L'Ouest des USA

          5600 km, A TRAVERS L'OUEST  AMERICAIN

  Plus de photos avec : http://picasaweb.google.fr/motovoyage35/LOuestDesUSA2008#

L'Ouest Américain ou Far-West compte 13 états, nous nous contenterons dans traverser 4 (Arizona, Utah, Nevada et Californie du 8 au 24 mars 2008) ce voyage a été effectué en voiture et non en moto, pour la simple raison qu’il faut compter 1800 € de location pour une moto, contre 325 € pour une voiture. Nous reviendrons et peut-être que nous le ferons en moto.

1er jour 8mars08

Nous arrivons à Phoenix (Arizona) vers 20h00, il fait déjà nuit, le temps de remplir les formalités et, de récupérer la voiture de location (pas trop de problèmes avec la boîte automatique), il est 22h00. Ensuite deux heures de galère pour retrouver l'hôtel qui est à seulement 15 miles de l’aéroport.  Mais quand vous débarquez dans une grande ville américaine, pour la première fois ce n’est pas si facile que ça, il faut commencer par déchiffrer les panneaux autoroutiers.

2ième jours9mars08

Il est 10h du mat, nous voila partis pour l’aventure de l’ouest américain, nous quittons Phoenix par la route 60 nord-est, direction la réserve Apache. Nous y rencontrons des gens un peu méfiants au premier abord, puis les langues se délient, nous échangeons quelques mots avec eux. Nous nous rendons compte que l’alcoolisme et la misère font partis de leur vie quotidienne. Nous sommes un peu gênés, achetons quelques courses dans un petit market de la réserve, pour déjeuner le midi et, reprenons la route. Nous ne voyons pas de terre de culture, mais que des montagnes, des canyons, des cactus et des zones désertiques, il n’y a rien à faire pour le peuple Apache, je comprends mieux l’ennui et le désarroi de cette population. Quelques kilomètres plus loin après avoir quitté Fort Apache, nous sommes surpris de voir de la neige dans la forêt de pins, qui nous entoure, ainsi que sur les bas côtés de la route, nous sommes pourtant au sud des Etats-Unis. C’est vrai que ce n’est que mi-mars. Nous sortons de la réserve Apache en direction de Show-Low, canyon, cactus et désert se succède tout le long de la journée. Nous rattrapons la route 61 plein- nord, puis la route 180 nord, pour nous diriger vers le « Parc National  forêt pétrifiée » au nord-est de l’Arizona.

Les milliers de troncs fossilisés de la forêt pétrifiée datent du trias (environ 225 millions d’années). La région était alors occupée par le delta d’un fleuve, sur les rives poussaient des arbres géants. Ils furent enfouis sous des dépôts sédimentaires riches en silice.

La silice remplaça lentement la matière végétale et fossilisa les troncs. Progressivement, la région s’enfonça et fut ensevelie sous des strates sédimentaires. Son soulèvement récent, conjugué à l’érosion permit la mise à jour des troncs fossilisés. On y trouve également des pétroglyphes amérindiens et des fossiles d’animaux préhistoriques. Nous voila déjà chez les Navajos, il est tard nous décidons de nous arrêter dans un motel en plein cœur de la réserve, dans la petite ville de Chinle au pied du Canyon de Chelly.

3ième jours 10mars08

8h30, nous commençons la journée par la visite du « Canyon de Chelly ». Le mot Chelly est une déformation anglaise du mot Navajo « Tseqi », qui signifie canyon rocheux ; C’est une superbe faille  taillée en  Y, creusé par deux rivières : Tsaille Creek et Whiskey Creek, dans une plaine quasi désertique. D’une grande beauté de couleur rouge sombre, de la dimension approximative des gorges de l’Ardèche. On devine bien comment les lits des rivières se sont creusés dans la roche de grés, pour atteindre plusieurs centaines de mètres de profondeur (400 m environ).Dans le fond on distingue des champs de cultures, des hogans, des chevaux, des chèvres, des moutons et des pick-up. En effet celui-ci est habité depuis des milliers d’années, on y trouve les ruines de villages Anasazis, datant de 350 à 1300 ans de notre ère. Les Anasazis sont les premiers habitants de la région, l’originalité de ces villages c’est qu’ils furent construits dans des grottes ou sous des aplombs des falaises de grés.

Le site est sacré pour  les Navajos, c’est vers 1700 ans qu’ils se sont installés dans le fond du canyon en menant des attaques contre les villages pueblos, puis contre les espagnols et enfin contre les américains. Pour mettre un terme à ces attaques, une campagne militaire fût menée par le terrible Kit Carson, qui remporta cette bataille finale en 1864, (mais sans gloire) en affamant les Navajos. 8000 Navajos, femmes, enfants, vieillards et guerriers furent déportés vers le Nouveau-Mexique. Dans l’une des premières réserves, ce fût un échec, les survivants (à peine la moitié) furent autorisés à regagner le canyon.

Après cette belle journée riche en histoire et paysages, nous reprenons la route 191 nord, jusqu’à Bluff (Utah) pour y passer la nuit.

4ième jours 11mars08

Ce matin il fait froid, il a gelé cette nuit, mais le soleil veille et nous sentons déjà la chaleur tiède de ses rayons nous envahir. Nous prenons la direction de l’ouest par la route 163, pour rejoindre « La Vallée des Dieux ». Après avoir parcouru une douzaine de miles, entre Bluff et Mexican Hat, nous prenons la piste sur notre droite, pour découvrir des paysages superbes, des formations géologiques  extraordinaires de couleur rouge. La piste est praticable en moto comme en voiture, elle enchaîne la tôle ondulée, petites montagnes russes, quelques fois des passages de  torrents asséchés. Compter environ 2h30 pour parcourir les 17 miles de piste, avec les arrêts photos, cette vallée est peu fréquentée par les touristes, c’est dommage car ça vaut le détour.

Nous sortons de la piste, puis nous prenons la 261sud, pour rejoindre Mexican Hat et, de nouveau la 163 ouest, pendant une vingtaine de miles et nous arrivons dans un décor de western, le plus connu dans l’histoire du cinéma. 

« MONUMENT VALLEY »  (à cheval sur l’Arizona et l’Utah)

Un rêve de gosse se réalise, les images de cow-boys et d’indiens défilent dans ma tête, les plus grands westerns de John Ford avec John Wayne ont été tournés dans ce décor extraordinaire. Monument Valley situé à l’intérieur de la réserve des Navajos, nous offre un paysage extraordinaire de beauté, d’une dimension colossale, que le regard ne suffit pas à embrasser d’un seul coup d’œil, cette immensité désertique. Pitons, butt et mesa de roche, d’origine volcanique,  atteignent parfois 400 m de hauteur, changent de couleur du lever au coucher du soleil, passant du rouge pâle au violet. Ce tableau gigantesque a vu le jour  il ya environ 160 millions d’années et, continue de se modifier. La piste est caillouteuse, poussiéreuse, voir avec quelques ornières, mais reste praticable en voiture et moto, longue d’une vingtaine de miles, environ 3 à 4h00 de visite.

 La vallée est peuplée d’indiens Navajos, qui vivent de l’agriculture, de l’élevage de moutons et de chevaux, ainsi que de l’artisanat vendus aux touristes (poteries, bijoux, couvertures etc.).Certains habitent, encore à la manière de leurs ancêtres, dans des huttes traditionnelles, « hogans » fabriquées avec des rondins de bois, des brindilles et recouvertes d’argile, ils effectuent encore le travail quotidien selon les rîtes ancestraux. Le soleil décline, il reste environ 160 miles avant de rejoindre Page, notre ville étape, il fait  nuit quand nous arrivons et mais nous trouvons facilement un motel.

5ième jours 12mars08

Page fondée en 1957 pour la construction du barrage sur le Glen Canyon où coule le fleuve Colorado, Page est située à 6 miles du « lac  Powell », sur un plateau désertique de 1310 m d’altitude « Manson Mesa », qui domine la rive sud du Colorado qui forme l’immense lac artificiel « Powell ». Nom qu’on lui a donné en mémoire de l’explorateur John Wesley Powell (1834-1902), qui descendit une grande partie du fleuve, avec quatre embarcations et neuf hommes, en mai 1869. La journée commence par la visite du barrage, suivi d’une petite balade le long de la rive ouest du lac Powell, qui nous offre un magnifique paysage de couleurs variées. Nous suivons maintenant la route 89 nord, passons Kanab, Mount Carmel Junction, Glendale et filons vers le « Parc National Bryce Canyon », encore enneigé à cette époque de l’année.

 

 Le parc est connu depuis l’époque des trappeurs (vers les années 1830), d’une beauté extraordinaire de part ses roches en forme de cathédrales déchiquetées, Bryce Canyon est creusé dans des falaises roses, qui changent de couleur au gré des heures. Sculpté par l’érosion, le gel et la pluie depuis des millénaires, ce qui donne ces étranges et magnifiques colonnes de pierres, qu’on appel Hoodoos, d’ailleurs beaucoup de sites portent des noms laissés par les Indiens Paiute : Paria (eau boueuse), yovimpa (les pins), Paunsaugunt (la maison du castor). Nous revenons sur nos pas vers Mt Carmel, rejoignons la petite route N° 9,

pour atteindre le « Parc National de Zion ». En fait c’est plutôt un étroit canyon, comme taillé d’un coup de sabre, d’environ 8 miles de long, creusé par la rivière Virgin depuis 135 millions d’années et d’une profondeur de 600 m, composé de couches sédimentaires, allant du blanc cassé au brun foncé. Au fond du canyon, nous avons rencontrés des mule deers (daims). Il est déjà tard, nous resterons donc à Springdale pour la nuit.

6ième jours 13mars08

Nous partons vers 8h00, pour être en milieu d’après-midi à Las-Vegas, mais pour l’instant nous prenons l’Interstate highway 15 plein sud, pendant une centaine de miles. Nous entrons dans l’état du Nevada,  l’interstate serpente en de grandes courbes sur une quinzaine de miles, en passant dans un canyon où coule la rivière Virgin. Puis nous sortons au niveau de glendale, suivons la route  (169), nous traversons Logandale et Overton, non loin du Lac Mead, puis nous empruntons une petite route sinueuse, qui traverse le parc d’état «Parc d’état La Vallée de Feu », de magnifiques paysages d’origine volcanique s’offrent à nos yeux, les roches d’un rouge vif, qui composent cette toile de maître y ont été sculptées et torturées par le temps et l’érosion, environ 2h00 de visite.

Vers 15h00, nous entrons dans Las Vegas, ville plantée en plein désert, écrasée de chaleur et de soleil, environ 30° au mois de mars ; Elle nous accueille, par le freeway à deux fois 8 voies, où je suis un peu perdu parmi tous ces gros pick-up, camions à trois, voir quatre remorques, qui vous passent à gauche et à droite ; C’est  impressionnant au début, mais on s’habitue vite à la circulation.

Las Vegas, fondée en 1905 à la construction du chemin de fer, située sur une piste d’un ancien campement de pionniers, qui suivait la piste espagnole reliant Santa-Fe à la Californie. Une ville d’argent, de débauche, de spectacles féériques et musicaux parmi les plus étonnants du monde. Nous trouvons un motel avant 16h00, après les prix grimpent en fonction du remplissage des chambres, nous évitons le week-end, car beaucoup trop cher. Nous ne sommes pas trop loin du Strip (Las Vegas Boulevard), nous voila partis pour une balade, nous repérons les plus grands hôtels casinos, puis nous rentrons au motel pour diner. Il fait nuit, nous sommes éblouis par les illuminations de toutes sortes, nous visitons quelques casinos : Le Paris qui représentent plusieurs quartiers de Paris, (la Tour Effel, l’arc de Triomphe, l’Avenue des champs Elysées, la gare d’Orsay, l’Opéra Garnier, les boutiques de la rue de la Paix, etc.…) le Bellagio avec son merveilleux spectacle son et lumières et jets d’eau, sur un lac de 3,5 ha. Le M.G.M, avec en façade son lion géant doré de la Métro Goldwyn Mayer, qui reçoit régulièrement les plus grandes stars du 7ième Art. Nous visitons encore deux ou trois casinos, puis rentrons au motel pour finir la nuit.  Pour notre part, nous avons appréciés la ville de lumière, les casinos géants, sa vie tumultueuse et de folie la nuit.

7ième jours 14mars08  

Nous quittons Las Vegas par la 160 ouest jusqu'à Pahrump, nous rattrapons la route 178 pour rejoindre Shoshone en Californie. Shoshone (nom d’une tribu indienne) est située à l’entrée sud de la Vallée de la Mort  «Park National Death Valley » . On y trouve, une pompe à essence, une épicerie avec un distributeur de billets, un petit musée dans l’ancienne station service et à l’extérieur une vieille voiture des années trente, qui vaut bien une belle photo.

Nous entrons dans la mythique Vallée de la mort, 70 miles de désert avant d’atteindre Furnace Creek, ancienne mer de 200 millions d’années, coincée entre la Sierra Nevada et les Shoshones Mountains ; La Death Valley s’enfonce sous le niveau de la mer pour atteindre son point le plus bas à Bad Water (– 86 m), la température la plus chaude y a été enregistrée en juillet 1913 avec 57°C, et le record de froid la même année avec moins 9°C.

Ce désert que l’on suit par une route étroite et sinueuse, serpente à travers des paysages lunaires et très variés: des étendues salées d’une blancheur incroyable, des montagnes à l’ouest, des dunes au nord, des villages fantômes, et des mines abandonnées (d’or, d’argent et de borax). A  Furnace Creek, nous visitons un petit musée gratuit, situé dans la plus vieille maison en bois (1883) de toute la Death Valley, à l’intérieur, on y découvre tout un tas de choses, sur la vie des pionniers, des mineurs, une foule d’objets divers de l’époque de l’ouest. A l’extérieur une exposition est consacrée à l’exploitation  minière (or, argent et borax), on y trouve des wagonnets, des chariots, des calèches, une diligence et même une authentique locomotive du XIXème siècle. La première mine de borax, fut découverte par un français du nom d’Isidore Daunet en 1875. Après Furnace Creek nous rejoignons la route 190, peu avant Stovepipe Wells Village,  à notre droite, à quelques encablures, apparaissent les dunes de sable blanc, d’une dizaines de mètres de hauteur. Nous quittons la Death Valley par la route 190 ouest, et de chaque côté sur une étendue infinie, des arbres de Josué, sorte de palmiers-cactus qui prolifèrent dans toute la région. C’est vers 19h00 que nous rejoignons, Lone Pine au pied du Mont Whitney (4417m) une petite ville de l’ouest très particulière. En effet, c’est dans la région que furent tournés les grands westerns du cinéma hollywoodien. Nous prenons une chambre par hasard dans un vieux motel en bois des années 30, et apprenons par le patron, que le motel fût construit spécialement pour les acteurs et actrices de l’époque. John Wayne, Gary Cooper, Errol Flynn, Cary Grant, Anthony Quinn, Spencer Tracy, Rita Hayworth, Clint Eastwood et pleins d’autres ont séjournés dans ce motel mythique.

8ième jours 15mars08

Ce matin départ vers 8h00 pour le Parc National Séquoia, il fait froid, nous roulons sur l’hyghway 395 plein sud, pendant 70 miles. A Freeman nous prenons la route 178 ouest sur 50 miles et contournons le Lake Isabella pour suivre une petite route de montagne très sinueuse, nous suivons le torrent Isabella jusqu’à Johsondale. Il commence à neiger, nous continuons à grimper jusqu’à Camp Nelson, mais la route est barrée et il y a beaucoup de neige, nous rebroussons notre chemin, et à Lake Isabella, nous reprenons la route 178 ouest pour contourner la Sierra Nevada. A Bakersfield, nous nous engageons sur le freeway 99 nord, sur 15 miles, puis sur la route 65 nord, pour rejoindre Porteville, la 245 nord jusqu’à l’entrée du « Parc National Séquoia ». Nous prenons quelques renseignements sur l’état des routes, auprès des Rangers, qui nous déconseillent de continuer sans équipements à neige de type chaînes. Nous sommes déçus nous ne verrons pas le Général Sherman, ce Séquoia est l’arbre le plus gros du monde. Malgré notre déception, nous ne regrettons pas tous ces miles parcourus aujourd’hui, car les paysages étaient vraiment superbes. La nuit tombe et le soleil se couche, il est temps de chercher un  motel, ce sera chose faite à Lindsay, une petite ville de campagne bien tranquille, comme on en rencontre chez nous.

9ième jours 16mars

Le soleil est déjà levé, quand nous entamons la route 198 ouest, puis à Lemoore, la 41 ouest et la 46 ouest, que nous suivrons sur une centaine de miles, pour atteindre la côte du Pacifique. Les paysages sont totalement différents : les plaines, les ranchs, les vignes, les champs d’orangers, les collines qui rappellent l’Auvergne, les élevages de bovins et de chevaux, nous changent des paysages désertiques et montagneux que nous venons de traverser depuis une bonne semaine. Nous visitons également, quelques vieux cimetières historiques et des vieilles fermes de pionniers, disséminés le long de ces petites routes.


Nous voilà à Cayucos fondée en 1876, petite ville installée au bord du Pacifique, qui a gardé son charme de l’ouest, avec ses dizaines de maisons d’époque aux couleurs pastelles, très bien conservées. Nous trouvons un petit motel mignon comme tout, avec des gens accueillants et fort sympathiques. Nous déposons nos bagages, faisons quelques courses au market du coin et passons le reste de l’après midi à flâner dans la ville et sur la magnifique plage de Cayucos, jusqu’au coucher du soleil, histoire de faire quelques jolies photos.

10ième jours17mars

Au lever du soleil, nous sommes déjà prêt à prendre la route H 1 en évitant au maximum l’interstate 101, ces deux routes qui parfois se confondent et parfois se divisent. Cette route étroite qu’est la H 1,  longe les superbes côtes du Pacifique d’un côté, de l’autre des collines verdoyantes et en toile de fond la montagne, tout ça en passant par les villages côtiers et petites villes maritimes. C’est ainsi que nous traversons des endroits magnifiques, comme Los Alamos, village très western fondé en 1876, San Luis Obispo, Grover City, Guadalupe petite ville de type espagnole fondée aussi en 1876, et Lompoc. Nous rejoignons l’interstate 101 à Gaviota, puis nous arrivons à Santa Barbara, où les collines sont parsemées de riches villas et de ranchs luxueux. Suite à un tremblement de terre en 1925, qui détruisit la ville d’origine espagnole, on décida d’harmoniser les constructions, et de reconstruire les maisons dans un style colonial espagnol, qui fût le sien jadis.

Nous passons par Malibu et ses magnifiques plages (comme la Baule), nous entrons dans Santa Monica, là où se termine la légendaire route 66 « The Mother Road », et nous entamons la traversée de Los Angeles, en suivant la route 66, très bien indiquée par des panneaux : Historic 66 route. Nous effectuons un passage éphémère dans Beverly hills, qui est sans intérêt pour nous. Nous poursuivons par le Santa Monica Freeway 10, San Bernardino Freeway 10 et enfin l’interstate 15, qui nous pousserons jusqu'à Victorville sur la route 66. Il est déjà 22h00, nous trouvons un motel miteux (El Rancho), en face, il y a un market discount, où nous achetons deux, trois bricoles pour manger, pas terrible non plus, mais pour ce soir on s’en contentera.

11ième jours18mars08

 C’est ici à Victorville que commence le jeu de piste, pour suivre la mythique route 66, la route mère qui relie Chicago à Santa Monica sur une distance de 2448 miles (4000 km). La construction débuta en 1926 et s’acheva en 1938, elle traverse 7 états. Nous la suivons jusqu’à Bartow, en passant par Oro Grande, Helendale, et Lenwood. La route est étroite, fissurée et se transforme parfois en montagnes russes, les paysages son désertiques. Nous longeons la voie de chemin de fer de Santa fée, entre Bartow et Newberry-Springs, nous bifurquons sur notre gauche pour prendre une petite route, qui nous mène à Calico, fondée en 1881, ville fantôme (entrée payante), devenue une attraction touristique. Avec son petit train, sa visite de la mine d’or, son saloon, son musée, son école entièrement restaurée, sa prison, son hôtel, son magasin générale, quelques  maisons et cabanes de mineurs, mais aussi son cimetière très pittoresque. Les bâtiments sont bien conservés et entretenus. Nous reprenons l’interstate 40, pour retrouver la route 66 peu avant Newberry- Springs. La route 66 traverse le désert de Mojave, nous nous arrêtons à Bagdad café, célèbre depuis qu’on y a tourné le film ; Nous filons sur  Ludlow, ancienne ville minière fondée en 1882, Amboy-Crater du nom du volcan qui se trouve à l’entrée de la ville, un magnifique cône de scorie de type strombolien. En sortant d’Amboy-Crater, nous observons sur le bas-côté des inscriptions faites avec des pierres. Elles représentent un nom ou un message, laissé par les ouvriers qui ont construit la ligne de chemin de fer de Santa-Fée, sur une distance d’environ 40 miles. Plus loin nous tombons sur un tournage de film, dans une vieille station essence. Nous continuons sur Cadiz (un peu en retrait de la route), Essex, Fenner, Goffs, et enfin Needles au pied du Colorado qui sert de frontière entre la Californie et l’Arizona. C’est ici, que nous décidons de passer la nuit. Pendant toute cette journée de Bartow à Needles, nous avons vus des motels, des stations essence, des vieilles voitures, des camions et bien d’autres choses, allant des années 30 aux années 60 abandonnés le long de la route 66, c’est peut être ça qui la rend nostalgique pour beaucoup d’américains et de touristes étrangers comme nous.

12ième jours 19mars08

Aujourd’hui nous entamons la plus belle partie de la route 66, que nous ayons parcourue. Le désert de Mojave a laissé place à une zone montagneuse aride, qui porte le nom de « Black Mountains » montagne noire,  parsemée de palmiers-cactus, de buissons et de fleurs. Nous sommes au printemps et les paysages sont magnifiques. La route 66 déroule son ruban d’asphalte, en contournant, et en se tortillant pour éviter, çà et là un piton, un bloc de roche lui faisant obstacle. Puis d’un élan monte, grimpe un col, qui une fois franchit, descend brutalement, et donne l’impression d’être dans un grand huit, sur une distance d’environ 60 miles. Mais pour l’instant il est 8h00 et nous partons vers Oatman (Arizona), perdue dans les montagnes à 800 mètres d’altitude, ancienne mine d’or découverte en 1902 par un mexicain. On peut encore voir les descendants des ânes, que le prospecteur utilisait pour transporter la terre aurifère, se promener dans la ville. Plusieurs westerns furent tournés dans la région, c’est ici que Clark Gable et Carole Lombard passèrent leur nuit de noce en 1939, dans le Oatman Hôtel, construit tout en tôles ondulées, dont on peut visiter la chambre. Tous les jours vers midi, reconstitution d’une attaque de banque, du temps de la conquête de l’ouest, avec bandits et sheriff qui s’affrontent dans un duel aux pistolets, très marrant et plein d’humour, et tous cela sur fond de musique western.

 Il est 13h00, bref arrêt à Kingman, tous les bâtiments de commerce vous rappellent, que vous êtes bien sur la route 66, un petit musée est entièrement consacré à cette dernière. Hackberry situé à 25 miles plus loin, village au milieu de nulle part, mais le Visitor Center vaut son coups d’œil, avec devant une superbe corvette et autour des vieilles guimbardes des années trente. Nous filons en direction de Valentine où nous retrouvons la zone désertique, Peach-Springs sur la réserve des indiens Hualapaï, pas grand-chose, à voir à part son paysage de rochers et de collines toujours aussi désertique. Nous en profitons pour faire quelques photos de mustangs. Seligman, avec son Visitor Center qui ressemble plus à une brocante, où s’entassent, pleins de bricoles et de souvenirs à touriste. De l’autre côté de la rue, quelques vielles bagnoles, un camion de pompier, une dépanneuse, des restes de chariots de pionniers, qui finissent leur vie au soleil.

 C’est à la tombée de la nuit que nous arrivons à Williams, nichée dans une forêt de pins, nous trouvons un motel pas cher et confortable.

13ième jours20mars08

Nous commençons la journée, par une petite balade dans Williams, une ville qui  mélange, le passé de l’époque de la conquête de l’ouest et la vie de la route 66 des années cinquante, où l’on peut voir : des effigies de cow-boy, de mexicains, de pionniers, des chariots, des voitures restaurées, garées sur les trottoirs ou devant une authentique pompe à essence et tout un tas d’objets sur l’histoire de la H 66. C’est de Williams que nous remontons plein nord par la H 64, pour rejoindre «Grand Canyon National Park », à Valle la H 180 nord, prend la relève, nous passons par Tusayan, et après une heure de voiture, nous arrivons à Grand Canyon Village, où nous cherchons une place de parking ; très difficile à trouver, déjà beaucoup de monde, il n’est pourtant que 10h00, et nous sommes au mois de mars,(l’été il parait que c’est infernal). Nous commençons par le Visitor Center, indispensable pour bien comprendre, l’histoire du Grand Canyon, qui s’étale sur  1,8 milliard d’années. Nous en profitons pour prendre des renseignements, sur le fonctionnement des free shuttle bus (navette gratuite), la carte du site avec tous les belvédères d’indiqués.

D’un seul coup c’est le choc, il vous saute à la gueule dans toute sa dimension. Tous les canyons, toutes les gorges deviennent lilliputiens à côté de ce monstre. Imaginez sa taille, 277 miles (455 km) de méandres, d’une largeur de 5,6 miles (9 km) à 18 miles (29 km), d’une profondeur pouvant atteindre 1829 mètres. D’une superficie de 4856 km2, avant la construction du barrage de Glen canyon en 1963, le Colorado charriait 500 000 tonnes de sable et de gravas par jours.

La rive sud d’où nous admirons le Grand Canyon, se situe à une altitude de 2500 mètre, bordée d’une forêt de sapins, nous y avons vu des mule deers (daims) et des écureuils gros comme des lapins de garenne. Pour visiter le Grand Canyon, le plus simple c’est de prendre les navettes. Elles vous déposent à tous les belvédères. Et puis entre deux points de vue, nous optons pour la marche à pied. C’est pas mal non plus ! Surtout depuis Mohave Point. Le Rim Trail qui longe la corniche sur 5,1 miles (8 km), pour rejoindre Hermits Rest, en passant par The Abyss et Pima Point, d’où l’on aperçoit le Fleuve Colorado, reste la partie la plus sauvage. Nous passons à travers pins et bouleaux, mais le Rim Trail s’approche parfois à quelques mètres du bord, attention au grand saut ! Pour observer les condors, il est préférable de s’arrêter plutôt que de marcher le nez au vent. La marche reste le meilleur moyen pour découvrir le Grand Canyon et, à cette période de l’année, nous sommes un peu plus tranquilles. Nous passons la journée à contempler ce phénomène géologique unique au monde. Au fil des heures les couleurs changent et, c’est à partir de 17h00, que les couleurs sont les plus belles, notamment à Hopi Point et Powell Point. Mais pour se prendre en photos, l’endroit le plus spectaculaire, c’est Yavapaï Point, vous êtes au bord du vide, impressionnant ! Il est 18h00, nous rentrons de nouveau sur Williams pour la nuit.

14ième jours21mars08

Départ vers 8h00, pour finir notre visite de la partie est de Grand Canyon. Un peu avant Grand Canyon Village, nous prenons la route 64 est (Kaibab Trail Route), qui nous mène, vers Pipe Creek Vista, d’où l’on aperçoit un petit torrent qui se jette dans le Colorado. La vue est sublime !  Nous continuons sur 2 miles, puis nous garons la voiture sur un petit parking, et nous faisons le mile qui nous sépare de Yaki Point à pied. Nous découvrons plusieurs méandres du Colorado, qui prend une couleur saumon et, nous ne nous lassons pas d’admirer, ce spectacle de  géant. Encore quelques miles pour rejoindre le dernier point de vue, avant de quitter Grand Canyon. Nous voici à Désert View, pour contempler une dernière fois ce fascinant colosse. Et c’est avec un peu de nostalgie que nous laissons cette merveille, ce monstre de beauté derrière nous.  

Nous regagnons Flagstaff par l’interstate 89 sud, environ 1 heure 30 de trajet, mais avant nous nous arrêtons du côté de Gray Mountain, pour faire des emplettes auprès des indiens Navajos. Nous en profitons pour lorgner sur le Little Colorado, qui coule paisiblement au fond de son canyon. Flagstaff, ville du Far-West, se situe sur une petite portion de la route 66, entourée de montagnes à 2400 mètres d’altitude, au milieu de la Kaibab National Forest. Avec son centre ville historique à l’ambiance cow-boy, ses immeubles qui ont été construis en briques rouge de la  fin XIXème au début XXème siècle, en font une ville agréable de jour. Nous regrettons d’y avoir passé la nuit, car les trains de marchandises longs comme un jour sans pain, passent régulièrement, en sifflant dans un bruit d’enfer.

15ième jours 22mars08

Nous nous levons vers 7h00, pour entamer notre dernière journée de périple. Nous laissons l’interstate 40 est, pour nous diriger vers « Météor Crater », découvert en 1871. Petite histoire, il y a environ 49 500 ans, ce déplaçant à une vitesse de 70 000 km/h, un énorme météorite de nickel et de fer pesant plusieurs millions de tonnes, frappa le sol d’Arizona. La masse principale se volatilisa instantanément, des blocs entiers de roches furent projetés en l’air. En tout, environ 300 millions de tonnes de rocher furent déplacés, formant pour la plupart la bordure supérieur du cratère. D’un diamètre de 1250 mètres et, d’une circonférence de 5 km, le fond du cratère se situe à 175 mètres de profondeur. Nous faisons halte à Winslow et, réalisons quelques achats souvenir de la mythique route 66, sans oublier de laisser notre nom et signature, sur un écusson « Route 66 Historic », dans le magasin du coin. Ici s’achève, pour nous la remontée de la route 66. Nous bifurquons vers la route 87 sud, il nous reste environ 300 miles à parcourir, avant de rejoindre Phoenix, pour finir notre périple. Nous traversons la magnifique « Kaibab Forest », où il y a encore pas mal de neige en sous bois et sur les bas côtés de la route. Nous nous arrêtons un peu avant Pine, pour déjeuner dans un genre de snack, en bordure de route. Puis de nouveau, nous stoppons à l’entrée d’un petit village, dans une sorte de brocante. L’on y trouve tout ce qui concerne l’époque de l’ouest, vieux meubles, vaisselles, tout le matériel du pionnier, colts authentiques pour moins de 300$, (parfois avec leurs histoires), holsters à 35$, vieux fusils de trappeur, winchester et bien d’autre vieilleries. Nous poursuivons par la route 188 est, que nous quitterons 5 miles après la petite ville de Rye.

           Nous arrivons à Roosevelt pour prendre la piste Apache Trail qui sépare le lac Roosevelt, route188, de Tortilla Flat, piste 88, en rejoignant Junction Apache, route 60, est une merveille. De superbes paysages jalonnent la piste, canyon, pistes de montagne très sinueuse, nous somme entourés par des kilomètres de cactus saguaro géants, d'arbres josué, de figues de Barbarie et de buissons cassants, cette étendue sauvage du désert est telle qu'elle nous apparait : grandiose, majestueuse, tranquille et si sauvage à la fois. Nous avons mis environ 4h, avec les arrêts photos, pour parcourir cette portion. En arrivant à Tortilla Flat nous découvrons une ancienne ville minière (cuivre), avec son saloon tapissé de billets de un dollar, son hôtel, sa banque, son bureau de sheriff, son magasin générale et plusieurs  petites maisons très bien conservées.

Pour rejoindre Tortilla Flat, deux solutions : de Phoenix prendre la route 60 vers l'est puis à Apache Junction prendre la route 88 goudronnée jusqu'a Tortilla Flat, ou à partir du lac Roosevelt (au niveau du pont métallique) prendre la piste 88. Tortilla Flat est un point de rendez-vous pour les motards. Nous arrivons à l’hôtel vers 20h30 et, nous décidons d’aller manger dans la fast food du coin. Demain c’est le grand départ !

16ième jours 23mars08

Debout à 5h00 du mat ! A 6h30 départ pour l’aéroport, où nous ne mettons que 20mn pour le trajet au lieu de 2h00 à notre arrivée. Nous n’arriverons que le lendemain en France à 12h00, décalage horaire oblige.

Les bonnes Adresses

The Rusty Bolt - boutique de souvenirs sur la route66 et plein d'autres choses (Séligman - Arizona) des gens très agréables, très bon accueil.

Ps : Pour les personnes intéressées par des bonnes adresses ou des renseignements concernant l’Irlande, n’hésitez pas à me contacter dans « CONTACT » laissez votre message et votre mail, je vous répondrais avec plaisir.

 


ONT-

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Commentaires (3)

1. Charlène et Fabien vendredi, 08 Mai 2009

bonjour, un très joli récit, de belles photos, la route 66 qui nous fait chavirer le coeur, merci pour ce voyage.

2. Cédric lundi, 27 Avril 2009

Que de très belles images, l'Ouest des états-unis est extraordinaire de beauté, votre voyage est très bien raconté.

3. Bastien (maine et loire) dimanche, 22 Mars 2009

salut, Ah! l'ouest américain qui nous fait toujour autant rêver, trés beau voyage, bien raconter, de belles photos manque plus que la Harley.

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