une grande émotion que j'ai parcouru votre site et le beau voyage que vous avez fait pour ma part j'y suis allé en 2004 et cela m'a fait revivre un peu mon propre voyage.c'est magnifique las bas. j'aimerais tant y aller définitivement je suis vraiment tombé amoureux du paysage c'est vraiment la nature et les gens sont très accueillants. beaucoup de jolis coins que je n'ai pas vus mais que vous m'avez fait découvrir ou redécouvrir par vos commentaires et vos photos.j'espère y retourner un jour dans cet endroit ou la nature est respectée par l'homme. merci au revoir. phil

2. Troy (Utah) mardi, 28 Juin 2011

Hello.It is the magnificent web site which you have. The USA are told well.

3. Camille (29) jeudi, 31 Mars 2011

Salut,
Quel magnifique voyage, de très belles photos et bien raconté. Très beau site.

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