La Crête

Album photo sur la Crête : https://picasaweb.google.com/motovoyage35/CreteAvril2011

 

La Crête du 1er avril au 11 avril 2011

Vendredi 1er avril 2011

               Départ de Rennes à 6h10, TGV jusqu'à Roissy-Charles-de-Gaulle, arrivée à 9h15. Nous enregistrons nos bagages vers 11h00, ensuite, passage des contrôles des bagages à main et vérification des billets et passeports. L'heure de décollage est prévue à 13h00, mais nous décollerons avec 40 mn de retard. 16h15, arrivée à Athènes(AΘHNA), nous passons 5H00 d'attente pour prendre le vol d'Héraklion à 21h15 et atterrissage à 22h10, aucun contrôle à l'arrivée, une vraie passoire cet aéroport. Nous cherchons le loueur de voiture ART Rent Car, voiture retenue auprès d'auto escape. Une vraie galère, personne ne connait notre prestataire de location de voiture; enfin nous le trouvons grâce à une personne bienfaisante.

              Le contrat est signé sur le bord d'un banc, pas de bureau comme les autres loueurs présents au sein de l'aéroport. Nous trouvons cela très douteux, mais nous n'avons pas le choix, la location est déjà payée par internet. Finalement ça se passe bien, maintenant que nous avons la voiture, nous partons en quête de notre hôtel à Héraklion. La 2ème galère nous tombe dessus, la ville est un vrai labyrinthe Les rues sont très mal indiquées et lorsqu'elles le sont, le Grec n'est pas évident à lire. Nous mettrons quand même 2h00, pour trouver l'hôtel, mais à notre décharge, nous n'avions pas de plan.

Samedi 2 avril 2011

              Après une bonne nuit de sommeil, debout vers 8h50, une petite pluie tombe sur Héraklion. Nous recherchons un endroit pour  déjeuner, chose faite dans une petite rue. Notre 1ère impression sur la ville, c'est assez sale, un bordel monstre règne pour circuler, des voitures de garer n'importe où et n'importe comment. Les Crétois sont indisciplinés, aucun respect du code de la route, c'est parfois chaud, je dois redoubler de vigilance.

              Notre 1ère visite est knossos (Kvωaàc) (12€ pour 2), Le site de Knossos a été découvert en 1878 par un antiquaire Crétois. Il est habité depuis le XIII millénaire avant J-C. Un premier palais est construit vers 1900 avant J-C, détruit par un séisme en 1800-1700 av J-C. Le palais Minoen actuel date de 1650 ans avant JC, il sera à son tour détruit totalement par un autre séisme aux alentours de 1350 av J-C. Knossos reste le plus grand des quatre palais découvert à ce jour. L'ensemble est très moyen, une reconstitution plus ou moins réussie de quelques bâtiments, nous donne une idée des constructions de l'époque. Les façades en pierres de gypse ou d'albâtres sont immenses, elles se prolongent sur plusieurs étages, et sont accompagnées de piliers rouges. A l'intérieur du palais on trouve des fresques représentants des hommes, des femmes, des taureaux et animaux marins. Il y a des  zones interdites ou limité à l'accès, comme la salle du trône ou les quartiers de la reine, que l'on aperçoit furtivement à travers une porte dérobée ou de barreaux. A l'extérieur ou sous un abri, de nombreuses grandes jarres en terres cuites, qui servaient à stocker l'huile et les victuailles. Mais ce qui est regrettable, c'est que l'on voit trop de béton armé par endroit, comme les linteaux, les dalles de plafonds, les piliers ou les colonnes de couleur rouge. La pluie redouble de violence, nous continuons notre route la 99, vers Kasteli pour voir le site de Lithos (Λuττoς) mais la pluie et le vent nous font renoncer.

                  Nous retournons vers la côte, à Kato Gouve, le spectacle est sublime la mer est en colère. Nous faisons un arrêt à Liménas Hersónissou, une petite ville balnéaire à l'est d'Héraklion. Après une brève pause au bord de la plage de galet, nous    décidons de monter vers le plateau du Lassithi, nous finirons dans le brouillard. Le plateau est situé à 900 mètres d'altitude, dominé par la chaîne de montagne Oros Dikti et son point culminant le mont Dikti avec 2148 mètres. A cette époque de l'année, la neige règne sans partage au-delà de 1500 mètres. Sur le plateau du Lassithi on voit, des milliers de petites éoliennes disséminées parmi les champs de cultures et d'oliviers, servent à pomper l'eau du sous sol et à les irriguer, mais nombres de pompes électriques ont commencé à les remplacer. Agios Georgios, le petit village de montagne perché à 8OO mètres sera notre point de chute pour aujourd'hui. Nous prenons une chambre chez Maria, superbe et bien tenue. Ce soir nous prenons notre repas à la  Taverne Réa, tenue également par Maria, un succulent repas nous est servi, avec en prime un digestif maison accompagné de fruit, c'est la consolation de la journée exécrable que nous avons eu aujourd'hui.

Dimanche 3 avril 2011

                 Ce matin, il pleut des cordes, le vent souffle en rafales et, le thermomètre affiche péniblement 7°. Nous renonçons à faire la randonnée jusqu'à la grotte de Dikti où Zeus fut caché par sa mère, pour échapper à son père qui selon la légende avait pour habitude de dévorer ses enfants. Nous ne verrons pas le point de vue qui domine toute la vallée. Au croisement d'une route nous remarquons une chapelle miniature sur le bord d'un talus. Après renseignement pris plus tard, nous apprenons qu'il s'agit d'un hommage fait à un mort suite à un accident de la circulation. Malheureusement nous en  verrons beaucoup. Nous descendons vers la côte voir si le temps est meilleur. Peu avant Kràzi, nous buttons sur un troupeau de moutons au milieu de la route à la recherche d'un passage pour grimper le flanc de la montagne.

                 En arrivant à Agios Nikolaos la capitale du Lassithi à l'est d'Héraklion, il fait plus doux, mais la pluie persiste. Nous nous garons le long du front de mer, car le parking y est gratuit. Nous découvrons une belle ville balnéaire,  très propre, face au Golfe de Mirabello. Agios Nikolaos possède un très joli port de plaisance, une multitude de terrasses de café-restaurant agrémente le front de mer. Ses rues aux magasins luxueux, sont étroites, parfois entrecoupées d'escaliers raides à monter. La pluie a enfin cessé et le soleil fait une timide apparition en jouant à cache-cache avec les nuages, la température remonte aux alentours de 20°. Nous longeons la côte aux paysages superbes, par la route Nationale E75 Est, nous prenons sur notre gauche la petite route de 5km de long, qui nous conduit à Mochlos. C'est un charmant village de pécheurs perdu au fond d'une crique, avec une plage de galets, mais le calme y est très reposant.

                En face de Mochlos une petite île déserte, sur laquelle une cité Minoenne a été découverte au siècle dernier. Nous suivons maintenant la route qui remonte vers Mirsini, c'est également un très joli village agrippé à la  montagne. Nous filons sur Sitia que nous évitons, pour poursuivre sur Palékastro. Nous recherchons une chambre chez l'habitant, ce sera chez Kathérina. En fait, elle nous loue un appartement de trois pièces pour le prix d'une chambre (25€ la nuit), nous réservons deux nuits. Kathérina nous accueille avec un café et des petits gâteaux, elle parle couramment le français, il faut dire qu'elle a habité en France pendant 11 ans. Ce soir nous dinons dans un restaurant typiquement Crétois "L'Itanos" viandes grillées, salade avec croutons, crevettes et sauce.

Lundi 4 avril 2011

                Levés à 9h00, ben oui, nous sommes en vacances quand même, le soleil est en partie au rendez-vous, avec un vent fort. Nous partons en direction de Vaï, nous bifurquons vers l'ancienne cité d'Itanos. Il reste quelques belles ruines de  maisons, de fortifications et d'une basilique paléochrétienne. Il y a également de nombreux murs et fondations de la petite cité éparpillés sur une vingtaine d'hectares. Le coin vaut le détour pour la plage et la vue magnifique sur la baie. En repartant, faire une centaine de mètres et prendre la petite route de Sideros à votre droite. Vous grimpez cette dernière au maximum autorisé et profitez du panorama exceptionnel qui s'étale devant vous. Nous reprenons notre pérégrination, et nous arrivons à la palmeraie de Vaï, constituée d'environ 5000 palmiers Phoenix theophrastii. Ce qui en fait la plus belle et plus grande palmeraie d'Europe. Les palmiers sont à l'état sauvage, l'espèce est rare et protégée. Vaï situé à l'extrême nord-est de l'île est une splendide plage de sable fin. Un petit escalier à droite de celle-ci, nous permet de dominer  l'ensemble et de faire de beaux clichés, avant de rejoindre une petite crique. Retour à Palékastro un bref instant, et nous voici sur le site archéologique de Roussolakkos à environ 2 petits kilomètres de Palékastro. Nous sommes justes derrière la plage de Hiona que l'on aperçoit à quelques centaines de mètres. La ville Minoenne antique qui étale ses vestiges sur plusieurs hectares date de 3000 ans avant J.C. Cette ville Minoenne fut découverte au début du 20eme siècle, l'urbanisme y était très développé, on en constate encore les traces laissées par cette civilisation. Le site est perdu parmi les oliviers, ce qui n'en facilite pas l'accès. Nous faisons une pause à la plage de Hiona, puis nous repartons vers Zakros. La route est très sinueuse et grimpe à travers la montagne désertique, ou parmi les collines recouvertes de champs d'oliviers. Nous traversons le  bourg de Zakros, et prenons la route de Kato Zakros à travers des paysages de rocailles et de collines pelées. La route longe la falaise en surplombant la mer de plusieurs centaines de mètres, pour descendre dans un dénivelé de 10%, dans un bal de lacets impressionnants. Juste avant d'atteindre Kato Zakros dans un paysage sauvage de pierrailles, sur notre gauche nous apercevons la Vallée des Morts. Enfin nous atteignons ce petit village du bout monde, jadis peuplé de pécheurs, installé dans une magnifique crique. Une plage bordée d'arbres et de plusieurs tavernes, dont la plus ancienne s'appelle Akrogiali qui veut dire au bout de la mer. Elle n'est qu'à 5 mètres de la plage, elle a été construite en 1898. Le palais Minoen (3€ l'entrée) situé à 300 mètres de la plage, fut  découvert par deux pécheurs Crétois. En 1901 les premières fouilles mettent à jour une dizaine de maisons et d'importantes découvertes de l'ère Mycénienne. Les fouilles recommencent à partir de 1961 et continuent aujourd'hui. Il est le quatrième par la taille et un port a été mis à jour. Il possède une cour centrale composée de quatre ailes principales. Le palais date de 1600 avant J-C, avant d'être endommagé en 1500 av J-C par un séisme. Il est reconstruit immédiatement et ravagé définitivement en 1450 av J-C. Le retour à Palékastro se fait par la même route, le ciel se couvre de nouveau, sans apporter de pluie, mais le vent persiste.

Mardi 5 avril 2011

               Nous reprenons la direction de Zakros, ensuite nous prenons à droite la route très tortueuse pour rejoindre l'extrémité Est de l'île. Juste avant la descente et dans le dernier virage, nous apercevons la mer et Xérokambos en contre bas.  Le village s'étire sur une centaine de mètres, avec en arrière plan la montagne désertique, parsemée de rochers. La végétation de pins, de salicornes, de palmiers, de figuiers et d'oliviers sont présents partout sur cette bande de terre, entre mer et montagne. La plage s'étend sur une longueur de 6 km, entrecoupée de nombreuses criques est composée d'un beau sable blond. Une chapelle orthodoxe et, un site archéologique complètent le décor de cet endroit du bout du monde. La route en lacet, monte en zigzagant vers Ziros au milieu d'un paysage aride où pousse quelques buissons. Nous effectuons plusieurs arrêts photos dans la montée, tellement la vue sur la crique de Xérokambos est spectaculaire. Dans la montée du col, un troupeau de chèvres nous barre la route, comme  pour nous inviter à prendre le temps de vivre cet instant magique.

                 Nous passons Ziros et continuons notre route vers Lerapetra, la zone que nous traversons est très désertique jusqu'à Handras. Puis quelques pins font leurs apparitions, vite remplacés par des champs d'oliviers qui recouvrent les collines et la zone côtière. La côte que nous suivons depuis Mahrigialos n'est pas très jolie, des serres de cultures de tomates, concombres et autres légumes ont remplacés les oliviers. Nous filons à 30km/h, en traversant Lerapetra, il faut rester prudent, car les gens peuvent vous couper la route, s'arrêter sans prévenir, en voiture, en scooter ou à pieds. Lerapetra est une ville balnéaire tout en longueur, aux rues pas très propres, des tavernes, des cafés et des restaurants bordent le front de mer, un arrêt bref et nous continuons sur Mirtos. La route principale s'élève et regagne la montagne, les oliviers réapparaissent de nouveaux. La plaine  que nous parcourons du côté d’Ano Viannos par la route nationale 97, depuis un bon moment est une terre agricole aux multiples cultures, suivit par les champs d'oliviers mêlés de carrés de vignes. Il est 19h00, nous arrivons à Vori, que nous choisissons comme étape pour deux nuits. La pension Margit Vénétikos est agréable, la chambre coute 30 € par nuit, et le petit-déjeuner 10€, nous prenons l'ensemble. Pour finir la soirée, nous allons à la taverne du Belge, située à l'entrée du village en arrivant de Mires. Nous recevons un accueil chaleureux et en fin de repas, le patron nous sert en signe d'amitié, un alcool " le raki" et une petite coupe de fruit, vraiment sympa.

Mercredi 6 avril 2011

                Le petit déjeuner pris dans la salle d'accueil est copieux, vers 10h00 nous quittons les lieux et nous retournons à Agii Déka. Le site Gréco-romain est situé à 1 km d'Agii Déka, l'entrée est de 4 € par personne. Le plus intéressant de la visite est sans nul doute le mur situé dans l'Odéon où sont gravées les lois de Gortyne. En effet sur 2 mètres de haut   et sur une dizaine de mètres de long, il y a la plus importante collection d'épigraphe grecque aussi  bien conservée. Datant de 450 ans avant JC, il s'agit de la codification des droits du citoyen à l'époque dorienne. La basilique D'Agios Titos, dont il ne reste que les trois absides encore debout, sert maintenant de perchoir et de dortoir aux pigeons et moineaux. Une curiosité sur le site, c'est le platane situé derrière l'Odéon, qui reste vert toute l'année. De l'autre côté de la nationale 97 en visite libre, quelques vestiges disséminés parmi les oliviers millénaires, dont une colonne est restée prisonnière dans le tronc de l'un d'eux. Nous continuons et juste avant le village de Mitropoli d'autres ruines de la même époque sont dispersées de  chaque côté de la route. Notre promenade nous conduit tout naturellement à travers la montagne par une belle route à lacets pour rejoindre le village de Lendas. Les petits villages de Platanos, Plora, Miamoù et Krotos que l'on traverse avant d'arriver à Lendas sont accrochés aux flancs de la montagne. Une fois passé le col, une route étroite descend sur Lendas dans de magnifiques paysages.

                 Nous faisons une courte visite aux ruines romaines et à la petite chapelle situées à l'entrée du village. Le sanctuaire d'Asklepios compte un reste de temple avec deux colonnes debout sur les seize initiales. Sous un abri en tôle plastique, on peut observer, une belle mosaïque représentant deux calamars et un cheval à la queue de poisson.  Lendas est coincé entre mer et montagne, la plage de galets mélangée de sable gris est accessible à pieds, il faut laisser sa voiture derrière le village. On vient à Lendas pour le décor et la tranquillité, les lieux sont restés authentiques, pas de promoteurs en vue. Nous préférons la plage située à trois kilomètres à l'est de Lendas, que l'on rejoint par une piste caillouteuse et défoncée. Une taverne avec une tour et une belle terrasse borde la plage, le tout surplombant la crique. Depuis Lendas la piste de 15 km que nous empruntons vers l'ouest est très abimée, étroite et raide par endroit. Platià Peràmata est un tout petit village de pécheurs, il n'y a pas grand chose à voir et à y faire, nous remontons vers  Andiskàri. Nous rencontrons un berger et son troupeau peu avant Agios Kirillos, c'est l'occasion de faire quelques photos. Nous voici arrivés au Monastère Vrontisi à trois kilomètres à l'ouest de Zaros, situé au cœur du massif de l'Ida. L'entrée est libre d'accès, à notre gauche avant de franchir le porche une splendide fontaine vénitienne d'Adam et Eve sans tête. C'est un beau monastère restauré dans son style originel. La petite église est d'origine Vénitienne et a la particularité d'être orthodoxe d'un côté et catholique de l'autre. A l'extérieur un très beau panorama sur toute la vallée nous est offert. Notre dernière visite de la journée, nous conduit au palais de Phaistos. Le 2ème plus grand palais minoen après Knossos, édifié sur  le haut d'une colline vers 1900 avant JC, détruit par un tremblement de terre en 1600 av JC et une seconde fois en 1450 av JC. Les ruines que nous observons n'ont pas été reconstituées comme à Knossos, nous voyons clairement les appartements royaux, bassins, silos à grain, un puits de lumière et probablement des magasins ou appartements secondaires. Le palais de Phaistos de sa position dominait toute la région. Nous parcourons les quatre derniers kilomètres qui nous séparent de Vori. Nous garons la voiture devant la pension Margit, et nous effectuons une balade dans le village. La minuscule   place du village est occupée par une rangée de café, mais le plus intéressant ce sont les vieilles demeures aux portes pittoresques et patinées par le temps.

Jeudi 7 avril 2011

              Nous quittons la pension Margit vers 10h00, nous roulons sur la N 97 jusqu'à Agia Galini. C'est ici que nous laissons la côte sud et la N 97, pour remonter vers la côte nord et prendre la N 77. Nous passons entre le massif d'Oros Idi et le massif Lefkà Ori sous une pluie fine. Le mauvais temps sévit en montagne, mais il semble s'améliorer à l'approche de la côte. Les 55 km qui nous séparaient de Réthymno (Ρέθυμνο) sont franchis en un peu plus d'une heure. Nous trouvons une  place de parking le long du front de mer. Le ciel reste énormément chargé de gros nuages noirs, la mer est en colère et le vent souffle très fort, mais il ne pleut pas, c'est déjà ça. Nous envisageons quand même, d'accomplir la visite de la vieille ville, construite par les Vénitiens au XVI ème siècle. La vieille citée est particulièrement fascinante avec ses ruelles étroites et ses façades de maisons à l'architecture typiquement Vénitien. Elle a conservée son allure ancienne et aristocratique du temps passé. De belles portes voutées ornent les façades des maisons, aux avancées en bois très pittoresques. La forteresse également du XVIème, est située sur le front de mer, à l'est de ses remparts une monumentale porte permet de  pénétrer à l'intérieur. La citadelle fut édifiée par les Vénitiens, suite aux attaques incessantes du corsaire turc Barberousse. A l'époque de sa construction, elle était la plus puissante et importante de Crête. Le port de pèche quant à lui, est tout simplement mignon avec sa flottille de petits bateaux, il est bordé par de nombreux café-restaurants.

              La E75 a remplacée la N 77, et nous filons plein ouest vers Le port de la Canée (Hania). Nous décidons de faire halte à Kalyves (ΚΑΛΥΒΕΣ), pour deux nuits chez Christi appartements (30 € la nuit) de véritables petits studios, super propres et bien équipés. Il n'est que 15h00, nous reprenons la E75 vers l'ouest, nous passons Hania et nous allons jusqu'à Màleme situé à 35 km de Kalives. Notre but est de visiter le cimetière Allemand où reposent 4465 soldats tués pendant la seconde guerre mondiale. Ce cimetière a été créé dans les années 70, tous les ossements des soldats qui sont enterrés ici, ont été retrouvés  sur toute l'île de Crête. Ils sont inhumés par deux, voir par cinq, et c'est toujours impressionnant de voir ces alignements de tombes. Tous ces hommes ont été tués pour satisfaire l'idéalisme d'un seul homme, c'est affligeant de penser que beaucoup sont mort avant d'avoir eu vingt ans. Nous parcourons une centaine de mètres, sur la petite route qui serpente à travers les oliviers et qui descend vers Màleme. Nous garons la voiture sur le bas côté à la crètoise, et nous prenons le sentier qui mène au Tholos (θόλος) de l'époque minoenne. Ce monument funéraire de forme carré est très bien conservé, les murs d'entrée sont intacts, le linteau de la porte est encore en place, seul le plafond a subi l'outrage du temps et c'est effondré. Nous rentrons tranquillement sur Kalyves (ΚΑΛΥΒΕΣ), puis une balade le long des quais termine cette journée. Le vent continue de souffler fort, la méditerranée est toujours aussi déchaînée, et le ciel a revêtu son manteau noir, mais il ne pleut pas.

Vendredi 8 avril 2011

             Il est 8hOO, nous prenons notre temps pour nous lever, le beau temps est revenu, le soleil nous fait un clin d'œil et la mer bleue azur est calme. Nous grimpons jusqu'à Aptera (Ατττερα) situé à 10 km de Kalives, le site romain  date du 1er au XVII ème siècle avant JC. Il est situé sur la colline de Paliokastro, à une altitude de 230 mètres. La citée dominait la Baie de Souda au nord, le massif des montagnes blanches au sud et à l'ouest toute la plaine d'Apokoronas. Elle bénéficie d'une position politique et militaire, incomparable dans la région. Elle possédait deux ports, Cela lui à permis de développer et d'asseoir sa puissance économique. L'entrée est normalement de 3€ par personne, mais la caisse est fermée et le site ouvert? Nous entrons. La villa romaine devant l'entrée est bien conservée, les vestiges d'un temple à droite, deux grandes caves à notre gauche, un peu en contre bas trois immenses citernes à eau en superbe état. Les ruines d'un complexe de bains publics sont juste en dessous, et plusieurs restes de bâtiments sans explications sont disséminés sur le site. Un petit sentier nous conduit à une centaine de mètres parmi les oliviers au théâtre ancien, dont une bonne partie reste à découvrir.  Du théâtre nous avons un panorama exceptionnel sur les cimes enneigés du massif Lefkà Ori, dont le sommet atteint 2453 mètres d'altitude. Nous prenons l'ancien chemin du village d'Aptera sur plusieurs centaines de mètres, pour découvrir un morceau de muraille qui entourait la citée romaine. Nous reprenons la voiture pour faire le petit km qui nous sépare de la forteresse Ottoman édifié au cours du XVIème siècle. Elle est en parfaite état de conservation, de cet endroit on jouit d'un magnifique point de vue sur la Baie et la presqu'île d'Akrotiri. Nous remontons la E75 en direction de Réthimno, et nous sortons à droite de Georgioupoli, pour emprunter la route étroite qui  conduit au lac Kournas. C'est le seul lac d'eau douce de Crête, coincé entre les montagnes, plusieurs cafés-restaurants bordent la rive.

              En passant à Georgioupoli (εωργιούπολη), nous nous y arrêtons un bref instant pour faire quelques  clichés du minuscule port de pèche et de sa petite chapelle Saint-Nicolas située au bout de la jetée en rochers. Georgioupoli c'est aussi, une belle plage et un village balnéaire, qui attire de nombreux touristes l'été. Nous poursuivons notre balade par une petite route de campagne Crétoises, pour atteindre Vamos en passant par Kal Amigdali et Kal Aléxàndrou. Vamos est un village où les habitants ont formés un comité de sauvegarde, pour reconstruire et restaurer les biens ancestraux. Le résultat est réussi, de jolies demeures ont retrouvés leurs caractères d'antan. La suite de la promenade nous emmène à Kefalas, puis Kokkino Horio situé en hauteur d'où l'on peut embrasser d'un regard la Baie et la grande bleue. Nous retournons au village de Kalives situé à seulement 10 km de Kokkino. Nous profitons du temps qui nous reste, pour flâner dans Kalives. Kalives c'est un  charmant petit village posé au bord de la méditerranée, dans l'admirable Baie de Souda. Nous déambulons le nez en l'air dans la rue principale à la recherche d'un restaurant que nous ne tardons pas à trouver.

Samedi 9 avril 2011

             Il est déjà 10h00, quand nous quittons les lieux et reprenons la E75 en direction de Réthimno. Arrivé à Stavroménos nous suivons sur notre droite l'ancienne route nationale (old road) qui est plus intéressante, car elle traverse des petits villages et serpente dans la montagne. Mélidoni nous accueille et se laisse charmer par quelques belles  maisons restaurées et de vieilles portes crétoises, qui à elles seules valent le coup d'œil. A gauche et à la sortie de Mélidoni, nous grimpons la route goudronnée sur deux kilomètres, jusqu'à la grotte du même nom (3€ l'entrée/personne). C'est ici, en 1824 que 370 civils et 30 soldats se réfugièrent pour échapper aux Turc, mais leur cachette devint leur tombeau. En effet l'armée turque alluma de grands brasiers à l'entrée de la grotte et enfuma les malheureux, qui succombèrent par asphyxie. La grotte est une immense cavité en forme de grosse cloche, à l'intérieur un monument aux morts et un ossuaire.

              Nous voici à Bali, petit port de pèche en pleine expansion touristique, on construit à flanc de colline  et en espalier. De belles petites plages au sable gris et des microscopiques criques déchiquetées bordent le village. Au mois d'avril c'est un endroit calme, mais en pleine saison c'est la foule des grands jours et ça devient l'enfer pour circuler, aux dires des habitants. Nous arrivons à Pànormo à 20 km de Rétymno et à 50 km d'Héraklion, la pension Lucy située dans la rue principale nous loue un petit studio pour 40 € la nuit. La propriétaire est Italienne et parle le français, l'accueil est sympa, la dame nous on offre le Raki et une bouteille d'eau minérale en signe de bienvenue. Ce soir, la balade que nous entreprenons est surtout un prétexte pour prendre plusieurs clichés du coucher de soleil. En partant du port, prendre le chemin à gauche de la belle villa située à la sortie de Pànormo, il grimpe le long de la colline. Il est bordé de tamaris sur  une centaine de mètres, puis il faut ouvrir le portail et ne pas oublier de le refermer, afin d'empêcher le bétail de sortir. Vous vous promenez au son des cloches, que portent nonchalamment quelques moutons et chèvres et qui sonnent aux grès de leurs mouvements. La promenade valait le déplacement, nous ne sommes pas déçus, le coucher de soleil est de toute beauté. La soirée se termine à la taverna Géronymos, dans le centre de Pànormo. L'accueil est sympa, on vous met la télé sur une chaîne francophone, le repas est simple mais très correct.

Dimanche 10 avril

              Ce matin c'est notre dernier petit-déjeuner en Crête. Nous trouvons pour cela un café super mignon, dans une petite rue qui descend vers le port. Le patron est très accueillant, le bar n'est pas encore ouvert. Mais il nous invite à  nous asseoir à la terrasse et accepte de nous servir. A l'intérieur de belles fresques ornent le mur de gauche, sur la droite un vieux soufflet de forge est accroché aux poutres en bois. Le centre du toit est ouvert, il laisse place à une treille de vigne, qui sert de parasol l'été. Le tenancier du bar nous explique et nous montre sur l'écran de son PC, les photos prises l'été. C'est à la fin septembre, la meilleur période, car les clients peuvent cueillir les grappes de raisins directement de leurs sièges. Pour rejoindre Héraklion notre dernière étape, nous reprenons la vieille nationale où notre vitesse oscille entre 40 et 60 km/h. La vieille route aux virages en lacets, n'en finit pas de dérouler sa carte postale aux paysages superbes. Il est 13h00, quand nous arrivons à Héraklion, nous reprenons une chambre à l'hôtel Athinaikon. Juste après un repas léger, nous partons faire les achats des traditionnels cadeaux, sur le site de Knossos.

              Le reste de la journée est consacré à la visite d'Héraklion (Ἡράκλειον) intra-muros. Les édifices de grandes importances de la vieille citée, sont certainement la forteresse et les remparts vénitiens. Un peu d'histoire : La ville d'Héraklion (Ἡράκλειον) fut fondée à l'époque archaïque, entre le VIIIe siècle et le IVe siècle avant JC, son nom lui vient du héros Grec Héraclès. A l'époque minoenne, elle servait de port à la puissante citée de Knossos. Ensuite elle fut occupée une 1ère fois par les Byzantins de 395 à 824, suivit d'une occupation arabe allant de 824 à 961. Une seconde période permit aux Byzantins de rester de 961 à 1204, ensuite les Vénitiens la rachetèrent et l'occupèrent jusqu'en 1669. Les ottomans après 21 ans de siège de 1648 à 1669, qui couta la vie à 30 000 Crétois et 120 000 Turc, prennent possession de la ville. Jusqu'en 1898, elle reste une place forte Ottoman et c'est seulement en  1913 qu'elle est rattachée à la Grèce.

              Nous commençons notre visite par quelques beaux monuments intéressants, comme la Loggia vénitienne du XVIIe siècle, l'hôtel de ville actuel. La très jolie fontaine Morosini de 1628, en forme de pétale et agrémentée de bas-reliefs. Sur notre droite, l'église Agios Markos, et en remontant la rue Odos 1866, nous arrivons à la fontaine turque. Juste à côté de cette dernière, la fontaine Bembo datant de 1588, avec sa statue sans tête d'origine grecque. Nous poussons plus loin par la rue Karterou, pour apercevoir la Cathédrale Agios Minas. Et nous finissons la balade intra-muros par l'église byzantine Agios Titos.

              La balade se poursuit par la visite des remparts de la ville qui étalent leurs constructions sur 100 ans. Pendant l'édification, chaque crétois âgés de 14 à 60 ans y travaillèrent une semaine par an. Les murs de l'enceinte pouvant  atteindre quarante mètres d'épaisseur par endroits. Ils font un peu plus des trois quarts du tour de la vieille citée, de puissants bastions aux nombres de sept complètent l'ouvrage. Au sud des remparts, sur le bastion Martinengo se trouve la tombe de Nikos Kazantzakis écrivain grec (1883-1957). Une tombe très simple avec une épitaphe en grec "je n'espère rien, je ne crains rien, je suis libre" le tout surmonté d'une croix en bois.

              La forteresse est située en bout de la jetée pour protéger l'entrée du port. Elle fut érigée de 1523 à  1540. Elle est en très bon état (la visite coûte 2€), les murs sont d'une épaisseur colossale. La forteresse ou château est divisé en 26 pièces, de la pièce principale, en passant par les magasins à boulets et munitions, les baraquements des soldats et les réserves à nourritures. A l'extérieur du château, la face sud et la face nord, sont décorés du lion de Saint-Marc l'emblème de la république de Venise. Du bout de la jetée, on a une très belle vue d'ensemble du port et de la ville d'Héraklion. 

Lundi 11 avril 2011

              Debout 4h00, retour au parking de location de voiture et enregistrement des bagages, ensuite c'est l'embarquement et décollage à 6h55, pour Athènes. Il est 9h25, quand nous décollons d'Athènes pour Paris, nous arrivons à Roissy vers 12h00. Encore un train à prendre et enfin à la maison vers 18h30. C'est toujours les journées les plus longues, le départ et l'arrivée.

Album photo sur la Crête : https://picasaweb.google.com/motovoyage35/CreteAvril2011

Île de Crête Héraklion Knossos Agios Georgios le plateau du Lassithi Agios Nikolaos

Commentaires (1)

1. Denez (29 Brest) dimanche, 22 Janvier 2012

Bonjour,
J'aime ce site de motard et voyageur au grand cours, bonne continuation.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×