Irlande, Île sauvage à l'Histoire tourmentée.

Album photo sur l'Irlande : https://picasaweb.google.com/101624066835873920436/IrlandeJuilletAout2011#                                                    

                                                          Irlande du 15 juillet au 6 août 2011

               Cela fait deux ans qu'on en parle, cette fois c'est décidé, pour nos vacances 2011, nous partirons pour l'Irlande. L'itinéraire est bouclé et pour nous loger, nous ferons comme d'habitude, du camping et chez l'habitant en cas de mauvais temps (B&B). Et pour la première fois, nous avons changés de type de monture, nous ferons le voyage en GT au lieu du traditionnel roadster.

                 Vendredi 15 juillet (255 km)

               irlande-2011-006.jpg Le grand jour est enfin arrivé, je sors avec fébrilité, le 1400 GTR du garage, c’est son premier grand voyage. Nous préparons les valises réservées aux effets personnels, chacun la sienne. La sacoche réservoir voit s'entasser, appareils photos, caméscope, cartes routières, cartes SD, batteries, etc.…  Le top-case est quant à lui retenu pour le matériel de camping et le nécessaire de toilette. Les duvets et les vêtements de pluie sont soigneusement glissés dans un sac étanche et sanglés sur la galerie du top-case. Nous vérifions une dernière fois tous les bagages avant de charger la brèle, il ne s'agit pas d'oublier le moindre détail.

               Samedi 16 juillet (250km)

               Après une nuit légère de sommeil, passé dans d’inconfortables fauteuils, nous prenons notre petit dèj au resto du rafiot.

  dominique-votre-serviteur-et-sa-compagne-chantal.jpgC'est aux alentours de 14H00, que nous débarquons dans le port de Rosslare, sous un ciel bleu saupoudré de quelques nuages. Nous prenons immédiatement la route N24 en direction de Galway. Nous passons Waterford et à la sortie de cette ville c'est la N25 qui nous accompagne en direction de Clonmel. Nous poursuivons notre chemin, en passant par Limerick où nous prenons le tunnel autoroutier qui passe sous un bras de mer. Il est 17H30, la pluie fait son apparition, normal me direz-vous, nous sommes sur les terres Irlandaise. Comme nous nous trouvons qu'à une vingtaine de kilomètre d'Ennis, nous décidons de trouver un B&B pour la nuit dans cette bourgade. Deux anciens nous accueillent avec un large sourire, le propriétaire des lieux me propose de mettre la mobylette à l'abri, ce que j'accepte avec plaisir. Bien installé dans la chambre douillette, j'appelle des amis qui passent leurs vacances dans le Connemara. Vu le temps annoncé pour les prochains jours, je leurs demande s'il reste un mobil home de libre, dans le camping à la ferme où ils crèchent, la réponse est positive. Nous réservons le mobil home pour six jours, cela nous laissera le temps de profiter pleinement du Connemara. 

               Dimanche 17 juillet (241km)

               Déjeuner à 9H00, nous remercions nos hôtes d'une nuit, avant de reprendre la route de Galway. Le temps reste couvert et la température ne dépasse pas 16°. La route est belle, elle traverse de jolis paysages vallonnés, aux pâturages extrêmement verts. Nous contournons Galway vers midi, la N84 longe le Lough Corrib, que nous apercevons par instant, au grès des fantaisies de la végétation et des collines. Deux heures plus tard nous avons franchis les 115km qui nous séparaient de Ballinrobe notre destination de la semaine. A la sortie de Ballinrobe, nous poursuivons sur 6 km, puis nous prenons sur notre gauche, la petite route de Yannish qui serpente à travers champ. La ferme-camping se situe à 1,5 km de l'embranchement de la route principale. Nous recevons un accueil chaleureux de la part du couple d’éleveurs de moutons à tête noir, le mobil home est implanté au bord du Lough Mask. Après une installation rapide, nous jetons un coup d'œil sur le Lough Mask,  parsemé d'îlots verdoyants. Dommage que la pluie et le vent nous empêchent de profiter de la vue.

au-bord-du-lough-mask.jpgNous quittons la ferme vers 15h00, à Ballinrobe la R345 nous accompagne au charmant petit village de Cong situé dans le comté de Galway. C'est ici que fût tourné plusieurs scènes du film "L'Homme tranquille" avec John Wayne et Maureen O'hara en 1952. Mais ce qui nous intéresse, c'est la visite des ruines de l'Abbaye fondée au début du VIIème siècle. Elle fût édifiée par Turloch O'Connor le dernier roi du Connaught et haut roi d'Irlande. Le portail principal de style roman, entouré de deux belles fenêtres, appartient à la salle des chapitres. Il reste également le chœur de l'église et les traces d'un escalier de nuit. Les sculptures de l'ensemble des bâtiments sont classées parmi les plus belles d'Irlande. La maison dite de pêche est implantée au bord de la rivière Cong, elle était reliée directement à la cuisine de l'Abbaye. Nous continuons notre balade par la D345 jusqu'à Maum à 22 km de Cong. Cette route sinueuse court à travers un paysage qui ressemble un peu à l'Auvergne. A l'intersection de la R345 et R336, je béquille le 1400, nous franchissons le pont qui enjambe la rivière Bealanabrack. Et de cette position, nous apercevons le sommet Letterbreckaun qui s'élève à 668m appartenant à Maumturk Moutains. Au retour, nous faisons plusieurs haltes photos, le long du Lough Corrig, malgré la pluie qui perturbe un peu les prises de vues. Il est 18h30, nous retournons au mobil home, où nous retrouvons nos amis Sarthois.

             atlantic-drive-sur-achill-island.jpg  Lundi 18 juillet (275 km)

Nous nous levons avec un crachin continu, un vrai temps Irlandais. Nous levons le camp à 9h30, destination Achill Island, la plus grande île de la côte ouest. Elle est située dans le Conté de Mayo. Nous rejoignons Castlebar par la N84, puis la R311 jusqu'à Newport et enfin la N59 qui nous conduit à Mulranny la porte  de la Péninsule Coraunn. A l'entrée de la presqu'île nous enquillons sur notre droite l'Achill Road sur 14km. Nous enjambons en une poignée de secondes, le pont qui relie la péninsule de Coraunn à Achill Island. Nous sommes à Sraheens la petite route touristique "Atlantic Drive" sur notre gauche nous tend les bras. Cette route très étroite épouse au plus près la côte sauvage de l'île. Cela nous réjouit d'avance des paysages que nous allons découvrir par la suite. Mais dieu Eole en décide autrement, pendant une vingtaine de minutes, il nous gifle de puissantes bourrasques, accompagné de pluie violente. Nous ne voyons pas au-delà de vingt mètres. La moto pèse une tonne, mais elle résiste fièrement à ce déluge, puis c'est l'accalmie aussi soudaine qu'inattendue. On nous avait prévenu le matin, il y fait rarement un temps magnifique dans ce coin d'Irlande. Le ciel préfère le plus souvent la compagnie des nuages chargés de pluie et de grisaille. Mais nous persévérons dans notre balade humide, car ce que nous découvrons en vaut la peine. Des falaises déchiquetées, parmi les plus hautes d'Europe, nous offrent quand même d'extraordinaires paysages à vous couper le souffle. Derrière nous, des collines parsemées de lande, couleur brun clair à roux foncé, où les arbres n'ont pas leurs places dans ce décor inamical.

falaise-d-achill-island.jpgNous admirons l'Irlande dans toute sa beauté sauvage. Nous dévalons à Dooga, par la minuscule route, qui serpente et s'accroche à la falaise vertigineuse. Au fond de la baie, le village aligne ses maisons de pécheurs, aux murs enduits de chaux. Dans ce paysage rude, une adorable petite plage, rend l'endroit moins austère. Nous jaillissons du village en prenant la deuxième à droite, pour accéder au sommet du Minaùn, d'où nous embrassons d'un œil enthousiasme, une bonne partie de l'île d'Achill. Nous prolongeons jusqu'à Keel-West par la route unique qui grimpe d’abord, avant de plonger en lacet à flanc de falaise. La plage au sable blanc, belle, insolente et isolée de tout village, nous saute à la figure. Nous rebroussons chemin vers Keel, non sans avoir jeté quelques regards, sur le magnifique panorama, qui n'en finit pas de nous éblouir. Le village fantôme de Slievemore situé sur la route de Doogort en venant de Keel, est à gauche du petit cimetière où nous avons béquillé le 1400. Ce village en ruine aligne sur plusieurs rangées, des maisons basses construites en pierre brute. Il témoigne de l'activité pastorale de l'île, d'avant la grande famine infligée par les Anglais de 1844 à 1850. Cette terrible épreuve fit environ deux millions de morts ; plus d’un million laissèrent derrière eux un pays devenu maudit et gagnèrent l’amérique. Nous finissons notre escapade dans un Pub de Doogort. C'est sous une éclaircie timide, que nous rejoignons la ferme camping.

               Mardi 19 juillet (259km)

lough-corrib-comte-de-galway.jpgIl est 9H30, nous émergeons du mobil-home, après un solide petit déjeuner. La brêle chauffe doucement, le temps pour nous d'enfiler notre équipement, un rite immuable. Ce matin, la ville de Ballinrobe se cache sous une pluie fine, elle nous jette un coup d'œil malicieux en nous voyant passer. La R 345 remplace rapidement la R 334. De Cong à Maun, la route suit à merveille le contour du Lough Corrib, du comté de Galway sur environ 25km. Sur notre droite de hautes collines dénudées et battues par les vents, nous escortent. Des petits murs de pierres sèches bâtis par l'homme en délimitent des rectangles, où des moutons à tête noire paissent tranquillement aux grès de leurs humeurs. Mais il y a dans ces murets beaucoup de souffrance cachée, car ici plus qu’ailleurs le peuple Irlandais fût contraint de ramasser les pierres pour 10 pences par jour pour ne pas mourir de faim.

lac-d-inverbeg-lough.jpgMaun est à la croisée de la R336 et de la R345, j’arrête le moulbif du GTR, pour immortaliser quelques clichés et réaliser un point carte. Nous prolongeons en direction de Leenaun aux portes de Joyce country, ce petit coin tranquille mérite que l'on s'y arrête. En effet nous sommes à Leenane (An Lionan) au bout du Fjord de Killary dans le comté de Mayo. Il s'enfonce à l'intérieur des terres sur 14 km, avec une largeur variant de 500 m à 800 m. C'est à Leenane même que fût tourné le film "The Field en 1990" réalisé par Jim Sheridan, avec comme acteurs principaux Richard Harris et Sean Bean. Le village se situe dans un cadre d'une remarquable beauté. Il est assiégé d'un côté par les Patry Mountains et son Devil's Mother qui culmine à 647 mètres, de l'autre les Maumturk Moutains et les Mweelrea Moutains culminant à 817 m.

extraction-de-la-tourbe-entre-litterfrack-et-clifden.jpgLe temps s'améliore lentement et, la température monte à 16°. Nous poursuivons par la N59 en direction de Clifden. Nous  effectuons un arrêt curiosité pour contempler l'extraction de la tourbe en forme de briques et qui servira après séchage à chauffer les chaumières. Un nouvel arrêt au bord du Lac Kylemore, pour apercevoir l'Abbaye du même nom. Avant de rejoindre Clifden, la route serpente sur un fond tourbeux, à travers de beaux paysages verdoyants, enclavés au milieu de petites montagnes pelées. A Streamstown, nous virons à droite par la R379 et 6 km plus tard je béquille la brêle au petit village de pécheurs Cleggan. Ce pittoresque village est niché au fond d'une  croquignolesque crique escortée de sa plage au sable doré.

               Il est aux environ de 13H00, quand nous trouvons une place de parking dans le centre de Clifden. Cette charmante bourgade fût crée au XIXe siècle par John d’Arcy.

               Clifden (An Clochàn en Irlandais) est peuplée d'environ 2000 âmes. C’est une ville très touristique d l'extrême ouest de l'Irlande. Elle est située dans le Comté de Galway sur la rive gauche de la rivière Owenglin qui se jette dans l'anse de Clifden. Clifden ville balnéaire cernée par la Baie et Les Twelve Pins, dont le sommet Benbaun culmine à 729 mètres. Les rues sont très vivantes, bordées de Pub, de Magasins, de restaurants et de maisons aux couleurs pétantes, passant du jaune vif au bleu intense. Nous prenons le temps de nous restaurer dans un pub le « Lowry’s Bar ».

               A la sortie ouest de Clifden, nous saisissons la R341 qui contourne la péninsule de Kingstown. Nous grimpons rapidement jusqu'au parking situé à 3km du centre ville, un panorama grandiose enveloppe la Baie et la pointe de la péninsule. Cette route est sans aucun doute à ne pas manquer, la côte est très déchiquetée.  L’intérieur des terres est parsemé de lough de tailles différentes. Mais attention, la route est piégeuse, construite sur des tourbières elle est parfois très ondulée avec quelques beaux nids de poule.

rounstone-navire-traditionnel-galway-hooker.jpgRoundstone est un pittoresque petit port de pêche aux alignements de maisons multicolores. La rue principale affiche une belle pente pour rejoindre le port. Nous passons un bon moment à regarder les préparatifs de départ d’un voilier de pêche traditionnel de à coque noire goudronnée. Nous continuons vers Cashel, un autre petit port de pêche coincé entre mer et collines. Les paysages sont vraiment superbes, même s’ils paraissent parfois hostiles. A la sortie de Cashel, nous bifurquons à droite par la R340. Le village de Carna est un ancien chantier maritime de construction de navires les « Galway Hookers ». Ces navires de transport servaient à expédier la tourbe vers d’autres contés et à ramener des céréales vers le Conemara. La R340 se poursuit vers Gortmore entre Kilkieran Bay. Le décor reste inchangé, des collines dénudées des lacs, des tourbières, des rivières à saumons, des parcelles herbeuses délimitées par des murets de pierre, complètent avec beauté le paysage. Nous voici arrivés à Screeb, nous prenons à gauche la direction de Maam Cross par la R336. Il nous faut une petite ½ heure pour rentrer au mobil home. La journée qui a commencé sous un crachin se termine sous une belle éclaircie, bon présage pour demain.

               Mercredi 20 juillet (101km)

lough-mask-connemara.jpgCe matin le temps nous est agréable, pas de pluie en vu, le ciel est légèrement chargé de nuages et la température est de 17°, le pied quoi? Aujourd'hui, c'est une modeste balade que nous avons programmée, tout simplement le tour du Lough Mask. 10h00 sonne à mon horloge biologique, il est temps de chauffer la brêle et de nous mettre en route. Nous abordons la N84 et filons sur Balinrobe, de nouveau nous franchissons les villages de Cong et  Clombur. La R300 que nous pistons depuis Clombur est étroite, sinueuse, bosselée et gravillonnée à souhait, à croire qu'ils ont pris des leçons de la DDE de chez-nous. Je calme les ardeurs de la belle et roule sur le couple sans excès dans la poignée de gaz. Un premier arrêt sur un promontoire nous offre un joli point de vue sur le Lough Mask au fond de sa vallée glacière. Une multitude d'îles et îlots sont disséminés sur l'immensité liquide laissée par la fonte des glaciers du quaternaire, qui en se retirant ont façonnés ce que nous admirons à cet instant.

               Nous venons de dépasser Kilmore, établi à 200 m du Lough Mask, suivi du Lough Nafooey dominé par les 580 mètres du sommet Bunnacunneen de la Joyce Country. Depuis Maumtrasna la route serpente nonchalamment entre les Partry Mountains et le Lough Mask. Fox Hill et Trean sont laissés dernière nous sans faire d'arrêt. C'est à gauche en entrant à Toormakeady qu'il ne faut pas manquer le minuscule chemin goudronné, qui conduit au Col Croaghrimbeg. Sur cette portion de route où l’herbe s’invite en son milieu, il faut rester prudent, car il ne vous reste que le passage de la moto. C'est un fameux spectacle qui s'offre à nos yeux émerveillés, aux confins de l'horizon, le Croagh Patrick du haut de ses 765 m, nous lance un défi ; tout au fond de la vallée les villages de Cordarragh et Torrlegee semblent endormis. Nous nous retournons et découvrons le panorama essentiel du Lough Mask avec en toile de fond une plaine à perte de vue. C'est probablement le meilleur endroit pour réaliser des clichés inoubliables du Lough Mask. Nous rebroussons chemin et rentrons paisiblement au camping à la ferme. La soirée se termine avec nos amis autour de l'apéro et d'un repas à la bonne franquette.

               Jeudi 21 juillet (240km)

lough-bofin-l-homme-tranquille-1952.jpgDépart à 9h00, nous avons décidé la veille de rendre visite à la capitale du Connemara, Galway (Gaillimh) la bien aimée. Pour cela, nous privilégions de prendre la R345 qui contourne le Lough Corrib par Maum puis la R336 jusqu'à Maam Cross et enfin la N59. Quelques kilomètres plus tard je stoppe le vaisseau amiral Kawasaki au bord du Lough Bofin. C'est dans cette contrée que furent tournées en 1952 les plus belles scènes du film "l'Homme Tranquille" avec John Wayne et Maureen O’hara. La N59 nous permet d'arriver à Oughterard casé à proximité de la rive du Lough Corrib. Le plus grand lac d’Irlande, dont la réputation pour la pêche à la truite et au saumon n’est plus à faire. A la sortie d'Oughterard, sur notre gauche, nous enfilons la petite route de la largeur d'une voiture, elle conduit sur un plateau surplombant le Lough Corrib. Nous continuons à pied pour profiter pleinement de la vue plongeante sur le lac et regarder quelques échassiers occupés à chasser leurs pitances. Nous nous asseyons sur un banc sur lequel figure au dos de la traverse le nom glorieux de star de cinéma.

chantal-devant-le-croagh-patrick-en-toile-de-fond.jpgAprès cette escapade bucolique, retour sur la N59 et nous poursuivons vers notre destination du jour. Il est à peine 13h00, quand je gare la meule sur le parking d'un market. Nous sommes à 10 mn à pied du centre de Galway. Il est donc inutile d'essayer de vous engluer dans la circulation incessante où vous aurez d'ailleurs la pire difficulté à trouver une place.

Avant la visite un peu d'histoire : Galway (Gaillimh) est la porte d'entrée du Connemara (Connaught) et en tant que telle, les touristes y affluent par milliers toute l'année. Elle fût fondée par les Normand en 1235, d'ailleurs on y a parlé le Français pendant plus de 150 ans, avant que les Anglais n'y débarquent. Après avoir vaincu et soumis l'Irlande, par un véritable massacre d'une grande partie de la population, l'Anglais Cromwell brûla les églises, les fermes et les villages. C'est dans cette région que Cromwell le sanguinaire décida de refouler à l'ouest du Shannon, les paysans catholiques Irlandais. Mais c'est aussi certainement dans cette partie de l'Irlande, que la culture, les traditions et la langue Gaëlique sont les mieux préservées. Le centre de Galway est très animé, par des spectacles de rues. On y trouve des musiciens solitaires, des groupes de musique, des jongleurs, des cracheurs de feu, etc. Les terrasses de café ou de pub regorgent de passants venus s'y désaltérer. Comme à Clifden, les façades des magasins, des restaurants et des pubs sont très colorées.

               Nous quittons Galway par la route côtière R336. Une petite pause à Spiddal, charmante petite cité balnéaire, avec ses vitrines et magasins où vous trouverez tous pour vos achats touristiques. Nous filons maintenant en direction de Maum, la route zigzague à travers une multitude de lacs et de collines, nous en prenons plein les yeux. Il est 19h30 passé, quand nous atteignons notre mobil-home. La journée a été très nuageuse en début de matinée, l'après midi c'est amélioré avec de belles éclaircies ensoleillées et une température de 19°. Ce soir après un repas pris en commun, avec nos amis sarthois, nous nous immergeons dans un Pub de Balinrobe où nous dégustons une bonne pinte de Guinness. Une rencontre fortuite dans ce Pub, avec un autochtone dans un état d’ébriété avancé nous racontant sa vie et nous posant beaucoup de questions sur nous, finit cette belle soirée.

               Vendredi 22 juillet (138km)

               Lever à 9h00, la journée commence par un soleil radieux et 20° s’affiche au thermomètre. Nous allons donc consacrer la matinée à faire la lessive et à rédiger les traditionnelles cartes postales.

memorial-de-l-immigration-irlandaise-vers-le-nouveau-monde-a-bord-des-bateaux-cercueils.jpgVers 13h00, nous partons en direction de Castelbar par la N84, arrivé à Patry nous bifurquons sur notre gauche et empruntons la R330 jusqu’à Westport. Les paysages de moyenne montagne, entrecoupés de lacs se succèdent à un rythme paisible. Westport (Cathair Na Mart) nous accueille pour une pause soif et nous en profitons pour gambader dans ses rues. Westport  est une très jolie petite ville, grâce à l’architecte James Wyatt qui transforma au XIXe, une partie du fleuve en canal et l’habilla de deux ponts magnifiques à chaque extrémité. On trouve de part et d’autre du canal l’Avenue du Mall, bordé par de grands arbres centenaires. Nous remontons en selle et poursuivons par la R335 sur 12km, de nouveau je stationne la brêle. Murrisk est  un arrêt presque obligatoire, pour bien comprendre la fuite des migrants vers l’Amérique. En effet poussé par la grande famine de 1848, c’est ici que la plupart des Irlandais s’entassaient sur des bateaux cercueils pour rejoindre l’eldorado. Un mémorial en forme de voilier à trois mâts rappelle ce douloureux événement. A Murrisk il y a également la traditionnelle montée des 765m de dénivelé du Croagh Patrick. Elle est effectuée chaque année le dernier dimanche de juillet par les  catholiques Irlandais. A la sortie du village les ruines de Murrisk Abbey fondée au XVe siècle sont posées en bordure de la sublime Clew Bay.

              en-route-vers-le-lough-doo-lac-noir.jpgle-lough-doo-est-adosse-au-pied-de-la-chaine-mweelrea-moutains.jpg Louiburgh sera le point le plus extrême de la journée, avant de rentrer au mobil-home. La R335 que nous parcourons est un plateau désertique où rien ne pousse à part le lichen, ce qui rend l’endroit triste. Puis d’un coup c’est l’enchantement, un ravissement pour nos mirettes. Le coin le plus grandiose de la journée est sans nul doute, la descente en pente douce vers le Lough Doo (lac noir) niché au fond d’une vallée. Les rhododendrons et les arbres ont remplacés les lichens et les champs de pierres. Le lough Doo est adossé au pied des 817m de la chaîne  Mweelrea Moutains, en face les 740m du Pic Sheeffry Hills nous fait de l’œil. Une magnifique balade dans des décors de films, à ne pas manquer. Le village de Delphi aux maisons éparses, se pose à l’entrée de gorges étroites. En passant sur le pont qui chevauche un torrent, un pécheur à la mouche nous intrigue. C’est d’une facilité déconcertante qu’il jongle avec le fil et pose sa mouche avec délicatesse à la surface de l’eau. Nous longeons sur  8km le fjord Killary, avant d’atteindre Leenane que nous avons visité en début de semaine.

               Samedi 23 juillet (305km)

killala-et-sa-round-tower-cloigteach-haute-de-26-m-dont-la-porte-se-trouve-a-4m-du-sol-datant-du-xve-siecle.jpgIl est 10h00, il fait un temps splendide, quand nous quittons nos amis Sarthois pour de nouvelles contrées.  Nous remontons vers le nord et le Donegal. Nous laissons la N84 à la sortie de Castlebar et poursuivons avec la R310. Le passage entre le Lough Conn et le Lough Cullin est de toute beauté, nous ne regrettons pas d’avoir choisi cet itinéraire pour rejoindre Ballina. La R314 prends le relai pour nous amener à Killala petit port de pêche. Ce village tranquille est chargé d’histoire, il vit en 1798 le Général Français Humbert débarquer à la tête d’une troupe de 1067 hommes. Il était chargé de soutenir la rébellion Irlandaise en formant des bataillons de paysans, contre l‘ennemi anglais. Son buste en granit orne l’entrée du village. Une tour ronde (Cloigteach) haute de 26 m dont la porte se trouve à 4m du sol, datant du XVe siècle et restaurée en 1840 servait de refuge à la population pendant  la période médiévale.

le-port-de-killibegs-dans-le-comte-de-donegal.jpgAprès Ballina nous entrons dans le comté de Sligo et nous empoignons la route côtière R297. Rien d’extraordinaire, elle passe trop loin de la côte pour apercevoir quelque chose d’intéressant. Les kilomètres défilent et nous traversons Sligo sans faire d’arrêt. Au passage nous jetons un bref coup d’œil sur la merveilleuse Sligo Bay. Nous traversons le conté de Leitrim par la N15 et abandonnons définitivement le Conemara pour pénétrer dans le Donegal. Nous franchissons la très jolie ville touristique Donegal (Dùn An Ngall) et continuons notre chemin par la N56. A 25km de Donegal, nous laissons la N56 sur notre droite et nous suivons la R263. Une pause à Killybegs nous permet de contempler la lilliputienne crique de Killybeg Harbour qui enserre le port de pêche. Les paysages variés et les petites cités provinciales s’enchaînent au rythme d’une promenade de dimanche. La fin de journée approche, il est temps de chercher un refuge pour la nuit. C’est à Carrick sur la R263, que nous trouvons notre bonheur, il reste une chambre de libre dans un B & B en bordure de la rue principale. Le soir venu, si l’ennui vous gagne aller passer un bon moment dans le Pub juste à côté. Vous dégusterez une pinte de Guinness en écoutant de la musique traditionnelle émanant d’un accordéon et d’un violon.

                Dimanche 24 juillet (192km)

                Nous sommes réveillés par un rayon de soleil coquin qui s’infiltre à travers le feuillage d’un vieux marronnier. La météo s’annonce clémente avec déjà un beau 20° à 9h00. Nous engloutissons le petit déjeuner servit avec gentillesse par la maitresse des lieux.

               teelin-a-5km-de-carrick-fut-autrefois-un-grand-port-de-peche.jpgles-falaises-de-la-peninsule-de-glencolumbkille.jpgTeelin à 5km de Carrick fût autrefois un grand port de pêche, mais aujourd’hui ce n’est plus qu’un vague souvenir. Le détour vaut uniquement pour la beauté de l’endroit, à condition de marcher le long de la falaise Slieve League. Une montée d’adrénaline vous remontera le long de l’échine, tellement le spectacle est impressionnant. La R263 fait le tour de la péninsule de Glencolmcille en passant par Malin More vous tomberez sur « Folk Village », une très belle restauration de maisons à toit de chaume. Attention, entre Glencolumbkile et Ardara, la route est étroite et en mauvais état, elle joue les toboggans. Nous sommes dans une région de tourbière, où l’industrialisation de l’extraction de la tourbe a remplacé la main de l’homme. Les moutons divaguent à droite et à gauche suivant la fantaisie qui les pousse à brouter le meilleur brin d’herbe du coin. C’est au Donegal 2ème région après l’Ecosse que le Tweed est fabriqué, entendez par là que les gentilles bêbêtes à têtes noires sont les reines du secteur.

pause-et-point-carte-avec-en-arriere-plan-l-errigal-montain-comte-du-donegal.jpgA la sortie d’Adara, nous remarquons que depuis un moment les panneaux sont uniquement en langue Gaélique, cela ne perturbe en rien notre progression. Nous coupons par la petite route R261, qui parcoure les champs de pierres parsemés de multiples lacs, dont le lough Aderry et le lough Machugh. A Maas nous reprenons la N56 en direction de Dunglow. Dunglow (An Clachan Liath) est la plus importante bourgade du Donegal, elle est lovée au fond de la Trawenagh Bay. Nous sortons de Dunglow et nous entamons la R259. Cette route longe au plus près la côte de la péninsule appelée les Rosses. Le paysage ressemble comme deux gouttes d’eau à la R261 précédemment sillonné. C'est-à-dire de la caillasse et beaucoup de petits lacs jonchent les parcelles de terre austères et incultivables. De nouveau la N56 sur environ 6km, puis à gauche la R257 nous tend les bras. Le village de  Bumbeg  nous envie de nous voir prendre la route côtière en direction de Bloody Foreland, dans la région de Gweedore. La beauté sauvage des landes fleuries à cette époque de l’année, offre une belle diversité de couleurs. Nous béquillons la brêle à knockfola et de cet endroit un superbe panorama sur les îles d’Inishbofin et Tory Island nous comble de bonheur. Nous continuons notre chemin vers Meenaclady, puis Gertahork et enfin Dunfanaghy (Dún Fionnachaidh) où nous avons décidé de nous installer pour plusieurs jours. Le B & B est tenu par une charmante dame, qui nous offre un café et bouteille d’eau minérale en guise d’accueil.

                Lundi 25 juillet (307km)

               chantal-et-dom-sur-la-giant-s-causeway-chaussee-des-geants-irlande-du-nord.jpg Une petite pluie matinale nous surprend au lever du lit, mais rien de bien méchant. Le petit dej que nous engloutissons est copieux et de bonne qualité, il en sera de même les deux jours suivants. Nous quittons Dunfanaghy vers 9h15 en direction de l’Irlande du nord pour une journée de balade. Nous parcourons le N56 jusqu’à Letterkenny, puis la N14, l’A2 et la N13 pour arriver à Derry la 1ère ville importante d’Irlande du nord. Nous venons de franchir les 100 1er Km de la matinée et nous effectuons une pause au sommet du Mont Sandal Fort, situé à Coleraine. De ce joli point de vue nous embrassons toute la plaine et une partie de la ville. Il n’y a pas de doute, nous sommes bien en territoire britannique. En effet nous apercevons bordant les rues, l’Union Jack et le drapeau anglais accrochés aux lampadaires.

                la-giant-s-causeway-chaussee-des-geants-irlande-du-nord.jpggiant-s-causeway-chaussee-des-geants-irlande-du-nord.jpgNous voici arrivés au parking payant du site : Giant’s Causeway (Chaussée des Géants). Nous devons nous acquitter de 2 livres pour garer la brêle, mais comme nous n’avions pas prévu de faire du change, nous proposons de payer en euros. Le gardien du parking nous explique qu’il ne peut accepter notre monnaie, et finit par nous faire entrer gratuitement. Il faut dire qu’il n’y a pas foule et que nous sommes les seuls motards en ce début d’après midi. Nous empruntons le petit chemin qui nous conduit au phénomène géologique spectaculaire. Il faut la voir cette magnifique et impressionnante chaussée des Géants classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 1987. Elle est constituée d’environ quarante milles colonnes de basalte. Elles ont pris la forme de prisme, dû à la poussée et à la compression du magma pâteux. La Giant’s Causeway sort de mer en formant plusieurs escaliers grimpants à plus d’une centaine de mètres de hauteur. On distingue même un amphithéâtre avec ses gradins plus ou moins réguliers, tout cela est fascinant  à contempler. Il fait 28°, le soleil est partout présent, aucun risque d’averse. Nous décidons de faire le tour du site par le chemin de randonnée prévu à cet effet. De notre promontoire la vue plongeante sur la Chaussée des Géants et la Baie est extraordinaire de beauté. Nous quittons cet endroit avec la certitude d’avoir vu un des endroits les plus beaux d’Irlande.

                Au retour nous faisons halte à Gortmore posé sur le plateau de Binevenagh, le déplacement vaut uniquement pour le panorama de Lough Floye. Nous regagnons Dunfanaghy, la soirée se termine dans un restaurant, suivi d’une virée dans un pub devant une bonne Guinness en écoutant de la musique.

                Mardi 26 juillet (130 Km)

                belle-croix-celtique-au-bord-du-lough-kindrum.jpgUn temps ensoleillé avec une température de 26° nous est annoncé pour la journée. Nous profitons de cette aubaine pour visiter les Péninsules de Rossguill et Fanad. Pour cette escapade nous enquillons la route touristique Atlantic Drive à partir de Carrickart. Le relief de Rossguill est tourmenté et nous en apprécions les paysages. Nous passons Milfort au fond de la Mulroy Bay, puis Ranny Point par la R246. Une pause au bord du Lough Kindrum, nous invite à la balade en barque. Entre  Ballyhooriski Point et Rinmore Point, une belle plage borde l’océan sur trois Km. Fanad Head au bout de la Péninsule, est bordé de falaises déchiquetées et escarpées. L’endroit est venteux, mais nous permet néanmoins d’admirer le joli point de vue sur la Péninsule d’Inishowen. Fanad Head est aussi un lieu historique important pour les Irlandais. En effet c’est ici qu’en 1798, eut lieu la bataille qui opposa anglais et français et qui permit la capture de Wolfe Tone, le père de l’indépendance Irlandaise.

en-arriere-plan-le-phare-de-fanad-head-c-est-ici-qu-en-1798-eut-lieu-la-bataille-qui-opposa-anglais-et-francais.jpgLa route R268 se poursuit nonchalamment vers Porsalon, où une splendide plage longe sur environ deux Kms la côte accidentée. Pour en apprécier la beauté, nous grimpons la route en lacet et stoppons la machine sur le bord de la falaise. De ce nid d’aigle improvisé, nous contemplons la plage, ainsi que la Swilly Bay. Dans la descente en direction de Rathmullan, de grands cercles posés sur l’eau nous intriguent, il s’agit tout simplement d’une ferme marine d’élevage de saumons. Le petit port de pêche de Rathmullan (Ráth Maoláin) semble tranquille, pourtant une page historique Irlandaise s’est déroulée à cet endroit. En 1607, embarquèrent les Comtes Irlandais vaincus par les Anglais à Kinsale en 1601, et mis fin pour plusieurs siècles à l’indépendance Irlandaise. Nous filons vers Ramelton (Ráth Mealtáin) situé à quelques encablures.   Toute en longueur, elle pose ses demeures ancestrales au bord de la rivière Lennon. La visite est surtout intéressante pour ses anciens greniers et entrepôts à grain. Nous quittons Ramelton par la très pittoresque route 249, qui nous conduit au charmant village de Kilmacrenan. La journée s’achève à Dunfanaghy, pour notre dernière nuit dans cette magnifique région du Donegal.

                Mercredi 27 juillet (368 km)

 la-magnifique-plage-de-ballymastocker.jpgNous abandonnons sous une pluie fine, le Donegal pour le Burren et les Cliffs of Moher. En route pour Letterkenny par la N56, puis la N14 et l’A5 jusqu’à Omagh ville d’Irlande du Nord où nous effectuons une halte d’une heure. Dans cette bourgade eut  lieu le 15 août 1998, l’attentat le plus terrible et le plus meurtrier  que connut l’Irlande du Nord, il fit 29 morts et 220 blessés.

La pluie redouble de violence, elle sera notre compagne le reste de la journée, pas grave, puisque nous avons décidés de rejoindre Ennis ce soir. Les paysages que nous traversons, ne sont pas particulièrement jolis. Les plaines herbeuses, les cultures céréalières, les collines peuplées de pins se succèdent inlassablement une partie de l’après-midi. Vers 17h00, nous sommes de retour dans le Connemara. Nous débarquons à Gort, dans le Comté de Galway à 30km d’Ennis, il pleut des cordes, nous préférons passer la nuit ici et demain peut-être que le temps s’améliorera. Nous dégotons une chambre dans une vielle demeure de style victorien. La mamie qui nous accueille est très âgée.  Cette dame est remarquable de gentillesse, elle nous propose un café chaud accompagné de petits fours. Un motard Irlandais arrivé peu après, partagera cette collation avec nous. Une fois installé dans la piaule, la mamie nous invite à garer la meule derrière sa maison, dont le portail ferme à clef.

chantal-devant-les-anciens-greniers-et-entrepots-a-grainramelton-de-rath-mealtain.jpgL’heure n’ayant pas encore sonné pour s’engouffrer dans un resto, nous effectuons une visite courtoise de Gort. Comme dans les autres villes d’Irlande, les maisons et les vitrines de magasins sont revêtues de couleurs pastelles. Nous dînons chez « Johnny Wasle’s » excellent petit Resto-Pub

                Jeudi 28 juillet (128)

                Nous laissons la petite Mamie, avec un brin de nostalgie, nous ne manquons pas de prendre sa carte de visite.

cliffs-of-moher-214-metres-de-hauteur.jpgDépart 9h10, ce matin le temps est doux, cependant le ciel reste nuageux, mais semble clément pour la journée. Nous voici dans le Burren profond, la région regorge de site mégalithiques, de dolmens et fortins Celtique en tous genre, il n’y a plus de doute, nous sommes chez les Celtes. La petite route R460 vers Boston, en passant par Corrofin nous le rappelle à chaque instant. Nous traversons de part en part le « Burren National Park » d’une extrême beauté sauvage. La balade se poursuit par la R480 parmi les collines pelées et rocailleuses, jusqu’à Ballyvaughan situé sur la N67. A la sortie de la petite cité, je place la roue avant sur la R477. La R477 épouse à la perfection  la côte, en surplombant  la sublime Galway Bay.  Les 32km que nous empruntons ainsi nous offrent un somptueux panorama sur les îles Aran Islands ; plusieurs arrêts seront nécessaires pour immortaliser toute cette beauté.

                La R479 a pris le relais jusqu’au parking payant et surveillé de Cliffs of Moher. Il y a possibilité de se garer gratuitement sur une petite

route, environ 1km avant, en venant de Galway. Mais nous préférons payer 8€, d’autant plus qu’on nous propose avec gentillesse de mettre à l’abri nos casques et  bagages. En ce début d’après-midi, le ciel nuageux, a fait place à un soleil chaud et rassurant. En dix minutes nous voici au bord de la falaise la plus haute d’Europe. Du haut de ses 214 mètres, elle domine avec arrogance l’Atlantique aux eaux turquoise et tumultueuses. C’est un grand moment d’émotion de pouvoir flâner le long de cette échine spectaculaire sur plusieurs kilomètres. Le vent souffle fort au bord de cette gigantesque marche, il faut donc faire très attention où nous mettons les bottes. Nous posons nos fesses quelques instants, aux pieds de la O’Brien’s Tower édifiée en 1835 par Cornelius O’Brien. Une charmante Irlandaise chante en gaëlique et joue avec volupté de la harpe.

ville-d-ennis.jpgNous retrouvons la brêle qui attend avec impatience le retour de ses maîtres. Nous quittons ses lieux magiques avec beaucoup de souvenirs. Nous passons par  une route sympa, qui conduit à Hags Head. Ennistimon nous regarde passer du coin de l’œil, avant que nous disparaissions sur la N85 en direction d’Ennis. Vers 18h30, nous trouvons une chambre dans une petite maison nichée dans un lotissement de la ville d’Ennis. Nous avions déjà passés notre 1ère étape dans cette cité en début de voyage. Une brève escapade dans les vieux quartiers nous comble de bonheur. Le restaurant que nous dénichons est simple, mais on y mange bien.

                Vendredi 29 juillet (225km)

                 Nous abandonnons Ennis à 10h00, direction Limerick par la N18, ensuite nous bifurquons sur notre gauche en prenant la M20 et N21 qui plonge sur Adare. Un léger crochet pour admirer le Monastère Trinitarien d’Adare, fondé par le comte de kildare en 1316. Ce très bel ensemble d’architecture gothique, s’élève au bord de la rivière Maigue. Le chœur, la nef centrale, le cloître et le transept sont assez superbement bien conservés. Après cette escapade, nous récupérons la N69 à Kilcorman, de manière à longer le Shannon.

                route-559-slea-head-peninsule-de-dingle.jpgA Tarbert la N69 plonge à l’intérieur des terres du Kerry et parcourt les plaines et les collines. De Listowel à Trallee, les Stack’s Moutains qui n’excédent pas 360m, nous offrent de sympathiques paysages vallonnés. 15h00 pointe son nez, quand nous béquillons le 1400 GTR au pied du moulin de Blennerville petite bourgade peu après Tralee. Nous en profitons pour faire une pause-café accompagnée de pâtisseries bien méritée. La N86 a remplacée la N69, elle flirte sur environ 15 km la très jolie Tralee Bay et sur notre gauche la Slieve Mish Moutains culmine à 852 mètres. Nous venons de passer Camp, il nous reste une quarantaine de kilomètres pour atteindre Dingle (An Daingean). Comme dans le Donegal, aucuns panneaux routiers en anglais, tous sont en Gaëlique. La route est insolemment sinueuse, elle incite à sortir l’attaque des grands jours, mais la prudence reste ma priorité. Les paysages sont somptueux, le temps est doux  et ensoleillé, le thermomètre affiche 22° c’est que du bonheur. Nous nous installons à l’entrée de Dingle dans un B&B confortable, bien équipé, mais un peu cher. Nous profitons du reste de l’après-midi pour visiter ce charmant petit port du bout du monde. La péninsule de Dingle est l’endroit où l’on parle encore le gaëlique le plus pur. D’ailleurs c’est ici que les étudiants universitaires de Dublin et des  autres villes viennent perfectionner la langue des ancêtres.

                Samedi 30 juillet (240km)

               Ce matin un voile brumeux recouvre les montagnes, la pluie ne semble pas être une menace. Le départ est donné pour effectuer le tour de la presqu’île de Dingle par la R559 ou la Slea Head Drive.  La Slea Head Drive serpente tranquillement à travers de verts pâturages et vous invite à la balade. A partir de Ventry plusieurs dizaines de petites huttes en pierre (clochans ou beehives) sont éparpillés parmi les collines. Elles servaient autrefois de stockage pour la nourriture et occasionnellement de refuge aux bergers. 1 km après la sortie de Fahan, nous posons la mob sur le site de Dunbeg Stonefort, juste à côté du restaurent construit entièrement en pierre. La forteresse située en contre-bas et au bord de la falaise, est édifiée en forme de cercle, elle date de l’âge du fer. Ses remparts construits en pierre sèche, atteignent  3m de hauteur, pour 6 m de largeur. Au cours des millénaires, la moitié de l’ensemble s’est effondrée au fond de la mer. Plus loin, la visite d’une authentique demeure de maître et de ses communs datant de 1840, nous apprend la vie aisée des propriétaires des lieux. Le paysan et sa famille se contentaient d’une simple hutte ronde en pierre sèche, ce qui leurs  rendait la condition de vie extrêmement difficile.

                les-trois-petites-plages-de-slea-head-ou-fut-tournee-la-fille-de-ryan-en-1970-avec-robert-michum-et-sarah-miles.jpgA Slea Head, les moutons règnent sans partage sur ce bout de terre désolée à l’herbe bien grasse. Du haut de la falaise, nous apercevons l’île Great Blasket Island et en contre bas les trois petites plages où fût tournée « la fille de Ryan » en 1970,  avec Robert Michum et Sarah Miles. Beaucoup d’arrêt photos plus tard, nous voici de retour à Dingle. Sans perdre de temps nous enquillons la  route très étroite de Connor Pass. Le temps se couvre à la montée, le vent s’en mêle, et la pluie ne tarde pas à suivre. A la modeste altitude de 618 m, le col de Connor Pass nous saute à la figure. Il y fait un vent du diable, une pluie froide et fine nous fouette le casque, nous y restons juste le temps de faire quelques photos. Nous apercevons un bref instant, plusieurs lacs au fond de la vallée. C’est dommage, la vue y est, parait-il d’une extrême beauté. Une fois la descente entamée, le temps se calme, un timide rayon de soleil tente par instant de percer la couche nuageuse gorgée d’eau.  Nous faisons un ultime arrêt avant d’arriver à Balliduff, et photographions les lough Gal et Cruttia.

                 a-la-modeste-altitude-de-618-m-le-col-de-connor-pass.jpgNous voici de nouveau à Camp où nous ne manquons pas de réaliser le cliché du panneau de jumelage entre l’Irlande et la Bretagne. La route se poursuit vers Trallee que nous avions passé la veille, la N70 nous emmène à Killorglin. Il est 17h30, nous effectuons une pause. Nous décidons de pousser notre chemin vers Cahersiveen situé à 60km. Ce n’est pas une bonne idée, le temps s’aggrave et une pluie diluvienne, accompagnée de fortes rafales de vent s’abat sur nos pauvres têtes. Nous arrivons enfin à Cahersiveen, décidément ce n’est pas la journée, pour notre malheur tous les B&B sont complets. La cause en est toute simple, un concert est donné à Cahersiveen. Nous n’avons plus le choix, nous devons prolonger notre route à la recherche d’un refuge pour la nuit. La météo ne s’arrange pas, le pilotage devient difficile et fatiguant dans ces conditions dantesques.  Nous harponnons la R565 qui passe par plusieurs villages et longe la St Finan’s Bay, par ici aussi tout est complet. Finalement, nous arrivons à Waterville (An Coireán) trempés, harassés, mais la chance nous sourit, nous dénichons un B&B. La maîtresse des lieux nous reçoit avec beaucoup de compassion au regard de l’état où nous sommes.

                Dimanche 31 juillet (196km)

                La nuit fût réparatrice et la fatigue oubliée, le déjeuner copieux ne vécut que le temps nécessaire à son engloutissement. Ce matin le mauvais temps semble derrière nous, nous en profitons pour flâner au bord de la délicieuse Ballinskeligs Bay. Nous découvrons la statue de Charlie Chaplin posé sur la promenade de la baie. C’est que l’homme comique du cinéma des années 30/40, venait y passer ses vacances en famille. Waterville reste une charmante petite ville balnéaire, sans grand intérêt touristique.

                la-statue-de-charlie-chaplin-pose-sur-la-promenade-de-la-ballinskeligs-bay.jpg10h30, nous désertons les lieux, le brouillard s’abat sur la montagne et Ballaghisheen Pass, que nous envisagions de grimper. Nous renonçons à Mastergeehy à prendre ce risque inutile et préférons la N70 ou Ring Kerry. Un petit crachin nous assiste sur une trentaine de km. La N70 est défoncée, étroite et sinueuse, notre progression est rendue difficile. On frôle parfois les murs ou les haies, pour éviter les camping-cars, les voitures et les engins agricoles. Nous ne sommes pas non plus à l’abri de voir surgir devant nous un cycliste ou un piéton. Les paysages tourmentés sont colorés par les landes et le vert intense des sapins qui recouvrent les vallées et les grosses collines. Le temps s’améliore, mais les nuages sombres menacent toujours. Un arrêt déjeuner dans la belle ville de Kenmare (An Neidin), nous procure un moment de détente. Les rues sont très colorées et très animées, nous rencontrons même un breton, vendeur ambulant de crêpes et galettes.

            Le voyage se prolonge sur la R571 vers la Péninsule Beara. Nous rencontrons peu de touristes, dommage, le panorama sur la River Kenmare est splendide à regarder. Ainsi que les Caha Moutains revêtues de bruyères, de genévriers et de genêts, que nous côtoyons sur notre gauche. Un petit entracte à l’exigu port d’Ardgroom nous donne l’occasion d’admirer toute cette beauté sauvage. Nous poursuivons par le petit chemin goudronné qui conduit aux ruines de l’église Kilcatherine. A Nah Aorai nous bifurquons sur notre gauche et attrapons la minuscule R575. La route est si étroite que nous sommes obligés de nous arrêter pour croiser les deux véhicules que nous rencontrons. D’ailleurs l’herbe pousse en son milieu, c’est dire la fréquentation de l’endroit. Mais le détour valait bien ça, les paysages de la chaîne de la  Slieve Miskish Moutains que nous découvrons sont somptueux. Les pentes raides recouvertes de fougères et de sapins dévalent jusqu’à la mer.

                nous-poursuivons-par-le-petit-chemin-goudronne-qui-conduit-aux-ruines-de-l-eglise-kilcatherine.jpgAu village d’Adrigole, nous remontons sur 5 km la R574, jusqu’au Healy Pass. La route est propre, sinueuse à souhait, et le spectacle à l’arrivée du col est impressionnant. Nous avons une vue imprenable sur les deux versants de la Caha Mountains. Il est 19h00 quand nous rejoignons Bantry (Beanntraí) dans le comté de Cork, nous nous empressons de trouver une chambre. Nous partons à pied explorer les rues et les places de la cité, située au bord de la Bantry Bay. La statue de Théobald Wolfe Tone trône au milieu d’une magnifique place. Elle rappelle la tentative de débarquement des troupes Françaises en 1796, venue au secours des United Irish men.

                Lundi 1 août (135)

                de-gortnakilly-a-lighthouse-de-la-peninsule-de-sheep-s-head.jpgAujourd’hui la météo est bienvaillante, les nuages sont présents, mais les éclaircies dominent le ciel, et il fait 24°. Nous suivons la route côtière R591 de la péninsule Sheep’s Head. Les paysages sont toujours aussi agréables à contempler.  A la sortie de Gortnakilly, nous décidons d’emprunter le minuscule chemin à demi goudronné pour atteindre le phare Lighthouse. C’est chaud, il y a à peine le passage d’une voiture, des ornières et des gravillons à volontés. Un gros trail est surement mieux adapté à ce genre d’aventure, mais nous sommes engagés et dans l’impossibilité de faire demi-tour.

                Nous laissons dame Kawa au petit parking de Toreen, Cul de sac situé au bout de la Péninsule de Sheep’s Head. Il nous faut compter 2h aller-retour pour atteindre le phare de Lighthouse niché sur son nid d’aigle au bord de la falaise. La randonnée vaut vraiment le détour, deux jolis petits lacs de montagnes, une vue imprenable sur les Baies Bantry et Dunmanus. Nous continuons la pittoresque R591 par Durrus et nous filons vers la Péninsule de Mizen Head. Les paysages vallonnés aux couleurs variés, parsemés de tourbières et de pâturages à moutons se succèdent jusqu’à Crookhaven (An Cruachán). Ce typique port de pêche est caché au fond d’une crique. L’entrée en est gardée par deux tours carrées dominant l’ensemble du village. Marconi came here to try to get his first radio message across the Atlantic and he fitted the first telegraphic equipment to the Fastnet Rock Lighthouse to communicate with the passing ships. Marconi est venu ici pour essayer d'obtenir son premier message radio à travers l'Atlantique.  Nous musardons quelques instants dans ce petit paradis. La route se poursuit par Schull, charmant village de pêcheurs installé entre mer et montagnes.

                petit-lac-de-la-peninsule-de-sheep-s-head.jpgLa R592 nous accompagne à Ballydehod (Béal une Chab Da), notre port d’attache pour cette nuit. Ballydehod est ceinturé d’un côté de collines colorées de bruyères, dont le Mont Gabriel avec ses 408m en est le point culminant. L’autre côté c’est le superbe décor de la Roaringwater Bay, qui comble de bonheur les touristes d’un soir que nous sommes. Il est 20h15, nous nous hâtons de dénicher une chambre, que nous ne tardons pas à dénicher sur la hauteur d’une colline. Le dîner sera pris, au Paradise Crêpe Restaurant tenu par de jeunes Bretons. Une promenade touristique à travers les rues de Ballydehod, nous mène au pied de la statue de bronze du lutteur Danno O’Mahony, l’habitant le plus célèbre de la ville. Nous finissons cette belle journée par le chemin pédestre qui enjambe l’ancien pont de chemin de fer de 1886 formé de douze arches.   

                Mardi 2 août (96km)

                irlande-2011-43.jpgBallydehod nous regarde quitter ses rues vers 10h00, le temps est doux, nuageux avec une température de 18°. Nous effectuons une première pause au bord du Lough Hyne implanté au fond d’une vallée, au bout d’une route en Cul de Sac. La particularité de ce lac, c’est d’avoir son eau salée. L’endroit est sympa et familiale, des chemins de randonnés partent en tous sens à travers les collines. Vers 12h00, Baltimore (Dùn Na Séad) sera notre halte déjeunée. Baltimore est caché au fond de l’une des plus belles baies d’Irlande, protégée des tempêtes par l’île Clear Island et l’île Sherkin Island la plus proche. Ce port de pêche est un véritable joyau de beauté, les maisons rivalisent de couleurs éclatantes. Au cœur du village, le château édifié par le Clan O’Driscoll sur une crête rocheuse date du XVIIe siècle. Il fit partie du système de défense contre les anglais suite à la défaite de Kinsale (Ceann Tsáile). On apprend en lisant un médaillon incrusté dans un mur, que le premier château fût construit par les Anglo-Normand en 1215 sur une falaise, non loin de Baltimore. La balade que nous réalisons sur la falaise, citée précédemment est un ravissement pour les yeux.

              emplacement-du-1er-chateau-construit-par-les-anglo-normand-en-1215-sur-une-falaise-de-baltimore.jpgNous abandonnons Baltimore pour débarquer à Castletownshend situé en cul sac sur la R595 bordée de murs de pierre. Aux abords du village, la voie se sépare en deux devant deux arbres plus que centenaires. Ce magnifique port de pêche aux maisons multicolores est installé au fond d’une crique escarpée. La rue principale fortement inclinée est bordée par des habitations du XVIIIe siècle. Elle mène directement au port lilliputien, aux quais et au château. Le château qui a subi l’outrage du temps, domine encore avec fierté la petite citée. Il fût construit au XVIIe par Richard Townshend, le maître des lieux. L’église Saint Barrahane du nom d’un ermite du Ve siècle, embrasse du haut de sa colline la baie. Après cette escapade, nous rebroussons notre chemin pour  récupérer la R 397 qui conduit à Union Hall où nous décidons de faire halte aujourd’hui.

              irlande-2011-45.jpgIl est tout juste 16H00, quand je béquille la meule devant un pub, du village d’Union Hall. L’endroit étant touristique, nous partons à la chasse d’une chambre, que nous ne tardons pas à dégoter au Casey’s Bar. Dans les lieux très fréquentés, il ne faut pas trop attendre, passer 18h00, ça peut devenir compliquer de trouver un B & B. Nous ne voulons pas rééditer la galère du samedi précédent. La petite ville avec son port de pêche est incrustée au fond d’une anse, ce qui lui donne un aspect très charmant. Les chalutiers qui occupent le port sont de taille variable, allant du plus modeste à une taille beaucoup plus importante. Le coin est vraiment tranquille pour passer la nuit. La soirée s’achève par un brin de soleil couchant, qui confère de sublimes reflets sur la baie et le port.

              Mercredi 3 août (96 km)

              le-cercle-de-menhir-celtique-de-dromberg-a-glandore.jpgLe jour se lève avec la grisaille, Union Hall dort paisiblement, et nous filons dans la brume du matin. La R597 est très étroite, cahoteuse et glissante, mais depuis le début de notre périple, j’ai pris l’habitude de rouler avec prudence sur ce type de route.  Nous effectuons un arrêt à Glandore situé à une encablure d’Union Hall de l’autre côté de la baie. L’intérêt de cet arrêt, n’est pas le village de Glandore lui-même, mais bien le cercle de Menhir Celtique de Dromberg datant de mille ans avant l’ère chrétienne.

             les-hautes-falaises-de-galley-head-sont-sauvages.jpgrue-de-kinsale.jpgLa N71 a remplacée la R 597 jusqu’à Ross Carbery, puis à 5 km de ce village, nous bifurquons sur notre droite par la R 598 en direction de Galley Head. Les hautes falaises de Galley Head sont sauvages, intimidantes et bluffantes de beauté. Le panorama vaut le détour, hélas la légère brume qui enveloppe l’endroit ne nous laisse guère profiter du spectacle. La contrée que nous traversons est vallonnée, les cultures céréalières et les prairies ont remplacées les champs de pierres. Les vaches laitières ont peut à peut pris la place des moutons. Nous suivons maintenant la route côtière sur environ 20 km, puis la pause café s’impose d’elle-même à Clonakilty. Nous arrivons à Arigideen sous une pluie fine et constante, pour la visite de la maison de Mikaël Collins, héros controversé de l’I.R.A. Le village de Timoleague nous attend pour la visite de son Abaye en ruines. Nous poussons par la R601, admirer le petit port de pêche de Courtmacsherry. Retour à Timoleague, nous suivons de nouveau la R600, qui nous conduit à  Kinsale (Ceann Tsáile) en passant par Kilbritain. 17H00, s’affiche à l’horloge de la monture, nous nous arrêtons dans cette ville au passé tumultueux et historique. Kinsale est incontestablement un magnifique port aux maisons multicolore. Mais kinsale est plus connu pour la fuite des comtes qui couta l’indépendance à l’Irlande en 1601. En effet, c’est ici que furent écrasés les chefs Gaëls et leurs alliés Espagnols, par l’armée Anglaise. Par la suite Kinsale devint la plus importante base navale Anglaise jusqu’à la fin du XVIII eme siècle. Un ciel chargé d’encre en fin de soirée a remplacé la pluie de l’après-midi.

              Jeudi 4 août (139 km)

              pont-du-xive-sur-la-river-carrigaline.jpgNous laissons derrière nous la belle ville de Kinsale et nous nous dirigeons vers Crosshaven sous le soleil. Je roule tranquille, ne dépassant guère le 60 km/h. La petite route R611 que nous suivons, déroule nonchalamment son tapis d’asphalte devant la roue avant du 1400. Les collines d’à peine 150 mètres d’altitude affichent des pâturages d’un vert intense. Les vaches laitières prennent plaisir à ingurgiter l’herbe bien grasse dans cet environnement paisible.

                Je coupe le contact, nous venons d’arriver à Crosshaven (Bun An Tabhairne) ancienne colonie Viking. Ce joli port de pêche, réputé pour la pêche au gros est blotti à l’embouchure du fleuve Owenabue. C’est dans ce lieu perdu que le célèbre Francis Drake pourchassé par l’armada espagnole est venu se réfugier en 1585. Les maisons de bois aux couleurs éclatantes étalent leurs murs face au soleil de midi. Nous évitons Cork par la R610 et préférons prendre le traversier à Glenbrook pour Great Island. Nous attendons une demi-heure et nous grimpons à bord du bac pour une promenade maritime de dix minutes. Cobb (An Cóbh) est un ancien village de pêcheur, mais elle fût aussi une importante base navale anglaise jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Pour les Irlandais c’est une douloureuse et dramatique page de leur histoire. En effet c’est d’ici, au XIXe siècle qu’embarquèrent dans des conditions épouvantables, les immigrants volontaires pour le nouveau monde. Mais il y eut également plusieurs dizaines de milliers de condamnés politiques déportés dans les colonies anglaises entre 1791 et 1853.

                a-la-tombee-de-la-nuit-sur-le-port-de-youghal.jpgAu bord du quai on aperçoit l’authentique embarcadère, d’où le Titanic fit pour la dernière fois, escale avant de sombrer dans les eaux glacées de l’Atlantique nord. La ville de Cobh est agréable à visiter, avec ses rues ceinturées de belles demeures et une superbe avenue bordée d’arbres importés de pays exotiques. La majestueuse Cathédrale Saint Colman de style néo-gothique, édifiée entre 1868 et 1915 surplombe la belle cité. La baie de Cork inondée de soleil serait surement admirable, si elle n’était pas encombrée par de disgracieux bâtiments industriels.

                Nous rejoignons Ballynacorra par la R630, suivi de la R629, qui franchit le village de Cloyne. Une pause dans le joli petit bourg côtier de Ballycotton, puis un nouvel arrêt à 13km, dans le village de Ballymakeagh installé en bordure d’une immense plage. Il est 17h00, le soleil est encore bien haut nous prolongeons notre chemin par la R633. Youghal (Eochaill) niché le long du fleuve Blackwater, nous invite à passer la nuit dans ses murs. porte-de-l-horloge-youghal.jpgpub-moby-dicks-youghal.jpgYoughal fondé vers 853 par les Normands, est resté jusqu’au début du XVIIIe siècle le plus important port d’Irlande. De ce riche passé, il reste beaucoup de bâtiments historiques indiqués par des panonceaux  écrits en plusieurs langues, dont le français. Les principaux vestiges de Youghal : la porte de l’horloge construite en 1777, utilisé comme prison pendant la rébellion de 1798 ; Le Château Tynte de la fin du XVe siècle ; les Maisons Aumône bâtit par Richard Boyle en 1643 ; La Faculté fondée en 1464 par Thomas Fitzgerald et bien d’autre encore. Mais Youghal est surtout connu des Irlandais, grâce au film Moby Dicks qui y fût tourné en 1954. Pour l’occasion toutes les façades des maisons de la rue bordant le port furent repeintes aux couleurs de New-Bedford petite ville de Nouvelle Angleterre. Depuis ce jour le Pub où séjourna John Huston qui réalisa le film, porte le nom de Moby Dicks.        

              Vendredi 5 août (167km)

              Le départ est donné, j’enclenche la 1ère et la brèle s’ébroue  sous un soleil timide. Nous saisissons la R634, puis la N25 sur 7 km, avant de ardmore-et-sa-round-tower-du-xiie-siecle.jpgdisparaitre par la R673 en direction d’Ardmore. A Suggera, nous enfilons sur notre droite une minuscule route  en cul-sac, pour aller contempler la Whiting Bay. Nous échouons à Ardmore, où de belles maisons traditionnelles aux toits de chaume font la parade. Nous délaissons pour un moment le Kawa au pied de la Round Tower du village. Cette imposante tour de guet date du XIIe siècle, elle possède 4 étages et s’élève à 29 mètres de haut pour un diamètre de 5 mètres. Elle servait également de refuge pour la population et une porte perché à 4 m en interdisait l’accès en cas d’attaque des Vikings. Une Cathédrale en ruine édifiée entre le XIIe et le XIVe siècle sert de nichoir aux pigeons. Il subsiste de belles arches sculptées, dont une lunette où apparaissent Adam et Eve. De nombreuses tombes plus où moins anciennes trônent au milieu des décombres.

                 Nous poussons jusqu’à la magnifique falaise d’Ardmore Head et son poste d’observation du XIXe siècle. Une petite marche nous permet de la-falaise-d-ardmore-head.jpgmieux profiter du spectacle et de figer en numérique toute cette beauté. La R673 nous emmène à Dungarvan (Dùn Garbháin) pour y effectuer notre café devenue presque rituelle. Ce gentil petit port de pêche est blotti au pied des montagnes Comeragh du comté de Waterfort, et bordé sur sa droite par les falaises d’Helvick Head. Nous ne gâchons pas le plaisir d’aller voir le donjon Anglo-Normand du XIIe siècle. La R675 à la sortie de Dungarvan nous permet de longer au plus près la côte. Quelques kilomètres à l’est de Dungarvan, nous rangeons le 1400 sur le parking mis à disposition des touristes. La vieille mine de cuivre de bunmahon que nous la-vieille-mine-de-cuivre-de-bunmahon.jpgnous apprêtons à visiter est située en bordure de falaise. Les ruines qui nous entourent, nous permettent de bien saisir le système d’extraction du minerai, elle fut exploitée de 1827 à 1877. Nous continuons notre chemin en traversant de nombreux villages, dont le minuscule port de Somerville. Nous voici arrivés par la R685 à Passage East ou nous prenons le Bac, pour éviter de faire le détour par Waterfort et New-Ross. De l’autre côté du bras de mer, nous récupérons la R733, puis la R738 qui nous conduit à l’étape du jour, Kilmore Quay (Cé na Cille Moire). Ce charmant village de pêcheurs à la particularité d’avoir la plupart de ses maisons bâties au kilmore-quay-et-ses-maisons-aux-toits-de-chaume.jpgXVIIIe siècle, recouvertes d’un toit de chaume. Et c’est pour cette raison que nous avons fait halte pour la nuit dans ce lieu pittoresque. La journée fut agréable, une température de 21° nous fut accordée par dame nature, quant au soleil il a joué à saute moutons avec les nuages.   

              Samedi 6 août (64km)

              En route pour la dernière étape avant d’embarquer pour la France. Une pluie d’orage nous accueille à Wexfort (Loch Garman) pour l’ultime visite de notre périple Irlandais. Wexfort a été fondée par les Vikings en l’an 800, de la présence des guerriers du Nord il ne reste aucune trace de leur passage. Nous déambulons dans la très belle rue de Main Street aux demeures du XVIIe et XVIIIe siècle, en direction des ruines de l’Abbaye de Selskar. Il ne subsiste que les murs, les arches et la tour porte ouest de l’Abbaye construite au XIIe siècle et détruite par le terrible Cromwell au XVIIe siècle. La tour Saint georges en bonne état de conservation garde un œil sur un reste d’enceinte encore debout. Nous approchons de la statue de John Barry, planté sur les quais du port. Cet illustre Irlandais chassé de ses terres ancestrales par les Anglais est considéré comme le père de la marine Américaine au XVIIIe siècle. Wexfort a connue la plus forte insurrection des United Irishmen en 1798, elle fut matée dans un bain de sang par les tuniques rouges Anglaise.

              Nous quittons cette ville historique sous un soleil radieux et nous nous dirigeons vers Brodway par la L3064. Ce paisible village de pêcheur village-de-brodway.jpgpossède une très jolie plage de sable doré. Le port n’est pas en reste avec sa digue enrochée, qui le protège bien des fortes houles. Au large, à quelques brasses une famille de phoques entame un balai aquatique, et nous nargues de joyeux cris rauques.

              Rosslare nous attend pour l’embarquement, il est 17h00, le gros Kawa grimpe la rampe d’accès et s’engouffre dans le ventre de la baleine métallique. A bord, la Guinness que je bois avec volupté me renvoie déjà dans mes souvenirs de ce merveilleux pays celtique.       

              Dimanche 7 août (255km)

              Après la nuit difficile passée sur le rafiot, la forme n’est pas au beau fixe. Il est 7h00, j’émerge de mon lit de fortune posé à même le sol. Je laisse ma compagne se reposée encore une bonne heure, ensuite nous déjeunons dans la salle panoramique. A travers les larges bais vitrés, l’astre solaire nous réchauffe généreusement.  Nous sortons sur le pont extérieur, les côtes de Bretagne apparaissent à l’horizon. Nous quittons le ferry vers 12h00, je pose les roues du GTR sur le bitume de France. Nous avalons les bornes à un rythme soutenu et regagnons nos pénates en terres bretonne en milieu d’après-midi.

Ps : Pour les personnes intéressées par des bonnes adresses ou des renseignements concernant l’Irlande, n’hésitez pas à me contacter dans « CONTACT » laissez votre message et votre mail, je vous répondrais avec plaisir.

             

 

Irlande Galway Connemara Connaught Donegal Munster Chaussée des Géants Giant's Causeway

Commentaires (2)

1. moto-voyage (site web) lundi, 13 Mai 2013

Salut Jean-François.
Merci pour ce commentaire, la chaussée des géants est absolument à faire, elle est formée d'orgues basaltiques.

2. Jean-François (site web) dimanche, 12 Mai 2013

Félicitation,très bien fait ce reportage ,beaucoup de fait histhorique,moi qui a fait également l'Irlande je regrette de pas avoir vu la chaussèe des géants et le mémorial à Murrisk.

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