Stirling

Ecosse, Aux Pays des Celtes et du Kilt 1ère Partie

ÉCOSSE juillet 2013, Voyage au pays du Kilt et des Celtes (3760 miles) (6015 Km) 1ère partie

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               Nous en rêvions depuis longtemps, et nous y sommes allés, dans ce beau pays de légendes et de fantômes qui rêve d’indépendance. Il est clair que nous n'avons pas choisi cette destination pour nous dorer au soleil, mais bel et bien pour découvrir l’un des six pays celtiques. Les préparatifs et l’étude du parcours ont commencé trois mois environ avant le départ. Cette année, nous prévoyons de ne pas emmener de toile de tente et de duvets, vu que c'est un pays au climat assez humide, un peu comme la Bretagne diront certaines mauvaises langues. Nous dormirons essentiellement dans les Bed and Breakfast.

               Nous avons également changé de monture, nous partons toujours avec un 1400 GTR, mais c’est le modèle 2013, acheté neuf le 15 juin. Il ne me restait que deux semaines pour faire le rodage et la 1ère révision, avant le grand départ de transhumance annuelle.

Un peu de géographie : L'Écosse dont la superficie est de 78 000 km2, divisée en quatre grandes régions. Au Sud : Les Southern Uplands "Hautes Terres du Sud" séparées de l'Angleterre par la chaîne des Monts Cheviot Hills. Les Central Lowlands "Basses Terres du Centre" c'est une région de plaines fertiles où l'on trouve des cultures de pomme de terre, blé, orge et arbres fruitiers. Le Grampians Moutains, ce massif montagneux se compose à l'Est de hauts plateaux culminant à 1309 mètres au Ben MacDui, et à l'Ouest le massif devient plus accidenté avec 1343 mètres au Ben Nevis. Les Highlands "Hautes Terres" couvrent plus de la moitié du pays, possèdent les plus grands lacs d'Écosse, dont le Loch Lomond et le Loch Ness pour les plus connus. C'est aussi la région la plus sauvage et la plus authentique de l'Écosse.

               Un peu d'histoire : Les grandes lignes historiques de l’Écosse commence à la moitié du 1er siècle après J-C. En effet l’événement le plus marquant et l’invasion de l’Angleterre et du Pays de Galles par les Romains. Ils occupent et administrent ces nouveaux territoires sous le nom de Bretagne. En 79 les forces romaines s’enfoncent en Écosse et rencontrent une résistance farouche et acharné de la part des Pictes. L’Empereur Adrien fait édifier aux alentours de l’année 120, un mur fortifié du Nord au Sud. Les terres du nord sont nommées Calédonie, là où vivent les Tribus Pictes. Les Romains portent peu d’intérêts à cette terre inhospitalière et aux tribus Pictes considéraient, comme, vivant à l’écart de la civilisation méditerranéenne.

               L’Écosse a su garder sa souveraineté pendant plusieurs siècles, grâce aux guerres d’indépendances. Les héros nationaux, comme Williams Wallace et Robert The Bruce y ont contribués largement. Le 25 mars 1306, il se fait couronner roi d'Écosse sous le nom de Robert Ier.

               Le long conflit qui oppose l’Écosse à l’Angleterre, son puissant voisin du sud, est la cause des guerres d’indépendance de l’Écosse qui forcent le pays à nouer des liens commerciaux, culturels et souvent stratégiques avec un certain nombre de puissances européennes. À la suite de l’Acte d’Union de 1707, l’Angleterre contraint l’Écosse à fusionner pour devenir le royaume de Grande-Bretagne. Mais dans un sursaut héroïque et catastrophique en 1746 l’Écosse tente en vain une ultime bataille contre l’ennemi juré. Le XIXème le siècle est celui des Lumières et de la révolution industrielle, l’Écosse devient l’un des principaux centres culturels, commerciaux et industriels de l’Europe.

               La Seconde Guerre mondiale apporte un coup terrible à l’économie du pays et, est durement ressenti par le peuple. Mais, depuis la découverte du pétrole au début des années 70 dans la mer du nord, un regain d’indépendance est né. Après le référendum de 1997, le peuple écossais a donné son consentement, pour le rétablissement d’un Parlement, qui a été rétablit en 1998 par le Scotland Act.

               1ère étape – Chartres-de-Bretagne/Dieppe/New Aven (298miles) (477 Km)

               Nous quittons Chartres-de-Bretagne sous un soleil radieux et chaud. L’horloge de l’église affiche 12h30, au moment où j’engage le 1400 GTR dans la rue principale. A la sortie de Chartres-de-BZH j’empoigne directement la voie rapide en direction de la Normandie. Nous évitons la ville de Caen en passant par le périphérique et continuons vers Rouen. Le magnifique pont de Normandie surplombant la Seine, nous fait grâce du péage, en effet il est gratuit pour les motards.

               Nous parvenons à Dieppe vers 16h30 et, nous nous présentons directement aux guichets d’embarquement avec notre billet acheté sur le net deux mois plus tôt. Après une heure d’attente sous le cagnard, on nous fait signe de nous engager devant l’entrée béante du ferry de la compagnie Direct Ferries. Nous ne sommes que cinq motos, trois anglais, un italien, moi et ma chère et tendre, à embarquer sur le rafiot. Il est 18h00 sonnant quand la grosse carcasse métallique s’ébranle et quitte le quai. Elle vibre et ronfle, quand l’énorme moteur diesel caché au fond de ses entrailles lâche toute la puissance, pour s’arracher du port. Les flots paisibles de l’océan n’ont d’autres choix, que, de s’écarter sans bruit devant l’étrave du ferry et, de se refermer à l’arrière du navire dans une écume blanchâtre. Pendant la traversée de la Manche, j’ai pu observer un bref instant trois dauphins jouant à saute-mouton avec les vagues, ainsi que quelques fous de Bassan.

               Une demi-heure avant d’accoster, nous apercevons les falaises de craie, d’une blancheur presque pure. Elles soulignent l’horizon des côtes anglaises. Il est 22h00, quand nous nous élançons dans la ville de Newhaven, où nous nous mettons à la recherche d’un endroit où nous loger pour la nuit. Mais il est déjà trop tard, tout est complet, nous tentons notre chance sur la côte et dans la ville de Leeves. Nous sommes fatigués, il est minuit, nous décidons de dormir à la belle étoile, nous trouvons un endroit convenable et couchons au pied de la brèle. Il fait bon et la voûte céleste scintille de mille feux.

               2ème étape - Leeves/Marlborough (162,5 miles) (260 km)

               Réveillés à 5h30 par les premiers rayons de soleil et le chant des oiseaux, la nuit fût courte, mais réparatrice quand même. Nous rejoignons Leeves, située à une encablure de notre campement sommaire et éphémère. Nous patientons jusqu’à 8h30, en faisant une visite de la cité, puis nous trouvons une gargote où nous pouvons nous restaurer. Nous délaissons cette charmante petite ville, pour entamer le début de notre périple. Nous prenons la M27 en direction de Southampton, il fait déjà chaud (24°) et nous rencontrons très vite un bouchon interminable. Nous imitons immédiatement les motards anglais, nous remontons avec prudence la file située sur notre gauche. Nous attrapons ensuite la A360 vers Salisbury et nous arrivons déjà à notre première visite de notre voyage. Un lieu mythique Celte, Stonehenge (8 £ par personne) est colossal de par sa taille et du poids énorme des mégalithes qui le composent.

               Il est 15h30, il est temps de reprendre la route. C’est la A345 qui nous accompagne jusqu’à Marlborough, sous un soleil chaud, affichant 25° à l’ombre, et au milieu d’un ciel bleu azur sans le moindre nuage. En arrivant dans Marlborough, nous trouvons une chambre au "The Green Dragon" où nous recevons un accueil très sympathique. Le Pub est placé en bordure d’une immense place en pente rectangulaire. Nous nous installons dans une chambre située au 1er étage et, de la fenêtre j’aperçois en contre bas notre monture sagement béquillée. Après une bonne douche, nous redescendons l’escalier pentu et nous nous asseyons à une table pour déguster une pinte de Guinness. L’ambiance qui règne dans le Pub est surchauffée par ce qui se joue sur le grand écran plat accroché au mur. En effet c’est la finale de Wimbledon, et c’est l’anglais Andy Murray qui mène le jeu et finalement gagnera le match. Marlborough est une ville du sud de l’Angleterre du Comté de Wiltshire. Une petite balade à pieds dans les rues, nous fera découvrir quelques belles demeures intéressantes de par leurs architectures, et, la brique rouge employée pour leur construction.

               3ème étape – Marlborough/Carlisle (298 miles) (477 Km)

               Nous quittons Malborough à 9h00, nous suivons la route A346 jusqu’à Swindon, puis la A417 que nous lâcherons à Gloucester pour prendre l’autoroute M5 direction plein nord. C’est beaucoup plus facile pour remonter vers l’Écosse, trop de changements de route, de grosses villes comme Birmingham ou Manchester à traverser. C’est très compliqué de suivre et mémoriser les directions et N° des routes, cela occasionne de nombreux arrêts points carte. C’est une perte de temps et de fatigue inutile, d’autant plus que notre priorité est de visiter l’Écosse.

               Nous constatons un changement de paysage à partir de Lancaster, c’est beaucoup plus vallonné. L’altitude moyenne grimpe aux alentours de 600 mètres et cela ressemble assez fort aux paysages d’Irlande. Les murs de pierres aux formes géométriques tourmentées, escaladent les grosses collines jusqu’à leurs sommets. L’herbe bien grasses et verte y pousse en abondance, tondue régulièrement sans relâche par une multitude et infatigable armée de moutons. A la hauteur de Sharp sur l’aire de repos, nous faisons un point carte et nous décidons de finir tranquillement par une petite route parallèle à l’autoroute. L’A6 serpente nonchalamment à travers la campagne anglaise et passe parmi quelques villages ravissants.

               Nous débarquons vers 16h30 à Carlisle, notre dernière ville étape avant de franchir la frontière virtuelle Écossaise. Carlisle est une belle ville, au passé chargé d’histoire, elle est située dans le Comté de Cumbrie à la limite de l’Angleterre et de l’Écosse. Le château d’époque médiévale imposant et bien conservé a fière allure avec ses remparts en grès rouge, il occupe le centre de l’Old Town. C’est Guillaume II d’Angleterre, le fils de Guillaume le Conquérant qui le fit ériger à partir de 1093. Henri 1er d’Angleterre fera construire le donjon et les murailles de la ville en 1122. De belles maisons d’époque victorienne sont encore présentent dans les rues de la vieille citée.

                4ème étape – Carlisle/Dunbar (260 Km)

               Nous désertons Carlisle sur les coups de 9h00 et, suivons l’A7 nord en direction d’Edinbourgh. 15 Km plus tard, nous stoppons l’élan de dame Kawa devant le grand panneau de "Bienvenue en Écosse". Nous immortalisons cet instant historique de notre voyage, car il faut bien le dire, c’est ici que commence l’aventure de notre périple écossais.

               L’A7 épouse le pied des vertes collines de la chaîne Teviotd, en partie recouverte du massif forestier craik. Sur notre droite, au fond de la plaine, nous apercevons les monts Cheviot, avec une altitude moyenne de 500 mètres. Nous sommes au Sud/Est de la région des Southern Uplands. Nous passons Selkirk et continuons notre progression vers Walkerburn en suivant la minuscule, mais non moins célèbre route de la Tweed Valley. Les paysages sont champêtres, forestiers, bucoliques et pastorales ; Il n’est donc pas rare de croiser un tracteur agricole, des volailles, des chiens et des moutons errants à leur guise.  La route étant sans issue, nous rebroussons chemin et filons sur la A72 pour rejoindre Galashiels. Nous débordons Lauder, et je pose les roues de la meule sur la A697 jusqu’au village de Greenlaw. Nous remontons plein Nord par la A6105 qui nous conduit à Duns. Une pause-café, nous permet de pratiquer une visite gratuite au "The Jim Clark Room" Un monsieur d’un âge avancé, nous conte l’histoire de ce grand champion écossais de courses automobiles. Les coupes glanées tout au long de sa courte carrière, les photos par dizaines et les souvenirs retracent sa vie de pilote légendaire. Il fût champion du monde par deux fois en 1963 et 1965, malheureusement il se tua sur le circuit d’Hockenheim en 1968. Nous abandonnons Duns plein d’admiration et continuons vers Grantshouse, puis nous empruntons la A1 à destination de Dunbar notre ville étape.

               Je rentre le 1400 dans la cour de la belle maison cossue qui indique qu’il reste des chambres de libre. La dame nous reçoit avec un large sourire et s’adresse à nous dans un français très correct. Il est 16h30, quand nous quittons Springfield House notre B & B et pension de famille d’un soir. Il est bien situé sur la A199 "Bethaven Road". Il est temps pour nous d’effectuer notre balade quotidienne des alentours. Ancien bourg Royal, Dunbar "du Brittonique Dyn Barr" est une ville de la côte sud-est de l’Écosse. C’est une étonnante petite ville balnéaire calme, mais il en fût autrement il y a bien longtemps. De par sa position stratégique, Dunbar vît la scène de nombreuses altercations avec les tuniques rouges. Un petit sentier côtier très agréable à arpenter, nous emmène au cœur du port de pêche. Il est adossé aux pieds des ruines de l’ancien Château érigé vers l’an 1070 par le Comte d’Angus. De beaux chalutiers aux couleurs chatoyantes se dandinent le long des quais au grès du clapotis des vagues. La large rue principale High de Dunbar est bordée de remarquables demeures en briques rouges. A l’extrême sud de la ville, la brasserie Belhaven Brewery tend les bras aux amateurs de bonnes bières.

               Une magnifique journée s’achève par un coucher de soleil sur les falaises de grès rouge et la mer du Nord. La température de 27° atteint au summum de l’après-midi et à marquer aux annales de la météo écossaise, d’habitude il pleut à cette époque nous à t’on dit.

5ème étape – Dunbar/Larbert (138km)

               Départ à 9h30 en direction d’Edinburg par la route côtière A198. Ce matin, le temps a radicalement changé, c’est la grisaille et, le soleil fait sa tête de cochon. La coastal trail nous offre des paysages médiocres, car, elle est trop éloignée de la côte. Mais en approchant des ruines du château forteresse de Tantallon, les belles falaises de grès rouge apparaissent dans la brume humide. La forteresse de Tantallon a été érigée aux alentours du milieu du XIVème siècle, sur un ensemble rocheux dominant le Firth of Forth. Les villages aux maisons anciennes en grès ocre, que nous traversons sont tout à fait charmant. Une première halte dans l’exigu port de North Berwick, nous permet de découvrir la minuscule chapelle Saint Andrew’s fondée au XIIème siècle et remaniée au XVIème. Il est à noter également une superbe croix celtique, juste devant le centre d’interprétation, d’où l’on prend ses billets pour White rock ou Bass rock. C’est à bord d’une embarcation qu’on approche au plus près de ce gros rocher d’origine volcanique. On y vient pour admirer les phoques gris se prélassant au pieds des grottes et surtout contempler l’une des deux plus gigantesques colonies de Fous de Bassan au monde. En effet, elle est forte d’environ 100 000 oiseaux, ce qui la place deuxième derrière celle de l’île de Bonaventure en Gaspésie et ses 60 000 couples d’individus. Nous ne profitons pas de l’une des deux belles et longues plages sablonneuses de North Berwick, le temps ne nous y encourage pas.

               Nous poursuivons par la A198 et franchissons les 40 km qui nous séparaient d’Edimbourg "Dùn Èideann en Gaélique". Je béquille Dame Kawa dans une petite rue devant un restaurant, et je m’assure que le stationnement ne gêne pas. Entre temps la grisaille s’est éclipsée et le soleil a repris ses droits.

Un peu d’histoire : Édimbourg capitale d’Écosse depuis 1437 (Dun Èideann en gaélique) tiendrait son nom d’un Roi Breton nommé Edwin (Din Eidyn) qui au VIIème siècle y édifia un fortin. La preuve de l’activité d’Édimbourg en tant qu'indépendante du château n’apparaît qu’au début du XIIe siècle, surement vers 1124. Il est effectivement possible de penser que la ville commença à prendre de l’essor entre le XIème et le début du XIIème siècle , quand le roi Malcolm II pacifia la région contre les agressions et pillages des tribus Lothians et Northumbriens. À partir du XVIème siècle, une muraille défensive est échafaudée autour d’Édimbourg, dont la fonction principale sera d’empêcher les invasions anglaises. La décision fût prise, suite à la sévère défaite de James IV à la bataille de Flodden. Au début du XVIIème, James VI roi d’Écosse hérite du trône d’Angleterre unissant les deux pays. A partir de 1639 c’est les guerres des évêques et des trois royaumes et la prise d’Édimbourg par Oliver Cromwell. En 1706, c’est la fusion entre les parlements Anglais et Écossais, devenant ainsi le Royaume de Grande-Bretagne.

               Édimbourg  "Dùn Èideann" à façonnée ses murs sur d’anciens volcans en formes de collines.  Artur’s Seat avec ses deux cratères et ses 251 mètres d’altitude en est la plus haute colline (crag en gaélique) volcanique.  La vieille ville a su conserver son apparence médiévale, ainsi que de nombreux bâtiments datant du XVIIème et XVIIIème siècle. Parmi les plus visités et admirés, il y a le château établi sur un piton de lave, autour du XIème siècle et remanié à plusieurs reprises jusqu’au XVIIème et sans grand changement depuis. La cathédrale Saint Gilles construite à partir de l’an 1120 par les Normands et profondément transformée au XVème siècle est considérée comme l'église-mère du Presbytérianisme. La maison du célèbre fondateur de l'Église presbytérienne écossaise John Knox (1514-1572) bâtie en 1490 n’a pas trop subi l’outrage du temps. Il est à signaler également que James Mossman le bijoutier de la reine Marie Stuart d’Écosse a logé dans cette belle demeure du fin XVème siècle. Voilà pour les principaux sites de notre balade au cœur de la vieille cité d’Édimbourg.

               La route reprend ses droits et nous continuons par les grands boulevards, et rattrapons la A90 et B924 sur une quinzaine de kilomètres, pour une nouvelle pause au pied du plus spectaculaire pont d’Écosse. Le Forth Rail Bridge dont les travaux commencèrent en 1882 pour finir en 1887, il devient le 2ème pont cantilever construit au monde. Le 1er de par sa taille, avec une longueur de 2528 mètres de portée. C’est un assemblage de deux ponts mis bout-à-bout. Il est constitué de dix petites arches rive droite et cinq petite arches rive gauche de 51 mètres chacune. Deux grandes arches latérales de 207 m et deux arches monumentales pour l’époque d’une portée unitaire de 521 mètres, complète ce formidable ouvrage d’art du XIX siècle. Le Forth Rail Bridge fait face au Forth Road Bridge, ce moderne pont autoroutier sur la A90 suspendu par câbles.

               L’après-midi est déjà bien avancé, il est sage de se préoccuper de dénicher un endroit pour la nuit. Nous longeons l’estuaire de la River Forth par la A905, au rond-point de Bellsdyke, nous prenons la route du même nom, jusqu’au rond-point The Inches. Nous nous engageons au hasard à gauche sur Muirhall Road qui suit parallèlement la ligne de chemin de fer. La chance nous sourit, car au bout de la rue, nous apercevons sur notre droite l’hôtel de la gare. The Station Hotel est très correct, 56£ la nuit pour 2 personnes, avec le petit déjeuner.

                6ème étape – Larbert/Comrie (127 km)

               Nous quittons le parking sécurisé de l’hôtel de la gare en début de matinée sous un beau soleil chaud. Nous suivons la A9 jusqu’à Bannockburn, notre première halte de la journée. Bannockburn  "Blàr Allt a' Bhonnaich" est situé au sud de la ville de Stirling "Sruighlea". Non loin du village se trouve le site de la bataille de Bannockburn, qui eut lieu pendant la première guerre d'indépendance écossaise. Seulement six mois après l'exécution par les Anglais du héros National William Wallace, un nouveau leader, Robert The Bruce descendant de la haute noblesse, prend le commandement des troupes Ecossaises. Et en juin 1314, la bataille de Bannockburn, menée de main de maître par Robert The Bruce, est une cinglante victoire de l’armée écossaise sur Édouard II d'Angleterre, dont les troupes largement supérieur en nombres, ne purent contenir le génie militaire de Robert The Bruce. Mis à part la splendide statue équestre de Robert The Bruce au milieu du parc et l’Héritage Center, avec un film intéressant sur le déroulement de la bataille. La ville présente peu d’intérêt à nos yeux.

               Nous reprenons la brêle et nous allons nous poser 4 km plus loin à proximité du château de Stirling. Nous parcourons le vieux bourg de l’ancienne capitale d’Écosse, où apparaissent quelques vieilles demeures. Un arrêt bref, le temps de faire un cliché de la statue de Robert McGregor dit Rob Roy. Nous portons un intérêt particulier à l’église Sainte-Croix de style gothique, avec sa magnifique tour-clocher et sa séduisante charpente du début XVème. Elle vit en 1567 Jacques VI se faire couronner Roi d’Écosse. Nous voici maintenant devant l’entrée du château de Stirling, c’est le plus grand et le plus puissant des îles Britanniques. Il est perché sur un pic volcanique, enfermé sur trois côtés par des falaises abruptes, ce qui facilita sa défense. La construction démarre au début du XIIème siècle, quoique la plupart des bâtiments datent du XV et XVIème. Le portail franchit, sur la droite, une grosse casemate, ou tour du prince rectangulaire subsiste sur les deux d’origine. Le Great Hall construit par Jacques IV domine la cour centrale, 35 ans de travaux ont été nécessaire pour lui redonner son allure originelle. Dans la seconde cour on trouve une chapelle royale, et un palais renaissance du XVIème siècle. A l’extérieur de beaux jardins à l’anglaise, complètent l’ensemble.

               Le pont de Stirling posé sur la rivière Forth, nous offre une belle page d’histoire. En effet c’est sur ce pont étroit qu’il y a 700 ans, en 1297 exactement que, Williams Wallace stoppa et mis en déroute les troupes Anglaises, lors de la 1ère guerre d’indépendance Écossaise. Nous prolongeons et finissons notre visite de Stirling par la tour monumentale du XIXème, consacrée à Williams Wallace. D’une hauteur de 67 mètres, elle est située au sommet de la colline d’Abbey Craig à l’écart de la cité. L’endroit n’a pas été choisi au hasard, puisque c’est de cette position que Williams Wallace observait le rassemblement des bataillons du roi Edouard 1er d’Angleterre. A l’intérieur un étage est entièrement dédié à Sir Williams Wallace, et on peut y admirer l’épée authentique de 168 cm du héros. Nous montons l’escalier en spirale, très étriqué de 246 marches, jusqu’à la coursive située au faîte de la tour et offrant une vue dégagée sur les massifs des Ochil Hills et la vallée de la Forth.

               Après toutes ces émotions, nous remontons en selle sur notre cheval de fer et filons sur la A84 direction le Loch Lubnaig. Nous parcourons quelques milles et j’engage le gros 1400 Kawa sur la A873 qui se présente à gauche. Nous effectuons une pause dans le village de Thornill, juste pour nous désaltérer, car il fait très chaud, 28° au tableau de bord. Nous nous enfonçons au cœur du "The Trossachs National Park" (Na Trosaichean en gaélique écossais) par la A821. Le pays des lacs et de Rob Roy, nous sommes émerveillés et conquis par la beauté sauvage des paysages. Depuis les descriptions idylliques de Sir Walter Scott dans ses poèmes et ballades romantiques, la région est devenu séduisante, attrayante et touristique à souhait. A Duke’s Pass, je me risque sur la minuscule route pour rejoindre le Loch Drunkie et le Loch Archray, nichés dans un écrin de verdure, au milieu d’une forêt de feuillus. Le loch Katrine nous invite à la promenade et à la poésie, il est enclavé entre le Ben Venue ou montagne de la caverne, haute de 727 mètres et le Ben Ledi et ses 879 mètres. De nouveau en selle, à l’ombre des hêtres, nous effleurons de nouveau le contour du Loch Achray. Nous apercevons par bribes à travers le feuillage, le loch Venachar. Il devrait ravir les amateurs de pêche, car il est réputé pour être bien approvisionné en truites et en brochets. Les paysages montagneux et de loch n’en finissent pas de nous combler de bonheur. Le Loch Lubnaig adossé au mont Benvane, nous accompagne sur plusieurs kilomètres, suivit par la magnifique forêt Strathyre du nom du village. Nous achevons une dernière halte au Loch Earn, très réputé pour la pêche et sa base de sport nautique. La journée s’achève, nous trouvons une chambre chez un couple de retraités à Comrie situé sur l’A85.

7ème étape Comrie/Fraserburgh (360 km)

               Nous débutons la journée par le petit village de Balquhidder, installé sur une plateforme dominant le Loch Voil. C’est ici que repose le héros populaire Robert Roy MacGregor, né en 1693 et mort 1734. Le Robin des bois écossais y est enterré avec sa femme et deux de ses fils. Après cet interlude, nous entamons notre remontée vers le nord en empruntant au maximum le réseau secondaire de la région de Granpian Montain. Le 1400 ronronne paisiblement sur le couple et trimballe avec douceur ses passagers enchantés par la découverte de ces fabuleux décors de films. Le ruban noir d’asphalte de la A822 et A923 serpente au fond des Vallées (glens en écossai) Almond et Strathbraan aux flancs escarpés, dégoulinants d’éboulis. Arrivé dans le centre-ville de Rattray, j’engage la roue avant de la moto sur la A93 ou aussi appelée old military road.

               Nous abordons la Glen Shee escortée de la rivière Black water. C’est un régal de verdure, de bruyères mauves, et de rocailles descendantes en cascades des pentes montagneuses pouvant avoisiner les milles mètres. Cette large et immense vallée, nous laisse contempler sa physionomie généreuse aux formes arrondies. Nous franchissons l’un des plus hauts cols d’Écosse le Devil’s Elbow perché à 665 mètres d’altitude. Nous entrevoyons au passage, le Glas Maol qui est le point le plus élevé des Highlands du Sud-Est, avec 1068 mètres de hauteur. Nous descendons à allure modérée vers le fond de la Glen Clunie, qui est aussi belle que la précédente. Je béquille la brêle aux abords d’un vieux pont de pierre posé avec délicatesse sur la Clunie Water. Et nous profitons de cette pause bienveillante, pour jouir avec volupté de notre environnement paisible. Ces deux vallées s’étendent au-delà du regard. Elles sont vierges, consentantes, et ouvertes à quiconque en prendrait soin. Mais elles n’offrent pas de place aux timorés ou aux destructeurs de tous genres, qui ne sauraient en apprécier toute leurs beautés sauvages. Il n’y a que très peu d’arbres dans ces contrées hostiles, seuls les moutons règnent sans partage sur les immenses étendues des vertes prairies.

                Les kilomètres défilent à un rythme sénatorial, le village de Braemar situé dans l’Aberdeenshire posé sur les rives de la rivière Dee vient d’être franchi. Nous entrons dans le Cairngorms National Park, d’une superficie de 4528km2, il possède la plus grande et splendide forêt de pins calédoniens. Si vous avez de la chance, vous pourrez y croiser le Cerf Rouge, le Grand Tétra, le Tétra Lyre, ou le Balbuzard pêcheur. La A93 est légèrement sinueuse, elle longe au plus près la rivière Dee et contourne le château Royal de Balmoral, acheté par la reine Victoria en 1852. Cette route touristique traverse de très beaux paysages vallonnés de campagne, elle est bordée de hêtres, de trembles, de bouleaux, de pins sylvestres et de hautes fougères. A l’approche d’Aberdeen l’aspect du paysage a évolué vers un spectacle de terre agricole. Nous franchissons Aberdeen, sans faire d’escale d’aucune sorte et gardons le cap plein Nord, en parcourant la route A90. Les kilomètres s’enchaînent et en fin d’après-midi, sous un soleil radieux, nous atteignons la vile de Fraserburgh (Faithlie). Fraserburgh est le plus grand port de pêche aux crustacés en Europe et c’est aussi une charmante bourgade de 13000 âmes. Nous dégotons une chambre située sur la rue principale, à proximité du centre-ville et des plages. L’homme qui nous reçoit est très chaleureux, la chambre qu’il nous propose est au 1er étage, accessible par un escalier raide et étroit. Il a beaucoup voyagé, d’ailleurs il s’empresse de nous montrer une étonnante collection d’assiettes, rapportées du monde entier. 

                8ème étape Fraserburgh/Inverness (244 km)

               Après avoir englouti un copieux et succulent petit-déj, nous sommes parés pour la journée. Nous remercions notre hôte de son accueil chaleureux et des quelques conseils de visites. Ce matin le ciel est sommairement dissimulé, derrière un voile nuageux et le mercure n’affiche que 11°. Nous prenons la Coat West Trail « B9031 », ponctuée par de belles falaises d’un côté et de champs de cultures diverses de l’autre bord. Le premier arrêt nous conduit à la Tour Doocot du mont Hooly en bordure du village Rosehearthy, à voir que pour le point de vue.

              Le second est le pittoresque village de pêcheurs de Pennan Head. On y accède par une route très étroite, tout en lacets et considérablement pentue. Attention c’est chaud, j’aborde une épingle à cheveux, quasiment à l’arrêt, et malgré tout, je me retrouve à droite, le long du rail de sécurité. Pennan Head est blotti au pied d’une falaise abrupte, enfoncé dans une crique exigüe, en forme de fer à cheval. Les maisons aux murs chaulées et toits d’ardoises, font face d’un seul bloc aux tempêtes hivernales. La plage de galets et de rochers, donne à l’endroit, un aspect rude et hostile. Un port étriqué où quelques barques de pêches se fond légèrement chahutées par une houle incertaine. Le décor est planté, nous restons un bon quart d’heure à contempler notre environnement du moment présent. Nous délaissons cette paroisse, pour un autre petit village situé à 3 km. Crovie a été fondé au XVIIIème siècle, par des familles écossaises expulsées de leurs terres, par leurs chefs de clans convertis aux cultures de rentes spéculatives sur l’élevage du mouton. Ils devinrent pêcheurs pour les riches propriétaires terriens. Au début du XXème, l’industrie de la pêche subit une forte réduction d’activité, pour disparaitre définitivement suite à la terrible tempête de 1953. Les habitants ont fui cette contrée maudite, la plupart des maisons restantes servent dorénavant de locations de vacances. Elles sont nichées si près de la mer que seul un passage étroit permet aux habitants de rejoindre leurs demeures. Un parking modeste installé à l’extrémité du village est le seul endroit possible pour garer son véhicule. Crovie, c’est aussi un village typique, adossé au pied d’une pente de verdure escarpée, donnant sur une large baie, avec des bancs de roche en guise de plage. Des maisons trapues, solides, construites en granit, aux toits de tuiles ou d’ardoises forment un ensemble harmonieux avec la côte tourmentée.

              La B9031 étroite déroule son tapis bitumeux sous les roues du 1400, les paysages bucoliques, invitent à la balade. Nous effectuons une pause-café à Banff, petite ville portuaire.  S’en suit la visite du paisible village de Fordyce, il est construit autour d’un Chatelet du 16e siècle, de style baronnial. Son cimetière ancien, vaut le détour pour les vestiges d’une église médiévale. Il en reste une tour, un beffroi et deux enfeus, dont l’un porte le gisant d’un chevalier en armes. Cullen, nous voit immobiliser la brèle pour une petite escapade en haut d’un promontoire, dominant la ville. Du haut de notre perchoir, la plupart des maisons construites en granit, aux toits recouverts d’ardoises, que nous apercevons, donne à Cullen une allure de petit port Breton. Un viaduc de chemin de fer constitué de plusieurs arches, franchit la petite cité au Sud. Au Nord, Cullen possède un modeste port de pêche à l’abri d’une pente rocheuse. Nous contemplons également, deux belles plages sablonneuses venues mourir au pied de la digue.

               A partir de Keith, nous entrons dans la zone géographique de Strathspey, située de part et d’autre de la vallée du fleuve Spey. C’est dans cette région, que se trouve le centre névralgique de l’industrie du whisky écossais. Pas moins de quarante-huit distilleries sont établies dans cette contrée. La campagne qui défile au gré de la route A96, est superbement vallonnée, parsemée de champs de cultures céréalières, de belles forêts de pins et de feuillus.

               Nous abordons Inverness la capitale des Highlands vers 18h00, nous trouvons rapidement un B & B à 10mn du centre, c’est parfait. Inverness (Inbhir Nis) localisée au Nord-Est de l’Écosse est posée sur l’embouchure du fleuve Ness, lui-même alimenté par le Loch Ness. Inverness se trouve également bordé de part et d’autre de l’Estuaire de Murène et de l’Estuaire Beauly. Les bords du fleuve Ness, nous offrent une jolie promenade, pour rejoindre le centre-ville. Les principaux monuments anciens d’Inverness sont la Cathédrale Saint-André, l’église Old High Saint-Stephen’s, dont les clochers remontent au XVIème siècle, le château édifié en 1835 et quelques bâtiments du XIXème. En sortant du resto, nous assistons à un concert de rue consenti par un groupe musical en tenue traditionnelle, appelé Pipes and Drums, composé de sonneurs de cornemuses et de batteurs.

               9ème étape Inverness/Drumnadrochit (138 km)

               Ce matin départ 8h30, nous retournons sur nos pas en direction de Fort George à 20 km d’Inverness. Hier, il était trop tard pour en effectuer la visite. L'imposante forteresse de Fort George, dont la construction s'acheva en 1769, fût construite par les Anglais suite au soulèvement jacobite, elle n'eut jamais à repousser le moindre assaillant. Fort Georges installé sur le bord de la baie d’Inverness, est semi enterré, avec des fortifications ressemblant étrangement à celles de Vauban. La forteresse est toujours habitée, par un régiment de Highlanders, cohabitant avec une multitude de touristes. La visite est très intéressante, d’abord, une belle collection de canons de différentes époques, orne les remparts. Puis du haut des remparts, on admire une sublime vu panoramique sur la Moray Firth et la péninsule de Black Isle. Une chapelle aux innombrables étendards, une poudrière, un musée à la gloire du passé, plusieurs bâtiments reconstituent la vie des soldats et des officiers, les écuries ne sont pas à négligées.

               En approchant de Culloden, nous croisons deux flics à moto, qui d’un large geste de la main, nous saluent amicalement. Culloden établie en pleine lande venteuse est le théâtre de la dernière grande bataille livré par Charles Edward Stuart Prince d’Écosse. En 1746 à la tête de 5000 Highlanders, il livre combat face à une armée anglaise forte de 9000 hommes bien entraînés et mieux armées La charge est effroyable, les Clansmen sont taillés en pièces et les survivants achevés. Ça en sera fini de la restauration du trône et de l’indépendance de l’Écosse. Sur les champs de bataille, les stèles de roches noir ou brune au nom des clans indiquent l’emplacement des fosses communes.

               Nous continuons sur environ 2,4 km, pour béquiller de nouveau Dame Kawa sur le parking en terre, à l’ombre de grands arbres. Le site de Balnuaran de Clara est composé de trois Cairns funéraires de forme circulaire datés de l’âge du bronze. Une seule chambre par Cairn, elles sont accessibles par un court passage orienté au Sud-Ouest vers le coucher du soleil d’hiver.

               Nous passons Inverness, puis nous nous faufilons sur la sinueuse Général Wade’s Military Road B862, qui côtoye la rive sud du Loch Ness à partir de Dores. Le Loch Ness est de forme allongé, il déploie sa masse liquide sur 39 km. Sa largeur varie de 1,2 à 2 km et il atteint une profondeur maximale de 258 mètres. Ce qui rend le Loch Ness célèbre dans le monde. C’est surtout son fameux monstre, qui d’après la légende hanterait ses eaux, depuis le VIème siècle. Nous n’avons pas vu Nessie, ou alors il était parti en vacances. La route zigzague et ondule à travers de magnifiques forêts de pins et de feuillus divers. Une fois passé Foyers, nous grimpons vers un plateau de lande, de bruyères et de mélèzes. La vue porte au-delà du regard de la Monadhliath Moutains, et nous apercevons en contre-bas le Loch Ness et le Loch Mhor. L’endroit est majestueux, somptueux et parait abandonné depuis la nuit des temps.

                Nous passons une heure à Fort Augustus situé à l‘extrémité sud-ouest du Loch Ness. Le temps de regarder deux voiliers de plaisance descendre les cinq écluses successives du canal Calédonien reliant le Loch Lochy au Loch Ness. A la sortie de Fort Augustus, j’engage le 1400 sur la route principale A82, en direction du nord. La route est moins pittoresque que la précédente. Mais, nous entrevoyons beaucoup mieux le Loch Ness, ce qui rend les prises de vue plus facile. Un dernier spot photo, avant de rejoindre Drumnadrochit, je stationne la brèle au bord de la A82, 20 mètres en dessous, le Loch Ness nous présente ses eaux sombres. De notre perchoir improvisé, les ruines du château d'Urquhart, nous offre son meilleur profil pour un cliché en perspective. Il fut édifié en 1230, détruit en majeur partie en 1692, pour éviter qu’il ne tombe aux mains des Jacobites sous le règne de Jacques II d'Angleterre. Il est posé sur une plateforme rocheuse de la rive nord, du Loch Ness. Il compte parmi les principaux sites touristiques de la région. A l‘entrée du village de Drumnadrochit, nous dégotons chez un couple, avec deux enfants, une petite chambre coquette situé au 1er étage. Pour la modique somme de 45£, nous avons droit en plus au petit-déjeuner.

10ème étape Drumnadrochit/Wick (131,9miles) (211 km)

                Départ 9H00, le soleil brille de tous ses rayons, le tableau de bord affiche un beau 16°. À la sortie de Drumnadrochit, j’engage la moto sur la route A833, qui serpente parmi les champs de céréales de la vallée de Convinth. Nous enjambons le Cromarty Firth, par l’A9, cela nous conduit à Alness, où nous décidons d’effectuer la  visite d’une des plus importantes distilleries d’Écosse. La distillerie familiale Dalmore fondée en 1839 par Alexander Matheson, nous ouvre ses portes pour une visite riche en enseignement sur l’élaboration et la fabrication du whisky. Chaque bouteille vendue dans le monde entier est ornée d’une tête de cerf, empruntée aux armoiries du clan Mackenzie, qui posséda la distillerie pendant plus d’un siècle. Les chais nous impressionnent de par le nombre incalculable de tonneaux remplis de ce nectar, rangés en cascade depuis plus de cinquante ans pour les plus anciens. En fin de parcours, nous avons droit à une dégustation de whisky à boire avec modération, bien entendu.

               Nous abordons la minuscule route A949 passant par l’ancien village royal de Dornoch et sa modeste Cathédrale du 13ème siècle. D’ailleurs pour l’anecdote, elle fût en partie détruite par un incendie, déclenché par la querelle de deux Clans rivaux. Il est à noter également que la dernière sorcière des Highlands fût brulée en place publique en 1722 à Dornoch, une stèle commémore ce triste événement. La suite de la route nous mène aux abords du Loch Fleet. La pause est salutaire pour l’observation des phoques se prélassant au soleil sur les bancs de sable, ainsi que des oiseaux marins de toutes sortes. Nous venons de passer Golspie depuis 1 mile, je ralentis et je stoppe la grosse Kawa dans la cour de Dunrobin Castle et sa belle tour horloge. Ce beau Château des Highland est de style Renaissance Française, associé au style Baronnial Écossais. Bâtît suivant les plans de l’architecte Sir Charles Barry, qui construisit le Palais de Westminster à Londres. Il est niché aux pieds du Ben Horn. Il appartient à la comtesse de Sutherland et il est également le siège du Clan Sutherland. Un magnifique jardin anglais, avec vue sur Dornoch Firth complète l’ensemble.

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