Carte-Postale

La Sardaigne, le pays des Nuraghi

Vadrouille en Sardaigne sur 1400 GTR

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Dimanche 24 août - Chartres-de-Bretagne/Saint Didier sous Aubenas (750 Km)

             Nous nous élançons vers 9h00, sous un soleil prometteur en direction de Le Mans par la N157, nous privilégions le réseau secondaire au maximum. Laval est avalée sans coup férir, et nous filons bon train sur la D57. Le contournement de Le Mans est effectué rapidement par la rocade Nord, la D 357 nous tend les bras pour nous accompagner jusqu’à Blois, en passant par Vendôme. 

Nous venons de parcourir 350 Km, je stoppe l’équipage pour une pause casse-croûte bien méritée et j’en profite pour ravitailler le 1400. Nous délaissons Romorantin-Lanthenay, et poursuivons notre chevauchée en direction de Montluçon, Clermont-Ferrand, Le Puy-en-Velay. Il est déjà presque 18H00, quand nous arrivons à Saint Didier sous Aubenas, où nous trouvons une piaule dans un B&B (64.70€ avec le petit-déj).

Lundi 25 août - Saint-Didier/Marseille (215km)

Une bonne douche au saut du lit, ensuite un copieux petit-déjeuner, et nous voilà fin prêt pour une nouvelle étape. Il est 9 h00, le moulbif du 1400 ronronne paisiblement, pendant que l'équipage aguerri que nous sommes, se prépare. Le long ruban d'asphalte défile au rythme des kilomètres et vers 12h30, nous abordons la gare maritime de Marseille. Nous examinons les lieux, avant de rejoindre le vieux port à la recherche d'un petit resto et comme nous avons du temps nous effectuerons une visite de ce lieu cher à Pagnol et Fernandel.

Vers 15h00, nous rejoignons la gare maritime, et rentrons par la porte Chanterac, après renseignement pris auprès d'un gardien. C'est un peu la zone, rien ne nous indique où il faut s'adresser. Et ça continue pour l'embarquement, on nous a tout simplement oubliés. Enfin, nous embarquons au deuxième niveau du gros navire "Le Kalliste" de la compagnie "La Méridionale", la rampe est assez raide, et le plafond n'est qu'à 2 mètres, attention aux casques. J'attache moi-même la moto, avec mes propres sangles. A 18h00, le départ est retardé pour une raison inconnue. A 19h00, nous voyons beaucoup de véhicules redescendre du côté tribord et remonter du côté bâbord, cela reste un mystère. A 20h00, nous apprenons, qu'il y a une avarie hydraulique sur le pont étanche n°2. A 21h00, l'ordre est donné de quitter le navire et d'embarquer sur "le Girolata" de la même compagnie, qui entre temps a été dérouté pour venir nous chercher. Vers 22h15, nous quittons enfin Marseille ; à bord on nous attribue une nouvelle cabine. La destination de l'escale en Corse a quelque peu changé, en effet nous débarquerons à Ajaccio au lieu de Propriano.

Mardi 26 août – Ajaccio/Porto-Torrés (90 Km)

Il est 8h30 du matin, quand nous débarquons dans le port d'Ajaccio. Nous prenons immédiatement la direction de Propriano distant d'environ 55 km. Le Kalliste a été réparé et il fait route vers la Corse où il doit nous attendre vers 10h00. Nous avons le temps de prendre un bon petit-déjeuner en terrasse. Vers 11h00, nous apercevons enfin le Kalliste qui rentre dans le port de Propriano. A 12h15, nous délaissons la Corse pour rejoindre Porto-Torres. Il est 16h15 et nous posons les roues du 1400 sur le sol de l'île  Sardaigne. Sans perdre un instant, nous filons daredare vers Castelsardo situé à 35Km à l'Est. Finalement nous dégotons un camping dans le charmant petit village de Valledoria. L'endroit est bien placé pour accéder à la magnifique plage qui borde le village.

Mercredi 27 août – Valledoria/Valledoria (98 Km)

Nous quittons notre campement à 10h30 pour notre 1ère visite de la journée. Nous arrivons à la cité médiévale de Castelsardo par une petite route sinueuse surplombant la baie. La vue est splendide, nous dominons la petite ville portuaire et l'ancienne ville accrochée à son promontoire rocheux, qui a conservé ses remparts. Castelsardo fut fondée en 1102 par la puissante famille Doria venue de Gênes. Un musée sur la vannerie situé à l'intérieur du château est très intéressant à parcourir. Il ne faut surtout pas négliger la visite de la forteresse du XIIème siècle et de ses remparts perchés à 114m au-dessus de la mer. Le panorama à lui tout seul vaut le déplacement.

Nous partons vers le village de Sedini, en chemin, nous sommes attirés par un curieux rocher d'origine volcanique. Il n'y a pas de doute, nous avons failli rater le "roccia dell'Elefante". Il y a environ 3000 ans, dans ce curieux rocher en forme d'éléphant des hommes y ont creusé une nécropole. Dans l'une des niches on peut apercevoir des cornes de taureaux sculptées, en hommage au dieu Horus. Je béquille la brêle au cœur du village de Sedini, nous parcourons la centaine de mètres qui nous sépare de l'entrée du petit musée régional creusé dans la roche calcaire (2,50€ p-p). A l'intérieur une nécropole nommée Domus de Janas, également creusée dans la roche friable blanche,  date de l'époque pré nuragique de 3500 ans à 2700 ans Av J-C. Au retour un bref arrêt devant une tour Nuragique "Su Tesoru"

Jeudi 28 août – Valedoria/Porto San Paolo (186 Km)     

Nous abandonnons le camping en milieu de matinée, et nous prenons la route de Tempio Pausània. La moyenne montagne fait son apparition, ce qui n'est pas pour me déplaire, et les feuillus parsèment les flancs en pente douce. Nous surgissons au sommet d'un col et embrassons d'un coup d'œil une vaste et magnifique vallée. Le ruban d'asphalte tortillé à souhait, s'insinue, dans ce chaos tourmenté de roches granitiques, d'une extrême beauté sauvage ; les paysages nous sautent à la gueule et on aime ça. Nous traversons de belles forêts de chênes liège, dont l'écorce une fois retirée servira à l'artisanat local.

Nous stoppons les chevaux vapeur du GTR, au niveau de Tempio Pausanias. Cette très jolie petite ville cachée au cœur du massif montagneux de la Gallura, est un endroit très approprié pour faire de belles randonnées. Son centre historique a su conservé de belles demeures en pierre de granit, dont la magnifique cathédrale San Pietro Apostolo. De nouveau la forêt de chênes liège nous accompagne dans notre pérégrination touristique. Nous filons maintenant vers l’extrême nord de l’île. Le village de pêcheur Santa Teresa Di Galure nous accueille pour une pause. De la splendide plage Rena Bianca, nous apercevons la Corse et la ville de Bonifacio perché sur ses falaises blanche, distante à vol d’oiseau de 10 Kms. Dans les rues piétonnes, l’artisanat du liège est omniprésent, beaucoup d’objets travaillés avec cette matière naturelle, font la part belle des devantures et des trottoirs.

 Nous abordons le village d’Arzachena par la route SS125 et parcourons encore trois Km en direction du sud par la SS427, puis 2 Km par la petite route SP14. Je béquille dame kawa sur le parking du Parc Archéologique de "Nuraghe Prisgiona" (12€ par personne) situé dans la région de Capichera. Ce village d’époque Nuragique (1400 avant J.C) établit en haut d’une colline domine toute la vallée. Il est constitué d’une tour centrale, dont l’entrée supporte un épais linteau d’une taille de 3,20m et de deux tours latérales. Autour de cet ensemble défensif, le Nuraghe regroupe 90 huttes qui servaient d’habitations. Nous enfourchons notre monture pour nous poser 700 m plus à l’ouest. Nous découvrons notre première tombe des géants de Coddhu Vecchiu, deuxième millénaire avant J-C, qui est la plus facile d’accès. La stèle qui se dresse devant nous mesure 4,40 m de haut, une minuscule porte est percée dans le bas, donnant sur un couloir funéraire de 14 m de long, recouvert de dalles de granit. Dix Km plus loin et beaucoup difficile pour y parvenir, car il faut emprunter un chemin de terre pas très praticable sur deux Km environ, où l’on trouve la Nécropole de "Li Muri" formée de quatre tombes circulaires datant du néolithique Moyen (4000 ans avant J.C). Plusieurs centaines de mètres un peu à l’écart, nous distinguons notre deuxième tombe des géants de Li Lolghi également du deuxième millénaire avant J.C. Elle est colossale de par ses dimensions, son couloir funéraire mesure pas moins de 27 m de long, avec une stèle de 3,75 de haut.

Nous continuons notre route en direction de la ville d’Olbia, pour finir au village camping de Tavolara, situé à 3 Kms au sud de Porto San Paolo.

Vendredi 29 août - Porto San Paolo/Lanusei (199 Km)

Départ à 10h00 du camping, nous prenons la SS125 plein sud. Le décor est somptueux à partir de Dorgali, la SS125 s’insinue au cœur du Parc National du Golf d’Orosei, avec des sommets dépassant les 1000 mètres, dont le Mont Corrasi qui atteint 1463 m d’altitude, dominant ainsi le Golf d’Orosei. La route nous dévoile ses belles courbes voluptueuses qui épousent à la perfection le pied des montagnes. Les forêts de pins sylvestres, de genévriers et parfois de chênes verts complètent parfaitement les paysages que nous côtoyons en ce moment. Au-delà de 1200 mètres, la végétation s’estompe, pour disparaitre définitivement aux profits d’immenses étendues calcaires aux formes arrondies. Les deux aigles de Bonelli qui planent aux dessus de nos têtes sont majestueux d’aisance, dans cet environnement minéral qui est leur domaine de prédilection.

Nous dépassons la petite ville de Tortoli et effectuons une pause au hameau d’Arbatax situé à 5 Km à l’est. Ce détour vaut uniquement pour admirer deux curieuses arêtes verticales constituées de porphyre rouge antique sur la mer du Capo Bellavista. Nous décidons de boycotter le camping pour cette nuit et de chercher un bon lit. Nous rebroussons notre chemin et enquillons la route SS198 pour rejoindre Lanusei perché à 490 mètres d’altitude. Nous prenons nos quartiers dans un très joli hôtel "le Marie-Claire" qui fait office de B & B. nous partons à l’aventure de cette charmante petite ville de 6000 habitants,  qui est la capitale historique de la région Ogliastra.  En fin de soirée, nous dinerons en terrasse au restaurant "le Gian Carlos". D’où nous sommes la vue panoramique est magique, notre regard embrasse les montagnes environnantes et porte jusqu’à la gracieuse Baie de Tortoli.

Samedi 30 août – Lanusei/Mamoiada (260 Km)

 Je charge la brêle et à 9h00 pétante, nous poursuivons l’itinéraire laissé la veille, à savoir la SS198. La route se faufile entre le Mont Armidda culminant à 1270m et la pointe Tricoli qui se contente de ses 1211m. Elle est à prendre avec délicatesse, tant elle est tourmentée, avec parfois de belles épingles à cheveux. Nous sommes éblouis par les paysages sauvages qu’offre cette région montagneuse. Certain villages comme Gàiro, Osini, Ulàssai que nous traversons sont restés presque intacts depuis des décennies.  Ils gardent ce petit côté ancestral, typiquement Sarde, ils sont construits et blottis à flanc de montagne.

Je viens de béquiller le gros 1400 devant le Bar-Restaurant de la grotte de "Su Marmuri". La visite dure environ 1 heure et vous coûtera 10 € par personne. Cette immense grotte, l’une des plus grandes d’Europe, est parsemée de salles gigantesques aux concrétions formées il y a plusieurs millénaires. Nous découvrons au fil de la visite, des draperies géantes, des miroirs d’eau, des stalagmites, ainsi que de très jolies stalactites.

De nouveau nous pistons la SS198, qui n’en finit pas de serpenter, d’onduler, de se tordre en épousant au mieux les difficultés du terrain accidenté. La route borde parfois des précipices, avant de s’enfoncer au cœur des forêts de chênes liège, de pins et autres végétaux. Les flancs abrupts des reliefs montagneux descendent en cascades au plus profond des vallées encaissées. Nous remontons la SS 128 en direction de Fonni, identique à la précédente, les villages de Serri, Isili, Nurallao, Làconi s’enchaînent sans pause. Puis la SS 295 prend le relais à travers la magnifique région de Barbagia Belvi et le massif Monti Del Gennargentu. Fonni et ses belles fresques murales nous tendent les bras, mais nous ne trouvons rien où nous loger, nous poursuivons notre chemin. La nuit est tombée, quand nous dénichons enfin une chambre, dans la petite ville de Mamoiada. Pour la petite histoire, c’est dans ce village qu’a lieu chaque année, le carnaval avec ses figures emblématiques des Mamuthones. Ben non, ce ne sont pas des mammouths, mais simplement des personnages au visage recouvert d’un masque noir. Ils défilent lentement en gesticulant, au son des clochettes qu’ils ont d’accrochées sur des peaux de moutons ou de chèvres recouvrant leurs épaules.

Dimanche 31 août – Mamoiada/Torre Grande (155 km)

8h30, nous quittons notre nid douillet pour le gros village d’Orgosolo, autrefois reconnu comme la patrie du banditisme Sardaignais. D’ailleurs le film "Bandits à Orgosolo" peut en témoigner. Les captivantes et intéressantes peintures murales, ont envahi les rues du centre d’Orgosolo. Les fresques représentent la plainte de mères esseulées, la colère du peuple montagnard et, aussi des idées politiques. La plupart de ses fresques ont été réalisées dans les années soixante. Orgosolo est un authentique musée en plein air, et vous saurez apprécier comme nous, ses magnifiques œuvres d’art. Il faut dire que les bergers de la région de Barbagia sont réputés pour avoir un fort caractère, c’est ce qui a peut-être développé ce droit d’expression artistique par la peinture. Ici plus qu’ailleurs, le regard est méfiant sur l’étranger, il convient donc, de rester discret. 

Puis Nuoro nous apparait, comme une charmante petite ville de province, cramponnée à sa montagne. Elle fut fondée au moyen âge, et pris de l’importance au XVIIIème siècle en devenant un évêché. Mais au XIXème siècle elle connut son époque la plus sombre et la plus catastrophique de son histoire. Suite à un édit de propriété privé promulgué par le Roi piémontais Carlo Felice, des conflits sanglants éclatèrent entre paysans et bergers.

Nous filons bon train sur la 131 DCN en direction de la côte ouest. Cette belle route transversale, dont les bas-côtés sont bordés par intermittence de lauriers fleur, d’un rose éclatant. Vers 15h, nous déboulons au camping "Spinnacker" situé à 100 mètres des plages, et à une encablure du village de Torre Grande. Très beau camping, bien ombragé et bénéficiant de tout le confort. Nous installons la guitoune à l’ombre des grands pins maritime. Nous partons à la découverte de Torre Grande par un petit sentier pédestre, 20 mn de marche environ.

Dans le village c’est l’effervescence, un rassemblement de motard et une fête de la moto y sont organisés, en hommage au pilote Italien Marco Simmoncelli. Un concert de rock déverse ses watts sur la place de la mairie. Des marchands ambulants de toutes sortes, installés sur les trottoirs de la rue principale, vendent confiserie, verroteries, et autres babioles aux touristes venus en nombre. On y trouve également des stands de tatoueurs, et aussi des vendeurs d’équipements et accessoires moto.

Lundi 1er septembre – Torre Grande/Torre Grande (97km)

Ce matin grâce matinée jusqu’à 7h30, un levé peinard quoi. J’en profite pendant que madame se repose, pour aller vagabonder sur la plage, pendant qu’elle est déserte et histoire de prendre quelques photos. Après un solide petit-déj, pris au café du camping, nous quittons le camp vers 10h. Nous nous dirigeons vers la péninsule de Sinis, située au nord-ouest d’Oristano. Nous contournons la lagune Di Mistra, où, nous apercevons des Flamands roses, la tête enfouie dans la vase à la recherche de crustacés.

 Déjà une 1ère visite, je stationne la bête à l’ombre d’un tamaris. Le petit village de "San Salvatore" fût réaménagé en 1965, pour le besoin d’un film. Il est intéressant uniquement pour son architecture de style mexicain. Un peu plus loin, le sanctuaire de San Salvatore, érigé par les romains au IVème siècle, à l’emplacement même d’un puits sacré de l’époque nuragique.

San Giovanni di Sinis nous accueille pour la visite phare de la journée. Le site archéologique de "Tharos" situé au sud de la péninsule de Sinis. Les ruines de la ville romano-punique sont en piteuse état. On distingue assez bien les murs des thermes, du forum, et des trois citernes à eau. Il reste également un morceau d’ouvrage de maçonnerie de l’aqueduc. Il est à noter que la partie la mieux conservée est la rue principale formée de grosses dalles de basalte. Par contre seules les fondations du Capitole dédié à Minerve, Junon et Jupiter sont visibles. La tour qui domine ces ruines date du XVème siècle, construite par les Espagnols sur les fondations d’un nuraghe. Nous poussons la promenade jusqu’au Capo San Marco. 

Nous remontons au nord de la péninsule par la petite route côtière. Et faisons halte au bord de la plage d’Is Aruttas, dont la particularité est d’avoir ses cristaux de quartz multicolore en forme de dragées. L’intérieur des terres est aride et désertique, mais, ils subsistent encore quelques cabanes de pêcheurs. Au nord, s’élance le Capo Mannu, avec ses falaises de craie d’un blanc jaunâtre.

Nous filons à Oristano, et je pose le 1400 aux pieds des remparts. Nous flânons au cœur de la vieille cité médiévale fondée au XIème siècle. Les rues étroites, au pavement usé, lisse et brillant sont bordées par de belles demeures séculaires. Le port de pêche donne un peu d’animation à cette petite ville paisible. Le soir venu, nous dégotons un restaurant abordable en bordure des quais à l’ombre de grands châtaigniers.

Mardi 2 septembre – Torre Grande/Portoscuso (170km)

Nous quittons définitivement le camping "Spinnaker" pour de nouvelles contrés. Nous piquons plein sud, par la route SS 126, à notre gauche le Mont Arci dresse son sommet au-delà des 800m. Une heure déjà que nous roulons et nous entrons dans la petite ville de Guspini à l’allure paysanne. Après Guspini, nous entrons dans la région Storico Ed Ambientale. Les paysages deviennent plus vallonnés, la chaussée ondule, serpente et trouve son passage au milieu des grosses collines ne dépassant pas les 500m. Une halte au village de Flúminimaggiore, installé au bord du fleuve Mannu, nous fait le plus grand bien. C’est un ancien village de mineurs, entouré de moyennes montagnes aux sommets arides. De belles forêts de feuillus en recouvrent les demi-pentes, tandis que la plaine accueille les orangers.

La petite route étroite que nous descendons, nous conduit au Tempio Di Antas découvert en 1835 (4€ par personne). Il est dédié à la divinité sarde Sardus Pater Babai. Les soubassements du temple remontent à l’époque de l’empereur Auguste, et la partie supérieure fût reconstruite au IIIème  siècle apr. J-C.  Elle est  composée de colonnes ioniques, d’un pronaos (entrée grec) et d’un adyton (cour grec). En parcourant quelques centaines de mètres à partir du temple, nous entrevoyons une nécropole de trois tombes. Elles furent mises à jour en 1984, deux contenaient des squelettes d’hommes.

Nous rejoignons Iglesias la capitale minière de la région Iglesiente. On y exploite le plomb, le zinc, le fer et l’argent depuis l’époque Nuragique. Elle fût pendant plusieurs siècles copieusement désirée, en raison de la richesse de ses mines.

Nous traversons maintenant une zone minière abandonnée, pas très jolie à voir. Mais à partir de Fontanamare, la route s’élève d’une centaine de mètres et court en balcon, le long des pentes abruptes. Elle domine ainsi la Méditerranée, les paysages sont époustouflants. Je béquille dame Kawa sur un petit parking en bordure de falaise. Le village de Nebida est blotti sur le flanc du mont San Pietro et bénéficie ainsi d’un panorama extraordinaire. D’un seul regard nous embrassons le Golf di Gonnesa, et sa splendide plage en contre bas. La vue porte jusqu’à l’île de San Pietro, qui se trouve à une vingtaine de kilomètres. Nous nous offrons une promenade à pied, qui nous conduit au lavoir Lamarmora, bâtit en 1897 au bord de la grande bleu. Pour y accéder, il faut dévaler les 300 marches en pente raide. C’est à cet endroit que les femmes lavaient les minéraux bruts, extraits des mines alentours. Nous poussons jusqu’au minuscule village de "Massua" où se dresse un surprenant îlot minier de 133m de haut, appelé "Pan di Zucchero" (Pain de sucre). Il subsiste, encore quelques modestes maisons de mineurs adossées au Mont Guardiano.

Nous arrivons à Portoscuso, et nous posons notre barda à l’hôtel "Mistral" situé en centre-ville. Cette ancienne ville espagnole fondée au XVIème siècle, est une très belle station balnéaire. Après avoir pris nos quartiers, nous nous faufilons, dans les rues pavées de la vieille ville. La belle église de la "Santa Maria d’Itria" attire l’œil, à l’intérieur un crucifix et une statue en bois sont d’origine espagnole. Au bord de la côte rocheuse, une tour de couleur rouge sombre d’une hauteur de 30m, ainsi qu’un Thonaire "Di Su Pranu" ont été également édifiés par les espagnols au 16ème siècle. Le port dont la pêche au thon avait été abandonné au début des années seventies, a repris son activité depuis les années 90 dans le même domaine. En fin de soirée, nous sommes comblés par un magnifique coucher de soleil, sur l’ensemble de la baie.

Mercredi 3 septembre – Portoscuso/Pula (164km)

Nous laissons sans regret l’hôtel "Mistral" un peu trop bruyante à notre goût, et de plus le petit-déjeuner est très léger. Nous abordons le pont moderne de 5km, qui relie l’Île de San’Antioco à la Sardaigne. Nous nous offrons un interlude, le temps nécessaire à l’observation des Flamands roses sur le miroir d’eau salé "Di Santa Caterina".

Un peu d’histoire : De par sa position stratégique, l’île de San’Antioco fût colonisée par différentes populations et civilisations. Les deux menhirs près de la lagune de Santa Caterina, les nuraghis, les tombes de géants et les domus de janas disséminés sur l’île, attestent de la présence de la civilisation nuragique. Au IXème siècle Av J-C les Phéniciens débarquent d’Afrique, et fonde Sulcis actuelle San’Antioco. Puis c’est au tour des Carthaginois de prendre possession de l’île vers 500 ans Av J-C.  Les Romains s’y installe en l’an 238 Av J-C, et apportent la paix et la prospérité pendant une longue période. Les invasions barbares prennent la suite et enfin elle tombe dans la juridiction de Cagliari à partir du VIIIème siècle.

Sant’Antioco est la ville principale de l’île, elle est très animée l’été par le flux important de touristes étranger et des sardes eux même, qui adore cette contrée.  Nous franchissons les dix kilomètres qui nous séparent de Calasetta en un quart-heure. Ce gros village situé au nord de l’île possède un joli port de plaisance et ne manque pas d’attraits touristiques. Ses ruelles étroites, où l’on marche à l’ombre des maisons, dont les murs sont blanchis et délavés par le soleil brulant. En face l’île de Sant Pietro, dont les eaux turquoise sont réputées pour la langouste à la saveur incomparable. En longeant la côte ouest, de nombreuses petites criques, arborent de minuscules plages au sable blanc, notamment à Cala Lunga et Cala de Saboni nos coups de cœur. Le Capo Sperone au sud de l’île vous donnera le vertige et une vue imprenable sur l’îlot La Vacca et la côte de Sardaigne. Pour finir en beauté, la splendide plage de Canisoni à Maladroxia.

Nous reprenons la SS126, passons Santa Anna Arresi, puis attrapons la route de la "Costa Del Sud". C’est un régal pour les yeux, sur 20km environ, des golfes, des anses, des plages, des falaises, des tours nuragiques s’offrent au regard ébahi des deux motards, que nous sommes. Et pour couronner le tout ce beau morceau de bitume, accroché aux flancs de la Pointe Planedda et du Mont Filau, perché à une centaine de mètres au-dessus de la belle bleue, me comble de bonheur. Je ne vous dis pas, le nombre de fois où nous nous sommes arrêtés pour immortalisés ces beaux panoramas.

Nous venons d’atteindre le point le plus bas de la Sardaigne, au Capo Spartivento. Nous roulons maintenant à travers une zone de villages de vacances, installés dans une immense pinède. Nous préférons continuer vers le petit village de Santa Margherita di Pula, où nous découvrons un camping tranquille le "Cala d’Ostia". Nous plantons la toile à une vingtaine de mètres de la plage située légèrement en contre bas.

Jeudi 4 septembre – Santa Margherita di Pula/Pula (91km)

Ce matin, journée de repos, nous effectuons une balade dans la région. Tout d’abord, nous commençons par le mignon petit village de Dómus de Maria. C’est attablé à une terrasse de bistrot, que nous écrivons les traditionnelles cartes postales. Ensuite, nous décidons de faire un peu de farniente sur la plage de Su Giudeu, enserrée de petites dunes et de pins maritime. Elle est dominée par la Torre di Chia, juché sur son promontoire rocheux. Cet écrins de sable fin, presque poudreux est situé au petit hameau de Chia. Les plages de Chia sont considérées comme parmi les plus belles de Sardaigne.

Pula nous accueille pour un bon repas, pris au restaurant "Cacina Alla Brace" Place Popolo. Pour nous aider à digérer, une visite de détente s’impose en déambulant paisiblement dans les vieilles rues de la ville.

Un petit tour au "Capo di Pula" valait bien le détour,  le décor est somptueux, un fortin  niche sur un éperon rocheux dominant la magnifique plage de sable fin. Nous poursuivons notre balade, jusqu’au village de Sarroch. Une église de style espagnole est le seul intérêt que l’on porte à ce village. Nous faisons la rencontre insolite d’une dame, qui s’avère être une descendante directe des Stuart d’Écosse. Suite à leur disgrâce, son illustre famille servit les Rois et Reines d’Angleterre, avant d’être déportée et disséminée vers l’Australie, l’Afrique du Sud et la Nouvelle Zélande. Pour preuve cette gentille Dame, nous donne les couleurs du kilt (noir et bleu) de la famille Stuart, qu’elle possède encore.

    Vendredi 5 septembre – Pula/Villasinius (101km)    

9H30, nous disons adieu au camping Cala d’Ostia, j’ouvre les gaz avec douceur et le gros 1400 s’ébroue en ronronnant paisiblement.

Le site archéologique de Nora, nous tends les bras. La veille, il était fermé. La visite dure environ 45mn et coûte, 7,50€ par personne, avec un guide ou un audio-guide en français. On dit de Nora qu’elle serait la ville la plus ancienne de Sardaigne. Elle fût fondée en l’an 700 Av J-C, par des marchands phéniciens revenant de la future Espagne. Elle passe sous domination romaine en 238 Av J-C. Les ruines que l’on peut admirer sont toutes d’origine romaine. Les thermes et le théâtre sont très bien conservés. Le réseau routier aux larges dalles noires et une partie des égouts sont en parfait état. Il reste également des morceaux de pavements recouvert, en partie de mosaïques datant du IIème et IIIème siècles apr J-C, essentiellement de couleur noire, blanche et ocre. Un peu à l’écart du site la Torre Del Coltellazo, construite par les espagnoles entre la fin XVIème et le début XVIIème siècles, pour se protéger des invasions arabes.

Comme la veille nous déjeunons au restaurant "Cacina Alla Brace" dans la charmante petite ville de Pula. Et c’est repus que nous continuons notre pérégrination. Sur la lagune de Santa Gilla des centaines de flamands roses sont occupés à la recherche de leur met favori, que sont les petits crustacés. Nous abordons Cagliari la Blanche, appelée ainsi par les Phéniciens, en raison de ses belles demeures ancestrales, construites en pierre de calcaire. Elle surplombe légèrement la Baie des Anges, et ses eaux d’un bleu turquoise exceptionnel.

Un peu d’histoire : La capitale de la Sardaigne, dont les Phéniciens en firent leur port d’attache dès le VIIIème siècle Av J-C. Les Romains s’en emparent en 238 Av J-C, et construisent l’amphithéâtre et la belle villa Di Tegellio. Se succèdent les Vandales aux Vème siècles, puis les Arabes aux XIème siècles. Au milieu du XIIIème siècle, les Pisans entourent la ville de magnifiques remparts, seule subsiste la partie du Castello. Pendant près de 4 siècles les Espagnols occupent la ville, et lui apportent beaucoup de changement, dont le dialecte typique au sud de la Sardaigne. Enfin après bien des turpitudes, notamment avec les Anglais, puis la flotte Française en 1793, la Sardaigne revient définitivement au royaume d’Italie.   

La SP 17 suit et épouse la côte au plus près, les paysages nous emballent de par leurs beauté, et ils deviennent une merveille en passant le Golfe de Carbonara. En fin d’après-midi, nous nous installons dans le camping ombragé "Del Riso", il est d’une propreté étonnante. Le soir venu, nous nous empressons de rejoindre la plage, afin d’y admirer un sublime coucher de soleil déversant ses couleurs rougeoyantes sur la pointe Sant Stefano.

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Ecosse, Aux Pays des Celtes et du Kilt 2ème Partie

ÉCOSSE juillet 2013, Voyage au pays du Kilt et des Celtes (3760 miles) (6015 Km) 2ème partie

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                 12ème étape Durness/Gailoch (148,1miles) (237 km)

                Il est 8H30, et pour la 1ère fois depuis notre départ, il fait un temps à rester sous la couette. Le thermomètre refuse de franchir les 11°, nous avons remis les doublures des blousons. Il vente et il flotte depuis hier soir, il faut extraire les tenues de pluie, oubliées dans le fond du top-case. La journée s’annonce pénible, la route A838, large de quelques mètres, avec ses bords en dentelle, m’oblige à rouler au milieu de la chaussée et je roule à 60/70 km/h. Les virages borgnes, les nids de poules, les sommets de côtes, la visibilité qui ne dépasse pas les cinquante mètres, et les rafales de vent, toutes ces conditions réunies me rendent le pilotage extrêmement difficile et parfois dangereux. Nous ne voyons pas grand-chose des paysages rudes et pelés que nous apercevons de temps en temps à travers cette brume épaisse.

               Une petite accalmie se présente, nous en profitons pour faire quelques clichés du Loch Na Thull, puis de nouveau le temps se gâte. Nous avons un peu de chance la route A894, que nous suivons depuis la River Laxford s’améliore en qualité, ce qui n’est pas pour me déplaire. Une heure plus tard nous tentons un second arrêt au bord du Loch Assynt, qu’on devine à peine sous son manteau de grisaille, le Ben More Assynt et ses 998 m qui d’ordinaire domine les alentours, doit bien s’ennuyer, seul la tête dans les nuages gorgés d’humidité. De nouveau la route redevient si étroite par endroit qu’elle donne l’impression de vouloir nous engloutir. Le brouillard se joint à la partie déjà délicate, qui se joue sur cette bande de goudron étriquée, notre environnement a pris un ton lugubre, et ma vitesse ne dépasse pas les 50 km/h. Les villages s’enchaînent sans qu’on puisse en apprécier réellement toutes leurs beautés.

               Nous apparaissons dans la petite ville d’Ullapool (Ulapul) vers midi, sous une petite éclaircie. Je suis fourbu comme un vieux cheval, d’avoir eu à lutter contre les rafales de vent violent, accompagnées parfois de fortes pluies. Nous décidons de chercher une piaule, l’endroit est plutôt sympa, mais tous est complet. Ce n’est pas de bol, ce petit port de pêche aux harengs, de 1300 âmes, posé sur la rive du Loch Broom est la plus grande ville à des kilomètres à la ronde. Nous remontons en selle, non sans avoir pris une collation, et continuons la route A835. Nous longeons le Loch Broom sur une dizaine de kilomètres, et nous entrons dans la région de West Ross. Nous traversons les Gorges Corrieshalloch, enserrées entre le Beinn Dearg et Sgurr Mór dépassant les 1100m.

               Le Loch Glascarnoch alimenté par la Black Water river, nous accompagne un bout de chemin à demi caché par la végétation. Juste avant le hameau de Garve, j’engage la brêle sur la A832 en direction de Gairloch. Le temps s’améliore progressivement, le vent est pratiquement tombé, mais le plafond nuageux reste bas et une légère bruine a remplacé la pluie. Nous devinons au fur et à mesure que les kilomètres défilent, les paysages montagneux. Les pentes abruptes recouvertes de bruyères, de lichens ou parfois même dénudées de toutes végétations, donnent une dimension exceptionnelle et terrifiante des Highlands du nord.

               Des bouleaux tourmentés par les vents d’hiver bordent les routes, les rivières et torrents évacuent les eaux cristallines, venues des plus hauts sommets d’Écosse. Nous filons au fond de la Glen Docherty, et nous procédons à une pause de cinq minutes, sur la rive du Loch a’Chroisg. Une brebis et son agneau se délectent d’une herbe bien grasse, et nous regardent d’un air ébahis. Nous jaillissons du village de Kinlochewe logé au bord du splendide Loch Maree. Il est l’un des quatre plus grand lacs d’eau douce d’Écosse, délimité à l’est par les 980 m du Slioch et à l’ouest par les 1010 m du Beinn Eighe.

               Nous arrivons à Gairloch (Geàrrloch) en début d’après-midi, nous nous hâtons de dénicher une chambre, que nous trouvons rapidement à l’entrée du village. Le Bed and Breakfast "Heatherdale" est spacieux, confortable, bien équipé et nous offre une belle vue sur le Loch Gairloch. Il n’est que 15h, la pluie a cessé, le thermomètre remonte à 13°, nous mettons à profit cette aubaine, pour entreprendre une randonnée dans les environs. Nous débutons par le port, puis nous grimpons un sentier à travers bois, avant de redescendre vers la très jolie plage sablonneuse. La suite de notre promenade, nous conduit à une magnifique cascade, située à 45 mn de Gairloch.

               13ème étape Gairloch/Kyle of Lochalsh (113,1miles) (181 km)

               Départ de Gairloch sous une petite bruime, nous rejoignons Kinlochewe passé la veille. J’engage la moto sur la single track road (1 seule voie) A896 et j’utilise les passings place, comme j’ai pris l’habitude de le faire. Les paysages de la Glen Torridon sont sauvages et surprenants, cette admirable vallée est enveloppée à l’est par le Liatthach dépassant les 1000 m et à l’ouest par une zone immense de tourbière parsemée de micros loch. À la sortie de Shieldaig, la Coast Trail A896 épouse le contour de la péninsule d’Applecross (A’Chomraich), avec le ciel qui se dégage légèrement, le panorama est merveilleux. C’est vraiment que du bonheur de rouler à faible allure sur cette route rétrécie et biscornue, taillée à flanc de colline. Ce beau massif, dont les pentes sont recouvertes de Rhododendrons, de bruyères et de verts pâturages, où les moutons plus nombreux que tout être vivant, vagabondent en totale liberté dans ces paysages extraordinaires. L’homme a su préserver ce milieu hostile, aucune souillure, n’est venue entacher la nature farouche de cette péninsule. Il va sans dire, que la conduite demande d’être très vigilante et de respecter une vitesse modérée. Nous abordons le Village d’Applecross niché au fond d’une baie, le temps de ravitailler l’équipage. Pendant que nous nous désaltérons à la terrasse du café, nous observons deux groupes de phoques d’une quinzaine d’individus chacun.

               La température grimpe à 18°, les nuages sont toujours présents, mais il n’y a plus de menace d’averse. C’est une bonne nouvelle, nous pouvons envisager avec sérénité l’ascension du Col Bealach-Na-Bo "Le Col du Bétail en Français" à 660m d’altitude. C’est la route la plus haute d’Écosse, elle est très étroite, en mauvaise état et dangereuse, surtout avec des  conditions météorologiques exécrables. Les sept premiers kilomètres de montée, serpentent à travers des décors de toundra, les arbres, et les arbrisseaux se font rares. Puis à partir des deux derniers kilomètres, la pente devient plus raide les lacets se resserrent, pour finir avec deux belles épingles. Les fétuques se sont substitués à toute frondaison, offrant ainsi une prairie perpétuelle aux éleveurs d’ovins. Pour la postérité, nous figeons l’image de notre monture au sommet du col Bealach-Na-Bo, devant le mont Beann Bhàn et ses 896 m, sommairement voilé. De notre perchoir, nous embrassons de nos mirettes émerveillées la splendeur des vallées, des lacs de montagne et la Baie Inner Sound. Nous entamons la descente spectaculaire et impressionnante, nous passons entre deux montagnes, dont l’une est une paroi verticale de granit. La déclivité atteint 20% sur les trois premiers kilomètres, les épingles à cheveux s’avèrent assez difficile à négocier avec une grosse GT. Je suis déporté le long du rail de sécurité, il faut bien regarder au loin, qu’il n’y ait aucun véhicule, ou alors attendre son tour, garé sur un passing place. C’est physique, les bras et les épaules en prennent plein leurs grades.

               Après toutes ses émotions, la A896 finit en pente douce jusqu’à Lochcarron, où nous posons nos fesses à la terrasse d’un bistrot. Nous délaissons définitivement la single track road A896, et nous enquillons la A890, qui borde le Loch Carron. La route s’élève de temps à autre, et nous révèle une incomparable vue plongeante sur le Loch Carron. En début de soirée, nous arrivons à Kyle of Lochalsh "Caol Loch Aillse", où nous décidons de relâcher pour la nuit. Ce gros village de 750 habitants est situé sur le littoral du Loch Alsh et les paysages montagneux alentours sont particulièrement surprenants. Le bourg de Kyle of Lochalsh en lui-même, n’est pas très joli et il n’y a rien à y faire, mais c’est une bonne étape, avant de franchir le pont pour l’Île de Skye.

               14ème étape Kyle of Lochalsh/Dunvegan (111,25miles) (178 km)

               Ce matin le thermomètre affiche seulement 10°, nous venons d’enjamber le pont du Loch Alsh et débarquons à Kyleakin de la pointe Sud-Est de l’Île de Skye, appelée également Île des Brumes. L’Île de Skye (An t-Eilean Sgitheanach) est l’île la plus visitée de toute l’Écosse, mais aussi la plus vaste et la plus au nord des Hébrides intérieures. L’Île de Skye comme le reste des Highlands a énormément souffert des exactions perpétrées par les Anglais au 19ème siècle. Les colons expulsent sans vergogne les paysans écossais, pour y introduire des élevages de moutons, beaucoup ont émigré vers le Canada et l’Australie. De nos jours le peuple écossais a repris possession de ses terres ancestrales, et c’est avec fierté qu’il revendique son identité gaélique, d’ailleurs on y enseigne toujours la langue celte.  

               À peine mis les roues de la brêle sur l’île qu’une brume épaisse nous entoure, elle pénètre froide et humide à travers les ouvertures d’aération de mon blouson. Je stoppe et referme les dites aérations, il faut dire que depuis le début de notre périple, nous avons eu des températures clémentes, sauf au départ de Durness. Nous ne voyons pas grand-chose du panorama de la route côtière A87, et nous nous immobilisons à Sligachan, et attendons autour d’un bon café, que le brouillard se dissipe. Cela n’était que passager, vers dix heures le soleil se lève. Il sort de son manteau douillet, déploie ses rayons brûlants, et diffuse déjà une chaleur agréable. C’est sous une température de 20°, que nous enfourchons la bête et attaquons la coast trail A855, taillée sur les pentes escarpées de la péninsule Trotternish.

               Après le beau petit port de Portree, aux maisons couleur pastelles, nous côtoyons les Loch Fada et Leathan. La route continue en direction d’Uig Bay. Attention, entre Portee et Uig, ce n’est pratiquement que de la Single Track Road, rare sont les portions à deux voies, soit environ 40 km, et, pas toujours de bonne qualité, les énervés de la poignés devront s’abstenir.

               Je stationne le 1400, 10 km après Portree, pour y contempler un menhir géant. L’Old Man of Storr "vieil homme du Storr" est un monolithe de 49 m de haut, d’origine volcanique, appartenant au massif de Storr s’élevant à 719 mètres. Il impressionne le monsieur, droit comme un I, partiellement enveloppé dans sa cape de nuage gris. Un peu plus loin, c’est la curieuse cascade de Kilt Rock alimentée par le Loch Mealt, qui plonge directement dans la mer, depuis les murailles en formes de strates de basalte de couleur brune, d’une hauteur de 55 mètres. L’endroit vaut vraiment le coup d’œil, c’est grandiose et les hautes parois sont époustouflantes. Au passage du village de Staffin, nous lorgnons sur la merveilleuse Baie du même nom. Une brève pause aux ruines de la forteresse de Duntulm, perchées sur la falaise, face à la mer, dont on dit qu’il serait hanté. Cet ancien fief du clan McDonald où l’on rendait justice, en plaçant l’accusé dans un tonneau bardé de clous, dont on laissait ensuite dévalé la colline ; s’il survivait, il était reconnu innocent. Nous sommes à peine remis en selle, que je stoppe déjà la moto sur le petit parking de terre de Skye Museum of Island Life. Le Musée se compose d’un canton de sept chaumières, dont quatre sont entièrement meublées et équipées comme à l’époque. Elles illustrent parfaitement le mode de vie, et les conditions difficiles des habitants de l’époque, qui étaient communes à l’île de Skye, les îles Hébrides et le reste des Highlands, à la fin des années 1800. Mais, qui à fort heureusement disparues depuis la fin des années cinquante. Ces vieilles maisons aux toits de chaume datent de la moitié du 18ème au début 19ème siècle, posées sur une colline dominant la mer et placées au nord de la péninsule de Trotternish. Cela leurs donne une superbe vue sur la Little Minch, et vers les îles Lewis et Harris. Et pour finir, un passage au vieux cimetière où se trouve la tombe de Flora MacDonald, l’héroïne locale qui permit la fuite de Charles Édouard Stuart "Bonnie Prince Charlie" après la défaite sanglante de Culloden de 1746.

               Une pause-café dans le modeste port d’Uig, situé à la pointe nord de l’île, abrité au fond d'une baie en forme de fer à cheval. Il est équipé d’un embarcadère, d’où partent les ferries reliant les îles Hébrides extérieures. La suite du programme du jour se poursuit par la A87 et la A850. Elles contournent le sublime Loch Snizort Beag compressé entre les péninsules de Trotternish et Waternish, qui est alimenté par les eaux limpides des collines des Bracadale. Nous ne rencontrons guère de monde dans cette partie de l’île, où pourtant les paysages sont de toutes beautés, les côtes déchiquetées, laminées par la violence des tempêtes venues du fond de l’océan sont prodigieuses de brutalité. Les plages de sable ou de galets, ainsi que les falaises ne sont pas avare de nous faire découvrir leurs surprenantes qualités photographiques.

               C’est dans le village de Dunvegan, implanté à l'ouest de l'île de Skye, sur le rivage du Loch Dunvegan, que nous jetons l’ancre pour la nuit. Le Bed and Breakfast est situé en bordure du Loch Dunvegan, sur la A863, à l’entrée du village et en face du Dunvegan Garage Highland. La dame qui nous y reçoit est très gentille, et la chambre est bien équipée. Après nous y être installé, et pris une bonne douche, nous partons en vadrouille. Nous prenons la petite route sans issue de Claigan. Première rencontre, le château de Dunvegan, édifié sur un promontoire rocheux, dans un décor idyllique. Il est détenu par les chefs du clan MacLeod depuis le 13ème siècle, ce qui en fait le plus vieux château habité de toute l’Écosse. Nous continuons notre balade jusqu’à Claigan, nous découvrons une côte tourmentée aux multiples criques où se prélassent des phoques gris, des tourbières humides où poussent des iris et le magique Loch Suardal.

               15ème étape, (Dunvegan/Strotian (184,4miles) (295 km)

               Il est 8h30, il fait déjà un beau 19° et le ciel est bleu azur, qui c’est qui a dit, qu’il pleuvait tous le temps en Écosse, hein ? Allez en route vers d’autres cieux. Nous roulons sur la A863, pour rattraper Sligachan, puis la A87 pour sortir de l’Île de Skye. Comme la veille, les paysages sont envoutants, captivants, les flancs des massifs montagneux, dévalent en cascades vers les vallées herbeuses, ils sont recouverts de lichens, de fougères, de genévriers et de fétuques d’un vert intense. Nous n’oublions pas, les rois de Skye qui sont bien entendu les moutons Cheviot et les Scottish Blackface, élevés pour leur laine et leur viande, on les côtoie partout, dans les prairies, dans certains petits villages, et même sur les routes. Nous effectuons un 1er arrêt au Loch Harport, la mer est d’un calme irréprochable, le regard porte loin et nous pouvons apercevoir les monts Sgurr a’ Ghreadaich et Sgurr Alasdair, qui culminent à  993 mètres. Nous ne pouvons-nous empêcher de stopper pour admirer les Red Hills "Collines Rouges", deux beaux cratères volcaniques de formes égueulées qui sont une merveille. Nous repassons le pont pris la veille dans une purée de pois, mais aujourd’hui c’est sous un soleil radieux que nous quittons l’Île de Skye.

                Le ruban noir se déroule sous les roues du 1400 à un rythme de sénateur, nous frôlons le château d’Eilean Donan posé sur le Loch Duich. Nous nous enfonçons avec plaisir dans la majestueuse Glen Shiel, prise en étau entre les Five Sisters dépassant allègrement les milles mètres, et entre The Saddle et ses 1010 mètres. Les Loch Cluanie, et Loyne s’enchaînent offrant à nos yeux écarquillés d’émotion, de bonheur et d’humilité, un spectacle grandiose. La route passe à l’ombre de grands pins Sylvestres s’inclinant sur notre équipage pour mieux nous laisser apprécier ce que Dame nature a mis des millénaires à façonner. La route grimpe en lacet jusqu’à un point d’observation, nous béquillons et nous nous empressons d’enlever casques et blousons, il fait 27° à l’ombre, la bouteille d’eau est la bienvenue. Un joueur de cornemuse distille une musique traditionnelle Écossaise. Nous en profitons pour jouir du panorama, l’œil embrasse d’un seul coup, la Glen Garry, le Loch Garry, ainsi que les montagnes environnantes, aux pentes escarpées, parsemées de forêts de bouleaux et de pins sylvestres.

               La A82 nous emporte vers le sud, le Loch Lochy nous salue bien bas, logé au fond de la Glen Albyn, canalisé à l’Ouest par le Geal Charn et Ben Tee culminant à 901 m et à l’Est par le Creag Meagaidh atteignant les 1130 mètres. Nous procédons à une pause ravitaillement pour l’ensemble de l’équipage à Fort Williams (An Gearrasdan), mais elle n’a pas d’intérêt particulier à nos yeux. Cette ville touristique installée sur les bords du Loch Linnhe, et, adossée au pied du Ben Nevis le plus haut sommet de la Grande-Bretagne, avec 1344 mètres d’altitude. Par contre ce qu’on peut retenir, c’est que les Loch Linnhe, Lochy, Oich et Ness sont dans un alignement parfait. Ils sont reliés entre eux par le canal Caledonian, ils séparent l’Écosse en deux, car ils sont placés sur une ligne de faille sismique.

               Après cet interlude, la route se poursuit sur la A830 en direction de Mallaig, le Loch Eil, nous accompagne en jouant à cache à cache avec une barrière de feuillus et de conifères. Une halte à Glenfinnan Monument, d’abord pour le paysage du Loch Shiel entouré de verdure et les deux remarquables massifs dépassant les 800 mètres d’élévation, qui lui servent de gardes du Corps. Ensuite pour la page d’histoire de la colonne érigée en 1815, à la mémoire des glorieux 1300 Highlanders des différents Clans rassemblés par Bonnie Prince Charlie, débarqué de Brest pour tenter une hasardeuse reconquête du trône des Stuarts.

               Juste après le Loch Eilt et le village de Lochailort sur notre droite, nous préférons la Single Track Road A861, plutôt que la route de Maillaig, à tort ou à raison, nous ne le saurons pas. Cette charmante et pittoresque petite route de campagne, longe au plus près le Loch Ailort, coupe la langue de lande de Rubha na Faing Móire à travers de belles forêts de chênes, de hêtres et de pins calédoniens. La A861, monte, descend, ondule, serpente, s’enlace autour des arbres, des rochers qu’elle rencontre. Elle parcourt ainsi 45 km, et termine sa course à Strontian, non sans avoir léché la rive du Loch Sunart sur une grande partie de sa course. Nous circulons à l’ombre des grands arbres, et en apprécions la fraicheur, mais la A861 reste dangereuse, et imprévisible. Il faut serrer à gauche, en faisant très attention aux bas-côtés, qui peuvent cacher des pièges, frôler les rochers, les parois rocheuses, les arbres, couper à l’arrivée des sommets de côte, des virages aveugles, car il peut y avoir une grosse surprise. La journée fût longue, harassante parfois, surtout la dernière partie très physique, mais elle nous a surtout comblés de bonheur, et ça c’est inoubliable.

               Il est 18h00, nous approchons de Strontian, nous nous mettons immédiatement en quête d’une chambre, notre satisfaction sera comblée à la sortie du village. Nous sommes hébergés dans une superbe demeure avec une vue imprenable sur le Loch Sunart, où le soir nous aurons le ravissement d’apercevoir de jeunes phoques batifolant dans les eaux calmes. Cette charmante petite bourgade, posée sur la Strontian River est parfaite, pour les randonnées et comme refuge d’étape.

                16ème étape, Strontian/Inveraray (165 miles) (264 km)

               Le soleil est déjà levé depuis longtemps, quand nous abandonnons nos hôtes, non, sans les avoir remerciés chaleureusement de l’accueil reçu la veille. Nous abordons la Glen Tarbert, parée de grosses collines, de forêts de pins, de bruyères couleur fuchsia, et de la Carnoch River, qui roucoule paisiblement dans son lit de galets. Volontairement, nous oublions le Bac à Coran pour rejoindre Inchree sur la A82, nous préférons faire les 32 miles (51 km) supplémentaire et profiter au maximum de la beauté des paysages. La Single A861, nous montre le chemin, et par intermittence à travers les branchages, elle nous permet de jeter un regard oblique sur le mirifique Loch Linnhe. Le Loch Eil prend la suite, les bouleaux et les hêtres se sont substitués aux conifères, le mince ruban d’asphalte de la A861, taillé dans le flanc rocheux du coteau, nous offre une vue saisissante et plongeante sur le Loch.

               Nous passons Fort-Williams et traquons la A82, qui suit à la perfection le littoral du Loch Linnhe, sur la rive opposée de la A861. Nous enjambons le chenal du Loch Leven, par un pont métallique à l’architecture réussie ; il apparait alors un féérique panorama sur l’ensemble des Loch Linnhe et Leven, ainsi que sur tous les massifs alentours. Nous roulons depuis un bon moment sur la A828, et on ne se lasse pas d’admirer tous ces beaux paysages de montagne. Le Loch Creran, la Baie Ardmucknish, la forêt de Barcaldine, qui recouvre une partie des Benderloch Mountain, nous réjouit à chaque kilomètre. Nous réalisons une halte à Oban (An-t-Oban), attrayante petite ville balnéaire. Elle possède un port de pêche très actif, avec une belle flottille de navires colorés. Elle est située dans la région d’Argyll, établie à l’entrée de Firth of Lorn, protégée de la houle par l’île de Kerrera, à l’Est, on remarque de grosses collines verdoyantes.

               Nous enroulons à allure modérée, la route A816, qui sent bon la campagne et la balade, accompagnés par le Loch Feochan sur plusieurs kilomètres. La Single Track Road B844, sinueuse comme un serpent de mer, se fraye un passage parmi les tourbières, les pins, les bouleaux et les saules, pour parvenir à l’île de Seil "Saoil". L’idée de ce détour, c’était de découvrir l’unique pont de pierre, édifié en 1792, reliant la petite île au continent en franchissant le minuscule bras de l’Atlantique qui les sépare. Retour sur la A816, où nous attendent les magnifiques décors aux formes généreuses, arrondies par les millénaires, parsemés de forêts de résineux et de feuillus, entrecoupés par des pâturages où paissent nonchalamment les brebis. Une pause salutaire pour se désaltérer en bordure de route et saluer The Kintraw Standing Stone ou littéralement Pierre Debout de 13 pieds de haut (3,96 m) planté au sud d’un Cairn d’environ dix mètres de diamètre. Ce bel ensemble néolithique comprend également un ensemble de petits cairns et quatre pierres alignées au sud, un grand cercle de pierres debout à l’ouest est encore visible et ainsi que deux gros rochers dans les fondations d'un bâtiment en ruine. Le tout domine le sublime Loch Craignish et les îles Jura et Islay.

               Nous franchissons le village de Lochgilphead, immortalisons le Loch Gilp, et galopons plein Nord à travers le massif d’Argill en suivant le Loch Fyne. Il est 16H00, quand nous stoppons la brêle aux portes d’Inveraray "Inbhir Aora", nous venons de dégoter une chambre au bord du Loch Fyne, le pied ! nous rentrons la moto dans la cour et nous la débarrassons de son fardeau. Comme à l’accoutumée, nous mettons à profit le reste de l’après-midi pour flâner sur notre lieu d’étape. Inveraray est un bourg royal des Highlands, établi une 1ère fois sur la rive Est du Loch Fyne, au 15èmee siècle, rasé et reconstruit au 18ème sur la rive ouest, à l’abri du vent du nord, du Cruach Mhór culminant à 589m. C’est un endroit très touristique, délicieux, plaisant pour y passer la nuit, voire plusieurs jours. Les belles demeures blanches à étages, de la rue Main Street et du front de mer, aux fenêtres surlignées de noir, rendent le petit village très photogénique. Inveraray possède une ancienne prison, d'architecture géorgienne située dans le bourg, devenue depuis un musée, sur les quais du port trône une magnifique croix celtique du 15èmee siècle, seul vestige du 1er village. L’église "Hall Saints" et sa tour ont été édifiées en 1792, la Nef séparait en son centre par un mur, selon les plans de Robert Mylne, permettait ainsi de recevoir les deux communautés, anglaise et gaélique. À 10 mn de marche au Nord-Ouest de la ville, le château d'Inveraray construit à l’origine sur la rive Est du Loch Fyne, par Colin Campbell au 15èmee siècle, qui en était le 1er duc d'Argyll. Il a été démoli et rebâti au 18ème siècle, par Archibald Campbell, 3e duc d'Argyll et remanié une dernière fois au 19èmee siècle. À l’intérieur une majestueuse salle des tapisseries, inspirée des salons parisiens de l’époque. Les jardins sont privatifs, mais le parc est libre d’accès. Il est toujours habité par le chef de clan de la branche Campbell, le duc d'Argyll.

               17ème étape, Inveraray/Largs (103,1miles) (165 km)

               Ce matin le ciel est légèrement saupoudré de nuages, la T° est de 16°, la journée  s’annonce ensoleillée. Nous enfourchons notre monture et disparaissons à l’horizon d’Inveraray, l’aventure continue par la A83. La Glen Kinglas nous tend les bras, ça grimpe en douceur jusqu’au modeste col de 236 mètres d’altitude. Cette magnifique vallée encaissée, aux innombrables défilés étroits, lacs paisibles et torrents tonitruants, qui vocifèrent, crachent leurs eaux froides et limpides, en dévalant les pentes abruptes des pics édentés, alimentent la tumultueuse Croe Water. La Glen Kinglas traverse le Argyll Forest Park, créé en 1935, l’un des plus impressionnant que nous ayons traversés, le Beinn Ime en est le point dominant avec 1001 m, mais nous n’avons pas le plaisir d’apercevoir le sommet, un ciel d’encre obscurcit soudainement la voute céleste, mais nous échappons à la pluie.

               Nous exécutons une pause, et alimentons la bête en carburant à Tarbet, village pittoresque posé sur le rivage du Loch Lomond, il est richement boisé en feuillus et résineux, entouré de moyennes montagnes. Nous galopons, le long du Loch Lomond, sur la large route A82, en direction de Glasgow. Ce grand lac d’eau douce, long de 37 km, et large de 8 km est le plus grand d’Écosse, il est parsemé d’îles et d’îlots, intégré au Trossachs et Lomond National Park. Nous voici arrivé sous un soleil resplendissant, dans la plus grande ville d’Écosse, Glasgow "Glaschu" installée sur les rives du fleuve Clyde, qui se jette dans le Firth of Clyde. Nous fuyons cette mégapole, après de multiples points carte, et trouvons enfin la route côtière Greenock road A8, puis nous suivons d’un air débonnaire, la paisible route A78, qui suit l’adorable baie Firth of Clyde.

              Il est 14h30, Nous avons décidé de poser les sacoches dans la jolie ville de Largs "An Leargaidh Ghallda". La moto stationne déjà pour le repos journalier, au fond de la cour du Bed & Breakfast "Saint-Léonard’s Guest House" construit en solides pierres de taille de couleur ocre. Le couple Mary et John McDonald, nous accueillent chaleureusement. Il est situé sur la A78 Irvine Road en bordure de la River Gogo Water, et à 5 mn des plages. Il fait chaud, il y a un soleil magnifique, pas un nuage en vue, nous en profitons pour nous étendre sur les belles pelouses, face à l’île Great Cumbrae. Largs est posé à l’embouchure de l’estuaire de la Clyde, dans le comté North Ayrshire, C’est une station balnéaire très populaire avec une charmante promenade en bordure de mer. La ville met en valeur ses liens historiques avec les vikings. En 1263 la ville fût le théatre d’une grande bataille entre les armées d'Écosse et de Norvège. Une fête annuelle est tenue chaque année au début de septembre, commémorant cet événement.

               18ème étape, Largs/Newton-Stewart (153,1miles) (245km)

               Ce matin changement radical du temps, il pleut, il y a un fort vent, c’est un vrai temps écossais, et cela seulement pour la deuxième fois depuis notre départ. Nous sortons les vêtements de pluie que nous enfilons rapidement et partons sous d’autres cieux, par la A78. De Ardrosian jusqu’à Maybole, c’est un déluge de pluie orageuse et  torrentielle, accompagné par un vent violent, m’obligeant à stopper, je n’y vois plus rien, la buée a envahi ma visière. Une demi-heure plus tard, l’accalmie se présente, nous reprenons notre route et filons sans demander notre reste. A 11h30, nous entrons dans la ville touristique de Girvan "Inbhir Gharbhain", située dans la Sud Ayrshire. Je béquille Dame Kawa, à proximité d’un café, la pluie a cessé, mais une épaisse brume persiste. Girvan possède une belle longue plage, un minuscule port de pêche lové dans un méandre, et à l’embouchure de la rivière Girvan. C’est une jolie petite ville agréable, adossée aux abords de grosses collines boisées.

               Le temps s’améliore, nous engrangeons les kilomètres sur la A77, Stranraer situé au fond du Loch Ryan, nous regarde passer et disparaitre par la vieille route militaire B737. La péninsule Rhinns of Galloway est très prisée des touristes Anglais et Écossais pendant la période estivale. Nous tentons le coup pour trouver une piaule à Portpatrick, installé au creux d’une baie étriquée. La chance ne nous sourit pas, nous cherchons en vain, mais tout est surbooké, pas grave, nous mettons à profit cette pause pour visiter l’endroit. Portpatrick est un charmant port de pêche exigu, enclavé dans son écrin de verdure en pente douce. Les maisons aux couleurs chatoyantes bordent les quais en rangs serrés pour mieux affronter les rigueurs de l’hiver. Du bout de la jetée, ou mieux, du haut de la colline, nous apercevons subrepticement les côtes Irlandaises.  

               Nous remontons en selle et suivons la route B7042, puis la B7084 à travers des paysages côtiers pittoresques, bordée par des champs de cultures. Nous roulons un bref instant sur la A75, avant de bifurquer à droite sur la chaussée étroite A747, zigzaguant au grès du contour découpé du littoral rocheux. Le décor est plutôt sympathique, la Luce Bay à droite, et à gauche, des prairies délimitées par des murets en pierre, des maisons bâties en moellons de granit parsèment les pentes envahies d’herbe sèche, de bruyères mauves et d’ajoncs épineux à fleurs jaune. Nonchalamment l’équipage que nous formons, poursuit son itinéraire au grès des villages traversés. Port William avec son minuscule port de pêche où trône une statue de bronze du sculpteur Andrew Brown, représentant un marin pêcheur au regard perdu vers l’horizon en direction de l’Île de Man. Whithorn avec son cimetière ancien et les ruines de la Cathédrale Saint Ninian fondée au Début du 12ème siècle. Le minuscule village de Bladnoch et sa distillerie produisant un excellent whisky de malt, sont posés avec délicatesse sur la très réputée River Bladnoch regorgeant de saumon. Et enfin Wigtown ancien bourg Royal, où un festival du livre d’occasion à lieu chaque année. La A714 que nous suivons depuis Bladnoch ondule à travers une vaste réserve naturelle de zone humide salée, elle abrite une faune unique, en particulier des oiseaux marins.

               Il est 18h30 passée, il est grand temps de trouver où dormir, pas de problème, nous dénichons rapidement un toit pour la nuit à Newton-Stewart. Le B &B "Villa Cree" que nous dénichons est situé dans le centre ville, il est très bien indiqué, juste après le vieux pont qui franchit la River Cree. La chambre est confortable avec une vue sur la River Cree, quant à la moto, elle est à l’abri dans une cour fermée par un portail. Newton-Stewart n’a pas beaucoup d’intérêt touristique, hormis pour les amateurs de pêche au saumon. Il y a plusieurs restaurants, nous choisissons au hasard le Cree Inn, nous ne sommes pas déçus, c’est bon et l’ambiance nous convient.    

                19ème étape New Stewart/Long Preston (228 miles) (365 km)

               Le déjeuner que nous engloutissons est copieux, et servi avec beaucoup de gentillesse. Le départ est donné pour la dernière fois en Ecosse, à 8h30, nous délaissons New-Stewart et sa belle Cree River à saumons. Sous une légère averse, nous entamons la journée par la A75, empruntée la veille. Nous nous dérobons en direction de la ville anglaise Carlisle. Vers 10h00, nous effectuons notre pause-café quotidienne dans la charmante ville de Dumfries. Nous franchissons la frontière Anglo/écossaise à 12h00 sonnant, avant de rejoindre prestement Carlisle, que nous avions visité lors de notre remontée vers l'Ecosse. Nous passons cette dernière, et, nous nous éclipsons sur la route secondaire A6, parallèle à l'autoroute M6.  Le serpent de bitume défile sous les roues du gros Kawa, la campagne anglaise offre à nos yeux des paysages bocagers de grosses collines. Les moutons par centaines broutent l'herbe grasse, laissant derrière eux une pelouse presque parfaite. Les haies et les murs de pierres sèches, délimitent les parcelles de prairies aux formes variables, empêchant ainsi toute intrusion des ovins, dans les parties réservées au fourrage.

               Nous sommes en début d'après-midi, nous décidons de tenter notre chance sur la côte, et, d’y jeter l'ancre pour la nuit. Les petites villes de Penrith où a été découvert un  tronçon de la voie romaine de Manchester à Carlisle, Shap, Kendal, Carnforth, Bolton-le-Sand jalonnent notre itinéraire jusqu'à Morecambe. La cité balnéaire est implantée au bord de la magnifique Morecambe Bay au Nord-Ouest de l'Angleterre, mais l'endroit est surpeuplé de touriste, impossible de dégoter où crécher. Nous en profitons néanmoins pour nous détendre et jouir des bienfaits d'une petite balade sur le fronton de mer ensoleillé. Il est 16H, le thermomètre affiche gaillardement un beau 24°. Nous abandonnons ce lieu grouillant de monde, nous nous échappons discrètement par la A683, bordée par la River Lune, et, nous récupérons la A65 en direction de Skipton.

                Nous préférons retourner à l'intérieur des terres, là où nous sommes surs de trouver notre bonheur. Nous parcourons encore 70 km, avant de faire halte dans le village de Long-Preston, situé dans le district du Nord Yorkshire. Nous garons la meule dans la petite courette fermée, mise à notre disposition gracieusement, par les propriétaires du B & B "The Barn". L'accueil est plutôt sympathique, un café nous est offert en signe de bienvenue, la chambre n'est pas bien grande, mais elle est très confortable et correcte, nous avons la S-de-B en commun.

               La promenade du joli village de Long-Preston, dont les maisons aux murs bâties en pierres sèches, et recouvertes de toits d’ardoises, nous conduit sur des petits sentiers à travers les pâturages. Cela nous ramène vers l’église paroissiale Sainte Marie édifiée au 11me siècle à l’époque de Guillaume le conquérant, accompagnée de son vieux cimetière qui ravira les amateurs. Mon estomac réclamant avec acharnement sa ration, nous nous empressons de rejoindre le restaurant "Maypole Inn" repéré quelques instants auparavant.

               20ème étape, Long-Preston/Sicklesmere (189, 4 miles) (303km)

               Nous remercions nos hôtes, non sans avoir apprécié le traditionnel breakfast anglais. Nous partons sous un ciel chargé de nuages au teint pas très clair, mais nous prenons le risque de ne pas mettre les tenues de pluie, car il fait déjà un bon 17°, et je crains de transpirer rapidement. Nous n’avons pas franchi 50 km, que les éclaircies dominent avec aisance notre belle voute céleste. Nous arrivons à Leeds par la A660, nous traversons de part en part cette grande ville turbulente, ainsi que Morley par différents autoroutes. Nous filons à vive allure sur la M1, puis la A1, jusqu’à Newark-on-Trent, où nous saisissons l’opportunité de prendre une chaussée secondaire plus calme. La A17, nous convient, elle parcourt une campagne sans relief, aussi vaste que la Beauce. Elle s’immisce entre les champs de maïs, de patates, d’orge, de blé, délimités parfois par des rangées aux feuillages resplendissants.

                À la sortie de King’s Lynn, c’est la A134 qui se charge du relais, mais à notre grand désespoir l’environnement qui nous entoure, ne change pas d’un pouce, les cultures de toutes sortes, succèdent aux dites cultures. La journée s’achève dans une ferme fruitière, établit en bordure de route. La jeune femme qui nous reçoit avec un large sourire, nous offre une collation conséquente, composée de cake fait maison, d’une coupe remplie de fraises ramassées le matin même, de jus de fruits, de café ou thé à notre convenance. La chambre à l’étage, située sous les combles aux poutres apparentes, est spacieuse et confortable, la salle de bain est en partie commune. Nous avons droit à une visite de la ferme, où nous découvrons d’immenses serres regorgeant de fraisiers aux gros fruits rouge, débordant de sucre. Puis, c’est les vergers de pommiers de variétés divers, qui couvrent des hectares de terre, et enfin vient en dernier la revue du matériel agricole. Après cet interlude intéressant, nous nous dirigeons vers le Pub Restaurant au nom original "The Manger", ça ne s’invente pas, il est planté à une centaine de mètres de notre logis.

               21ème étape, Sicklemere/Rodmell (201, 25 miles) 322 km)

                Ce matin, nous avons englouti un festin de roi, nous nous sommes rassasiés jusqu’aux molaires, si j’ose m’exprimé ainsi. Nous remercions chaleureusement la maîtresse des lieux, le patron étant déjà parti vaquer à ses travaux agricoles. Nous enfourchons notre fidèle destrier, et nous caracolons avec entrain plein Sud sur la route A134. La ville de Sudbury est franchie rapidement, nous avalons les miles avec sérénité, le soleil a sorti le grand jeu, ne laissant aucune chance à un quelconque nuage. La cité de Colchester est absorbée, et nous voici sur la A133, celle qui conduit au bord de la mer du Nord. C’est sur les conseils de nos hôtes fermiers que nous faisons un crochet à Walton-on-the-Naze, situé dans le comté du d’Essex. Cette belle station balnéaire possède une splendide plage de sable fin en pente douce, sur cinq kilomètres de longueur. Au Nord de Blackwater, la péninsule The Naze constitue une zone marécageuse, formée par le double estuaire de la rivière Stour. L’endroit est un site naturel, célèbre par la découverte de ses fossiles, mais surtout d’une grande importance pour l’hivernage des oiseaux migrateurs, tel que les canards et les oies Bernache cravant. Nous terminons par "The Naze Tower" construite en 1720, pour servir d’aide à la navigation, transformée depuis en galerie d’art et de salon de thé.

               Il est 15H, nous remontons en selle, direction le port de New-Haven en passant par Colchester, Chelmsford, Londres par la voie rapide A12. Aux abords de Londres, c’est l’autoroute M25, que nous adoptons pour enjamber la Tamise par le monumental pont suspendu "Queen Elizabeth II", il est gratuit pour les motards, pour cela, il faut prendre la file de gauche. Nous prenons la sortie 5, route A21 vers Southborough, Royal Tunbridge Wells, ensuite la A26, nous emporte jusqu’à la petite ville de Lewes située au Sud-Est du comté de Sussex. Comme à notre arrivée en Angleterre, il est très difficile de trouver où dormir, la côte étant très prisée par les touristes de tous poils. Nous finissons par atterrir dans le typique petit village de Rodmell, non loin de New-Haven. C’est chez une charmante dame, parlant correctement le français, que nous trouvons notre bonheur, elle nous accorde l’hospitalité pour deux nuits. Elle nous propose une collation, accompagnée d’un café, le temps nécessaire à la préparation d’une chambre d’amis. Après avoir pris nos quartiers, nous rejoignons le Pub d’en face le "Abergavenny" où nous prenons notre repas, arrosé d’une pinte de bonne Guinness.

                22ème étape, Rodmell/Rodmell (29, 33 miles) (43 km)

               Nous passons notre dernière journée, aux alentours de Rodmell. Nous commençons par les falaises de calcaire à Fort Hill et sa réserve naturelle, aux abords de Newhaven. Nous marchons aux pieds des murailles de craie blanche, sur une plage recouverte de galets du plus bel effet, battus par les flots incessants de la Manche. Cette belle formation de strates géologique d’origine sédimentaire, culmine à plus de cinquante mètres. Niché sur les hauteurs, l’ancien Fort de New-Haven construit à partir de l’année 1862 et achevé en 1871 en vue d’une hypothétique invasion. Newhaven n’a aucun intérêt touristique et nous poursuivons vers Seaford. C’est une belle petite ville côtière enclavée entre les rivières Ouse et Cuckmere, fondée par les Normands. Pendant deux siècles, de 1350 à 1550, elle a subit les assauts de pirates Français, et à l’occasion fut brûlée plusieurs fois. La magnifique église Saint Léonard de style gothique, date du début XIème, la nef, les bas-côtés et les fenêtres en hauteur sont de l’époque Normande, le reste a été remanié à plusieurs reprises. La Tour Martello en front de mer abrite un petit musée. La Tour ronde est composée de deux étages, entourée par un fossé doublé de briques sèches. Elle est la plus à l’ouest d’une ligne de défense édifiée le long des côtes du Kent et du Sussex entre 1806 et 1810, pendant les guerres Napoléoniennes. Une visite de la ville nous permet de contempler plusieurs bâtiments intéressants dont : la maison Fitzgerald,qui est une construction en briques rouge et moellons, du début XXème. Une longue plage à gros grain, délimité par une esplanade bien aménagée, est très agréable à parcourir, et ce jusqu’aux falaises d’un blanc immaculé appelées les "Seven Sisters".

               Nous poussons notre promenade en sortant de Seaford par la route A259, et posons le 1400 à l’entrée de "Seven Sisters Country Park". La balade est champêtre, elle nous conduit à l’embouchure de la rivière Cuckmere. Un sentier déambule à travers un marais de prés salés où paissent des moutons et des vaches.

               Vers 20h, nous sommes de retour à la vieille demeure communautaire édifiée en 1830. Loona la maitresse des lieux, nous accueille avec un large sourire, et nous pose moult questions sur notre journée. Demain, il nous faudra reprendre la route vers la Bretagne.

               23ème étape, Rodmell/Newhaven/Dieppe/Chartres-de-Bretagne (398km)

               Ce matin, nous nous levons aux aurores pour un dimanche, à 6h30 exactement, nous avalons rapidement un café et quelques morceaux de cake préparé la veille par Loona. Nous chargeons la brêle, nous laissons un mot de remerciement à notre hôtesse, et quittons définitivement les lieux. Nous embarquons dans la gueule béante du ferry aux alentours de 7h30, l’amarrage de la moto est rapide, mais correctement exécuté. À 8h30, la trompe sonne le départ, les amarres sont larguées, le gros cachalot métallique tremble de toute son armature et s’arrache doucement du quai. La traversée est monotone, sans doute un brin de nostalgie d’avoir quitté ce beau pays qu’est l’Écosse, mais c’est promis nous reviendrons. Nous accostons à Dieppe vers 13h15, et rejoignons notre foyer en fin d’après-midi, ainsi s’achève notre merveilleux périple. 

FIN                

Ecosse, Aux Pays des Celtes et du Kilt 1ère Partie

ÉCOSSE juillet 2013, Voyage au pays du Kilt et des Celtes (3760 miles) (6015 Km) 1ère partie

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               Nous en rêvions depuis longtemps, et nous y sommes allés, dans ce beau pays de légendes et de fantômes qui rêve d’indépendance. Il est clair que nous n'avons pas choisi cette destination pour nous dorer au soleil, mais bel et bien pour découvrir l’un des six pays celtiques. Les préparatifs et l’étude du parcours ont commencé trois mois environ avant le départ. Cette année, nous prévoyons de ne pas emmener de toile de tente et de duvets, vu que c'est un pays au climat assez humide, un peu comme la Bretagne diront certaines mauvaises langues. Nous dormirons essentiellement dans les Bed and Breakfast.

               Nous avons également changé de monture, nous partons toujours avec un 1400 GTR, mais c’est le modèle 2013, acheté neuf le 15 juin. Il ne me restait que deux semaines pour faire le rodage et la 1ère révision, avant le grand départ de transhumance annuelle.

Un peu de géographie : L'Écosse dont la superficie est de 78 000 km2, divisée en quatre grandes régions. Au Sud : Les Southern Uplands "Hautes Terres du Sud" séparées de l'Angleterre par la chaîne des Monts Cheviot Hills. Les Central Lowlands "Basses Terres du Centre" c'est une région de plaines fertiles où l'on trouve des cultures de pomme de terre, blé, orge et arbres fruitiers. Le Grampians Moutains, ce massif montagneux se compose à l'Est de hauts plateaux culminant à 1309 mètres au Ben MacDui, et à l'Ouest le massif devient plus accidenté avec 1343 mètres au Ben Nevis. Les Highlands "Hautes Terres" couvrent plus de la moitié du pays, possèdent les plus grands lacs d'Écosse, dont le Loch Lomond et le Loch Ness pour les plus connus. C'est aussi la région la plus sauvage et la plus authentique de l'Écosse.

               Un peu d'histoire : Les grandes lignes historiques de l’Écosse commence à la moitié du 1er siècle après J-C. En effet l’événement le plus marquant et l’invasion de l’Angleterre et du Pays de Galles par les Romains. Ils occupent et administrent ces nouveaux territoires sous le nom de Bretagne. En 79 les forces romaines s’enfoncent en Écosse et rencontrent une résistance farouche et acharné de la part des Pictes. L’Empereur Adrien fait édifier aux alentours de l’année 120, un mur fortifié du Nord au Sud. Les terres du nord sont nommées Calédonie, là où vivent les Tribus Pictes. Les Romains portent peu d’intérêts à cette terre inhospitalière et aux tribus Pictes considéraient, comme, vivant à l’écart de la civilisation méditerranéenne.

               L’Écosse a su garder sa souveraineté pendant plusieurs siècles, grâce aux guerres d’indépendances. Les héros nationaux, comme Williams Wallace et Robert The Bruce y ont contribués largement. Le 25 mars 1306, il se fait couronner roi d'Écosse sous le nom de Robert Ier.

               Le long conflit qui oppose l’Écosse à l’Angleterre, son puissant voisin du sud, est la cause des guerres d’indépendance de l’Écosse qui forcent le pays à nouer des liens commerciaux, culturels et souvent stratégiques avec un certain nombre de puissances européennes. À la suite de l’Acte d’Union de 1707, l’Angleterre contraint l’Écosse à fusionner pour devenir le royaume de Grande-Bretagne. Mais dans un sursaut héroïque et catastrophique en 1746 l’Écosse tente en vain une ultime bataille contre l’ennemi juré. Le XIXème le siècle est celui des Lumières et de la révolution industrielle, l’Écosse devient l’un des principaux centres culturels, commerciaux et industriels de l’Europe.

               La Seconde Guerre mondiale apporte un coup terrible à l’économie du pays et, est durement ressenti par le peuple. Mais, depuis la découverte du pétrole au début des années 70 dans la mer du nord, un regain d’indépendance est né. Après le référendum de 1997, le peuple écossais a donné son consentement, pour le rétablissement d’un Parlement, qui a été rétablit en 1998 par le Scotland Act.

               1ère étape – Chartres-de-Bretagne/Dieppe/New Aven (298miles) (477 Km)

               Nous quittons Chartres-de-Bretagne sous un soleil radieux et chaud. L’horloge de l’église affiche 12h30, au moment où j’engage le 1400 GTR dans la rue principale. A la sortie de Chartres-de-BZH j’empoigne directement la voie rapide en direction de la Normandie. Nous évitons la ville de Caen en passant par le périphérique et continuons vers Rouen. Le magnifique pont de Normandie surplombant la Seine, nous fait grâce du péage, en effet il est gratuit pour les motards.

               Nous parvenons à Dieppe vers 16h30 et, nous nous présentons directement aux guichets d’embarquement avec notre billet acheté sur le net deux mois plus tôt. Après une heure d’attente sous le cagnard, on nous fait signe de nous engager devant l’entrée béante du ferry de la compagnie Direct Ferries. Nous ne sommes que cinq motos, trois anglais, un italien, moi et ma chère et tendre, à embarquer sur le rafiot. Il est 18h00 sonnant quand la grosse carcasse métallique s’ébranle et quitte le quai. Elle vibre et ronfle, quand l’énorme moteur diesel caché au fond de ses entrailles lâche toute la puissance, pour s’arracher du port. Les flots paisibles de l’océan n’ont d’autres choix, que, de s’écarter sans bruit devant l’étrave du ferry et, de se refermer à l’arrière du navire dans une écume blanchâtre. Pendant la traversée de la Manche, j’ai pu observer un bref instant trois dauphins jouant à saute-mouton avec les vagues, ainsi que quelques fous de Bassan.

               Une demi-heure avant d’accoster, nous apercevons les falaises de craie, d’une blancheur presque pure. Elles soulignent l’horizon des côtes anglaises. Il est 22h00, quand nous nous élançons dans la ville de Newhaven, où nous nous mettons à la recherche d’un endroit où nous loger pour la nuit. Mais il est déjà trop tard, tout est complet, nous tentons notre chance sur la côte et dans la ville de Leeves. Nous sommes fatigués, il est minuit, nous décidons de dormir à la belle étoile, nous trouvons un endroit convenable et couchons au pied de la brèle. Il fait bon et la voûte céleste scintille de mille feux.

               2ème étape - Leeves/Marlborough (162,5 miles) (260 km)

               Réveillés à 5h30 par les premiers rayons de soleil et le chant des oiseaux, la nuit fût courte, mais réparatrice quand même. Nous rejoignons Leeves, située à une encablure de notre campement sommaire et éphémère. Nous patientons jusqu’à 8h30, en faisant une visite de la cité, puis nous trouvons une gargote où nous pouvons nous restaurer. Nous délaissons cette charmante petite ville, pour entamer le début de notre périple. Nous prenons la M27 en direction de Southampton, il fait déjà chaud (24°) et nous rencontrons très vite un bouchon interminable. Nous imitons immédiatement les motards anglais, nous remontons avec prudence la file située sur notre gauche. Nous attrapons ensuite la A360 vers Salisbury et nous arrivons déjà à notre première visite de notre voyage. Un lieu mythique Celte, Stonehenge (8 £ par personne) est colossal de par sa taille et du poids énorme des mégalithes qui le composent.

               Il est 15h30, il est temps de reprendre la route. C’est la A345 qui nous accompagne jusqu’à Marlborough, sous un soleil chaud, affichant 25° à l’ombre, et au milieu d’un ciel bleu azur sans le moindre nuage. En arrivant dans Marlborough, nous trouvons une chambre au "The Green Dragon" où nous recevons un accueil très sympathique. Le Pub est placé en bordure d’une immense place en pente rectangulaire. Nous nous installons dans une chambre située au 1er étage et, de la fenêtre j’aperçois en contre bas notre monture sagement béquillée. Après une bonne douche, nous redescendons l’escalier pentu et nous nous asseyons à une table pour déguster une pinte de Guinness. L’ambiance qui règne dans le Pub est surchauffée par ce qui se joue sur le grand écran plat accroché au mur. En effet c’est la finale de Wimbledon, et c’est l’anglais Andy Murray qui mène le jeu et finalement gagnera le match. Marlborough est une ville du sud de l’Angleterre du Comté de Wiltshire. Une petite balade à pieds dans les rues, nous fera découvrir quelques belles demeures intéressantes de par leurs architectures, et, la brique rouge employée pour leur construction.

               3ème étape – Marlborough/Carlisle (298 miles) (477 Km)

               Nous quittons Malborough à 9h00, nous suivons la route A346 jusqu’à Swindon, puis la A417 que nous lâcherons à Gloucester pour prendre l’autoroute M5 direction plein nord. C’est beaucoup plus facile pour remonter vers l’Écosse, trop de changements de route, de grosses villes comme Birmingham ou Manchester à traverser. C’est très compliqué de suivre et mémoriser les directions et N° des routes, cela occasionne de nombreux arrêts points carte. C’est une perte de temps et de fatigue inutile, d’autant plus que notre priorité est de visiter l’Écosse.

               Nous constatons un changement de paysage à partir de Lancaster, c’est beaucoup plus vallonné. L’altitude moyenne grimpe aux alentours de 600 mètres et cela ressemble assez fort aux paysages d’Irlande. Les murs de pierres aux formes géométriques tourmentées, escaladent les grosses collines jusqu’à leurs sommets. L’herbe bien grasses et verte y pousse en abondance, tondue régulièrement sans relâche par une multitude et infatigable armée de moutons. A la hauteur de Sharp sur l’aire de repos, nous faisons un point carte et nous décidons de finir tranquillement par une petite route parallèle à l’autoroute. L’A6 serpente nonchalamment à travers la campagne anglaise et passe parmi quelques villages ravissants.

               Nous débarquons vers 16h30 à Carlisle, notre dernière ville étape avant de franchir la frontière virtuelle Écossaise. Carlisle est une belle ville, au passé chargé d’histoire, elle est située dans le Comté de Cumbrie à la limite de l’Angleterre et de l’Écosse. Le château d’époque médiévale imposant et bien conservé a fière allure avec ses remparts en grès rouge, il occupe le centre de l’Old Town. C’est Guillaume II d’Angleterre, le fils de Guillaume le Conquérant qui le fit ériger à partir de 1093. Henri 1er d’Angleterre fera construire le donjon et les murailles de la ville en 1122. De belles maisons d’époque victorienne sont encore présentent dans les rues de la vieille citée.

                4ème étape – Carlisle/Dunbar (260 Km)

               Nous désertons Carlisle sur les coups de 9h00 et, suivons l’A7 nord en direction d’Edinbourgh. 15 Km plus tard, nous stoppons l’élan de dame Kawa devant le grand panneau de "Bienvenue en Écosse". Nous immortalisons cet instant historique de notre voyage, car il faut bien le dire, c’est ici que commence l’aventure de notre périple écossais.

               L’A7 épouse le pied des vertes collines de la chaîne Teviotd, en partie recouverte du massif forestier craik. Sur notre droite, au fond de la plaine, nous apercevons les monts Cheviot, avec une altitude moyenne de 500 mètres. Nous sommes au Sud/Est de la région des Southern Uplands. Nous passons Selkirk et continuons notre progression vers Walkerburn en suivant la minuscule, mais non moins célèbre route de la Tweed Valley. Les paysages sont champêtres, forestiers, bucoliques et pastorales ; Il n’est donc pas rare de croiser un tracteur agricole, des volailles, des chiens et des moutons errants à leur guise.  La route étant sans issue, nous rebroussons chemin et filons sur la A72 pour rejoindre Galashiels. Nous débordons Lauder, et je pose les roues de la meule sur la A697 jusqu’au village de Greenlaw. Nous remontons plein Nord par la A6105 qui nous conduit à Duns. Une pause-café, nous permet de pratiquer une visite gratuite au "The Jim Clark Room" Un monsieur d’un âge avancé, nous conte l’histoire de ce grand champion écossais de courses automobiles. Les coupes glanées tout au long de sa courte carrière, les photos par dizaines et les souvenirs retracent sa vie de pilote légendaire. Il fût champion du monde par deux fois en 1963 et 1965, malheureusement il se tua sur le circuit d’Hockenheim en 1968. Nous abandonnons Duns plein d’admiration et continuons vers Grantshouse, puis nous empruntons la A1 à destination de Dunbar notre ville étape.

               Je rentre le 1400 dans la cour de la belle maison cossue qui indique qu’il reste des chambres de libre. La dame nous reçoit avec un large sourire et s’adresse à nous dans un français très correct. Il est 16h30, quand nous quittons Springfield House notre B & B et pension de famille d’un soir. Il est bien situé sur la A199 "Bethaven Road". Il est temps pour nous d’effectuer notre balade quotidienne des alentours. Ancien bourg Royal, Dunbar "du Brittonique Dyn Barr" est une ville de la côte sud-est de l’Écosse. C’est une étonnante petite ville balnéaire calme, mais il en fût autrement il y a bien longtemps. De par sa position stratégique, Dunbar vît la scène de nombreuses altercations avec les tuniques rouges. Un petit sentier côtier très agréable à arpenter, nous emmène au cœur du port de pêche. Il est adossé aux pieds des ruines de l’ancien Château érigé vers l’an 1070 par le Comte d’Angus. De beaux chalutiers aux couleurs chatoyantes se dandinent le long des quais au grès du clapotis des vagues. La large rue principale High de Dunbar est bordée de remarquables demeures en briques rouges. A l’extrême sud de la ville, la brasserie Belhaven Brewery tend les bras aux amateurs de bonnes bières.

               Une magnifique journée s’achève par un coucher de soleil sur les falaises de grès rouge et la mer du Nord. La température de 27° atteint au summum de l’après-midi et à marquer aux annales de la météo écossaise, d’habitude il pleut à cette époque nous à t’on dit.

5ème étape – Dunbar/Larbert (138km)

               Départ à 9h30 en direction d’Edinburg par la route côtière A198. Ce matin, le temps a radicalement changé, c’est la grisaille et, le soleil fait sa tête de cochon. La coastal trail nous offre des paysages médiocres, car, elle est trop éloignée de la côte. Mais en approchant des ruines du château forteresse de Tantallon, les belles falaises de grès rouge apparaissent dans la brume humide. La forteresse de Tantallon a été érigée aux alentours du milieu du XIVème siècle, sur un ensemble rocheux dominant le Firth of Forth. Les villages aux maisons anciennes en grès ocre, que nous traversons sont tout à fait charmant. Une première halte dans l’exigu port de North Berwick, nous permet de découvrir la minuscule chapelle Saint Andrew’s fondée au XIIème siècle et remaniée au XVIème. Il est à noter également une superbe croix celtique, juste devant le centre d’interprétation, d’où l’on prend ses billets pour White rock ou Bass rock. C’est à bord d’une embarcation qu’on approche au plus près de ce gros rocher d’origine volcanique. On y vient pour admirer les phoques gris se prélassant au pieds des grottes et surtout contempler l’une des deux plus gigantesques colonies de Fous de Bassan au monde. En effet, elle est forte d’environ 100 000 oiseaux, ce qui la place deuxième derrière celle de l’île de Bonaventure en Gaspésie et ses 60 000 couples d’individus. Nous ne profitons pas de l’une des deux belles et longues plages sablonneuses de North Berwick, le temps ne nous y encourage pas.

               Nous poursuivons par la A198 et franchissons les 40 km qui nous séparaient d’Edimbourg "Dùn Èideann en Gaélique". Je béquille Dame Kawa dans une petite rue devant un restaurant, et je m’assure que le stationnement ne gêne pas. Entre temps la grisaille s’est éclipsée et le soleil a repris ses droits.

Un peu d’histoire : Édimbourg capitale d’Écosse depuis 1437 (Dun Èideann en gaélique) tiendrait son nom d’un Roi Breton nommé Edwin (Din Eidyn) qui au VIIème siècle y édifia un fortin. La preuve de l’activité d’Édimbourg en tant qu'indépendante du château n’apparaît qu’au début du XIIe siècle, surement vers 1124. Il est effectivement possible de penser que la ville commença à prendre de l’essor entre le XIème et le début du XIIème siècle , quand le roi Malcolm II pacifia la région contre les agressions et pillages des tribus Lothians et Northumbriens. À partir du XVIème siècle, une muraille défensive est échafaudée autour d’Édimbourg, dont la fonction principale sera d’empêcher les invasions anglaises. La décision fût prise, suite à la sévère défaite de James IV à la bataille de Flodden. Au début du XVIIème, James VI roi d’Écosse hérite du trône d’Angleterre unissant les deux pays. A partir de 1639 c’est les guerres des évêques et des trois royaumes et la prise d’Édimbourg par Oliver Cromwell. En 1706, c’est la fusion entre les parlements Anglais et Écossais, devenant ainsi le Royaume de Grande-Bretagne.

               Édimbourg  "Dùn Èideann" à façonnée ses murs sur d’anciens volcans en formes de collines.  Artur’s Seat avec ses deux cratères et ses 251 mètres d’altitude en est la plus haute colline (crag en gaélique) volcanique.  La vieille ville a su conserver son apparence médiévale, ainsi que de nombreux bâtiments datant du XVIIème et XVIIIème siècle. Parmi les plus visités et admirés, il y a le château établi sur un piton de lave, autour du XIème siècle et remanié à plusieurs reprises jusqu’au XVIIème et sans grand changement depuis. La cathédrale Saint Gilles construite à partir de l’an 1120 par les Normands et profondément transformée au XVème siècle est considérée comme l'église-mère du Presbytérianisme. La maison du célèbre fondateur de l'Église presbytérienne écossaise John Knox (1514-1572) bâtie en 1490 n’a pas trop subi l’outrage du temps. Il est à signaler également que James Mossman le bijoutier de la reine Marie Stuart d’Écosse a logé dans cette belle demeure du fin XVème siècle. Voilà pour les principaux sites de notre balade au cœur de la vieille cité d’Édimbourg.

               La route reprend ses droits et nous continuons par les grands boulevards, et rattrapons la A90 et B924 sur une quinzaine de kilomètres, pour une nouvelle pause au pied du plus spectaculaire pont d’Écosse. Le Forth Rail Bridge dont les travaux commencèrent en 1882 pour finir en 1887, il devient le 2ème pont cantilever construit au monde. Le 1er de par sa taille, avec une longueur de 2528 mètres de portée. C’est un assemblage de deux ponts mis bout-à-bout. Il est constitué de dix petites arches rive droite et cinq petite arches rive gauche de 51 mètres chacune. Deux grandes arches latérales de 207 m et deux arches monumentales pour l’époque d’une portée unitaire de 521 mètres, complète ce formidable ouvrage d’art du XIX siècle. Le Forth Rail Bridge fait face au Forth Road Bridge, ce moderne pont autoroutier sur la A90 suspendu par câbles.

               L’après-midi est déjà bien avancé, il est sage de se préoccuper de dénicher un endroit pour la nuit. Nous longeons l’estuaire de la River Forth par la A905, au rond-point de Bellsdyke, nous prenons la route du même nom, jusqu’au rond-point The Inches. Nous nous engageons au hasard à gauche sur Muirhall Road qui suit parallèlement la ligne de chemin de fer. La chance nous sourit, car au bout de la rue, nous apercevons sur notre droite l’hôtel de la gare. The Station Hotel est très correct, 56£ la nuit pour 2 personnes, avec le petit déjeuner.

                6ème étape – Larbert/Comrie (127 km)

               Nous quittons le parking sécurisé de l’hôtel de la gare en début de matinée sous un beau soleil chaud. Nous suivons la A9 jusqu’à Bannockburn, notre première halte de la journée. Bannockburn  "Blàr Allt a' Bhonnaich" est situé au sud de la ville de Stirling "Sruighlea". Non loin du village se trouve le site de la bataille de Bannockburn, qui eut lieu pendant la première guerre d'indépendance écossaise. Seulement six mois après l'exécution par les Anglais du héros National William Wallace, un nouveau leader, Robert The Bruce descendant de la haute noblesse, prend le commandement des troupes Ecossaises. Et en juin 1314, la bataille de Bannockburn, menée de main de maître par Robert The Bruce, est une cinglante victoire de l’armée écossaise sur Édouard II d'Angleterre, dont les troupes largement supérieur en nombres, ne purent contenir le génie militaire de Robert The Bruce. Mis à part la splendide statue équestre de Robert The Bruce au milieu du parc et l’Héritage Center, avec un film intéressant sur le déroulement de la bataille. La ville présente peu d’intérêt à nos yeux.

               Nous reprenons la brêle et nous allons nous poser 4 km plus loin à proximité du château de Stirling. Nous parcourons le vieux bourg de l’ancienne capitale d’Écosse, où apparaissent quelques vieilles demeures. Un arrêt bref, le temps de faire un cliché de la statue de Robert McGregor dit Rob Roy. Nous portons un intérêt particulier à l’église Sainte-Croix de style gothique, avec sa magnifique tour-clocher et sa séduisante charpente du début XVème. Elle vit en 1567 Jacques VI se faire couronner Roi d’Écosse. Nous voici maintenant devant l’entrée du château de Stirling, c’est le plus grand et le plus puissant des îles Britanniques. Il est perché sur un pic volcanique, enfermé sur trois côtés par des falaises abruptes, ce qui facilita sa défense. La construction démarre au début du XIIème siècle, quoique la plupart des bâtiments datent du XV et XVIème. Le portail franchit, sur la droite, une grosse casemate, ou tour du prince rectangulaire subsiste sur les deux d’origine. Le Great Hall construit par Jacques IV domine la cour centrale, 35 ans de travaux ont été nécessaire pour lui redonner son allure originelle. Dans la seconde cour on trouve une chapelle royale, et un palais renaissance du XVIème siècle. A l’extérieur de beaux jardins à l’anglaise, complètent l’ensemble.

               Le pont de Stirling posé sur la rivière Forth, nous offre une belle page d’histoire. En effet c’est sur ce pont étroit qu’il y a 700 ans, en 1297 exactement que, Williams Wallace stoppa et mis en déroute les troupes Anglaises, lors de la 1ère guerre d’indépendance Écossaise. Nous prolongeons et finissons notre visite de Stirling par la tour monumentale du XIXème, consacrée à Williams Wallace. D’une hauteur de 67 mètres, elle est située au sommet de la colline d’Abbey Craig à l’écart de la cité. L’endroit n’a pas été choisi au hasard, puisque c’est de cette position que Williams Wallace observait le rassemblement des bataillons du roi Edouard 1er d’Angleterre. A l’intérieur un étage est entièrement dédié à Sir Williams Wallace, et on peut y admirer l’épée authentique de 168 cm du héros. Nous montons l’escalier en spirale, très étriqué de 246 marches, jusqu’à la coursive située au faîte de la tour et offrant une vue dégagée sur les massifs des Ochil Hills et la vallée de la Forth.

               Après toutes ces émotions, nous remontons en selle sur notre cheval de fer et filons sur la A84 direction le Loch Lubnaig. Nous parcourons quelques milles et j’engage le gros 1400 Kawa sur la A873 qui se présente à gauche. Nous effectuons une pause dans le village de Thornill, juste pour nous désaltérer, car il fait très chaud, 28° au tableau de bord. Nous nous enfonçons au cœur du "The Trossachs National Park" (Na Trosaichean en gaélique écossais) par la A821. Le pays des lacs et de Rob Roy, nous sommes émerveillés et conquis par la beauté sauvage des paysages. Depuis les descriptions idylliques de Sir Walter Scott dans ses poèmes et ballades romantiques, la région est devenu séduisante, attrayante et touristique à souhait. A Duke’s Pass, je me risque sur la minuscule route pour rejoindre le Loch Drunkie et le Loch Archray, nichés dans un écrin de verdure, au milieu d’une forêt de feuillus. Le loch Katrine nous invite à la promenade et à la poésie, il est enclavé entre le Ben Venue ou montagne de la caverne, haute de 727 mètres et le Ben Ledi et ses 879 mètres. De nouveau en selle, à l’ombre des hêtres, nous effleurons de nouveau le contour du Loch Achray. Nous apercevons par bribes à travers le feuillage, le loch Venachar. Il devrait ravir les amateurs de pêche, car il est réputé pour être bien approvisionné en truites et en brochets. Les paysages montagneux et de loch n’en finissent pas de nous combler de bonheur. Le Loch Lubnaig adossé au mont Benvane, nous accompagne sur plusieurs kilomètres, suivit par la magnifique forêt Strathyre du nom du village. Nous achevons une dernière halte au Loch Earn, très réputé pour la pêche et sa base de sport nautique. La journée s’achève, nous trouvons une chambre chez un couple de retraités à Comrie situé sur l’A85.

7ème étape Comrie/Fraserburgh (360 km)

               Nous débutons la journée par le petit village de Balquhidder, installé sur une plateforme dominant le Loch Voil. C’est ici que repose le héros populaire Robert Roy MacGregor, né en 1693 et mort 1734. Le Robin des bois écossais y est enterré avec sa femme et deux de ses fils. Après cet interlude, nous entamons notre remontée vers le nord en empruntant au maximum le réseau secondaire de la région de Granpian Montain. Le 1400 ronronne paisiblement sur le couple et trimballe avec douceur ses passagers enchantés par la découverte de ces fabuleux décors de films. Le ruban noir d’asphalte de la A822 et A923 serpente au fond des Vallées (glens en écossai) Almond et Strathbraan aux flancs escarpés, dégoulinants d’éboulis. Arrivé dans le centre-ville de Rattray, j’engage la roue avant de la moto sur la A93 ou aussi appelée old military road.

               Nous abordons la Glen Shee escortée de la rivière Black water. C’est un régal de verdure, de bruyères mauves, et de rocailles descendantes en cascades des pentes montagneuses pouvant avoisiner les milles mètres. Cette large et immense vallée, nous laisse contempler sa physionomie généreuse aux formes arrondies. Nous franchissons l’un des plus hauts cols d’Écosse le Devil’s Elbow perché à 665 mètres d’altitude. Nous entrevoyons au passage, le Glas Maol qui est le point le plus élevé des Highlands du Sud-Est, avec 1068 mètres de hauteur. Nous descendons à allure modérée vers le fond de la Glen Clunie, qui est aussi belle que la précédente. Je béquille la brêle aux abords d’un vieux pont de pierre posé avec délicatesse sur la Clunie Water. Et nous profitons de cette pause bienveillante, pour jouir avec volupté de notre environnement paisible. Ces deux vallées s’étendent au-delà du regard. Elles sont vierges, consentantes, et ouvertes à quiconque en prendrait soin. Mais elles n’offrent pas de place aux timorés ou aux destructeurs de tous genres, qui ne sauraient en apprécier toute leurs beautés sauvages. Il n’y a que très peu d’arbres dans ces contrées hostiles, seuls les moutons règnent sans partage sur les immenses étendues des vertes prairies.

                Les kilomètres défilent à un rythme sénatorial, le village de Braemar situé dans l’Aberdeenshire posé sur les rives de la rivière Dee vient d’être franchi. Nous entrons dans le Cairngorms National Park, d’une superficie de 4528km2, il possède la plus grande et splendide forêt de pins calédoniens. Si vous avez de la chance, vous pourrez y croiser le Cerf Rouge, le Grand Tétra, le Tétra Lyre, ou le Balbuzard pêcheur. La A93 est légèrement sinueuse, elle longe au plus près la rivière Dee et contourne le château Royal de Balmoral, acheté par la reine Victoria en 1852. Cette route touristique traverse de très beaux paysages vallonnés de campagne, elle est bordée de hêtres, de trembles, de bouleaux, de pins sylvestres et de hautes fougères. A l’approche d’Aberdeen l’aspect du paysage a évolué vers un spectacle de terre agricole. Nous franchissons Aberdeen, sans faire d’escale d’aucune sorte et gardons le cap plein Nord, en parcourant la route A90. Les kilomètres s’enchaînent et en fin d’après-midi, sous un soleil radieux, nous atteignons la vile de Fraserburgh (Faithlie). Fraserburgh est le plus grand port de pêche aux crustacés en Europe et c’est aussi une charmante bourgade de 13000 âmes. Nous dégotons une chambre située sur la rue principale, à proximité du centre-ville et des plages. L’homme qui nous reçoit est très chaleureux, la chambre qu’il nous propose est au 1er étage, accessible par un escalier raide et étroit. Il a beaucoup voyagé, d’ailleurs il s’empresse de nous montrer une étonnante collection d’assiettes, rapportées du monde entier. 

                8ème étape Fraserburgh/Inverness (244 km)

               Après avoir englouti un copieux et succulent petit-déj, nous sommes parés pour la journée. Nous remercions notre hôte de son accueil chaleureux et des quelques conseils de visites. Ce matin le ciel est sommairement dissimulé, derrière un voile nuageux et le mercure n’affiche que 11°. Nous prenons la Coat West Trail « B9031 », ponctuée par de belles falaises d’un côté et de champs de cultures diverses de l’autre bord. Le premier arrêt nous conduit à la Tour Doocot du mont Hooly en bordure du village Rosehearthy, à voir que pour le point de vue.

              Le second est le pittoresque village de pêcheurs de Pennan Head. On y accède par une route très étroite, tout en lacets et considérablement pentue. Attention c’est chaud, j’aborde une épingle à cheveux, quasiment à l’arrêt, et malgré tout, je me retrouve à droite, le long du rail de sécurité. Pennan Head est blotti au pied d’une falaise abrupte, enfoncé dans une crique exigüe, en forme de fer à cheval. Les maisons aux murs chaulées et toits d’ardoises, font face d’un seul bloc aux tempêtes hivernales. La plage de galets et de rochers, donne à l’endroit, un aspect rude et hostile. Un port étriqué où quelques barques de pêches se fond légèrement chahutées par une houle incertaine. Le décor est planté, nous restons un bon quart d’heure à contempler notre environnement du moment présent. Nous délaissons cette paroisse, pour un autre petit village situé à 3 km. Crovie a été fondé au XVIIIème siècle, par des familles écossaises expulsées de leurs terres, par leurs chefs de clans convertis aux cultures de rentes spéculatives sur l’élevage du mouton. Ils devinrent pêcheurs pour les riches propriétaires terriens. Au début du XXème, l’industrie de la pêche subit une forte réduction d’activité, pour disparaitre définitivement suite à la terrible tempête de 1953. Les habitants ont fui cette contrée maudite, la plupart des maisons restantes servent dorénavant de locations de vacances. Elles sont nichées si près de la mer que seul un passage étroit permet aux habitants de rejoindre leurs demeures. Un parking modeste installé à l’extrémité du village est le seul endroit possible pour garer son véhicule. Crovie, c’est aussi un village typique, adossé au pied d’une pente de verdure escarpée, donnant sur une large baie, avec des bancs de roche en guise de plage. Des maisons trapues, solides, construites en granit, aux toits de tuiles ou d’ardoises forment un ensemble harmonieux avec la côte tourmentée.

              La B9031 étroite déroule son tapis bitumeux sous les roues du 1400, les paysages bucoliques, invitent à la balade. Nous effectuons une pause-café à Banff, petite ville portuaire.  S’en suit la visite du paisible village de Fordyce, il est construit autour d’un Chatelet du 16e siècle, de style baronnial. Son cimetière ancien, vaut le détour pour les vestiges d’une église médiévale. Il en reste une tour, un beffroi et deux enfeus, dont l’un porte le gisant d’un chevalier en armes. Cullen, nous voit immobiliser la brèle pour une petite escapade en haut d’un promontoire, dominant la ville. Du haut de notre perchoir, la plupart des maisons construites en granit, aux toits recouverts d’ardoises, que nous apercevons, donne à Cullen une allure de petit port Breton. Un viaduc de chemin de fer constitué de plusieurs arches, franchit la petite cité au Sud. Au Nord, Cullen possède un modeste port de pêche à l’abri d’une pente rocheuse. Nous contemplons également, deux belles plages sablonneuses venues mourir au pied de la digue.

               A partir de Keith, nous entrons dans la zone géographique de Strathspey, située de part et d’autre de la vallée du fleuve Spey. C’est dans cette région, que se trouve le centre névralgique de l’industrie du whisky écossais. Pas moins de quarante-huit distilleries sont établies dans cette contrée. La campagne qui défile au gré de la route A96, est superbement vallonnée, parsemée de champs de cultures céréalières, de belles forêts de pins et de feuillus.

               Nous abordons Inverness la capitale des Highlands vers 18h00, nous trouvons rapidement un B & B à 10mn du centre, c’est parfait. Inverness (Inbhir Nis) localisée au Nord-Est de l’Écosse est posée sur l’embouchure du fleuve Ness, lui-même alimenté par le Loch Ness. Inverness se trouve également bordé de part et d’autre de l’Estuaire de Murène et de l’Estuaire Beauly. Les bords du fleuve Ness, nous offrent une jolie promenade, pour rejoindre le centre-ville. Les principaux monuments anciens d’Inverness sont la Cathédrale Saint-André, l’église Old High Saint-Stephen’s, dont les clochers remontent au XVIème siècle, le château édifié en 1835 et quelques bâtiments du XIXème. En sortant du resto, nous assistons à un concert de rue consenti par un groupe musical en tenue traditionnelle, appelé Pipes and Drums, composé de sonneurs de cornemuses et de batteurs.

               9ème étape Inverness/Drumnadrochit (138 km)

               Ce matin départ 8h30, nous retournons sur nos pas en direction de Fort George à 20 km d’Inverness. Hier, il était trop tard pour en effectuer la visite. L'imposante forteresse de Fort George, dont la construction s'acheva en 1769, fût construite par les Anglais suite au soulèvement jacobite, elle n'eut jamais à repousser le moindre assaillant. Fort Georges installé sur le bord de la baie d’Inverness, est semi enterré, avec des fortifications ressemblant étrangement à celles de Vauban. La forteresse est toujours habitée, par un régiment de Highlanders, cohabitant avec une multitude de touristes. La visite est très intéressante, d’abord, une belle collection de canons de différentes époques, orne les remparts. Puis du haut des remparts, on admire une sublime vu panoramique sur la Moray Firth et la péninsule de Black Isle. Une chapelle aux innombrables étendards, une poudrière, un musée à la gloire du passé, plusieurs bâtiments reconstituent la vie des soldats et des officiers, les écuries ne sont pas à négligées.

               En approchant de Culloden, nous croisons deux flics à moto, qui d’un large geste de la main, nous saluent amicalement. Culloden établie en pleine lande venteuse est le théâtre de la dernière grande bataille livré par Charles Edward Stuart Prince d’Écosse. En 1746 à la tête de 5000 Highlanders, il livre combat face à une armée anglaise forte de 9000 hommes bien entraînés et mieux armées La charge est effroyable, les Clansmen sont taillés en pièces et les survivants achevés. Ça en sera fini de la restauration du trône et de l’indépendance de l’Écosse. Sur les champs de bataille, les stèles de roches noir ou brune au nom des clans indiquent l’emplacement des fosses communes.

               Nous continuons sur environ 2,4 km, pour béquiller de nouveau Dame Kawa sur le parking en terre, à l’ombre de grands arbres. Le site de Balnuaran de Clara est composé de trois Cairns funéraires de forme circulaire datés de l’âge du bronze. Une seule chambre par Cairn, elles sont accessibles par un court passage orienté au Sud-Ouest vers le coucher du soleil d’hiver.

               Nous passons Inverness, puis nous nous faufilons sur la sinueuse Général Wade’s Military Road B862, qui côtoye la rive sud du Loch Ness à partir de Dores. Le Loch Ness est de forme allongé, il déploie sa masse liquide sur 39 km. Sa largeur varie de 1,2 à 2 km et il atteint une profondeur maximale de 258 mètres. Ce qui rend le Loch Ness célèbre dans le monde. C’est surtout son fameux monstre, qui d’après la légende hanterait ses eaux, depuis le VIème siècle. Nous n’avons pas vu Nessie, ou alors il était parti en vacances. La route zigzague et ondule à travers de magnifiques forêts de pins et de feuillus divers. Une fois passé Foyers, nous grimpons vers un plateau de lande, de bruyères et de mélèzes. La vue porte au-delà du regard de la Monadhliath Moutains, et nous apercevons en contre-bas le Loch Ness et le Loch Mhor. L’endroit est majestueux, somptueux et parait abandonné depuis la nuit des temps.

                Nous passons une heure à Fort Augustus situé à l‘extrémité sud-ouest du Loch Ness. Le temps de regarder deux voiliers de plaisance descendre les cinq écluses successives du canal Calédonien reliant le Loch Lochy au Loch Ness. A la sortie de Fort Augustus, j’engage le 1400 sur la route principale A82, en direction du nord. La route est moins pittoresque que la précédente. Mais, nous entrevoyons beaucoup mieux le Loch Ness, ce qui rend les prises de vue plus facile. Un dernier spot photo, avant de rejoindre Drumnadrochit, je stationne la brèle au bord de la A82, 20 mètres en dessous, le Loch Ness nous présente ses eaux sombres. De notre perchoir improvisé, les ruines du château d'Urquhart, nous offre son meilleur profil pour un cliché en perspective. Il fut édifié en 1230, détruit en majeur partie en 1692, pour éviter qu’il ne tombe aux mains des Jacobites sous le règne de Jacques II d'Angleterre. Il est posé sur une plateforme rocheuse de la rive nord, du Loch Ness. Il compte parmi les principaux sites touristiques de la région. A l‘entrée du village de Drumnadrochit, nous dégotons chez un couple, avec deux enfants, une petite chambre coquette situé au 1er étage. Pour la modique somme de 45£, nous avons droit en plus au petit-déjeuner.

10ème étape Drumnadrochit/Wick (131,9miles) (211 km)

                Départ 9H00, le soleil brille de tous ses rayons, le tableau de bord affiche un beau 16°. À la sortie de Drumnadrochit, j’engage la moto sur la route A833, qui serpente parmi les champs de céréales de la vallée de Convinth. Nous enjambons le Cromarty Firth, par l’A9, cela nous conduit à Alness, où nous décidons d’effectuer la  visite d’une des plus importantes distilleries d’Écosse. La distillerie familiale Dalmore fondée en 1839 par Alexander Matheson, nous ouvre ses portes pour une visite riche en enseignement sur l’élaboration et la fabrication du whisky. Chaque bouteille vendue dans le monde entier est ornée d’une tête de cerf, empruntée aux armoiries du clan Mackenzie, qui posséda la distillerie pendant plus d’un siècle. Les chais nous impressionnent de par le nombre incalculable de tonneaux remplis de ce nectar, rangés en cascade depuis plus de cinquante ans pour les plus anciens. En fin de parcours, nous avons droit à une dégustation de whisky à boire avec modération, bien entendu.

               Nous abordons la minuscule route A949 passant par l’ancien village royal de Dornoch et sa modeste Cathédrale du 13ème siècle. D’ailleurs pour l’anecdote, elle fût en partie détruite par un incendie, déclenché par la querelle de deux Clans rivaux. Il est à noter également que la dernière sorcière des Highlands fût brulée en place publique en 1722 à Dornoch, une stèle commémore ce triste événement. La suite de la route nous mène aux abords du Loch Fleet. La pause est salutaire pour l’observation des phoques se prélassant au soleil sur les bancs de sable, ainsi que des oiseaux marins de toutes sortes. Nous venons de passer Golspie depuis 1 mile, je ralentis et je stoppe la grosse Kawa dans la cour de Dunrobin Castle et sa belle tour horloge. Ce beau Château des Highland est de style Renaissance Française, associé au style Baronnial Écossais. Bâtît suivant les plans de l’architecte Sir Charles Barry, qui construisit le Palais de Westminster à Londres. Il est niché aux pieds du Ben Horn. Il appartient à la comtesse de Sutherland et il est également le siège du Clan Sutherland. Un magnifique jardin anglais, avec vue sur Dornoch Firth complète l’ensemble.

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Irlande, Île sauvage à l'Histoire tourmentée.

Album photo sur l'Irlande : https://picasaweb.google.com/101624066835873920436/IrlandeJuilletAout2011#                                                    

                                                          Irlande du 15 juillet au 6 août 2011

               Cela fait deux ans qu'on en parle, cette fois c'est décidé, pour nos vacances 2011, nous partirons pour l'Irlande. L'itinéraire est bouclé et pour nous loger, nous ferons comme d'habitude, du camping et chez l'habitant en cas de mauvais temps (B&B). Et pour la première fois, nous avons changés de type de monture, nous ferons le voyage en GT au lieu du traditionnel roadster.

                 Vendredi 15 juillet (255 km)

               irlande-2011-006.jpg Le grand jour est enfin arrivé, je sors avec fébrilité, le 1400 GTR du garage, c’est son premier grand voyage. Nous préparons les valises réservées aux effets personnels, chacun la sienne. La sacoche réservoir voit s'entasser, appareils photos, caméscope, cartes routières, cartes SD, batteries, etc.…  Le top-case est quant à lui retenu pour le matériel de camping et le nécessaire de toilette. Les duvets et les vêtements de pluie sont soigneusement glissés dans un sac étanche et sanglés sur la galerie du top-case. Nous vérifions une dernière fois tous les bagages avant de charger la brèle, il ne s'agit pas d'oublier le moindre détail.

               Samedi 16 juillet (250km)

               Après une nuit légère de sommeil, passé dans d’inconfortables fauteuils, nous prenons notre petit dèj au resto du rafiot.

  dominique-votre-serviteur-et-sa-compagne-chantal.jpgC'est aux alentours de 14H00, que nous débarquons dans le port de Rosslare, sous un ciel bleu saupoudré de quelques nuages. Nous prenons immédiatement la route N24 en direction de Galway. Nous passons Waterford et à la sortie de cette ville c'est la N25 qui nous accompagne en direction de Clonmel. Nous poursuivons notre chemin, en passant par Limerick où nous prenons le tunnel autoroutier qui passe sous un bras de mer. Il est 17H30, la pluie fait son apparition, normal me direz-vous, nous sommes sur les terres Irlandaise. Comme nous nous trouvons qu'à une vingtaine de kilomètre d'Ennis, nous décidons de trouver un B&B pour la nuit dans cette bourgade. Deux anciens nous accueillent avec un large sourire, le propriétaire des lieux me propose de mettre la mobylette à l'abri, ce que j'accepte avec plaisir. Bien installé dans la chambre douillette, j'appelle des amis qui passent leurs vacances dans le Connemara. Vu le temps annoncé pour les prochains jours, je leurs demande s'il reste un mobil home de libre, dans le camping à la ferme où ils crèchent, la réponse est positive. Nous réservons le mobil home pour six jours, cela nous laissera le temps de profiter pleinement du Connemara. 

               Dimanche 17 juillet (241km)

               Déjeuner à 9H00, nous remercions nos hôtes d'une nuit, avant de reprendre la route de Galway. Le temps reste couvert et la température ne dépasse pas 16°. La route est belle, elle traverse de jolis paysages vallonnés, aux pâturages extrêmement verts. Nous contournons Galway vers midi, la N84 longe le Lough Corrib, que nous apercevons par instant, au grès des fantaisies de la végétation et des collines. Deux heures plus tard nous avons franchis les 115km qui nous séparaient de Ballinrobe notre destination de la semaine. A la sortie de Ballinrobe, nous poursuivons sur 6 km, puis nous prenons sur notre gauche, la petite route de Yannish qui serpente à travers champ. La ferme-camping se situe à 1,5 km de l'embranchement de la route principale. Nous recevons un accueil chaleureux de la part du couple d’éleveurs de moutons à tête noir, le mobil home est implanté au bord du Lough Mask. Après une installation rapide, nous jetons un coup d'œil sur le Lough Mask,  parsemé d'îlots verdoyants. Dommage que la pluie et le vent nous empêchent de profiter de la vue.

au-bord-du-lough-mask.jpgNous quittons la ferme vers 15h00, à Ballinrobe la R345 nous accompagne au charmant petit village de Cong situé dans le comté de Galway. C'est ici que fût tourné plusieurs scènes du film "L'Homme tranquille" avec John Wayne et Maureen O'hara en 1952. Mais ce qui nous intéresse, c'est la visite des ruines de l'Abbaye fondée au début du VIIème siècle. Elle fût édifiée par Turloch O'Connor le dernier roi du Connaught et haut roi d'Irlande. Le portail principal de style roman, entouré de deux belles fenêtres, appartient à la salle des chapitres. Il reste également le chœur de l'église et les traces d'un escalier de nuit. Les sculptures de l'ensemble des bâtiments sont classées parmi les plus belles d'Irlande. La maison dite de pêche est implantée au bord de la rivière Cong, elle était reliée directement à la cuisine de l'Abbaye. Nous continuons notre balade par la D345 jusqu'à Maum à 22 km de Cong. Cette route sinueuse court à travers un paysage qui ressemble un peu à l'Auvergne. A l'intersection de la R345 et R336, je béquille le 1400, nous franchissons le pont qui enjambe la rivière Bealanabrack. Et de cette position, nous apercevons le sommet Letterbreckaun qui s'élève à 668m appartenant à Maumturk Moutains. Au retour, nous faisons plusieurs haltes photos, le long du Lough Corrig, malgré la pluie qui perturbe un peu les prises de vues. Il est 18h30, nous retournons au mobil home, où nous retrouvons nos amis Sarthois.

             atlantic-drive-sur-achill-island.jpg  Lundi 18 juillet (275 km)

Nous nous levons avec un crachin continu, un vrai temps Irlandais. Nous levons le camp à 9h30, destination Achill Island, la plus grande île de la côte ouest. Elle est située dans le Conté de Mayo. Nous rejoignons Castlebar par la N84, puis la R311 jusqu'à Newport et enfin la N59 qui nous conduit à Mulranny la porte  de la Péninsule Coraunn. A l'entrée de la presqu'île nous enquillons sur notre droite l'Achill Road sur 14km. Nous enjambons en une poignée de secondes, le pont qui relie la péninsule de Coraunn à Achill Island. Nous sommes à Sraheens la petite route touristique "Atlantic Drive" sur notre gauche nous tend les bras. Cette route très étroite épouse au plus près la côte sauvage de l'île. Cela nous réjouit d'avance des paysages que nous allons découvrir par la suite. Mais dieu Eole en décide autrement, pendant une vingtaine de minutes, il nous gifle de puissantes bourrasques, accompagné de pluie violente. Nous ne voyons pas au-delà de vingt mètres. La moto pèse une tonne, mais elle résiste fièrement à ce déluge, puis c'est l'accalmie aussi soudaine qu'inattendue. On nous avait prévenu le matin, il y fait rarement un temps magnifique dans ce coin d'Irlande. Le ciel préfère le plus souvent la compagnie des nuages chargés de pluie et de grisaille. Mais nous persévérons dans notre balade humide, car ce que nous découvrons en vaut la peine. Des falaises déchiquetées, parmi les plus hautes d'Europe, nous offrent quand même d'extraordinaires paysages à vous couper le souffle. Derrière nous, des collines parsemées de lande, couleur brun clair à roux foncé, où les arbres n'ont pas leurs places dans ce décor inamical.

falaise-d-achill-island.jpgNous admirons l'Irlande dans toute sa beauté sauvage. Nous dévalons à Dooga, par la minuscule route, qui serpente et s'accroche à la falaise vertigineuse. Au fond de la baie, le village aligne ses maisons de pécheurs, aux murs enduits de chaux. Dans ce paysage rude, une adorable petite plage, rend l'endroit moins austère. Nous jaillissons du village en prenant la deuxième à droite, pour accéder au sommet du Minaùn, d'où nous embrassons d'un œil enthousiasme, une bonne partie de l'île d'Achill. Nous prolongeons jusqu'à Keel-West par la route unique qui grimpe d’abord, avant de plonger en lacet à flanc de falaise. La plage au sable blanc, belle, insolente et isolée de tout village, nous saute à la figure. Nous rebroussons chemin vers Keel, non sans avoir jeté quelques regards, sur le magnifique panorama, qui n'en finit pas de nous éblouir. Le village fantôme de Slievemore situé sur la route de Doogort en venant de Keel, est à gauche du petit cimetière où nous avons béquillé le 1400. Ce village en ruine aligne sur plusieurs rangées, des maisons basses construites en pierre brute. Il témoigne de l'activité pastorale de l'île, d'avant la grande famine infligée par les Anglais de 1844 à 1850. Cette terrible épreuve fit environ deux millions de morts ; plus d’un million laissèrent derrière eux un pays devenu maudit et gagnèrent l’amérique. Nous finissons notre escapade dans un Pub de Doogort. C'est sous une éclaircie timide, que nous rejoignons la ferme camping.

               Mardi 19 juillet (259km)

lough-corrib-comte-de-galway.jpgIl est 9H30, nous émergeons du mobil-home, après un solide petit déjeuner. La brêle chauffe doucement, le temps pour nous d'enfiler notre équipement, un rite immuable. Ce matin, la ville de Ballinrobe se cache sous une pluie fine, elle nous jette un coup d'œil malicieux en nous voyant passer. La R 345 remplace rapidement la R 334. De Cong à Maun, la route suit à merveille le contour du Lough Corrib, du comté de Galway sur environ 25km. Sur notre droite de hautes collines dénudées et battues par les vents, nous escortent. Des petits murs de pierres sèches bâtis par l'homme en délimitent des rectangles, où des moutons à tête noire paissent tranquillement aux grès de leurs humeurs. Mais il y a dans ces murets beaucoup de souffrance cachée, car ici plus qu’ailleurs le peuple Irlandais fût contraint de ramasser les pierres pour 10 pences par jour pour ne pas mourir de faim.

lac-d-inverbeg-lough.jpgMaun est à la croisée de la R336 et de la R345, j’arrête le moulbif du GTR, pour immortaliser quelques clichés et réaliser un point carte. Nous prolongeons en direction de Leenaun aux portes de Joyce country, ce petit coin tranquille mérite que l'on s'y arrête. En effet nous sommes à Leenane (An Lionan) au bout du Fjord de Killary dans le comté de Mayo. Il s'enfonce à l'intérieur des terres sur 14 km, avec une largeur variant de 500 m à 800 m. C'est à Leenane même que fût tourné le film "The Field en 1990" réalisé par Jim Sheridan, avec comme acteurs principaux Richard Harris et Sean Bean. Le village se situe dans un cadre d'une remarquable beauté. Il est assiégé d'un côté par les Patry Mountains et son Devil's Mother qui culmine à 647 mètres, de l'autre les Maumturk Moutains et les Mweelrea Moutains culminant à 817 m.

extraction-de-la-tourbe-entre-litterfrack-et-clifden.jpgLe temps s'améliore lentement et, la température monte à 16°. Nous poursuivons par la N59 en direction de Clifden. Nous  effectuons un arrêt curiosité pour contempler l'extraction de la tourbe en forme de briques et qui servira après séchage à chauffer les chaumières. Un nouvel arrêt au bord du Lac Kylemore, pour apercevoir l'Abbaye du même nom. Avant de rejoindre Clifden, la route serpente sur un fond tourbeux, à travers de beaux paysages verdoyants, enclavés au milieu de petites montagnes pelées. A Streamstown, nous virons à droite par la R379 et 6 km plus tard je béquille la brêle au petit village de pécheurs Cleggan. Ce pittoresque village est niché au fond d'une  croquignolesque crique escortée de sa plage au sable doré.

               Il est aux environ de 13H00, quand nous trouvons une place de parking dans le centre de Clifden. Cette charmante bourgade fût crée au XIXe siècle par John d’Arcy.

               Clifden (An Clochàn en Irlandais) est peuplée d'environ 2000 âmes. C’est une ville très touristique d l'extrême ouest de l'Irlande. Elle est située dans le Comté de Galway sur la rive gauche de la rivière Owenglin qui se jette dans l'anse de Clifden. Clifden ville balnéaire cernée par la Baie et Les Twelve Pins, dont le sommet Benbaun culmine à 729 mètres. Les rues sont très vivantes, bordées de Pub, de Magasins, de restaurants et de maisons aux couleurs pétantes, passant du jaune vif au bleu intense. Nous prenons le temps de nous restaurer dans un pub le « Lowry’s Bar ».

               A la sortie ouest de Clifden, nous saisissons la R341 qui contourne la péninsule de Kingstown. Nous grimpons rapidement jusqu'au parking situé à 3km du centre ville, un panorama grandiose enveloppe la Baie et la pointe de la péninsule. Cette route est sans aucun doute à ne pas manquer, la côte est très déchiquetée.  L’intérieur des terres est parsemé de lough de tailles différentes. Mais attention, la route est piégeuse, construite sur des tourbières elle est parfois très ondulée avec quelques beaux nids de poule.

rounstone-navire-traditionnel-galway-hooker.jpgRoundstone est un pittoresque petit port de pêche aux alignements de maisons multicolores. La rue principale affiche une belle pente pour rejoindre le port. Nous passons un bon moment à regarder les préparatifs de départ d’un voilier de pêche traditionnel de à coque noire goudronnée. Nous continuons vers Cashel, un autre petit port de pêche coincé entre mer et collines. Les paysages sont vraiment superbes, même s’ils paraissent parfois hostiles. A la sortie de Cashel, nous bifurquons à droite par la R340. Le village de Carna est un ancien chantier maritime de construction de navires les « Galway Hookers ». Ces navires de transport servaient à expédier la tourbe vers d’autres contés et à ramener des céréales vers le Conemara. La R340 se poursuit vers Gortmore entre Kilkieran Bay. Le décor reste inchangé, des collines dénudées des lacs, des tourbières, des rivières à saumons, des parcelles herbeuses délimitées par des murets de pierre, complètent avec beauté le paysage. Nous voici arrivés à Screeb, nous prenons à gauche la direction de Maam Cross par la R336. Il nous faut une petite ½ heure pour rentrer au mobil home. La journée qui a commencé sous un crachin se termine sous une belle éclaircie, bon présage pour demain.

               Mercredi 20 juillet (101km)

lough-mask-connemara.jpgCe matin le temps nous est agréable, pas de pluie en vu, le ciel est légèrement chargé de nuages et la température est de 17°, le pied quoi? Aujourd'hui, c'est une modeste balade que nous avons programmée, tout simplement le tour du Lough Mask. 10h00 sonne à mon horloge biologique, il est temps de chauffer la brêle et de nous mettre en route. Nous abordons la N84 et filons sur Balinrobe, de nouveau nous franchissons les villages de Cong et  Clombur. La R300 que nous pistons depuis Clombur est étroite, sinueuse, bosselée et gravillonnée à souhait, à croire qu'ils ont pris des leçons de la DDE de chez-nous. Je calme les ardeurs de la belle et roule sur le couple sans excès dans la poignée de gaz. Un premier arrêt sur un promontoire nous offre un joli point de vue sur le Lough Mask au fond de sa vallée glacière. Une multitude d'îles et îlots sont disséminés sur l'immensité liquide laissée par la fonte des glaciers du quaternaire, qui en se retirant ont façonnés ce que nous admirons à cet instant.

               Nous venons de dépasser Kilmore, établi à 200 m du Lough Mask, suivi du Lough Nafooey dominé par les 580 mètres du sommet Bunnacunneen de la Joyce Country. Depuis Maumtrasna la route serpente nonchalamment entre les Partry Mountains et le Lough Mask. Fox Hill et Trean sont laissés dernière nous sans faire d'arrêt. C'est à gauche en entrant à Toormakeady qu'il ne faut pas manquer le minuscule chemin goudronné, qui conduit au Col Croaghrimbeg. Sur cette portion de route où l’herbe s’invite en son milieu, il faut rester prudent, car il ne vous reste que le passage de la moto. C'est un fameux spectacle qui s'offre à nos yeux émerveillés, aux confins de l'horizon, le Croagh Patrick du haut de ses 765 m, nous lance un défi ; tout au fond de la vallée les villages de Cordarragh et Torrlegee semblent endormis. Nous nous retournons et découvrons le panorama essentiel du Lough Mask avec en toile de fond une plaine à perte de vue. C'est probablement le meilleur endroit pour réaliser des clichés inoubliables du Lough Mask. Nous rebroussons chemin et rentrons paisiblement au camping à la ferme. La soirée se termine avec nos amis autour de l'apéro et d'un repas à la bonne franquette.

               Jeudi 21 juillet (240km)

lough-bofin-l-homme-tranquille-1952.jpgDépart à 9h00, nous avons décidé la veille de rendre visite à la capitale du Connemara, Galway (Gaillimh) la bien aimée. Pour cela, nous privilégions de prendre la R345 qui contourne le Lough Corrib par Maum puis la R336 jusqu'à Maam Cross et enfin la N59. Quelques kilomètres plus tard je stoppe le vaisseau amiral Kawasaki au bord du Lough Bofin. C'est dans cette contrée que furent tournées en 1952 les plus belles scènes du film "l'Homme Tranquille" avec John Wayne et Maureen O’hara. La N59 nous permet d'arriver à Oughterard casé à proximité de la rive du Lough Corrib. Le plus grand lac d’Irlande, dont la réputation pour la pêche à la truite et au saumon n’est plus à faire. A la sortie d'Oughterard, sur notre gauche, nous enfilons la petite route de la largeur d'une voiture, elle conduit sur un plateau surplombant le Lough Corrib. Nous continuons à pied pour profiter pleinement de la vue plongeante sur le lac et regarder quelques échassiers occupés à chasser leurs pitances. Nous nous asseyons sur un banc sur lequel figure au dos de la traverse le nom glorieux de star de cinéma.

chantal-devant-le-croagh-patrick-en-toile-de-fond.jpgAprès cette escapade bucolique, retour sur la N59 et nous poursuivons vers notre destination du jour. Il est à peine 13h00, quand je gare la meule sur le parking d'un market. Nous sommes à 10 mn à pied du centre de Galway. Il est donc inutile d'essayer de vous engluer dans la circulation incessante où vous aurez d'ailleurs la pire difficulté à trouver une place.

Avant la visite un peu d'histoire : Galway (Gaillimh) est la porte d'entrée du Connemara (Connaught) et en tant que telle, les touristes y affluent par milliers toute l'année. Elle fût fondée par les Normand en 1235, d'ailleurs on y a parlé le Français pendant plus de 150 ans, avant que les Anglais n'y débarquent. Après avoir vaincu et soumis l'Irlande, par un véritable massacre d'une grande partie de la population, l'Anglais Cromwell brûla les églises, les fermes et les villages. C'est dans cette région que Cromwell le sanguinaire décida de refouler à l'ouest du Shannon, les paysans catholiques Irlandais. Mais c'est aussi certainement dans cette partie de l'Irlande, que la culture, les traditions et la langue Gaëlique sont les mieux préservées. Le centre de Galway est très animé, par des spectacles de rues. On y trouve des musiciens solitaires, des groupes de musique, des jongleurs, des cracheurs de feu, etc. Les terrasses de café ou de pub regorgent de passants venus s'y désaltérer. Comme à Clifden, les façades des magasins, des restaurants et des pubs sont très colorées.

               Nous quittons Galway par la route côtière R336. Une petite pause à Spiddal, charmante petite cité balnéaire, avec ses vitrines et magasins où vous trouverez tous pour vos achats touristiques. Nous filons maintenant en direction de Maum, la route zigzague à travers une multitude de lacs et de collines, nous en prenons plein les yeux. Il est 19h30 passé, quand nous atteignons notre mobil-home. La journée a été très nuageuse en début de matinée, l'après midi c'est amélioré avec de belles éclaircies ensoleillées et une température de 19°. Ce soir après un repas pris en commun, avec nos amis sarthois, nous nous immergeons dans un Pub de Balinrobe où nous dégustons une bonne pinte de Guinness. Une rencontre fortuite dans ce Pub, avec un autochtone dans un état d’ébriété avancé nous racontant sa vie et nous posant beaucoup de questions sur nous, finit cette belle soirée.

               Vendredi 22 juillet (138km)

               Lever à 9h00, la journée commence par un soleil radieux et 20° s’affiche au thermomètre. Nous allons donc consacrer la matinée à faire la lessive et à rédiger les traditionnelles cartes postales.

memorial-de-l-immigration-irlandaise-vers-le-nouveau-monde-a-bord-des-bateaux-cercueils.jpgVers 13h00, nous partons en direction de Castelbar par la N84, arrivé à Patry nous bifurquons sur notre gauche et empruntons la R330 jusqu’à Westport. Les paysages de moyenne montagne, entrecoupés de lacs se succèdent à un rythme paisible. Westport (Cathair Na Mart) nous accueille pour une pause soif et nous en profitons pour gambader dans ses rues. Westport  est une très jolie petite ville, grâce à l’architecte James Wyatt qui transforma au XIXe, une partie du fleuve en canal et l’habilla de deux ponts magnifiques à chaque extrémité. On trouve de part et d’autre du canal l’Avenue du Mall, bordé par de grands arbres centenaires. Nous remontons en selle et poursuivons par la R335 sur 12km, de nouveau je stationne la brêle. Murrisk est  un arrêt presque obligatoire, pour bien comprendre la fuite des migrants vers l’Amérique. En effet poussé par la grande famine de 1848, c’est ici que la plupart des Irlandais s’entassaient sur des bateaux cercueils pour rejoindre l’eldorado. Un mémorial en forme de voilier à trois mâts rappelle ce douloureux événement. A Murrisk il y a également la traditionnelle montée des 765m de dénivelé du Croagh Patrick. Elle est effectuée chaque année le dernier dimanche de juillet par les  catholiques Irlandais. A la sortie du village les ruines de Murrisk Abbey fondée au XVe siècle sont posées en bordure de la sublime Clew Bay.

              en-route-vers-le-lough-doo-lac-noir.jpgle-lough-doo-est-adosse-au-pied-de-la-chaine-mweelrea-moutains.jpg Louiburgh sera le point le plus extrême de la journée, avant de rentrer au mobil-home. La R335 que nous parcourons est un plateau désertique où rien ne pousse à part le lichen, ce qui rend l’endroit triste. Puis d’un coup c’est l’enchantement, un ravissement pour nos mirettes. Le coin le plus grandiose de la journée est sans nul doute, la descente en pente douce vers le Lough Doo (lac noir) niché au fond d’une vallée. Les rhododendrons et les arbres ont remplacés les lichens et les champs de pierres. Le lough Doo est adossé au pied des 817m de la chaîne  Mweelrea Moutains, en face les 740m du Pic Sheeffry Hills nous fait de l’œil. Une magnifique balade dans des décors de films, à ne pas manquer. Le village de Delphi aux maisons éparses, se pose à l’entrée de gorges étroites. En passant sur le pont qui chevauche un torrent, un pécheur à la mouche nous intrigue. C’est d’une facilité déconcertante qu’il jongle avec le fil et pose sa mouche avec délicatesse à la surface de l’eau. Nous longeons sur  8km le fjord Killary, avant d’atteindre Leenane que nous avons visité en début de semaine.

               Samedi 23 juillet (305km)

killala-et-sa-round-tower-cloigteach-haute-de-26-m-dont-la-porte-se-trouve-a-4m-du-sol-datant-du-xve-siecle.jpgIl est 10h00, il fait un temps splendide, quand nous quittons nos amis Sarthois pour de nouvelles contrées.  Nous remontons vers le nord et le Donegal. Nous laissons la N84 à la sortie de Castlebar et poursuivons avec la R310. Le passage entre le Lough Conn et le Lough Cullin est de toute beauté, nous ne regrettons pas d’avoir choisi cet itinéraire pour rejoindre Ballina. La R314 prends le relai pour nous amener à Killala petit port de pêche. Ce village tranquille est chargé d’histoire, il vit en 1798 le Général Français Humbert débarquer à la tête d’une troupe de 1067 hommes. Il était chargé de soutenir la rébellion Irlandaise en formant des bataillons de paysans, contre l‘ennemi anglais. Son buste en granit orne l’entrée du village. Une tour ronde (Cloigteach) haute de 26 m dont la porte se trouve à 4m du sol, datant du XVe siècle et restaurée en 1840 servait de refuge à la population pendant  la période médiévale.

le-port-de-killibegs-dans-le-comte-de-donegal.jpgAprès Ballina nous entrons dans le comté de Sligo et nous empoignons la route côtière R297. Rien d’extraordinaire, elle passe trop loin de la côte pour apercevoir quelque chose d’intéressant. Les kilomètres défilent et nous traversons Sligo sans faire d’arrêt. Au passage nous jetons un bref coup d’œil sur la merveilleuse Sligo Bay. Nous traversons le conté de Leitrim par la N15 et abandonnons définitivement le Conemara pour pénétrer dans le Donegal. Nous franchissons la très jolie ville touristique Donegal (Dùn An Ngall) et continuons notre chemin par la N56. A 25km de Donegal, nous laissons la N56 sur notre droite et nous suivons la R263. Une pause à Killybegs nous permet de contempler la lilliputienne crique de Killybeg Harbour qui enserre le port de pêche. Les paysages variés et les petites cités provinciales s’enchaînent au rythme d’une promenade de dimanche. La fin de journée approche, il est temps de chercher un refuge pour la nuit. C’est à Carrick sur la R263, que nous trouvons notre bonheur, il reste une chambre de libre dans un B & B en bordure de la rue principale. Le soir venu, si l’ennui vous gagne aller passer un bon moment dans le Pub juste à côté. Vous dégusterez une pinte de Guinness en écoutant de la musique traditionnelle émanant d’un accordéon et d’un violon.

                Dimanche 24 juillet (192km)

                Nous sommes réveillés par un rayon de soleil coquin qui s’infiltre à travers le feuillage d’un vieux marronnier. La météo s’annonce clémente avec déjà un beau 20° à 9h00. Nous engloutissons le petit déjeuner servit avec gentillesse par la maitresse des lieux.

               teelin-a-5km-de-carrick-fut-autrefois-un-grand-port-de-peche.jpgles-falaises-de-la-peninsule-de-glencolumbkille.jpgTeelin à 5km de Carrick fût autrefois un grand port de pêche, mais aujourd’hui ce n’est plus qu’un vague souvenir. Le détour vaut uniquement pour la beauté de l’endroit, à condition de marcher le long de la falaise Slieve League. Une montée d’adrénaline vous remontera le long de l’échine, tellement le spectacle est impressionnant. La R263 fait le tour de la péninsule de Glencolmcille en passant par Malin More vous tomberez sur « Folk Village », une très belle restauration de maisons à toit de chaume. Attention, entre Glencolumbkile et Ardara, la route est étroite et en mauvais état, elle joue les toboggans. Nous sommes dans une région de tourbière, où l’industrialisation de l’extraction de la tourbe a remplacé la main de l’homme. Les moutons divaguent à droite et à gauche suivant la fantaisie qui les pousse à brouter le meilleur brin d’herbe du coin. C’est au Donegal 2ème région après l’Ecosse que le Tweed est fabriqué, entendez par là que les gentilles bêbêtes à têtes noires sont les reines du secteur.

pause-et-point-carte-avec-en-arriere-plan-l-errigal-montain-comte-du-donegal.jpgA la sortie d’Adara, nous remarquons que depuis un moment les panneaux sont uniquement en langue Gaélique, cela ne perturbe en rien notre progression. Nous coupons par la petite route R261, qui parcoure les champs de pierres parsemés de multiples lacs, dont le lough Aderry et le lough Machugh. A Maas nous reprenons la N56 en direction de Dunglow. Dunglow (An Clachan Liath) est la plus importante bourgade du Donegal, elle est lovée au fond de la Trawenagh Bay. Nous sortons de Dunglow et nous entamons la R259. Cette route longe au plus près la côte de la péninsule appelée les Rosses. Le paysage ressemble comme deux gouttes d’eau à la R261 précédemment sillonné. C'est-à-dire de la caillasse et beaucoup de petits lacs jonchent les parcelles de terre austères et incultivables. De nouveau la N56 sur environ 6km, puis à gauche la R257 nous tend les bras. Le village de  Bumbeg  nous envie de nous voir prendre la route côtière en direction de Bloody Foreland, dans la région de Gweedore. La beauté sauvage des landes fleuries à cette époque de l’année, offre une belle diversité de couleurs. Nous béquillons la brêle à knockfola et de cet endroit un superbe panorama sur les îles d’Inishbofin et Tory Island nous comble de bonheur. Nous continuons notre chemin vers Meenaclady, puis Gertahork et enfin Dunfanaghy (Dún Fionnachaidh) où nous avons décidé de nous installer pour plusieurs jours. Le B & B est tenu par une charmante dame, qui nous offre un café et bouteille d’eau minérale en guise d’accueil.

                Lundi 25 juillet (307km)

               chantal-et-dom-sur-la-giant-s-causeway-chaussee-des-geants-irlande-du-nord.jpg Une petite pluie matinale nous surprend au lever du lit, mais rien de bien méchant. Le petit dej que nous engloutissons est copieux et de bonne qualité, il en sera de même les deux jours suivants. Nous quittons Dunfanaghy vers 9h15 en direction de l’Irlande du nord pour une journée de balade. Nous parcourons le N56 jusqu’à Letterkenny, puis la N14, l’A2 et la N13 pour arriver à Derry la 1ère ville importante d’Irlande du nord. Nous venons de franchir les 100 1er Km de la matinée et nous effectuons une pause au sommet du Mont Sandal Fort, situé à Coleraine. De ce joli point de vue nous embrassons toute la plaine et une partie de la ville. Il n’y a pas de doute, nous sommes bien en territoire britannique. En effet nous apercevons bordant les rues, l’Union Jack et le drapeau anglais accrochés aux lampadaires.

                la-giant-s-causeway-chaussee-des-geants-irlande-du-nord.jpggiant-s-causeway-chaussee-des-geants-irlande-du-nord.jpgNous voici arrivés au parking payant du site : Giant’s Causeway (Chaussée des Géants). Nous devons nous acquitter de 2 livres pour garer la brêle, mais comme nous n’avions pas prévu de faire du change, nous proposons de payer en euros. Le gardien du parking nous explique qu’il ne peut accepter notre monnaie, et finit par nous faire entrer gratuitement. Il faut dire qu’il n’y a pas foule et que nous sommes les seuls motards en ce début d’après midi. Nous empruntons le petit chemin qui nous conduit au phénomène géologique spectaculaire. Il faut la voir cette magnifique et impressionnante chaussée des Géants classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 1987. Elle est constituée d’environ quarante milles colonnes de basalte. Elles ont pris la forme de prisme, dû à la poussée et à la compression du magma pâteux. La Giant’s Causeway sort de mer en formant plusieurs escaliers grimpants à plus d’une centaine de mètres de hauteur. On distingue même un amphithéâtre avec ses gradins plus ou moins réguliers, tout cela est fascinant  à contempler. Il fait 28°, le soleil est partout présent, aucun risque d’averse. Nous décidons de faire le tour du site par le chemin de randonnée prévu à cet effet. De notre promontoire la vue plongeante sur la Chaussée des Géants et la Baie est extraordinaire de beauté. Nous quittons cet endroit avec la certitude d’avoir vu un des endroits les plus beaux d’Irlande.

                Au retour nous faisons halte à Gortmore posé sur le plateau de Binevenagh, le déplacement vaut uniquement pour le panorama de Lough Floye. Nous regagnons Dunfanaghy, la soirée se termine dans un restaurant, suivi d’une virée dans un pub devant une bonne Guinness en écoutant de la musique.

                Mardi 26 juillet (130 Km)

                belle-croix-celtique-au-bord-du-lough-kindrum.jpgUn temps ensoleillé avec une température de 26° nous est annoncé pour la journée. Nous profitons de cette aubaine pour visiter les Péninsules de Rossguill et Fanad. Pour cette escapade nous enquillons la route touristique Atlantic Drive à partir de Carrickart. Le relief de Rossguill est tourmenté et nous en apprécions les paysages. Nous passons Milfort au fond de la Mulroy Bay, puis Ranny Point par la R246. Une pause au bord du Lough Kindrum, nous invite à la balade en barque. Entre  Ballyhooriski Point et Rinmore Point, une belle plage borde l’océan sur trois Km. Fanad Head au bout de la Péninsule, est bordé de falaises déchiquetées et escarpées. L’endroit est venteux, mais nous permet néanmoins d’admirer le joli point de vue sur la Péninsule d’Inishowen. Fanad Head est aussi un lieu historique important pour les Irlandais. En effet c’est ici qu’en 1798, eut lieu la bataille qui opposa anglais et français et qui permit la capture de Wolfe Tone, le père de l’indépendance Irlandaise.

en-arriere-plan-le-phare-de-fanad-head-c-est-ici-qu-en-1798-eut-lieu-la-bataille-qui-opposa-anglais-et-francais.jpgLa route R268 se poursuit nonchalamment vers Porsalon, où une splendide plage longe sur environ deux Kms la côte accidentée. Pour en apprécier la beauté, nous grimpons la route en lacet et stoppons la machine sur le bord de la falaise. De ce nid d’aigle improvisé, nous contemplons la plage, ainsi que la Swilly Bay. Dans la descente en direction de Rathmullan, de grands cercles posés sur l’eau nous intriguent, il s’agit tout simplement d’une ferme marine d’élevage de saumons. Le petit port de pêche de Rathmullan (Ráth Maoláin) semble tranquille, pourtant une page historique Irlandaise s’est déroulée à cet endroit. En 1607, embarquèrent les Comtes Irlandais vaincus par les Anglais à Kinsale en 1601, et mis fin pour plusieurs siècles à l’indépendance Irlandaise. Nous filons vers Ramelton (Ráth Mealtáin) situé à quelques encablures.   Toute en longueur, elle pose ses demeures ancestrales au bord de la rivière Lennon. La visite est surtout intéressante pour ses anciens greniers et entrepôts à grain. Nous quittons Ramelton par la très pittoresque route 249, qui nous conduit au charmant village de Kilmacrenan. La journée s’achève à Dunfanaghy, pour notre dernière nuit dans cette magnifique région du Donegal.

                Mercredi 27 juillet (368 km)

 la-magnifique-plage-de-ballymastocker.jpgNous abandonnons sous une pluie fine, le Donegal pour le Burren et les Cliffs of Moher. En route pour Letterkenny par la N56, puis la N14 et l’A5 jusqu’à Omagh ville d’Irlande du Nord où nous effectuons une halte d’une heure. Dans cette bourgade eut  lieu le 15 août 1998, l’attentat le plus terrible et le plus meurtrier  que connut l’Irlande du Nord, il fit 29 morts et 220 blessés.

La pluie redouble de violence, elle sera notre compagne le reste de la journée, pas grave, puisque nous avons décidés de rejoindre Ennis ce soir. Les paysages que nous traversons, ne sont pas particulièrement jolis. Les plaines herbeuses, les cultures céréalières, les collines peuplées de pins se succèdent inlassablement une partie de l’après-midi. Vers 17h00, nous sommes de retour dans le Connemara. Nous débarquons à Gort, dans le Comté de Galway à 30km d’Ennis, il pleut des cordes, nous préférons passer la nuit ici et demain peut-être que le temps s’améliorera. Nous dégotons une chambre dans une vielle demeure de style victorien. La mamie qui nous accueille est très âgée.  Cette dame est remarquable de gentillesse, elle nous propose un café chaud accompagné de petits fours. Un motard Irlandais arrivé peu après, partagera cette collation avec nous. Une fois installé dans la piaule, la mamie nous invite à garer la meule derrière sa maison, dont le portail ferme à clef.

chantal-devant-les-anciens-greniers-et-entrepots-a-grainramelton-de-rath-mealtain.jpgL’heure n’ayant pas encore sonné pour s’engouffrer dans un resto, nous effectuons une visite courtoise de Gort. Comme dans les autres villes d’Irlande, les maisons et les vitrines de magasins sont revêtues de couleurs pastelles. Nous dînons chez « Johnny Wasle’s » excellent petit Resto-Pub

                Jeudi 28 juillet (128)

                Nous laissons la petite Mamie, avec un brin de nostalgie, nous ne manquons pas de prendre sa carte de visite.

cliffs-of-moher-214-metres-de-hauteur.jpgDépart 9h10, ce matin le temps est doux, cependant le ciel reste nuageux, mais semble clément pour la journée. Nous voici dans le Burren profond, la région regorge de site mégalithiques, de dolmens et fortins Celtique en tous genre, il n’y a plus de doute, nous sommes chez les Celtes. La petite route R460 vers Boston, en passant par Corrofin nous le rappelle à chaque instant. Nous traversons de part en part le « Burren National Park » d’une extrême beauté sauvage. La balade se poursuit par la R480 parmi les collines pelées et rocailleuses, jusqu’à Ballyvaughan situé sur la N67. A la sortie de la petite cité, je place la roue avant sur la R477. La R477 épouse à la perfection  la côte, en surplombant  la sublime Galway Bay.  Les 32km que nous empruntons ainsi nous offrent un somptueux panorama sur les îles Aran Islands ; plusieurs arrêts seront nécessaires pour immortaliser toute cette beauté.

                La R479 a pris le relais jusqu’au parking payant et surveillé de Cliffs of Moher. Il y a possibilité de se garer gratuitement sur une petite

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La Crête

Album photo sur la Crête : https://picasaweb.google.com/motovoyage35/CreteAvril2011

 

La Crête du 1er avril au 11 avril 2011

Vendredi 1er avril 2011

               Départ de Rennes à 6h10, TGV jusqu'à Roissy-Charles-de-Gaulle, arrivée à 9h15. Nous enregistrons nos bagages vers 11h00, ensuite, passage des contrôles des bagages à main et vérification des billets et passeports. L'heure de décollage est prévue à 13h00, mais nous décollerons avec 40 mn de retard. 16h15, arrivée à Athènes(AΘHNA), nous passons 5H00 d'attente pour prendre le vol d'Héraklion à 21h15 et atterrissage à 22h10, aucun contrôle à l'arrivée, une vraie passoire cet aéroport. Nous cherchons le loueur de voiture ART Rent Car, voiture retenue auprès d'auto escape. Une vraie galère, personne ne connait notre prestataire de location de voiture; enfin nous le trouvons grâce à une personne bienfaisante.

              Le contrat est signé sur le bord d'un banc, pas de bureau comme les autres loueurs présents au sein de l'aéroport. Nous trouvons cela très douteux, mais nous n'avons pas le choix, la location est déjà payée par internet. Finalement ça se passe bien, maintenant que nous avons la voiture, nous partons en quête de notre hôtel à Héraklion. La 2ème galère nous tombe dessus, la ville est un vrai labyrinthe Les rues sont très mal indiquées et lorsqu'elles le sont, le Grec n'est pas évident à lire. Nous mettrons quand même 2h00, pour trouver l'hôtel, mais à notre décharge, nous n'avions pas de plan.

Samedi 2 avril 2011

              Après une bonne nuit de sommeil, debout vers 8h50, une petite pluie tombe sur Héraklion. Nous recherchons un endroit pour  déjeuner, chose faite dans une petite rue. Notre 1ère impression sur la ville, c'est assez sale, un bordel monstre règne pour circuler, des voitures de garer n'importe où et n'importe comment. Les Crétois sont indisciplinés, aucun respect du code de la route, c'est parfois chaud, je dois redoubler de vigilance.

              Notre 1ère visite est knossos (Kvωaàc) (12€ pour 2), Le site de Knossos a été découvert en 1878 par un antiquaire Crétois. Il est habité depuis le XIII millénaire avant J-C. Un premier palais est construit vers 1900 avant J-C, détruit par un séisme en 1800-1700 av J-C. Le palais Minoen actuel date de 1650 ans avant JC, il sera à son tour détruit totalement par un autre séisme aux alentours de 1350 av J-C. Knossos reste le plus grand des quatre palais découvert à ce jour. L'ensemble est très moyen, une reconstitution plus ou moins réussie de quelques bâtiments, nous donne une idée des constructions de l'époque. Les façades en pierres de gypse ou d'albâtres sont immenses, elles se prolongent sur plusieurs étages, et sont accompagnées de piliers rouges. A l'intérieur du palais on trouve des fresques représentants des hommes, des femmes, des taureaux et animaux marins. Il y a des  zones interdites ou limité à l'accès, comme la salle du trône ou les quartiers de la reine, que l'on aperçoit furtivement à travers une porte dérobée ou de barreaux. A l'extérieur ou sous un abri, de nombreuses grandes jarres en terres cuites, qui servaient à stocker l'huile et les victuailles. Mais ce qui est regrettable, c'est que l'on voit trop de béton armé par endroit, comme les linteaux, les dalles de plafonds, les piliers ou les colonnes de couleur rouge. La pluie redouble de violence, nous continuons notre route la 99, vers Kasteli pour voir le site de Lithos (Λuττoς) mais la pluie et le vent nous font renoncer.

                  Nous retournons vers la côte, à Kato Gouve, le spectacle est sublime la mer est en colère. Nous faisons un arrêt à Liménas Hersónissou, une petite ville balnéaire à l'est d'Héraklion. Après une brève pause au bord de la plage de galet, nous    décidons de monter vers le plateau du Lassithi, nous finirons dans le brouillard. Le plateau est situé à 900 mètres d'altitude, dominé par la chaîne de montagne Oros Dikti et son point culminant le mont Dikti avec 2148 mètres. A cette époque de l'année, la neige règne sans partage au-delà de 1500 mètres. Sur le plateau du Lassithi on voit, des milliers de petites éoliennes disséminées parmi les champs de cultures et d'oliviers, servent à pomper l'eau du sous sol et à les irriguer, mais nombres de pompes électriques ont commencé à les remplacer. Agios Georgios, le petit village de montagne perché à 8OO mètres sera notre point de chute pour aujourd'hui. Nous prenons une chambre chez Maria, superbe et bien tenue. Ce soir nous prenons notre repas à la  Taverne Réa, tenue également par Maria, un succulent repas nous est servi, avec en prime un digestif maison accompagné de fruit, c'est la consolation de la journée exécrable que nous avons eu aujourd'hui.

Dimanche 3 avril 2011

                 Ce matin, il pleut des cordes, le vent souffle en rafales et, le thermomètre affiche péniblement 7°. Nous renonçons à faire la randonnée jusqu'à la grotte de Dikti où Zeus fut caché par sa mère, pour échapper à son père qui selon la légende avait pour habitude de dévorer ses enfants. Nous ne verrons pas le point de vue qui domine toute la vallée. Au croisement d'une route nous remarquons une chapelle miniature sur le bord d'un talus. Après renseignement pris plus tard, nous apprenons qu'il s'agit d'un hommage fait à un mort suite à un accident de la circulation. Malheureusement nous en  verrons beaucoup. Nous descendons vers la côte voir si le temps est meilleur. Peu avant Kràzi, nous buttons sur un troupeau de moutons au milieu de la route à la recherche d'un passage pour grimper le flanc de la montagne.

                 En arrivant à Agios Nikolaos la capitale du Lassithi à l'est d'Héraklion, il fait plus doux, mais la pluie persiste. Nous nous garons le long du front de mer, car le parking y est gratuit. Nous découvrons une belle ville balnéaire,  très propre, face au Golfe de Mirabello. Agios Nikolaos possède un très joli port de plaisance, une multitude de terrasses de café-restaurant agrémente le front de mer. Ses rues aux magasins luxueux, sont étroites, parfois entrecoupées d'escaliers raides à monter. La pluie a enfin cessé et le soleil fait une timide apparition en jouant à cache-cache avec les nuages, la température remonte aux alentours de 20°. Nous longeons la côte aux paysages superbes, par la route Nationale E75 Est, nous prenons sur notre gauche la petite route de 5km de long, qui nous conduit à Mochlos. C'est un charmant village de pécheurs perdu au fond d'une crique, avec une plage de galets, mais le calme y est très reposant.

                En face de Mochlos une petite île déserte, sur laquelle une cité Minoenne a été découverte au siècle dernier. Nous suivons maintenant la route qui remonte vers Mirsini, c'est également un très joli village agrippé à la  montagne. Nous filons sur Sitia que nous évitons, pour poursuivre sur Palékastro. Nous recherchons une chambre chez l'habitant, ce sera chez Kathérina. En fait, elle nous loue un appartement de trois pièces pour le prix d'une chambre (25€ la nuit), nous réservons deux nuits. Kathérina nous accueille avec un café et des petits gâteaux, elle parle couramment le français, il faut dire qu'elle a habité en France pendant 11 ans. Ce soir nous dinons dans un restaurant typiquement Crétois "L'Itanos" viandes grillées, salade avec croutons, crevettes et sauce.

Lundi 4 avril 2011

                Levés à 9h00, ben oui, nous sommes en vacances quand même, le soleil est en partie au rendez-vous, avec un vent fort. Nous partons en direction de Vaï, nous bifurquons vers l'ancienne cité d'Itanos. Il reste quelques belles ruines de  maisons, de fortifications et d'une basilique paléochrétienne. Il y a également de nombreux murs et fondations de la petite cité éparpillés sur une vingtaine d'hectares. Le coin vaut le détour pour la plage et la vue magnifique sur la baie. En repartant, faire une centaine de mètres et prendre la petite route de Sideros à votre droite. Vous grimpez cette dernière au maximum autorisé et profitez du panorama exceptionnel qui s'étale devant vous. Nous reprenons notre pérégrination, et nous arrivons à la palmeraie de Vaï, constituée d'environ 5000 palmiers Phoenix theophrastii. Ce qui en fait la plus belle et plus grande palmeraie d'Europe. Les palmiers sont à l'état sauvage, l'espèce est rare et protégée. Vaï situé à l'extrême nord-est de l'île est une splendide plage de sable fin. Un petit escalier à droite de celle-ci, nous permet de dominer  l'ensemble et de faire de beaux clichés, avant de rejoindre une petite crique. Retour à Palékastro un bref instant, et nous voici sur le site archéologique de Roussolakkos à environ 2 petits kilomètres de Palékastro. Nous sommes justes derrière la plage de Hiona que l'on aperçoit à quelques centaines de mètres. La ville Minoenne antique qui étale ses vestiges sur plusieurs hectares date de 3000 ans avant J.C. Cette ville Minoenne fut découverte au début du 20eme siècle, l'urbanisme y était très développé, on en constate encore les traces laissées par cette civilisation. Le site est perdu parmi les oliviers, ce qui n'en facilite pas l'accès. Nous faisons une pause à la plage de Hiona, puis nous repartons vers Zakros. La route est très sinueuse et grimpe à travers la montagne désertique, ou parmi les collines recouvertes de champs d'oliviers. Nous traversons le  bourg de Zakros, et prenons la route de Kato Zakros à travers des paysages de rocailles et de collines pelées. La route longe la falaise en surplombant la mer de plusieurs centaines de mètres, pour descendre dans un dénivelé de 10%, dans un bal de lacets impressionnants. Juste avant d'atteindre Kato Zakros dans un paysage sauvage de pierrailles, sur notre gauche nous apercevons la Vallée des Morts. Enfin nous atteignons ce petit village du bout monde, jadis peuplé de pécheurs, installé dans une magnifique crique. Une plage bordée d'arbres et de plusieurs tavernes, dont la plus ancienne s'appelle Akrogiali qui veut dire au bout de la mer. Elle n'est qu'à 5 mètres de la plage, elle a été construite en 1898. Le palais Minoen (3€ l'entrée) situé à 300 mètres de la plage, fut  découvert par deux pécheurs Crétois. En 1901 les premières fouilles mettent à jour une dizaine de maisons et d'importantes découvertes de l'ère Mycénienne. Les fouilles recommencent à partir de 1961 et continuent aujourd'hui. Il est le quatrième par la taille et un port a été mis à jour. Il possède une cour centrale composée de quatre ailes principales. Le palais date de 1600 avant J-C, avant d'être endommagé en 1500 av J-C par un séisme. Il est reconstruit immédiatement et ravagé définitivement en 1450 av J-C. Le retour à Palékastro se fait par la même route, le ciel se couvre de nouveau, sans apporter de pluie, mais le vent persiste.

Mardi 5 avril 2011

               Nous reprenons la direction de Zakros, ensuite nous prenons à droite la route très tortueuse pour rejoindre l'extrémité Est de l'île. Juste avant la descente et dans le dernier virage, nous apercevons la mer et Xérokambos en contre bas.  Le village s'étire sur une centaine de mètres, avec en arrière plan la montagne désertique, parsemée de rochers. La végétation de pins, de salicornes, de palmiers, de figuiers et d'oliviers sont présents partout sur cette bande de terre, entre mer et montagne. La plage s'étend sur une longueur de 6 km, entrecoupée de nombreuses criques est composée d'un beau sable blond. Une chapelle orthodoxe et, un site archéologique complètent le décor de cet endroit du bout du monde. La route en lacet, monte en zigzagant vers Ziros au milieu d'un paysage aride où pousse quelques buissons. Nous effectuons plusieurs arrêts photos dans la montée, tellement la vue sur la crique de Xérokambos est spectaculaire. Dans la montée du col, un troupeau de chèvres nous barre la route, comme  pour nous inviter à prendre le temps de vivre cet instant magique.

                 Nous passons Ziros et continuons notre route vers Lerapetra, la zone que nous traversons est très désertique jusqu'à Handras. Puis quelques pins font leurs apparitions, vite remplacés par des champs d'oliviers qui recouvrent les collines et la zone côtière. La côte que nous suivons depuis Mahrigialos n'est pas très jolie, des serres de cultures de tomates, concombres et autres légumes ont remplacés les oliviers. Nous filons à 30km/h, en traversant Lerapetra, il faut rester prudent, car les gens peuvent vous couper la route, s'arrêter sans prévenir, en voiture, en scooter ou à pieds. Lerapetra est une ville balnéaire tout en longueur, aux rues pas très propres, des tavernes, des cafés et des restaurants bordent le front de mer, un arrêt bref et nous continuons sur Mirtos. La route principale s'élève et regagne la montagne, les oliviers réapparaissent de nouveaux. La plaine  que nous parcourons du côté d’Ano Viannos par la route nationale 97, depuis un bon moment est une terre agricole aux multiples cultures, suivit par les champs d'oliviers mêlés de carrés de vignes. Il est 19h00, nous arrivons à Vori, que nous choisissons comme étape pour deux nuits. La pension Margit Vénétikos est agréable, la chambre coute 30 € par nuit, et le petit-déjeuner 10€, nous prenons l'ensemble. Pour finir la soirée, nous allons à la taverne du Belge, située à l'entrée du village en arrivant de Mires. Nous recevons un accueil chaleureux et en fin de repas, le patron nous sert en signe d'amitié, un alcool " le raki" et une petite coupe de fruit, vraiment sympa.

Mercredi 6 avril 2011

                Le petit déjeuner pris dans la salle d'accueil est copieux, vers 10h00 nous quittons les lieux et nous retournons à Agii Déka. Le site Gréco-romain est situé à 1 km d'Agii Déka, l'entrée est de 4 € par personne. Le plus intéressant de la visite est sans nul doute le mur situé dans l'Odéon où sont gravées les lois de Gortyne. En effet sur 2 mètres de haut   et sur une dizaine de mètres de long, il y a la plus importante collection d'épigraphe grecque aussi  bien conservée. Datant de 450 ans avant JC, il s'agit de la codification des droits du citoyen à l'époque dorienne. La basilique D'Agios Titos, dont il ne reste que les trois absides encore debout, sert maintenant de perchoir et de dortoir aux pigeons et moineaux. Une curiosité sur le site, c'est le platane situé derrière l'Odéon, qui reste vert toute l'année. De l'autre côté de la nationale 97 en visite libre, quelques vestiges disséminés parmi les oliviers millénaires, dont une colonne est restée prisonnière dans le tronc de l'un d'eux. Nous continuons et juste avant le village de Mitropoli d'autres ruines de la même époque sont dispersées de  chaque côté de la route. Notre promenade nous conduit tout naturellement à travers la montagne par une belle route à lacets pour rejoindre le village de Lendas. Les petits villages de Platanos, Plora, Miamoù et Krotos que l'on traverse avant d'arriver à Lendas sont accrochés aux flancs de la montagne. Une fois passé le col, une route étroite descend sur Lendas dans de magnifiques paysages.

                 Nous faisons une courte visite aux ruines romaines et à la petite chapelle situées à l'entrée du village. Le sanctuaire d'Asklepios compte un reste de temple avec deux colonnes debout sur les seize initiales. Sous un abri en tôle plastique, on peut observer, une belle mosaïque représentant deux calamars et un cheval à la queue de poisson.  Lendas est coincé entre mer et montagne, la plage de galets mélangée de sable gris est accessible à pieds, il faut laisser sa voiture derrière le village. On vient à Lendas pour le décor et la tranquillité, les lieux sont restés authentiques, pas de promoteurs en vue. Nous préférons la plage située à trois kilomètres à l'est de Lendas, que l'on rejoint par une piste caillouteuse et défoncée. Une taverne avec une tour et une belle terrasse borde la plage, le tout surplombant la crique. Depuis Lendas la piste de 15 km que nous empruntons vers l'ouest est très abimée, étroite et raide par endroit. Platià Peràmata est un tout petit village de pécheurs, il n'y a pas grand chose à voir et à y faire, nous remontons vers  Andiskàri. Nous rencontrons un berger et son troupeau peu avant Agios Kirillos, c'est l'occasion de faire quelques photos. Nous voici arrivés au Monastère Vrontisi à trois kilomètres à l'ouest de Zaros, situé au cœur du massif de l'Ida. L'entrée est libre d'accès, à notre gauche avant de franchir le porche une splendide fontaine vénitienne d'Adam et Eve sans tête. C'est un beau monastère restauré dans son style originel. La petite église est d'origine Vénitienne et a la particularité d'être orthodoxe d'un côté et catholique de l'autre. A l'extérieur un très beau panorama sur toute la vallée nous est offert. Notre dernière visite de la journée, nous conduit au palais de Phaistos. Le 2ème plus grand palais minoen après Knossos, édifié sur  le haut d'une colline vers 1900 avant JC, détruit par un tremblement de terre en 1600 av JC et une seconde fois en 1450 av JC. Les ruines que nous observons n'ont pas été reconstituées comme à Knossos, nous voyons clairement les appartements royaux, bassins, silos à grain, un puits de lumière et probablement des magasins ou appartements secondaires. Le palais de Phaistos de sa position dominait toute la région. Nous parcourons les quatre derniers kilomètres qui nous séparent de Vori. Nous garons la voiture devant la pension Margit, et nous effectuons une balade dans le village. La minuscule   place du village est occupée par une rangée de café, mais le plus intéressant ce sont les vieilles demeures aux portes pittoresques et patinées par le temps.

Jeudi 7 avril 2011

              Nous quittons la pension Margit vers 10h00, nous roulons sur la N 97 jusqu'à Agia Galini. C'est ici que nous laissons la côte sud et la N 97, pour remonter vers la côte nord et prendre la N 77. Nous passons entre le massif d'Oros Idi et le massif Lefkà Ori sous une pluie fine. Le mauvais temps sévit en montagne, mais il semble s'améliorer à l'approche de la côte. Les 55 km qui nous séparaient de Réthymno (Ρέθυμνο) sont franchis en un peu plus d'une heure. Nous trouvons une  place de parking le long du front de mer. Le ciel reste énormément chargé de gros nuages noirs, la mer est en colère et le vent souffle très fort, mais il ne pleut pas, c'est déjà ça. Nous envisageons quand même, d'accomplir la visite de la vieille ville, construite par les Vénitiens au XVI ème siècle. La vieille citée est particulièrement fascinante avec ses ruelles étroites et ses façades de maisons à l'architecture typiquement Vénitien. Elle a conservée son allure ancienne et aristocratique du temps passé. De belles portes voutées ornent les façades des maisons, aux avancées en bois très pittoresques. La forteresse également du XVIème, est située sur le front de mer, à l'est de ses remparts une monumentale porte permet de  pénétrer à l'intérieur. La citadelle fut édifiée par les Vénitiens, suite aux attaques incessantes du corsaire turc Barberousse. A l'époque de sa construction, elle était la plus puissante et importante de Crête. Le port de pèche quant à lui, est tout simplement mignon avec sa flottille de petits bateaux, il est bordé par de nombreux café-restaurants.

              La E75 a remplacée la N 77, et nous filons plein ouest vers Le port de la Canée (Hania). Nous décidons de faire halte à Kalyves (ΚΑΛΥΒΕΣ), pour deux nuits chez Christi appartements (30 € la nuit) de véritables petits studios, super propres et bien équipés. Il n'est que 15h00, nous reprenons la E75 vers l'ouest, nous passons Hania et nous allons jusqu'à Màleme situé à 35 km de Kalives. Notre but est de visiter le cimetière Allemand où reposent 4465 soldats tués pendant la seconde guerre mondiale. Ce cimetière a été créé dans les années 70, tous les ossements des soldats qui sont enterrés ici, ont été retrouvés  sur toute l'île de Crête. Ils sont inhumés par deux, voir par cinq, et c'est toujours impressionnant de voir ces alignements de tombes. Tous ces hommes ont été tués pour satisfaire l'idéalisme d'un seul homme, c'est affligeant de penser que beaucoup sont mort avant d'avoir eu vingt ans. Nous parcourons une centaine de mètres, sur la petite route qui serpente à travers les oliviers et qui descend vers Màleme. Nous garons la voiture sur le bas côté à la crètoise, et nous prenons le sentier qui mène au Tholos (θόλος) de l'époque minoenne. Ce monument funéraire de forme carré est très bien conservé, les murs d'entrée sont intacts, le linteau de la porte est encore en place, seul le plafond a subi l'outrage du temps et c'est effondré. Nous rentrons tranquillement sur Kalyves (ΚΑΛΥΒΕΣ), puis une balade le long des quais termine cette journée. Le vent continue de souffler fort, la méditerranée est toujours aussi déchaînée, et le ciel a revêtu son manteau noir, mais il ne pleut pas.

Vendredi 8 avril 2011

             Il est 8hOO, nous prenons notre temps pour nous lever, le beau temps est revenu, le soleil nous fait un clin d'œil et la mer bleue azur est calme. Nous grimpons jusqu'à Aptera (Ατττερα) situé à 10 km de Kalives, le site romain  date du 1er au XVII ème siècle avant JC. Il est situé sur la colline de Paliokastro, à une altitude de 230 mètres. La citée dominait la Baie de Souda au nord, le massif des montagnes blanches au sud et à l'ouest toute la plaine d'Apokoronas. Elle bénéficie d'une position politique et militaire, incomparable dans la région. Elle possédait deux ports, Cela lui à permis de développer et d'asseoir sa puissance économique. L'entrée est normalement de 3€ par personne, mais la caisse est fermée et le site ouvert? Nous entrons. La villa romaine devant l'entrée est bien conservée, les vestiges d'un temple à droite, deux grandes caves à notre gauche, un peu en contre bas trois immenses citernes à eau en superbe état. Les ruines d'un complexe de bains publics sont juste en dessous, et plusieurs restes de bâtiments sans explications sont disséminés sur le site. Un petit sentier nous conduit à une centaine de mètres parmi les oliviers au théâtre ancien, dont une bonne partie reste à découvrir.  Du théâtre nous avons un panorama exceptionnel sur les cimes enneigés du massif Lefkà Ori, dont le sommet atteint 2453 mètres d'altitude. Nous prenons l'ancien chemin du village d'Aptera sur plusieurs centaines de mètres, pour découvrir un morceau de muraille qui entourait la citée romaine. Nous reprenons la voiture pour faire le petit km qui nous sépare de la forteresse Ottoman édifié au cours du XVIème siècle. Elle est en parfaite état de conservation, de cet endroit on jouit d'un magnifique point de vue sur la Baie et la presqu'île d'Akrotiri. Nous remontons la E75 en direction de Réthimno, et nous sortons à droite de Georgioupoli, pour emprunter la route étroite qui  conduit au lac Kournas. C'est le seul lac d'eau douce de Crête, coincé entre les montagnes, plusieurs cafés-restaurants bordent la rive.

              En passant à Georgioupoli (εωργιούπολη), nous nous y arrêtons un bref instant pour faire quelques  clichés du minuscule port de pèche et de sa petite chapelle Saint-Nicolas située au bout de la jetée en rochers. Georgioupoli c'est aussi, une belle plage et un village balnéaire, qui attire de nombreux touristes l'été. Nous poursuivons notre balade par une petite route de campagne Crétoises, pour atteindre Vamos en passant par Kal Amigdali et Kal Aléxàndrou. Vamos est un village où les habitants ont formés un comité de sauvegarde, pour reconstruire et restaurer les biens ancestraux. Le résultat est réussi, de jolies demeures ont retrouvés leurs caractères d'antan. La suite de la promenade nous emmène à Kefalas, puis Kokkino Horio situé en hauteur d'où l'on peut embrasser d'un regard la Baie et la grande bleue. Nous retournons au village de Kalives situé à seulement 10 km de Kokkino. Nous profitons du temps qui nous reste, pour flâner dans Kalives. Kalives c'est un  charmant petit village posé au bord de la méditerranée, dans l'admirable Baie de Souda. Nous déambulons le nez en l'air dans la rue principale à la recherche d'un restaurant que nous ne tardons pas à trouver.

Samedi 9 avril 2011

             Il est déjà 10h00, quand nous quittons les lieux et reprenons la E75 en direction de Réthimno. Arrivé à Stavroménos nous suivons sur notre droite l'ancienne route nationale (old road) qui est plus intéressante, car elle traverse des petits villages et serpente dans la montagne. Mélidoni nous accueille et se laisse charmer par quelques belles  maisons restaurées et de vieilles portes crétoises, qui à elles seules valent le coup d'œil. A gauche et à la sortie de Mélidoni, nous grimpons la route goudronnée sur deux kilomètres, jusqu'à la grotte du même nom (3€ l'entrée/personne). C'est ici, en 1824 que 370 civils et 30 soldats se réfugièrent pour échapper aux Turc, mais leur cachette devint leur tombeau. En effet l'armée turque alluma de grands brasiers à l'entrée de la grotte et enfuma les malheureux, qui succombèrent par asphyxie. La grotte est une immense cavité en forme de grosse cloche, à l'intérieur un monument aux morts et un ossuaire.

              Nous voici à Bali, petit port de pèche en pleine expansion touristique, on construit à flanc de colline  et en espalier. De belles petites plages au sable gris et des microscopiques criques déchiquetées bordent le village. Au mois d'avril c'est un endroit calme, mais en pleine saison c'est la foule des grands jours et ça devient l'enfer pour circuler, aux dires des habitants. Nous arrivons à Pànormo à 20 km de Rétymno et à 50 km d'Héraklion, la pension Lucy située dans la rue principale nous loue un petit studio pour 40 € la nuit. La propriétaire est Italienne et parle le français, l'accueil est sympa, la dame nous on offre le Raki et une bouteille d'eau minérale en signe de bienvenue. Ce soir, la balade que nous entreprenons est surtout un prétexte pour prendre plusieurs clichés du coucher de soleil. En partant du port, prendre le chemin à gauche de la belle villa située à la sortie de Pànormo, il grimpe le long de la colline. Il est bordé de tamaris sur  une centaine de mètres, puis il faut ouvrir le portail et ne pas oublier de le refermer, afin d'empêcher le bétail de sortir. Vous vous promenez au son des cloches, que portent nonchalamment quelques moutons et chèvres et qui sonnent aux grès de leurs mouvements. La promenade valait le déplacement, nous ne sommes pas déçus, le coucher de soleil est de toute beauté. La soirée se termine à la taverna Géronymos, dans le centre de Pànormo. L'accueil est sympa, on vous met la télé sur une chaîne francophone, le repas est simple mais très correct.

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Québec et New-Brunswick

Québec et le Nouveau-Brunswick  du 23 juillet au 16 aoùt 2009

 Pour consulter les photos sur Québec, veuillez cliquer sur le lien : http://picasaweb.google.com/motovoyage35/Quebec2009?feat=directlink
 

                1er jour, jeudi 23 juillet (110 km)

               Départ de Rennes le 23 juillet à 6h10, le T.G.V nous conduit vers l'aéroport à vive allure. Il est 9h15, quand nous posons les pieds à la gare de Roissy. Nous prenons notre temps pour rejoindre le terminal, où se situe notre avion de la compagnie Air Transat. Le vol est prévu à 13h25 pour Québec, cela nous laisse un bon moment de libre, pour faire enregistrer nos bagages. C'est sous un soleil radieux et chaud que le Québec nous accueille, il est à peine 14h40. Le décalage horaire de 6h00, nous permet d'avoir le reste de l'après-midi pour nous organiser, trouver un motel et un restaurant pour cette première journée. Nous récupérons nos valises et passons la douane de l'aéroport, ensuite nous allons prendre possession de la Chevrolet que nous avions retenue par internet. Nous ramons un peu  pour quitter l'aéroport, puis nous empruntons la route 138 vers Tadoussac. C'est à Château-Richier que nous dénichons le "Motel Spring" légèrement retiré de la route principale et non loin du St-Laurent.

               Il n'est pas trop tard, nous décidons d'aller faire une petite promenade dans le village de Ste-Anne de Beaupré qui est situé à quelques encablures. Ste Anne de Beauprés est installée à 20 mn de la ville de Québec. Cette petite bourgade est  mondialement connue grâce à sa basilique catholique Sainte-Anne-de-Beaupré. C'est un lieu de pèlerinage, qui attire chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Nous finissons la soirée dans un petit restaurant-pizza, le "Hollywood-pizza".

               2ème jour, vendredi 24 juillet (195 km)

               Lever ce matin à 8h00, après un petit déjeuner copieux, nous prenons la direction de Québec. Puis nous enjambons le fleuve St-Laurent, sur un magnifique pont suspendu métallique qui relie l'île d'Orléans à la rive gauche du fleuve, depuis 1935. C'est Jacques Cartier qui en 1536 la nomme île d'Orléans en l'honneur du Duc d'Orléans, fils du Roi de France, François 1er. La petite route (appelée . chemin Royal) qui suit le pourtour de l'île, nous fait découvrir de magnifiques villages. Le premier est Ste Pétronille fondé en l'an 1870, c'est ici que les Hurons "Wendake" chassés par les anglais y trouvèrent refuge en 1651. Une rue étroite nous conduit à la pointe de l'île et nous offre un spectacle grandiose sur la chute d'eau de Montmorency. En toile de fond  on aperçoit Québec et le château de Frontenac. St-Laurent est le second village de notre balade, peuplé dès 1660 par des colons Français. La paroisse prend vie en 1679 sous le nom de St-Paul, puis définitivement St-Laurent en 1698. Une 1ère église vit le jour en 1675, toute en bois, elle fut remplacée par une autre plus solide, construite de pierres en 1697. Remaniée plusieurs fois, elle finit par être démolie en 1864 et remplacée par l'église actuelle édifiée en 1860 de l'autre côté du cimetière. Elle possède des vitraux de 1900 et aussi plusieurs tableaux de la fin du XIXème. A St-Laurent on trouve des vestiges des chantiers de marine et des chalouperies, qui à l'époque de sa plus grande production, fournissaient quelques 400 chaloupes par an.

               St-François, qui a vu sa naissance vers 1679, et où la première église de style breton voit le jour en 1734, détruite suite à un incendie en 1988, fut reconstruite à l'identique en 1992. Saint-François est surtout un village d'agriculteur. En effet, bénéficiant d'une grande étendue de terre, on y récolte principalement poireaux et pommes de terre. De l'autre côté du chenal des grands voiliers, on a une vue superbe sur le Mont-Ste-Anne et le Cap Tourmente. Nous abordons l'autre côté de l'île, et nous arrivons au parc des bisons. L'entrée est de 5,00 $, une piste de 4 km en fait le tour, nous l'empruntons à la vitesse d'un homme au pas. Nous parcourons la prairie à la recherche de ces gros mammifères, que nous apercevons au loin s'en pouvoir les approcher. Les bisons sont libres de déplacement et peuvent traverser la piste comme bon leurs semblent. Nous ferons deux fois le parcours pour mieux les observer, et nous avons la chance de les voir de très près, c'est extraordinaire de pouvoir approcher ces montagnes de muscles.

                Nous poursuivons notre flânerie de l'île, par le village de Sainte-Famille fondé en 1661, possède une vue sublime sur la Côte de Beauprè et le mont Saint-Anne. Sainte Famille est la plus ancienne paroisse de l'île d'Orléans. Sainte-Famille partage avec Saint-François la plus grande concentration de maisons en pierre, datant de l'époque Française au  début du XVIIe siècle. Ces maisons solides rappellent la ténacité et le courage des premiers colons, dont les descendants sont fiers. Les résidants de l'île entretiennent encore aujourd'hui le patrimoine et les traditions de leurs ancêtres, entamés il y a plus de trois siècles. Une première église voit le jour en l'an 1669, modeste de part ses dimensions, en effet elle ne mesurait que 26 m de long, sur 11,70 m de large. Cette église accusa dès 1700 des vices de construction. L'état en était si  pitoyable dans les années 1730/1740, qu'on décida d'en construire une seconde. Les travaux débutèrent en 1740, l'église actuelle est classée monument historique depuis 1980. Elle possède trois clochers, ce qui est unique dans tout le Québec. La décoration intérieure date de 1812, une gracieuse voûte décorée de caissons supporte l'ensemble de la toiture. Les murs, le chœur et le transept sont également décorés, le tout est agrémenté d'œuvres d'art du XVIIe et XVIIIe siècle. Les cloches de l'église dates de 1919, et on été coulées à Annecy-le-Vieux en Haute-Savoie.

               Nous continuons notre visite par le dernier village de l'île. Saint-Pierre est Situé au sud-ouest de la rivière Pot-au-Beurre, Saint-Pierre coule des jours heureux depuis 1662. Une chapelle fut érigée en 1662, et l'église actuelle édifiée en 1717, en fait la plus vieille église du Québec. Les troupes de l'armée Anglaise sous le commandement du général James Wolfe occupèrent l'île d'Orléans et l'église de Saint-Pierre. Ils saccagèrent le presbytère de cette dernière, avant de rejoindre les Plaines d'Abraham et de livrer la bataille, qui entrainera la perte de Québec par les Français en 1759.

               En début d'après-midi nous arrivons à Québec "Kebek" dont le nom est d'origine Algonquine, qui signifie passage étroit, soit le rétrécissement du St-Laurent à l'endroit du Cap Diamant. Les grandes dates de la ville de Québec :

 1608, la ville de Québec est fondée par Samuel de Champlain à proximité d'un ancien village Iroquois appelé Stadaconé. Québec est considéré comme le berceau de la civilisation française en Amérique du nord.

1620, construction du fort Saint-Louis par Samuel de Champlain.

      1629, les frères Kirke s'emparent de Québec jusqu'au retour des Français en 1632.

      1690, la batterie royale est érigée par Frontenac.

      1711, naufrage sur les récifs de l'Île aux œufs de plusieurs navires de la flotte de l'amiral Walker venu assiéger Québec.

     1759, siège de Québec et bataille des plaines d'Abraham qui donne lieu à un affrontement entre la troupe française du Lieutenant Général marquis de Montcalm et l'armée anglaise du Général James Wolfe. Les anglais gagnent la bataille, mais les deux chefs meurent des suites de leurs blessures. Les forces sont inégales, côté anglais, 150 vaisseaux de guerre armés de 1900 canons, 13500 marins, 8500 soldats. Du côté Français, quelques dizaines de canon et 15000 hommes défendent la ville.

      1760, lors de la bataille de Sainte-Foy, les troupes françaises sous le commandement du chevalier Gaston de Lévis assiègent Québec. L'arrivée de navires anglais en renfort change la donne et Lévis lève le siège pour regagner Montréal.

      1775, le siège de Québec par les troupes américaines de Richard Montgomery et Bénédict Arnold échouent, le premier meurt au combat et le second encerclé, se rend.

       Il est environ 14h00, nous laissons la voiture au parc de stationnement des bus, et nous prenons une navette électrique pour rejoindre le vieux Québec historique. Nous descendons à un arrêt de bus situé aux pieds de la rue Notre Dame. Nous entamons la remontée de la rue étroite et très pentue, bordée de maisons datant du XVIIe au XVIIIe siècle. Nous bifurquons vers l'insolite petite rue Sous le Fort, et au bout nous découvrons la Batterie Royale édifiée en 1691. Les dix bouches à feu qui constituent cette batterie ont été offertes par la France.

               La place Royale, nous fait contempler un ensemble de superbes demeures en granit, nous rappelant les habitations de certaines villes de Bretagne. Il ne faut pas oublier que la Place Royale est considérée comme le berceau de la civilisation Française en Amérique. C'est ici en 1608, que Samuel de Champlain construisit sa première cabane en bois. Nous empruntons la côte de la Montagne et longeons le Parc Montmorency, tout en franchissant la Porte Prescott. C'est ici que l'on remarque l'imposante muraille de 4,6km qui encercle la vieille ville. La rue De Buade nous conduit à la Basilique-Cathédrale Notre-Dame de Québec. Cette 1ère église de Québec fut édifiée par Samuel de Champlain en 1647, ce qui en fait la plus ancienne paroisse de l'Amérique du nord. Suite à l'incendie qui ravagea cette dernière, une seconde église fut construite par des jésuites qui a son tour connue la destruction par les anglais lors du siège de Québec en 1659. C'est en 1874 que le pape Pie IX éleva l'église au rang de Basilique-Cathédrale. L'actuelle Basilique-Cathédrale Notre-Dame de Québec fut de nouveau touchée par le feu en 1922, restaurée et reconstruite en 1923. A l'intérieur de la Cathédrale de superbes vitraux, un dais épiscopal, également une magnifique lampe offerte par Louis XIV et trois orgues des frères Casavant. Dans la Crypte, reposent les évêques de Québec, ainsi que quatre gouverneurs de la Nouvelle-France.

               En sortant de la Basilique, sur la droite au 2 rue de la Fabrique se trouve le Petit Séminaire, qui abrite le musée de l'Amérique française. Le musée d'histoire de Québec fait revivre les moments les plus importants de l'Amérique française.

               Notre visite se poursuit vers la porte St-Jean édifiée au XVIIIe siècle. La rue qui porte le même nom, est l'artère la plus  touristique et la plus animée du vieux Québec. A droite de la porte Saint-Jean, le site du Parc de l'Artillerie, est un haut lieu de l'histoire de Québec. La rue d'Auteuil nous tend les bras vers la porte Saint-Louis. Elle est rude à monter, mais les demeures du XVIIIe siècle qui la borde, valent à elle seule le détour. Nous remontons la rue Saint-Louis à la fois captivante et trépidante de vie, qui nous mène directement vers le Château Frontenac. Le majestueux château hôtel édifié en 1893, doit son nom au comte de Frontenac, illustre gouverneur de la Nouvelle France.

               Nous sommes maintenant arrivés devant le monument statue de Samuel de Champlain, le fondateur de Québec. En contre bas,  la terrasse Dufferin, bordée de canons de marine et de bancs, nous offre une vue exceptionnelle sur le Saint-Laurent et la basse ville. Nous poursuivons par la promenade des Gouverneurs, qui longe les remparts de la citadelle, avec une multitude d'escaliers. La citadelle constitue l'ultime fortification de Québec, sa construction débute en 1820 et s'étale sur 30 ans. Un sentier nous conduit sur les portes et les murs des remparts, de la dernière ville fortifiée d'Amérique du nord. Du haut de l'imposante muraille, nous admirons la vieille ville et ses rues étroites d'un côté et de l'autre une vue sur le parlement et la ville moderne.

               A partir du kiosque situé au bout de la citadelle, nous entamons la visite du Parc des Champs de Batailles ou encore appelée  Les Plaines d'Abraham. C'est un endroit magnifique tout près du Saint-Laurent. C'est ici qu'eut lieu la grande bataille en 1759, où le lieutenant général Louis-Joseph de Montcalm perdit la vie et la France son immense territoire d'Amérique.

 Nous terminerons cette belle journée dans un restaurant du vieux Québec, il n'y a que l'embarras du choix. Vers 23h00, nous sommes au vieux port, pour regarder la projection sur le mur du moulin à images, qui retrace l'histoire de Québec.

              3ème jour, samedi 25 juillet (300 km)              

              Déjà 7h00, nous entamons notre journée par un solide déjeuner. En route vers Québec par la route 138 ouest, puis l'A 40  ouest, ensuite l'A 73 nord et enfin nous prenons la sortie 154 pour rejoindre le Boulevard Bastien direction Loretteville. C'est ici que se situe la réserve de la nation Huronne-Wendat, sur un minuscule territoire de 1,5 km de long et 0,5 km de large. Le peuple Huron-Wendat est l'une des nations amérindiennes autochtones les mieux urbanisées du Québec. Les Hurons-Wendat utilisent principalement la langue française au détriment de la langue ancestrale huronne. Ne vous attendez pas à voir des amérindiens vivants sous des huttes ou des tipis. Les Hurons comme le reste des autres tribus vivent comme tout les Canadiens, dans des maisons en bois et roulent en voitures américaines.

              Le plus intéressant de cette visite est incontestablement le village Huron reconstitué. Il est entouré de palissades en épinette. Nous prenons la visite guidée; on nous donne des explications sur la construction des habitations ancestrales en bois et en écorce de  bouleaux. La maison longue qui abrite une famille ou un clan, nous impressionne de par ses dimensions, environ 20m  de long et 7 m de large. La visite se poursuit vers un wigwam, un séchoir à viande, une hutte de sudation, un fumoir à poisson et viande, la cabane du Chamane. Le spectacle de danses et animations traditionnelles est à ne pas manquer. Il est midi, nous en profitons pour prendre notre repas directement sur le site. Le restaurant, (Nek&Arre) offre divers menus authentiques à base de poisson et de gibier.

               Nous continuons vers le village de Wendake (moderne), situé à quelques centaines de mètre du village reconstitué. Une population d'environ 1300 Hurons habitent Wendake et 1700 vivent à l'extérieur. La charmante église Notre Dame de Lorette construite en 1862, est classée monument historique. Elle est vénérée par la Nation Huronne reconvertie à la religion catholique. Le village autour de l'église se compose essentiellement de restaurant et de magasins artisanaux, aux noms évocateurs : Raquette Gros Louis, l'Oiseau Tonnerre, Boutique Terre de   l'Aigle, Le Petit Huron, etc. L'économie principale est bien sur le tourisme et la fabrication artisanale de mocassins, de canots et de raquettes exportés dans le monde entier.

               Au bord du torrent et sur la place de la Nation, Il ne faut pas manquer la superbe fresque du peuple Wendat (Huron). Cette fresque marque le passage de l'histoire ancienne du peuple Wendat à la vie moderne. Nous descendons vers la magnifique chute d'eau Kabir-Kouba, qui est encaissée dans un canyon d'une profondeur de 42 mètres. D'une hauteur de 28m, la chute nous fait part de son mécontentement par un rugissement de son eau limpide.

              Il est 15h30, nous reprenons la route 175 Nord/Est, et les 200 km qui nous séparent de Chicoutimi. Nous longeons le Parc National de la Jacques Cartier, niché dans l'une des plus belles vallées glacières du Québec. Cet ancien territoire de chasse et chemin reliant Québec et le Lac Saint-Jean, était autrefois utilisé par les Montagnais et les Hurons. Le parc est situé au cœur de la réserve Faunique Des Laurentides.

              Nous poursuivons notre route à travers la réserve Faunique des Laurentides, créée en 1895 par le gouvernement Canadien. Cette dernière couvre environ 10 000km2, ce qui en fait l'une des plus grandes réserves de Québec. Elle est formée de montagnes aux  sommets ne dépassant guère les milles mètres, de forêts de résineux et de feuillus, de multiples lacs et de rivières. On y rencontre une faune très variée, loups, orignaux, caribous, castors, lynx, ours noirs et une centaine d'espèces d'oiseaux. Nous arrivons vers 18h30 à quelques km de Chicoutimi, nous prenons nos quartiers à l'Hôtel Mont-Valin où nous recevons un accueil très sympa. Nous sommes aux portes du Saguenay, demain nous bifurquerons vers Roberval.

              4ème jour, dimanche 26 juillet (230 km)

              9h00, nous quittons l'hôtel Mont-Valin, la route 70 Nord, et la route 170 Nord que nous empruntons longe la rivière Saguenay. Nous traversons plusieurs villages, dont Lac aux Bleuets, Larouche, La Chaîne et Saint-Gédéon-sur-le-lac avant d'atteindre le lac Saint-Jean. Cet immense lac, véritable mer intérieure, c'est formé dans une ancienne cuvette glacière. Son ancien nom d'origine indienne est  Piékouagami qui signifie "le lac plat". Nous poursuivons par la route 169 Nord, qui suit le lac. Il est presque 10h30, quand nous arrivons  sur le parking du village historique de Val-Jalbert. Le village est né au début du XXe siècle et meurt en 1927, à l'aube de la crise de 1929. Il est bâti autour d'une pulperie, pour la fabrication du papier. C'est Damase Jalbert qui fonde la compagnie de Pulpe Ouiatchouan et construit l'usine de pâte à papier au pied d'une chute d'eau d'une respectable hauteur de 72 mètres (21 m de plus  que les chutes du Niagara). De l'usine de pâte à papier, il ne reste que des ruines, mais à l'intérieur du grand bâtiment aménagé en musée, beaucoup de choses intéressantes sur l'industrie papetière. C'est à  partir de 1987 que le village reprend vie à nouveau, pour devenir l'un des endroits le plus fréquenté du Lac Saint-Jean. Le village était composé d'environ 80 maisons, et comprenait 950 habitants dans les années vingt. La plupart des maisons ont disparues ou sont en ruines, mais environ une dizaine ont été restaurées. La visite de ce lieu est très intéressant, rien que pour la balade et le rôle historique.

              Il est aux alentours de 15h45 quand nous arrivons à Saint-Félicien, il pleut et il fait 18°. Le Motel Moreau est situé au bord du Lac-St-Jean et à l'entrée de la ville, il est tenu par des Français du Jura immigrés en 2007. Une visite brève de Saint-Félicien, nous fait découvrir une magnifique petite église, ainsi qu'un parc charmant en bordure du lac.

               Comme nous avons le temps nous rebroussons chemin sur 22 km, pour aller voir une petite réserve d'amérindiens Montagnais,  le village s'appelle "Mashteuiatsh" qui signifie "là où il y a une pointe". Mashteuiatsh est la seule communauté autochtone au Saguenay-Lac-St-Jean. La tribu des Montagnais comprend environ 4800 membres, dont 2000 vivent dans le village. L'activité économique est essentiellement l'artisanat, le tourisme, l'industrie du bois et du tabac. Les langues officielles du peuple Montagnais sont le Nehlueun et le Français. Le village est fondé en 1856 par le gouvernement Canadien. Il bénéficie d'un emplacement idéal, puisque placé au bord du lac Saint-Jean, mais n'en demeure pas moins une réserve. La pluie et le vent redouble de violence, nous finissons la soirée dans un restaurant de St-Félicien.

              5ème jour, lundi 27 juillet (130 km)

              Ce matin 9h00, le soleil est au rendez-vous et il fait une vingtaine de degrés. Nous partons en direction du Parc Zoologique (68$) pour une visite à ne pas manquer. Le Zoo a été fondé en 1960, sur une superficie de 485 hectares, 80 espèces et 1000 animaux vivent librement dans de grands espaces naturels. Une partie est  réservée au zoo traditionnel, dont les vedettes sont deux ours blancs, que l'on observe derrière des vitres. La seconde partie est le Zoo sauvage qui se distingue en faisant cohabiter différentes espèces dans des habitats aussi semblables à la réalité que possibles. Le clou de la visite c'est incontestablement la balade du sentier de la nature, d'une longueur de 7 km, à bord d'un petit train grillagé, pour votre sécurité.

 

                En effet nous nous promenons au milieu des animaux sauvages nord-américains, dans un espace représentant les grandes régions canadiennes. Nous y rencontrons des ours noirs, des bisons, des caribous, des orignaux, des loups en toutes libertés. Nous traversons également des reconstitutions de six modes de vie : la ferme du colon, le camp du traiteur, la poste de traite, le camp du bûcheron, le ranch de l'ouest et le village amérindien. En milieu d'après-midi un orage éclate lorsque nous atteignons la salle musée, pour y voir la projection de deux films, le 1er sur la Boréalie et le second sur la vie des  Inuits au début du XXe siècle et l'élevage des grands troupeaux de rennes.

              L'orage cesse au moment où nous quittons le parking par la route 169 Nord, 1h40 plus tard nous arrivons à Saint-Henri de Taillon. Il fait de nouveau très beau, nous décidons de camper et nous posons la toile au camping de Belley au milieu d'une pinède et au bord du Lac St-Jean. Une plage magnifique longe le camping sur 3 km, dans un site exceptionnel, nous marchons dans du sable fin et doux,   devant nos yeux, quelques îlots parsèment le lac. Nous attendons le coucher de soleil, et nous profitons des dernières lueurs magiques de cet endroit sublime. Il parait que c'est une des plus belles plages de Québec. Elle est située à quelques kilomètres d'Alma, au centre de la région du Saguenay et à quelques minutes du Parc national de la Pointe-Taillon.

              6ème jour, mardi 28 juillet (240 km)

              Le soleil est déjà levé depuis plusieurs heures. Il est 7h30, quand nous commençons à plier la toile et à charger le barda  dans la Chevrolet. Nous sommes sur la route 169 Sud, nous stoppons à Saint-Cœur-de-Marie, pour prendre notre petit-déjeuner dans un bar-resto "le Gusto", surprise le serveur est Français originaire de Montpellier. Une demi-heure plus tard, nous bifurquons par la route 172 Est et à Saint-Ambroise nous quittons la 172 Est   par erreur et nous suivons la route du portage Lapointe. Nous décidons de la suivre, une piste prend le relais jusqu'à la rivière shipshaw et la superbe chute aux galets. Nous revenons sur nos pas et prenons la piste qui enjambe la rivière Shipshaw par un pont couvert. Après Saint-Honoré nous retrouvons la route 172 Est ou aussi appelée la route des baleines et nous roulons vers la Baie Sainte-Marguerite.

              13h00, nous venons de prendre un orage violent, pendant 20mn il a plu des cordes, on roulait au ralenti à peine 40km/h.  Nous voici arrivés dans le Parc National du Saguenay et le soleil est de retour avec 27°, nous nous acquittons de l'entrée pour une modique somme de 7$. Nous prenons le sentier qui nous conduit au belvédère, et de ce promontoire nous admirons le panorama splendide de la Baie Sainte-Marguerite. C'est un excellent observatoire pour contempler aux jumelles, les Bélugas et aussi quelques phoques. C'est dans cette baie que les Bélugas s'y rassemblent avec leurs progénitures, ils y sont abondants, nous en voyons une quinzaine en 1h30. La baleine blanche "Béluga" est la seule à être sédentaire, elle vit essentiellement dans le Saint-Laurent et le Saguenay. Sa taille varie de 2,80m à 3,70m pour un poids d'environ 800kg, sa population est estimée aux alentours de 1100 individus et elle est protégée.

              Parlons un peu du Saguenay, il s’étend sur 3 km de large et 100 km de long depuis l’entrée de Tadoussac jusqu’à Saint-Fulgence. Le Fjord du Saguenay est l’un des plus longs du monde. Le mot fjord vient du Norvégien, qui signifie "vallée glaciaire envahie par la mer". Il atteint une profondeur maximale de 276 mètres au Cap Trinité. Il est alimenté en eau douce par le Lac Saint-Jean et ses nombreux affluents.

              Nous montons dans la Chevrolet et continuons la route 172 Est en direction de Tadoussac, dans la région du Manicouagan. Nous prenons sur la gauche la route 138 Est, et rejoignons Les Bergeronnes où nous plantons la tente pour deux jours au camping « Bon Désir ». Le camping est bien situé, au centre du pays des baleines et en bordure de l’estuaire du Saint-Laurent. On installe la toile sur un tapis d’herbe et au milieu des arbres. Le site est bien équipé, il y a un dépanneur (petit commerce), lave-linge, sèche-linge et douches payantes. Comme il n’est pas trop tard, nous en profitons pour faire un peu de lessive. Un petit tour dans le camping nous mène au bord du fleuve et de ses plages, nous continuons à flâner en observant les Cormorans et les Goélands joués avec le vent. La nuit nous surprend, il est 20h00, nous finissons la soirée au restaurant "Le Boisé" bonne table, spécialité de fruits de mer, il est situé à Les Bergeronnes, route 138.

              7ème jour, mercredi 29 juillet (110 km)

              7h00 debout, aujourd’hui c’est la journée baleines, nous prenons notre petit déjeuner à la toile, après la douche, nous quittons le camping. Nous nous mettons en quête de la compagnie Neptune, afin d’acheter les billets pour une navigation de deux heures sur le Saint-Laurent. Une fois les sésames en poche nous gagnons le site de départ, qui se trouve à Grandes Bergeronnes. Il fait chaud, il y a un snack sur place, nous en profitons pour nous restaurer. Le rendez-vous est fixé à 13h30, on nous équipe de combinaisons étanches et chaudes, avant l’embarquement sur les zodiacs. Il est 14h00, la grande aventure débute, nous sommes tout émoustillés, à l’idée de voir les plus gros mammifères que la terre est portée. Le Zodiacs Neptune IV quitte l’embarcadère, une sensation de fraicheur nous envahit immédiatement. Le premier  indice que l’on aperçoit est le jet de vapeur dégagé par l’évent du cétacé, mais l’animal est loin. Les 45 mn se passe ainsi à les voir de loin, sans pouvoir les approcher à moins de 300 ou 400 mètres. Bien plus tard quand on commençait à désespérer de pouvoir les aborder, le pilote du zodiac met les gaz à fond, laissant derrière lui tous les autres bateaux. L'homme connait son affaire, nous filons à vive allure pendant 10mn, puis il stoppe tout net au large du Cap Bon Désir. C'est l'enchantement, c’est le festival le plus magique que je n’ai jamais vu, des baleines devant, à droite et à gauche, peut être quinze ou vingt cétacés en une heure. Des baleines bleues, des baleines à bosses, des rorquals communs, des petits rorquals peuplent le Saint-Laurent. Un spectacle extraordinaire, nous avons pu les voir quelques fois à moins de vingt mètres. La plus grande que l’on  est pu observer, était une baleine bleue aussi appelée Rorqual bleu d’environ 25 mètres de long. Cette géante des mers peut atteindre 30 mètres de long pour un poids avoisinant les 135 tonnes. Le moment le plus spectaculaire c’est quand elles remontent à la surface en soufflant bruyamment par leurs évents. Une poussée d’adrénaline vous remonte le long de l’épine dorsale, tellement c’est fascinant et inoubliable de pouvoir les approcher de si près.

              Le milieu de l’après-midi approche, nous partons à Tadoussac pour une petite visite. Il est le 1er et le plus vieux village  Québécois à avoir fêté ses 400 ans en 2000. Tadoussac est le premier comptoir français nord-américain, et par la même le plus ancien bastion de la colonisation française de la Nouvelle-France. Tadousac ou Totouskak en langue innue, qui signifie « mamelles » ; En effet deux collines aux formes arrondies ressemblant à la poitrine d'une femme, se situent à l’ouest du  village. Tadoussac est installé à la jonction du Saint-Laurent et du Saguenay, pas très loin de l’ancien poste de traite des fourrures du XVIe siècle. Le village jouit d’un site exceptionnel, logé au milieu des collines couvertes de sapinettes, bordé par l’un des plus beaux fjords d’Amérique du nord d’un côté et de l’autre côté par le majestueux fleuve St-Laurent. Des vieilles demeures centenaires subsistent encore, une vieille cabane reconstituée rappelle le poste de traite Chauvin, et une petite chapelle historique à toit rouge complète les curiosités à voir.

              En quittant Tadoussac on prend le traversier à l’anse à l’eau pour rejoindre l’anse au portage de l’autre côté du  Saguenay, histoire de faire quelques photos de l’une des plus belles baies du monde. La chance est avec nous, évoluant autour du traversier, une bonne dizaine de Belugas chasse le plancton qui pullule dans les eaux du Saguenay. Du haut du pont du rafiot, c’est un spectacle inattendu qui complète déjà une journée bien remplis. Il fait déjà nuit et il se met à pleuvoir très fort, nous reprenons le traversier pour regagner Tadoussac et nous finissons au restaurant de la veille "Le Boisé".

              8ème jour, jeudi 30 juillet (180 km)

              Nous levons le camp vers 9h30, nous prenons notre petit-déj "au petit régal" dans le village des Escoumins, ensuite nous rejoignons le Cap-Bon-Désir. Le centre d'interprétation et d'observation du Cap-Bon-Désir est situé au nord des Bergeronnes, dans la région du Manicouagan. Nous nous acquittons des droits d'entrées (16$) pour deux personnes, nous visitons le centre d'interprétation. Le phare en bois toujours en fonction. Nous descendons de  quelques dizaines de mètre pour contempler la vieille machinerie de la corne de brume. Nous   nous engageons dans le chemin forestier qui nous méne sur les rocher au bord du St-Laurent. Nous nous installons confortablement au soleil, avec le pique-nique. Pendant environ 3 heures, nous aurons le plaisir d'observer des rorquals communs, des baleines à bosses à une dizaine de mètres du rivage.

              Nous voici de nouveau sur la 138 Est, juste à l'entrée du village, Les Escoumins. Nous faisons une halte dans la réserve amérindienne Essipit. Les Montagnais-Essipit font partie de la nation Innue, elle-même issue de la famille  Algonquienne. Ce peuple vit de l'artisanat, de location de chalets et surtout des croisières aux  baleines sur le St-Laurent. L'après midi se poursuit sous un soleil splendide, avec la traversée de nombreux villages aux noms très typique de Québec. Comme, Baie-des-Bacon, Sault-au-Mouton où une magnifique chute d'eau, venant de la rivière du même nom se déverse dans le St-Laurent. Nous poursuivons par Rivière-Éperlan, Saint-Anne-de-Portneuf, Latour, etc,  ces villages nous voient passer sans faire d'arrêt. Nous passons la réserve indienne Betsiamites à l'embouchure de la rivière Bersimis. La route 138 Est semble interminable, elle sillonne, serpente, monte et descend à travers les collines. Les sapinettes, les tourbières, les chutes d'eau, les rivières devenues torrent par endroit et les lacs aux eaux tranquilles se succéderont au file de l'après-midi. Il est 19h30, nous venons d'arriver à Baie-Comeau notre ville étape du jour. Le motel "La Salle" à la sortie de la ville est modeste, mais bien tenu et l'accueil sympathique. Nous prenons le temps de nous installer et de prendre une douche, avant d'aller au restaurant "Les 3 Barils" un peu cher, mais c'est une très bonne table et on vous reçoit chaleureusement.

              9ème jour, vendredi 31 juillet (180 km)

 

            Nous quittons le motel vers 9h00, une magnifique journée ensoleillée est annoncée avec 26° à l'ombre. Nous nous offrons une balade de 2h00 environ dans le parc "Le Boisé de la Pointe St-Gilles", situé au cœur de la ville de Baie-Comeau. C'est un endroit superbe qui longe le Saint-Laurent à travers une forêt de sapins, il y a un lac parmi les collines où se pavanent quelques colverts. En début d'après-midi nous reprenons la route 138 Est, nous rejoignons Godbout 1 heure plus tard. Nous nous empressons d'aller au poste du traversier pour obtenir une réservation pour le soir vers Matane de l'autre côté du fleuve. Mais, nous n'avons pas de chance tout est complet pour les trois prochains jours. Il reste des places pour le lendemain à partir de Baie-Comeau. La décision est prise nous réservons pour demain soir 20h00, cela nous oblige à rebrousser chemin, nous perdons une journée, mais ce n'est pas grave. Puisque nous sommes ici, nous décidons d'y passer la nuit. Nous prenons une chambre chez le dépanneur-épicerie-bar (Edith Cormier), pour la modique somme de 32$.

               Il est 15h00, nous en profitons pour remonter la 138 Est jusqu'à la Baie Trinité située à 25 km de Godbout. Ce sera le point le plus extrême de notre voyage. Nous quittons la route 138 Est et nous nous engageons à droite sur la petite route de 11 km qui rejoint la Pointe-des-Monts. Le vieux phare de 30 mètres de haut, érigé à cet endroit date de 1830, ce qui en fait l'un des plus anciens phares de toute l'Amérique. Nous gravissons l'escalier qui mène à un petit balcon et nous offre une splendide vue sur le Saint-Laurent. C'est ici que le fleuve Saint-Laurent prend ses aises, passant de 45 km à 100 km pour devenir le Golfe du Saint-Laurent. Nous sommes heureux d'y être venus, c'est un endroit à ne pas manquer. Il parait que c'est peuplé d'ours noirs, nous en n'avons pas vu.

              En revenant du phare, à une centaine de mètres, nous effectuons une visite de la petite chapelle amérindienne  historique Saint-Ausgustin, construite en 1898. Puis nous empruntons le sentier de Charlotte sur 1,5 km, qui nous conduit au tentement d'un Chef indien Ashini, découvert dans les années 1900. La fin de la journée approche, nous retournons à Godbout. Nous entamons une balade sur la plage, au loin des phoques jouent et poussent des cris rauques. Plus près de nous, nous apercevons une baleine qui expulse un jet de vapeur par son évent. Nous rencontrons des pécheurs de maquereaux, et le soleil finit sa course à l'horizon dans une belle couleur rougeoyante. La soirée  se termine autour d'une bonne table au restaurant "Le Petit Moussaillon".

              10ème jour, samedi 1er août (90 km)

              Comme la veille, le soleil est au rendez-vous dès 6h00. Nous prenons le temps de déjeuner, et nous musardons la matinée à Godbout. C'est en début d'après-midi que nous arrivons de nouveau à Baie-Comeau. La journée se passe à flâner et à faire des achats. Vers 18h30, nous dînons au Mont-Blanc au 222 Boulevard La Salle, on se fait servir de vrais steaks Français à un prix vraiment pas cher.

                Il est 20h00, nous nous présentons à l'embarquement, à 20h20 nous quittons les quais de Baie-Comeau et la région du Manicouagan. Le soleil nous salue bien bas, et ses rayons se reflètent dans les vagues de l'estuaire du Saint-Laurent. Vers 23h45, La Gaspésie qui tire son nom du mot Amérindien "Gespeg" signifiant "la fin de la terre" nous sourit; nous débarquons à Matane dans la région de Haute-Gaspésie et 5mn  plus tard nous sommes au motel "Le Beach", que nous avions repéré dans un guide touristique. Il reste une seule chambre fumeur à 65 $, nous la prenons. Vu l'heure, nous ne faisons pas les difficiles.

              La Gaspésie, est une région du Québec incontournable à ne pas manquer. Les Amérindiens s'y sont installés depuis des millénaires, et ont vus bien avant Jacques Cartier en 1534, passer des Vikings, des pêcheurs basques et bretons, chasser les baleines. Les paysages sont époustouflants de beauté, les rivières tombent en cascades de la montagne et regorgent de saumons. La Gaspésie c'est aussi des immenses forêts de sapins, de chênes rouges, d'ormes et d'érables à sucres. C'est ici également que l'on trouve la plus forte concentration d'orignaux, mais aussi des ours noirs, des castors et des caribous. La côte Gaspésienne est elle aussi habitée par des phoques, par quelques des fous de Bassan du côté de Gaspé et une multitude d'oiseaux marins.

              11ème jour, dimanche 2 août (200 km)

              Ce matin nous nous levons vers 7h00. Après la douche et le bouclage des valises, nous rejoignons la salle du restaurant, et nous prenons un solide petit-déjeuner. Sur le coup de 9h00, nous quittons le Motel, en direction de la 132 Est. Nous traversons plusieurs villages, avant de faire une halte à Cap-Chat, site officiel de l'énergie éolienne depuis  1988. Dans cette petite bourgade, la plus puissante et la plus haute éolienne à axe vertical au monde, domine le paysage du haut de ses 110mètres. Elle est entourée de 133 de ces consœurs à axe horizontal. Nous continuons notre route jusqu'à Sainte-Anne-des-Monts, puis nous bifurquons à droite sur la route 299 Sud en direction du Parc national de la haute Gaspésie.

                5 km après l'entrée du Parc, nous prenons la piste 11 Ouest sur notre droite, pendant 10km, en léger contrebas le lac Cascapédia nous invite à faire une pause pique-nique. Plus tard nous faisons un arrêt court au Lac du Volume et un autre au bord de la rivière Saint-Anne, le temps de faire quelques photos. Nous poursuivons par la piste 16EST, qui prend la relève, pour une balade de 70 km à travers le Parc, malheureusement le temps se dégrade en milieu d'après-midi. La pluie nous accompagne, ce qui gâche un peu  l'observation de la faune et de la flore. Vers 15h00 nous entrons dans la réserve faunique des Monts Chic-Chocs et nous arrivons à un belvédère d’où nous contemplons le Mont-Albert (1154 M) le deuxième plus haut sommet après le Mont-Jacques Cartier (1268 M). Nous avons un magnifique panorama sur l'immense plateau du Mont-Albert. Un peu plus tard, la piste 22 Nord nous conduit au Lac Branche-Nord, un endroit très agréable. Il est 16h00, quand la pluie a faibli, sans pour autant cesser. Nous continuons cette piste vers le nord, puis nous retrouvons la piste 16 Est, sur quelques kms et enfin la 14 Est.

              La pluie a définitivement cessé pour la fin de journée, mais le temps reste très couvert. Le Lac à Claude nous accueille, pour nous offrir un magnifique instant au bord de l'eau. L'après-midi avance à grand pas, nous laissons le Lac à Claude derrière nous, la piste 14 Ouest nous attend pour continuer notre balade. Nous ratons le chemin de Marsoui Nord, et nous buttons contre le pont détruit, signalé une quinzaine de km en aval. Nous rebroussons notre chemin et trouvons la pancarte du chemin de Marsoui en partie détruite, maintenant nous sommes sur la bonne direction. Nous rejoignons le village de Marsoui, il est 19h00 passé, il fait presque nuit, nous reprenons la route 132 Est. C'est à 10 km de Marsoui, que nous trouvons notre bonheur pour la nuit, un couple très agréable loue des cabines en bordure de l'estuaire du Saint-Laurent. C'est sur les conseils de ce charmant couple, que nous retournons à Marsoui pour diner, la soirée se termine au restaurant "La Couquerie" avec un menu typiquement Québécois. 

12ème jour, lundi 3 août( 180 km)

              Cette nuit il y a eu des rafales de vent, accompagnés de fortes pluies. Ce matin c'est un ciel de traîne qui nous ouvre la route 132 Est, le soleil joue à cache-cache avec les nuages une bonne partie de la journée. La route 132 E est  très sinueuse, toute en montée et descente, elle suit la côte de l'estuaire du Saint-Laurent avec de splendides paysages d'un côté, et de l'autre, c'est la montagne aux formes arrondies qui nous sert de décor. Nous traversons une succession de villages côtiers, Rivière-à-Claude, Ruisseau-des-Olives, Gros-Morne, Manche-d'épée, Nous effectuons un  arrêt au site du phare de Cap-Madeleine, où l'on peut admirer une extraordinaire vue de l'estuaire du Saint-Laurent.Un nouvel arrêt, 22 km plus à l'est, nous amène à un parking belvédère, d'où l'on surplombe le village de Grande-Vallée posée sur une coulée de lave. Du haut de notre promontoire, une large vallée s'offre à notre regard, au fond de laquelle s'écoule vivement jusqu'à la mer, une belle rivière à saumon. Nous quittons la Haute-Gaspésie pour entrer dans la région de La-Pointe. C'est ici que  commence les plus beaux paysages de Gaspésie, la montagne s'abandonne aux éléments de dame nature et nous offre des pentes abruptes et parfois des falaises vertigineuses. La route reprend et Pointe-à-la-Frégate, L'Anse-aux-Canons, Ruisseau-à-l'Ail et bien d'autres petits villages aux noms toujours très originaux, nous regardent passés. Nous venons de parcourir une cinquantaine de km, nous voici arrivés au site de la Pointe-à-la-Renommée.

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Egypte

 

 Croisière sur Le Nil (Egypte) mars 2009

 

Encore plus de photos : http://picasaweb.google.com/motovoyage35/EgypteMars2009  

               Histoire de prendre un peu de soleil, en cette fin d'hiver, nous décidons de partir en croisière pendant une semaine sur le Nil. 

               Nous passons par une agence dégotée sur le net, et achetons un voyage  avec pension complète et visites guidées des principaux monuments et temples, plus quelques options (Abou Simbel, balade dans le désert à dos de dromadaire, balade en Felouque, balade en calèche).

              1er jour, samedi 7 mars

 Le 7 mars 2009, nous arrivons en début d'après-midi à l'aéroport Charles de Gaule. Une fois les formalités d'usages accomplies nous nous installons dans la salle d'attente, et c'est vers 19h30 que nous décollons en direction de l'Egypte. 

            4h30 de vol suffisent pour rejoindre Louxor, il est 1 heure du mat (heure locale) quand l'Airbus A320 se pose sur la piste d'atterrissage de Louxor. Une heure plus tard nous rejoignons le "Diamond Boat" notre bateau de croisière qui est accosté  au quai d'embarquement de Louxor. Un pot de bienvenue nous accueille, ainsi que les consignes et le programme du séjour par l'intermédiaire de la voix de Zaki notre guide. Vient ensuite la collecte des frais de visas obligatoire et des frais de service pour la "modique" somme de 48 € par personne. Il est plus de 3h00 quand nous allons nous coucher dans notre cabine, qui le restera pour 8 jours.

             2ème jour, dimanche 8 mars

            La nuit fut courte, mais pas de temps mort le petit-déjeuner est pris en commun dans une très jolie salle sur le pont supérieur. Départ vers 9h00 pour notre 1ère visite, le Temple de Karnak situé à 2,5 km du bateau.

            L'un des plus majestueux, impressionnants et gigantesques ensembles de l'Egypte antique, ce haut lieu est à jamais célèbre depuis le tournage du film "Mort sur le Nil". Un Dromos (allée de sphinx) bordés de Criosphinx  long de 2,5 kilomètres, reliait autrefois son annexe le Sanctuaire de Louxor à Karnak. Les Sphinx retrouvés gardent encore l'entrée du Temple, mais beaucoup d'autres restent enfouis sous les maisons du Louxor moderne.

            Karnak qui s'étend sur 1,5 km de long et 800 m de large, est composé de plusieurs temples, dont trois principaux construits au début du moyen Empire (XVIIème Dynastie). Le site de Karnak s'étend sur une surface de 123ha et fut un vaste chantier sur une période de deux milles ans, en effet aux cours des générations chaque Pharaon voulut l'enrichir, l'embellir, l'agrandir, le rendre toujours plus majestueux. Le plus imposant est le Temple d'Amon. Dieu de Thèbes qui s'imposa au début du Moyen Empire. Il est représenté sous l'aspect d'un homme, soit à tête de bélier ou d'oie, soit portant une coiffure composé du disque solaire surmonté de deux grandes plumes. Par la suite, il fut assimilé au dieu soleil Rê sous le nom d'Amon-Rê. Le Temple Montou dieu de la région Thébaine, qui est une  divinité guerrière. Il est représenté sous la forme d'un homme avec une tête de faucon, portant un disque solaire. Il fut supplanté à Thèbes même par le dieu Amon. Le Temple Mout l'épouse divine d'Amon, au sud de l'enceinte est relié par une allée à tête de bélier au Temple Amon son époux, et le Sanctuaire atonien d'Aménophis IV de la XVIIIème dynastie qui épousa Néfertiti, plus connu sous le nom d'Akhenaton.

A l'époque de sa splendeur, le Temple était réservé au clergé, le peuple se contentant de regarder l'enceinte de briques qui ceinturait la ville sainte. La construction du grand Temple d'Amon-Ré commença avec le début de la XIIème dynastie. Nous remontons sur une centaine de mètres l'allée magnifique (vestige d'une avenue beaucoup plus longue, qui fut tronquée à l'époque romaine) flanquée de quarante béliers accroupis à la manière des sphinx, bordent chaque côté l'allée, tenant entre leurs pattes l'effigie de Ramsès II.

            Nous sommes devant la façade du premier pylône, d'une largeur de 113 mètres et de 43 mètres de haut, pour une épaisseur de 15 mètres. Il fut édifié sous le règne de Nectanebo 1er, vers la fin de la XXXème dynastie (IVème siècle avant  J.C), en pénétrant à l'intérieur nous découvrons ses dimensions colossales. La grande cour dite "cour éthiopienne" est ici la plus vaste de tous les Temples égyptiens (103m x 84m), construite sous la XXIIème dynastie. Des portiques l'entourent sur deux côtés, avec deux rangés de sphinx à tête de bélier et corps de lion. Cette cour est ouverte au public qui s'y rassemble pour voir le cortège divin les jours de fête. Ceux qui sont considérés comme

            Au nord-est de la cour se dresse la statue de Pinedjem (1045-1029 av J.C) haute de 15 mètres, au milieu de cette dernière l'on trouve, une des dix colonnes papyriformes, avec chapiteau ouvert et abaque, ses colonnes soutenaient autrefois le kiosque du pharaon éthiopien Taharka de la XXVème dynastie (690-664 av J.C). La colonne mesure 21 mètres de haut et est formée de 25 tambours de pierre en grès rose.

            Dans la partie droite de la cour, intégrée partiellement, se trouve le Temple d'Amon-Ré de Ramsès III (1186-1154 av J.C). Huit piliers osiriaques ceinturent de chaque côté la cour du Temple, destinés aux barques sacrées. Nous observons sur la façade du Temple, une représentation du roi qui massacre les peuples vaincus, et il y a également une représentation du dieu Amon auquel le Temple est consacré.

            Nous arrivons au deuxième pylône (L 98 m x l 14 m x H 30 m), où deux statues de Ramsès II en dominaient l'entrée. Il  en reste une à gauche en granit rose (15 m de haut) où Ramsès II (1279-1213 av J.C) est représenté avec l'une de ses filles et grande épouse royale la princesse Bentanat, placée entre ses jambes.

            Voici maintenant la Grande salle Hypostyle bâtie en 1375 av J.C, la plus célèbre de ce colossal édifice, longue de 103 mètres et large de 53 mètres. Ceux qui sont considérés comme purs, sont autorisés à pénétrer dans la   salle hypostyle. Grand vestibule ouvrant sur les appartements du dieu où ne pénètrent que le roi et les prêtres et qui comprend le naos, le saint des saints. La salle la plus admirable de toute l'Egypte, constituée d'une gigantesque forêt de 134 colonnes réparties en neuf alignements, soutenaient le toit. Ces dernières d'une hauteur de 21 mètres et 3.30 mètres de diamètre sont composées de tambours de calcaire. Les décors de la salle et des colonnes sont entièrement peints, et les murs sont également décorés d'inscriptions et de bas-reliefs, représentant les pharaons devant les dieux,  à gauche Séthi 1er (1294-1279 av J.C) de la XIXème dynastie, successeur de Ramsès 1er et père de Ramsès II. Et à droite Ramsès II (1279-1213 av J.C) l'un des plus prestigieux pharaons de l'ancienne Égypte.

            Le passage qui nous conduit au troisième pylône nous ouvre la voie  sur la cour d'Aménophis III (1390-1352 av J.C) qui succéda à Thoutmosis IV et qui mena l'Empire égyptien à l'apogée de sa puissance. Autrefois 4 obélisques la dominaient, un seul reste aujourd'hui, il repose sur un carré de deux mètres de côté et pèse 143 tonnes pour une hauteur de 23 mètres. On continue vers la partie la plus ancienne de Karnak, le quatrième pylône, inférieur en taille au troisième. Il est de l'époque de Thoutmosis 1er (1506-1493 av J.C), nous franchissons son portail et nous accédons à la salle de Thoutmosis 1er. Des piliers agrémentent l'intérieur de la cour, au centre s'élevaient jadis deux obélisques de la reine Hatchepsout (1478-1458 av J.C). Il fut édifiés à l'occasion de son jubilé, l'obélisque de gauche est encore debout, tandis que celui de droite est couché sur le sol en plusieurs morceaux.

            Les cinquièmes et sixièmes pylônes ont étaient édifiés successivement par Thoutmosis 1er (1506-1493 av J.C) et Thoutmosis III (1458-1425 av J.C). Les salles qui les séparent sont en mauvais état, mais nous remarquons deux belles statues en grés rouge d'Amon et de sa parèdre Amonet. Le sixième pylône sans grand intérêt est franchi rapidement, suit la grande salle des fêtes. Elle fut érigée par Thoutmosis III, c'est un ensemble de plusieurs pièces qui servait aux cérémonies jubilatoires. Vingt colonnes supportant des chapiteaux en forme de cloche et trente deux piliers soutenaient le plafond.

            Les 7e, 8e, 9e et 10ème pylônes, qui appartiennent à l'allée des processions, qui sont en cours de restauration ou qui font l'objet de fouilles, sont fermés au public.

            La visite se termine par le lac sacré d'Amon, le plus grand de tous les temples est creusé sous le règne de d'Aménophis III (1390-1352 av J.C). Il était utilisé pour les fêtes durant lesquelles, des images des dieux le traversaient en bateaux, et il servait aussi quotidiennement aux prêtres qui s'y purifier quatre fois par jour. Le lac sacré mesure 130 mètres de long pour 77 mètres de large. Sur ses bords se trouvaient les logements des grands prêtres et élevages d'oiseaux destinés aux offrandes sacrées.

Nous retournons sur le bateau pour le déjeuner vers 13h00, ensuite l'après-midi est consacrée à la navigation. Nous remontons le Nil sur 50 km, en regardant défiler lentement le paysage paisible et la vie locale qui grouillent de vivacité.  Nous en profitons pour faire connaissance avec les autres membres de notre groupe, et faire beaucoup de photos du paysage et des petits villages qui sont disséminés aux bords du Nil. Vers 17h00, nous arrivons à l'écluse d'Esna que nous passons rapidement, et continuons jusqu'à tard dans la nuit pour atteindre notre destination du lendemain, Edfou.

            3ème jour, lundi 9 mars

            La routine s'installe, petit-déjeuner ensuite départ vers 8h00 en direction du Temple d'Horus qui est situé sur la rive gauche du Nil.  Horus symbolisé par un faucon ou représenté par un corps humain surmonté d'une tête de faucon. Fils d'Isis, il est le protecteur de la dynastie. Le Temple d'Horus à Edfou a été édifié entre 237 et 57 av J.C, les travaux commencèrent sous Ptolémée III et furent achevé sous Tinère. Il est un des mieux  conservés d'Egypte, dû à l'ensablement qu'il a subit pendant plus de deux millénaires. Il est consacré à la triade composée du père Horus de Behedet qui est un dieu faucon, de l'épouse Hathor, Déesse de l'amour et de la mort et du fils Harsomtous. Il est le plus grand et imposant Temple de la dynastie des Ptolémées et le deuxième après Karnak. Il mesure 137 mètres de long et 79 mètres de large, pour une hauteur de 36 mètres.

            Le Temple d'Horus est situé sur la rive ouest du Nil, entièrement construit en grès, ce temple est splendide de part ses   proportions harmonieuses et de sa conservation exceptionnelle. A l'époque chrétienne, le Temple fut transformé en église, ce qui explique la dégradation de certains reliefs. En effet les premiers chrétiens se sont acharnés sur les visages, les pieds et les mains des personnages représentaient sur les murs et les colonnes.

            On accède au Temple en franchissant un pylône de 40 mètres de hauteur, décoré d'énormes reliefs montrant le roi et les dieux. Nous suivons notre guide, et nous découvrons la cour pavée, entourée sur trois côtés d'une galerie à colonne, dont la  base est ornée d'une couronne de feuilles et les chapiteaux sont en forme de palmiers. Les fûts des colonnes ainsi que les murs, sont décorés et recouverts de reliefs et d'inscriptions. Au fond de la cour se dresse une magnifique statue d'Horus Faucon en granit gris, coiffé de la couronne de Haute et Basse Egypte.

            Nous entrons dans la salle Pronaos, formée de six colonnes aux chapiteaux palmiformes et de murs-bahuts séparant la cour de l'intérieur du temple. Le plafond du pronaos est soutenu par douze colonnes à chapiteaux floraux, décoré de scènes évoquant le ciel étoilé. A gauche de la salle se trouve la maison du matin et à droite la petite bibliothèque où on l'on conservait les papyrus sacrés. La deuxième salle hypostyle est plus petite, comporte elle aussi douze colonnes perpendiculaires à celle du pronaos. Elle s'ouvre sur la gauche à la salle des offrandes liquides et sur la droite une antichambre suivie d'une de la salle des trésors. Après avoir traversé la salle des offrandes et la salle centrale, nous débouchons sur la partie la plus intéressante et profonde du temple. Devant nos yeux ébahis, se dresse un Naos (sarcophage), un monobloc de granit gris patiné haut de quatre mètres, datant du règne de Nectanebo II (XXXème dynastie, 360 à 343 av J.C). Le plafond est orné de scènes représentant la déesse Nout, et des douze étapes accomplies par le soleil sur la barque divine. Dix chambres et chapelles entourent le saint des saints, et dans l'une la réplique de la barque funéraire sacrée, qui permettait au pharaon de quitter le monde des vivants pour celui des morts.

Zaki nous conduit vers la galerie de la victoire, qui clôturera cette visite. La Galerie de la Victoire entoure le bâtiment situé au-delà du pronaos. Sur le mur d'enceinte, gravé en relief, le récit des guerres livrées contre Seth par Rê et Horus et la victoire de ce dernier sur ses ennemis (représentaient par des hippopotames et crocodiles).

            Il est presque midi lorsque nous regagnons le Diamond Boat, pour le déjeuner, ensuite place à la navigation. De nouveau  le paysage des bords du Nil défile lentement, accrochant notre regard sur quelques villages ou collines de grès et de sable. Il est 17h00 et nous sommes à 165 km de Louxor, lorsque nous accostons à quai.  

             Vers 17h20, nous commençons la visite du temple de Kôm Ombo. Le site de Kôm Ombo remonte à la Préhistoire, il est au cœur d'une importante vallée agricole et à proximité de la principale voie de communication entre le Nil, l'Ouadi Hammamat et le désert oriental. Kôm Ombo est isolé et installé au sommet d'une colline, au pied de laquelle le Nil coule paisiblement. Kôm Ombo fut édifié à l'époque de Ptolémée VI Philométor (180 à 145 av J.C) et Ptolémée VIII Évergète II (145 à 116 av J.C).  De façon très originale, le temple  est dédié à deux triades distinctes. La partie gauche est réservée au dieu Haroëris "Horus le grand", il est représenté sous les  traits d'un homme à tête de faucon couronné du disque solaire, dieu bienfaisant et vainqueur de Seth. Il est accompagné de son épouse Tasenetnofret "la sœur de bonté" et de leur fils Panebtaouy "le seigneur du Double Pays". L'autre partie est réservée à Sobek le dieu crocodile et dieu de la fertilité, il est le fils de la déesse aquatique Neith, et il est adoré partout dans le delta du Nil. Il y a également son épouse Hathor et son fils Khhonsou.

            Comme le pylône principal a été détruit lors d'une crue du Nil, nous pénétrons à l'intérieur du temple par le côté; on entre ainsi par le petit portail de l'enceinte. Nous arrivons dans une cour pavée, clôturée par un portique sur trois côtés. Il ne subsiste que des portions de colonnes, dont certains motifs ont conservé leurs beautés. Zaki nous conduit dans une première salle hypostyle dont la façade est décorée au nom de Ptolémée XII Néos Dionysos, elle-même entourée de Thot et d'Horus dans une scène de purification.

            La seconde salle hypostyle est la sœur jumelle de la première. Ensuite trois salles intermédiaires se succèdent, la 1ère et 3èmes salles latérales qui contenaient le trésor du temple et les offrandes, et la 2ème salle présente des scènes d'offrandes. Au fond du temple, les deux sanctuaires accolés; Nous observons dans le déambulatoire intérieur, des reliefs de la procession du Nil et des porteurs de produits miniers. Un second couloir extérieur, nous conduit au mur d'enceinte sur lequel des scènes d'Isis et Nephtys accouchant, ainsi que des instruments chirurgicaux en reliefs. Tous les murs et les couloirs sont recouverts de reliefs, dont certains gardent des traces de couleurs à base d'ocre. Cependant la plus grande partie du temple fut détruite par  l'érosion, les tremblements de terre et le démantèlement pour servir de carrière à la reconstruction d'autres temples. Dans l'enceinte du temple, il y a un puits d'environ 3 mètres de diamètre pour une profondeur de 15 mètres, un escalier permet de descendre au fond, ainsi qu'un bassin modeste qui servait à abriter des crocodiles sacrés.

             Pour clôturer cette journée Zaki, nous entraine dans un endroit pour y déguster un succulent thé à la menthe. A l'entrée du souk un groupe de musicien nous souhaite la bienvenue. Nous entrons sous une sorte de tente  berbère et nous nous installons sur de confortables coussins, deux musiciens entament des morceaux de musique traditionnelle. Après avoir bu notre thé, nous regagnons le Diamond boat, pendant que nous dinons, la navigation à repris son rythme et c'est vers minuit que nous atteignons Assouan.

            Assouan (anciennement Syène) est considérée comme la plus belle ville d'Egypte, ici se bousculent des siècles d'histoire, aux croisés du Nil et de l'immense désert qui lui sert de toile de fond.

            4ème jour, mardi 10 mars

            8h00, le petit déj est pris dans la grande salle à manger du ferry, à 8h45, nous grimpons dans le bus climatisé qui nous conduit aux petit et haut barrages d'Assouan. Le premier (petit) barrage est construit en 1902 par les anglais, il servait à irriguer les cultures de coton, mais n'empêchait pas les crues du Nil. C'est sur un projet du Président de l'époque "Gamal Abel  Nasser" que le second (haut) barrage « Sadd El-Ali »est édifié à environ 6 km en amont de l'ancien, sa construction démarre en 1960. La construction dure 11 ans et réclama 30 000 travailleurs. Ses dimensions sont colossales, 3,600 km de long, 111 mètres de hauteur et 980 mètres à sa base pour 40 mètres à son sommet. Le dieu Nil est dompté, le rêve des pharaons accomplis et le Lac Nasser qui en découle est majestueux.

            Le lac d'une longueur de 500 km, pour une capacité variable de 157 à 185 milliards de mètres cube d'eau, permit d'envisager l'irrigation de 850 000 hectares de terre désertique. Le barrage d'Assouan qui est l'un des plus imposants au monde, pose quelques problèmes. Notamment d'ordre écologique, en effet le Nil coule plus vite qu'auparavant. Il menace d'érosion ses berges, et par la même occasion les monuments archéologiques édifiés le long du fleuve. Les apports limoneux charriés autrefois par les crues, ne viennent plus engraisser les terres fertiles qui s'appauvrissent, et demandent des engrais chimiques. De plus, l'engloutissement d'une province entière, (la Nubie berceau des pharaons), obligea le déplacement d'une population d'environ 100 000 personnes à quitter la région. Et enfin, le  barrage de par sa position est une menace en cas de guerre ou d'attentat. S'il est détruit, il provoquerait un véritable raz de marée et submergerait une grande partie de l'Egypte.

            Sans l'intervention de l'UNESCO, les trésors archéologiques auraient disparu à jamais, une vingtaine au total ont été démontés, puis déplacés et remontés pierre par pierre en Egypte et au Soudan. Les plus célèbres : les temples d'Abou-Simbel furent déménagés et surélevés tout près de leur lieu d'origine.

            Il est déjà 11h00, nous entrons dans une boutique de parfum, que nous visitons assez rapidement, à l'intérieur nous assistons à la fabrication d'un flacon fantaisie, effectué par un souffleur de verre. Une deuxième visite suit la première, mais   celle-ci se passe dans un magasin d'art, où l'on assiste à une démonstration de fabrication de papyrus, rapide mais intéressante. Enfin tout cela ressemble plus à un traquenard à touriste! Une fois à l'intérieur c'est très difficile de sortir sans acheter, les vendeurs sont vraiment collants et les prix assez chers, mais nous réussissons à sortir sans dommage pour le portefeuille.  Après le déjeuner prit sur le rafiot, nous partons en felouque (bateau à voile typique de l'Egypte) à la découverte de l'île éléphantine et de l'île Kitchener. C'est une réserve naturelle, aux multiples îles et îlots peuplés d'une myriade d'oiseaux variés qui niche aux milieux des roseaux, joncs et papyrus. Ces îles sont disséminées sur une vaste étendue d'eau calme du Nil, coincée entre la ville  d'Assouan et le 1er barrage.

            Il y a une heure environ que nous serpentons à travers les îles et la végétation, quand nous accostons sur une rive du fleuve sacré pour effectuer une visite d'un village Nubien. Ce village s'avère être sans aucun intérêt majeur. Quelques maisons  sont dispersées sans géométrie particulière. L'architecture de ses bâtisses est de fabrication traditionnelle en torchis, aux murs blancs ou ocre, aux portes et fenêtres aux couleurs pastelles. Nous sommes conviés à prendre le thé, à déguster des galettes de maïs et des gâteaux délicieux. Nous voguons de nouveaux à travers la réserve naturelle, pour rejoindre le lieu où nous attendent nos montures et leurs chameliers.

            Le soleil commence lentement à décliner, quand nous entamons notre balade sur nos vaisseaux du désert. Une frénésie intense s'empare de nous, une seule obsession atteindre les berges du Nil au galop, pour immortaliser le coucher du soleil sur la ville d'Assouan et la vallée du Nil. Mais nos dromadaires sont vieux, et fatigués d'avoir promenés toute la journée des touristes, et c'est plus souvent aux pas que nous arriverons sur le haut plateau, qui domine la vallée du Nil et la ville d'Assouan. Nos jeunes chameliers qui nous accompagnent nous rejoignent quelques instants plus tard. Un vue magnifique s'offre à nos yeux, le soleil finit sa course derrière une colline, il fait presque nuit et la ville d'Assouan se pare de mille lumières qui se mirent et scintillent sur le ruban liquide que forme le Nil. Nous dévalons la dune dans le noir pour récupérer le petit bateau qui nous reconduit au "Diamond Boat".

            5ème jour, mercredi 11 mars

            Lever 4h45, le départ est prévu à 5h45 pour les temples d'Abou-Simbel (en option 160 €). Mais c'est sans compter avec les tracas militaire, une fouille du bus, une vérification sommaire des passagers, une discussion qui n'en finit pas entre notre guide et les autorités. Au bout d'une heure tout est en ordre, un militaire armé d'une kalachnikov prend place dans le bus pour assurer notre protection. Enfin nous partons, il est presque 6h20, le soleil est déjà bien présent et nous commençons à sentir ses rayons nous réchauffer doucement à travers les glaces du bus.  Nous roulons à vive allure sur le ruban noir de goudron qui se prolonge  à l'infini, au delà de mon regard. Et je ne me lasse pas d'admirer cette immensité fascinante au relief plus ou moins bosselé que forment les monticules de grès, ainsi que les petites dunes de sables. 3h00 plus tard, nous arrivons devant les fabuleux temples d'Abou-Simbel.

             Abou-Simbel qui semble n'avoir jamais bougé de place depuis des millénaires, à néanmoins été déplacé. Les deux temples sont situés à 260 km au sud d'Assouan, sur la rive gauche du Nil face au soleil et à la frontière du Soudan. Ils furent découverts par hasard en 1813, par un archéologue Suisse « Johann Ludwig Burckhard», et pratiquement ensablés. Plusieurs expéditions se succédèrent avant de se rendre compte que les effigies de Ramsès II, puisqu'il s'agit de lui étaient en réalités assise et non debout, comme on pouvait le supposer tant  leurs tailles sont impressionnantes. Le grand Champollion, spécialiste Français de l'Egypte ancienne s'y rendit en 1823 à l'occasion d'une expédition Franco-Toscane.

            C'est seulement en 1909-1910 et la construction du 1er barrage et de la montée des eaux du Nil, que l'architecte italien « Barsanti » déblaya la terrasse et mis à jour les statues colossales qui ornent la façade. Ensuite il dégagea la chapelle nord et acheva de désensabler l'ensemble des deux temples. Suite à la construction du 2ème barrage, les eaux du Nil menaçait d'engloutir définitivement les temples d'Abou-Simbel. Deux projets de sauvegarde furent proposés au gouvernement Egyptien et à l'UNESCO (André Malraux en était le Directeur Général de l'époque) entre 1960 et 1963. L'un des projets était d'édifié un barrage autour du site et le second le déplacement des temples. C'est ce dernier qui fut retenu, le découpage débuta en août 1965 et prit fin en juillet 1966.

            Les statues, les plafonds et les murs furent découpés en 1042 blocs de plusieurs tonnes chacun. Puis le réassemblage  commença 65 mètres plus haut, en veillant à ce que leurs orientations et leurs positions soient strictement conforme à l'origine. Un ouvrage de béton armé fut coulé derrière les murs intérieurs, ainsi qu'une voute pour supporter les collines artificielles de parements. Enfin des milliers de tonnes de roche en grès furent déposées sur les dômes afin de respecter l'aspect originel. Après avoir parlé du sauvetage d'Abou-Simbel, passons maintenant à la visite. L'ensemble est situé sur la colline de Méha, il domine le Nil de plusieurs dizaines de mètres. Ramsès II  fit creuser dans la falaise, deux temples rupestres pour son culte et pour celui de son épouse Néfertari (XIX Dynastie).

            Nous commençons par le plus petit, celui qui est dédié à la déesse Hathor et à Néfertari, l'épouse bien aimée de Ramsès II. Sa façade est orientée vers l'est, et est ornée de six statues du couple royal. Aucun Roi ne rendit autant d'honneur à une  reine, Ramsès II garda pour Néfertari une profonde vénération, malgré ses huit mariages et son important harem. Néfertari est l'une des rares reines à être divinisée de son vivant sous les traits d'Hathor, déesse de l'amour et de la fertilité. Nous entrons dans la cour intérieure qui est soutenue par six piliers carrés dont les chapiteaux sont ornés des têtes d'Hathor. Trois faces des piliers représentent Ramsès et Néfertari faisant des offrandes à différentes divinités. Sur le mur est, de part et d'autre de l'entrée, une scène de l'exécution d'un prisonnier Nubien par le roi devant la reine, ce qui est un fait exceptionnel. Du côté nord du mur, le dieu Horus attribue à Ramsès la victoire sur le peuple du nord. Le mur sud nous dévoile quatre tableaux reliefs : Le pharaon intronisé par les dieux Horus seigneurs de Méha et par Seth, Ramsès est introduit par la déesse Hathor qui lui assure la royauté, le roi Ramsès faisant l'offrande de Maât à Amon-Rê et enfin Néfertari présentant une offrande à la déesse Anuket.

            Sur le mur nord on retrouve également quatre tableaux reliefs : Ramsès présentant des papyrus à Héryché-ef, Ptah remettant au roi les spectres de la couronne, Néfertari agitant le sistre devant la déesse Hathor et en dernier Horakhty recevant du roi Ramsès l'offrande du vin. La paroi du mur ouest représente Néfertari faisant des cadeaux à Mout du côté nord et à Hathor du côté sud. Le vestibule qui suit est décoré du même style de relief que la cour intérieure. On trouve sur la paroi est Néfertari coiffée des ornements de Sothis, en signe de protection au dessus de sa tête, Isis et Hathor l'entourent, symbolisant la déification de la reine. La paroi ouest du côté sud est ornée de Ramsès faisant des présents à trois divinités, l'Horus de Bouhen, l'Horus de Miam et l'Horus de Baki. Auprès de la porte d'entrée donnant sur le saint des saints, Amon-Rê recevant des mains du roi du vin, également sur le mur ouest du côté nord, le roi renouvelant le même geste en faveur de Rê-Horakhty. Plus loin c'est Néfertari  présentant des fleurs de lotus à Khnoum, Satis et Anuket.

            Pour clôturer cette visite du petit temple, nous finissons par le saint des saints, sur le mur du fond est représentée la déesse Hathor sous les traits d'une vache sortant de la montagne, avec l'image du roi placé devant sa poitrine. Sur la paroi du nord, un relief de Ramsès offrant l'encens devant le roi et la reine, c'est-à-dire lui-même et sa femme divinisés. Et à l'identique sur la paroi sud c'est Néfertari accomplissant le même geste devant Hathor et Mout.

            Nous voici devant le grand temple, celui qui est dédié à Ramsès II et aux trois grands dieux Amon-Rê, Rê-Horakthy et  Ptah. Il possède une façade unique au monde tant par la démesure que par la magnificence de l'époque. Des statues géantes de 20 mètres de haut décorent la façade en grès rose de 40 mètres de large, qui est elle aussi positionnée à l'est et s'élève à 31 mètres de hauteur. Constitué d'un seul trapèze, taillé dans la masse, fait unique sous l'Egypte ancienne au lieu des deux traditionnels trapèzes que l'on trouve dans la construction des autres temples. Les quatre statues de Ramsès assis sur son trône gardent l'entrée du temple, on remarque des statues de moindre importance aux pieds des colosses qui représentent la famille du pharaon : ses épouses, ses fils, et ses filles. Et l'on trouve à une place d'honneur de part et d'autre du portail, la grande épouse royale Néfertari se tenant debout, dans la position de la marche. Une autre place de choix à la gauche et à la droite des colosses de Ramsès, est réservé aux enfants des épouses royales : la princesse Bentanat (fille d'Isis-Nofret) et les princesses Merytamon et Baket-Mout (filles de Néfertari). Au dessus du linteau de la porte, dans une niche creusée dans la roche, une statue du dieu Rê-Horothy (Horus) à tête de faucon surmonté du disque solaire.

            Nous pénétrons et arrivons dans une 1ère salle de grandes dimensions (16 m sur 18 m), de forme rectangulaire avec huit statues piliers de Ramsès debout disposées sur deux rangées et mesurant sept mètres de haut, supportent le plafond. L'une des  faces des piliers représentent Ramsès avec les symboles d'Osiris (le spectre et le fouet). Les parois sont décorées de reliefs, rappelant la vie du pharaon, dont le mur nord supporte une fresque sculptée de 18 m de long, représentant une superbe scène guerrière de la bataille de Kadesh. Le mur est qui suit présente de part et d'autre de la porte d'entrée, Ramsès anéantissant ses ennemis devant Amon-Rê d'un côté et devant Rê-Horakthy de l'autre côté. Le mur sud n'est pas en reste puisque une magnifique gravure de Ramsès II sur son char visant un ennemi de ses flèches, suivit de trois de ses fils sur des chars également. Et pour finir le mur ouest, où l'on voit Ramsès présentant deux rangées d'ennemis à une triade divine. Il s'agit de Nubiens offerts à Amon-Rê, Ramsès déifié et Mout. On voit également sur le mur ouest, des Hittites se tenant devant le roi, assis entre Rê-Horakthy et une déesse à tête de lionne. Nous sommes éblouis par la qualité de conservation des peintures, tant la coloration est extraordinaire. Les plafonds des nefs latérales sont des ciels étoilés et celui de la salle-cour est recouvert de vautours aux  ailes déployées conduisant vers la salle hypostyle. Nous entrons maintenant dans salle hypostyle à quatre piliers carrés. Cette salle est décorée de scènes religieuses où le roi et la reine prennent place parmi les dieux, en particulier sur les murs nord et sud, dans l'adoration de la barque divine.

            Nous voici à l'entrée du sanctuaire, le Saint des Saints, représenté par quatre statues assises et taillées dans la masse de gauche à droite : Ptah, Amon-Rê, Ramsès II et Rê-Horakthy. On constate que Ramsès est parmi les trois dieux majeurs de l'empire, égal à eux, il devenait ainsi dieu lui-même et non plus fils de dieu. Le message de Ramsès est clair en ce plaçant comme quatrième gardien de la barque sacrée, il a bien acquis toutes les qualités divines d'un dieu. Tous les matins le temple est baigné de la lumière solaire, et deux jours par an, le 20 février et le 20 octobre. Le soleil se lève dans l'axe de l'entrée et pénètre au plus profond du temple. Au cœur du sanctuaire trois statues reçoivent la  lumière bénis des dieux, sauf celle de Ptah, gardien des ténèbres placée à l'extrême gauche, qui reste dans l'ombre. Il nous en faut pas plus pour restés émerveillés et extasier devant le génie des architectes Egyptiens de l'époque.

             Il est environ 13h00 lorsque nous remontons dans le bus, mais auparavant nous avons fait quelques emplettes sur le site   d'Abou-Simbel. Nous prenons le déjeuner sur le chemin du retour à bord du bus, en jetant un regard de temps en temps sur le  désert qui nous sert de décor. C'est dans l'après-midi que nous arrivons au "Diamond-Boat", nous rejoignons notre cabine pour un moment de repos. Une heure plus tard nous montons sur le pont supérieur, comme la navigation à repris son cours nous en profitons pour nous détendre. Nous bénéficions du balai incessant des felouques, glissant nonchalamment entre les joncs et les papyrus pour faire des photos du paysage qui défile lentement.  

            6ème jour, jeudi 12 mars.

  

            Cette journée de navigation se passe entièrement à bord, nous redescendons le Nil vers Louxor en contemplant la vie locale. Les photos se succèdent à un rythme régulier, c'est qu'il y a beaucoup de choses à observer. Tout d'abord les felouques   et les petites barques de pécheurs, qui participent à la vie intime du grand fleuve sacré. Puis sur chaque rive, des petits villages aux maisons en torchis, nichés et dispersés au milieu des palmiers et des herbes folles ou tout simplement posés en bordure du Nil. Nous voyons des hommes, des femmes et des enfants affairés à cultiver les champs, à surveiller les moutons, les chèvres ou quelques vaches éparpillées parmi les joncs et les grandes herbes. Le spectacle semble immuable depuis des millénaires, au delà de cette bande de vie, l'immense désert garde jalousement son territoire. Il est 17h00, lorsque que nous abordons le quai de la ville de Louxor (autrefois Thèbes).

Le bus nous attend déjà, pour la visite du temple de Louxor (Amon) situé au sud de la ville et à quelques encablures de  notre point d'attache. Le temple dédié au dieu Amon, construit essentiellement sous les XVIIIème et XIXème dynasties et sur les ruines de l'ancien sanctuaire d'Hatshepsout. C'est sous le règne Amenhotep III, vers 1400 av J.C, que débuta les travaux, continués sous Toutankhamon puis terminés par Ramsès II un siècle plus tard. Nous approchons de l'entrée principale et nous constatons qu'il ressemble beaucoup à celui de Karnak, mais en plus petit.

 

 

 

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La Corse

Juillet 2007

Plus de photos avec :  http://picasaweb.google.fr/motovoyage35/Corse2007?feat=directlink

Découvrir la Corse en moto  De la Bretagne à la Corse  3500 km de bonheur

 C'est décidé, cette année ça sera l'Ile de beauté. La bête est chargée depuis la veille. Après le Portugal c'est son deuxième grand voyage, je la sens qui frémit de tous ses muscles d’acier. Pensez donc, cela fait plusieurs mois qu'on en parle. Je vous épargne les préparatifs du voyage, mais, je vous précise le chargement de la bête: une sacoche souple par passager, une sacoche réservoir, un grand sac de sport, une toile de tente et deux duvets, voila pour l'essentiel.

 Lundi 2 juillet 07

  C'est vers 9h00, que nous partons de Chartres-de-Bretagne. Il fait un beau soleil, la température n'est pas excessive, cela est excellent pour rouler. Nous prenons la direction Le-Mans; 2h30 plus tard nous faisons une petite halte dans le bled où je travaille, au nord du Loir-et-Cher. Nous retrouvons mon fils pour déjeuner, et aux environ de 14h00 nous reprenons la route, pour nous diriger vers l'autoroute que nous prendrons à Romorantin-Lanthenay; au passage nous traverserons la superbe forêt domaniale de Chambord. Quelques heures plus tard et, un arrêt essence, plus une petite pose bien méritée, nous sortons à 35 km après Issoire et, filons sur la N 102, en direction du Puy-en-Velay. La D 15 et la D 533, nous accompagnent, jusqu'à Valence, par une route très sinueuse, un vrai régal en moto. Il est déjà 21h00, nous sommes un peu fatigués de l'étape, nous avons parcouru 850 km. Nous nous installons à l'hôtel (B&B) et, nous allons becquetés dans un grill, ensuite, nous regagnons l'hôtel, pour, nous offrir une nuit de repos réparatrice

 Mardi 3juillet 07

 Nous quittons Valence, sur le coup de 8 h 00, nous reprenons l'autoroute et, nous le quitterons qu'à l'arrivée de Nice. Il est 12 h 00, quand nous béquillons la bête, l'embarquement n'étant prévu qu'à 14 h 00, nous en profitons pour aller boire un verre et faire un tour dans le petit port de pèche, aux barcasses multicolores. A l'heure pile, nous sommes une dizaine de bécanes à  monter à bord du rafiot SNCM, les motos sont sanglées, avec précaution, par du personnel compétent et agréable.

Il n'est pas trop tard pour rendre visite à notre ville d'accueil. L'île Rousse fut fondée en 1758 par Pasquale Paoli (1725-1807). L'antique citée déploie ses rues pavées, nord-sud, depuis les quais du port de pèche et du port de commerce. La halle aux vingt et une colonnes est face à la place Paoli, entourée de cafés et restaurants, avec terrasses ombragées par d'immenses platanes centenaires. La statue de Pasquale Paoli trône au beau milieu, la construction des fortifications et des maisons s'étale du milieu du XVIIIe à la moitié du XIXe siècle.

Du phare de la Pietra, édifié en 1757, nous avons un panorama d'ensemble des îlots de granit rouge et de la vieille ville.    

 Mercredi 4 juillet 07 

 Ce matin départ vers 9h, sous un soleil éclatant, nous entamons la D 151. Une route magnifique qui serpente à travers la montagne et, qui nous conduit vers l’arrière pays de l’Ile Rousse. La région est superbe, avec des villages accrochés à la montagne, qui sont parmi les plus beaux de Corse. Au milieu d’un paysage brûlé par des étés trop chauds, avec de belles oliveraies, résistant, comme elles peuvent aux incendies, qui ravagent trop souvent la Balagne. Nous commençons par le village de Corbara, fixé au Monte Guido.

 Sant’Antonino est un véritable nid d’aigle, vissé sur un pic rocheux, dominant au nord le cirque de la Balagne jusqu’à la méditerranée d'un bleu azur. Nous continuons vers Aregno, c’est un vieux village à flanc de montagne. Entouré d’orangers, d’oliviers et d'amandiers qui offrent chaque année au village la « festa di l’amanndulu », une fête séculaire et traditionnelle Corse. Au bord de la D 151, au milieu des tombes, l’église de la trinité (XIIe siècle) ; avec ses murs sculptés, de figures humaines et d’animaux.

Nous rebroussons chemin pour revenir vers Pigna. Avec sa centaine d’habitants, le village de Pigna, l’un des plus anciens de Corse, perché sur une butte, est réputé pour sa production de poteries, boîte à musique, produits régionaux etc. Nous resterons jusqu’à la tombée de la nuit, afin d’immortaliser le coucher de soleil.

 Jeudi 5 juillet 07

 Il est tôt, quand nous chargeons les paquetages sur le dos de la bête. Une demi-heure plus tard, nous faisons halte à Calvi, capitale de la Balagne, la citadelle surplombe la baie, bordée par une plage sur environ 6 km et en arrière plan une pinède. L’ancienne cité génoise, est aujourd’hui une ville touristique.

C’est à partir de Calvi qu’il ne faut pas rater la petite route D81b, qui longe la côte, taillée dans la falaise, très étroite et sinueuse, vous aurez un avant goût des calanques de Piana. En effet la route surplombe la mer de plusieurs dizaines de mètres, avec des paysages sublimes.  Pause déjeuner à quelques kilomètres après Galéria, dans un petit restaurant sympa, nous reprenons la route D 81. Nous faisons un arrêt photos au col de Palmarella (408m) et, un second au col de la croix (269m), d’où l’on domine le Golfe de Girolata.

Il est 16h, quand nous arrivons à Porto, nous intégrons le petit camping familial, " Le Porto ", prix très raisonnable, autour de 15€ pour deux, avec tente et moto. Le camping est situé dans un ancien verger, les emplacements sont en terrasses et, l’on plante sa toile à l’ombre d’un cerisier ou d’un pommier, protégée par un treillage.

 Vendredi 6 juillet 07

 C’est vers 9h que, l’on prend la D 84 en direction d’Evisa, route étroite et dangereuse, qui s’enlace autour des montagnes et longe les précipices. Visite des ponts génois, nichés au fond des gorges de la Spelcunca, le premier pont porte le nom de "Zaglia" et le second "ponte Vecchiu".

Nous arrivons à Evisa, situé à 829 m d’altitude, magnifique petit village installé sur un piton rocheux, excellent endroit pour la randonnée, la région est parsemée de sentiers. Nous continuons pour atteindre la forêt d’Aitone, plantée de châtaigniers.

Nous en profitons pour faire une petite rando, et nous rentrons au crépuscule vers le camping.

 Samedi 7 juillet 07

                                                                                                                                                                                                                                           Moto chargée, nous prenons la D 81, qui monte de Porto à Piana. Les calanques sont une merveille, des à-pic d’une hauteur de 300 mètres, impressionnent. Des falaises de granit rouge déchiquetées en dentelles, rongées depuis des milliers d’années, par les intempéries. Une balade s’impose d’elle-même pour admirer ce chaos, aux formes étranges, que dame nature nous a laissé.

Direction Capo Rosso, par la D 824, une randonnée d’1h30, pour aller voir la tour génoise très bien restaurée "tour Turghiu".                                                                                                                                                   

Retour sur la D 81, en direction de Cargèse, dit la Grecque, en effet des immigrés grecs, s’établirent en Corse vers 1730. De la terrasse de l’église, il y a une magnifique vue sur le golfe, encore un village superbe.

Nous arrivons vers 13h00 à Ajaccio, il est temps de faire une pause déjeuner, après cet interlude nécessaire, une visite de la ville s’impose, beaucoup de choses à voir. Notamment la citadelle, la statue de Napoléon impressionnante par la taille, élevé à la gloire de l'enfant du pays, la cathédrale du XVIe siècle, la maison Bonaparte, qui abrita la famille Bonaparte à partir de la fin XVIIe siècle.  Nous poussons jusqu’à la pointe de la Parata, par la D211 (12km), nous jetons un œil sur les îles Sanguinaires, belle vue sur le golfe d’Ajaccio.

Nous reprenons la route en direction de Propriano. Les D55 et D155 que nous emprunterons le reste de la journée, nous feront découvrir de très jolis paysages et de ravissants petits villages. Tel que la pointe de Sette Nave, pointe de Di a Castagna, Capo di Muro, et les villages de Coti-Chiavari, Porto-Pollo avec une vue merveilleuse sur le Golfe de Valinco; il est déjà un peu plus de 20h00, quand nous décidons de nous poser pour la nuit, dans un charmant camping "L’Esplanade".

 Dimanche 8 juillet 07

 Comme tous les matins depuis une semaine, le soleil est au rendez-vous. Il est 10h quand nous quittons le camping "L’Esplanade" à Olmeto-plage, pour nous diriger vers Propriano, notre visite du matin. Nous découvrons une ville de touristes, avec ses plages de sables fins de chaque côté du port, rien de particulier à voir. Destination Campomoro, 17 km au bout de la D121, c’est un séduisant modeste village, typique de la Corse, situé à la pointe sud du Golfe de Valinco.

De jolies maisons sont éparpillées parmi les collines environnantes, une tour génoise en bout de plage, édifiée en 1586, est la plus importante de Corse (visite guidée). Campomoro bénéficie d’une belle plage, d’une multitude de criques et, d’une sublime côte sauvage, ce qui en fait un vrai petit paradis.

C'est en début d'après-midi, que Sartène nous voit débarquer, tout d'abord dans un resto typique, en terrasse à l'ombre des platanes, avec un bon menu Corse, un vrai régal, ensuite la visite de la cité. Sartène est fondée en 1520 par les Génois, accrochée à sa montagne entourée de hauts remparts de granit, Sartène domine la vallée. Elle a su garder le charme du passé, avec ses ruelles pavées, ses porches, son vieux pont "d’A Scaledda", son palais du gouverneur avec ses mâchicoulis datant du XVIe siècle, ses escaliers tordus, sa place à l’ombre des tilleuls, qui en font une très agréable et attachante ville à visiter.

 

Lundi 9 juillet 07

 9h00 sonne à ma montre, quand Dame 1300 trépigne d’impatience. C’est qu’elle est pressée de prendre la route pour rejoindre la plus majestueuse ville de Corse "Bonifacio", la bien nommée.

Mais pour l’instant rien ne presse, nous roulons tranquille sur la N 196, nous traversons de nouveau Propriano, puis Sartène et continuons vers le rocher du lion. Après une demi-heure de route, nous béquillons la bête et, nous jouissons du spectacle, tout d’abord le lion en granit presque réel, couché, endormi, nous affiche sa beauté. Nous dominons le golfe de Roccapina, qui nous offre à perte de vue, la mer d’une couleur turquoise, avec quelques voiliers flottants, comme suspendus dans l’espace, tellement l’eau est limpide et, aussi une plage sublime, il ne manque plus que les cocotiers, c’est un endroit magique.

Il est peu avant midi lorsque nous arrivons à Bonifacio, nous laissons la bête, dans un endroit réservé aux motos et gratuit, face au port de plaisance. Nous flânons un laps de temps avant la pause déjeuné. Nous trouvons un camping à quelques kilomètres de Bonifacio, sur la N 198, puis la D 60, 1 km plus loin, le camping "Pian Del Fosse", nous tend les bras. Il est situé sur un terrain plat, planté d’oliviers, de chênes verts et de pins.

L’après-midi sera consacré à déambuler dans les rues de Bonifacio.

  Mardi 10 juillet 07

 Après une grâce matinée et un petit déj, bien mérité, nous descendons à Bonifacio sur les coups de 10h30.

Bonifacio a été fondée  vers 830, par le marquis de Toscane : Boniface. Nous commençons notre visite par la ville basse, dont le port en occupe une bonne partie. Il est envahit par les bateaux de plaisance et yachts; sur les quais on trouve, restaurants, cafés avec d’immense terrasses et des boutiques à touristes. En marchant sur le quai principal, nous arrivons au petit port de pèche, qui est bien plus agréable à regarder, avec sa multitude de barcasses aux couleurs variées.

Il est 13h, écrasés par la chaleur et le soleil, nous grimpons nonchalamment la montée Rastello, qui nous conduit au col Saint-Roch. Un spectacle grandiose s'offre à nos yeux émerveillés, par la blancheur des calanques à droite, en face la Sardaigne nous tend les bras, (projet d'un prochain voyage) et à gauche les remparts qui surplombent la mer d'un bleu intense. Nous entrons par la porte de Gènes et son pont-levis du XVIe siècle, cette merveille fortifiée, entourée par une muraille de 3 km, perchée en haut de sa falaise de craie. Avec ses maisons hautes laissant à peine passer le soleil et tout juste filtrer la lumière aux travers des persiennes légèrement entrouvertes, pour conserver la fraicheur. Nous marchons dans un dédale de rues et de ruelles aux pavés usés par le temps, et passons sous des porches, des arcades servant à recueillir l'eau de pluie dans des citernes.

 Visite du bastion de l'étendard, du mémorial bonifacien et du jardin des vestiges, d’où l’on peut observer en contre bas, sur la droite une sorte de crique naturelle. Nous continuons vers la seule église gothique de Corse, Saint-Dominique édifiée au XIIIe siècle, avec son magnifique campanile. Un peu en décalage, situé à l'ouest de la vieille ville, le cimetière marin, comme une petite ville du dernier voyage, avec ses tombeaux immaculés orientés face au soleil couchant.

Retour vers le centre historique, qui nous conduit à l'escalier du Roi d'Aragon, il est taillé dans la falaise jusqu' à la grève. La légende veut qu'il ait été bâti en une seule nuit, par les soldats du Roi d'Aragon pendant le siège de 1420. Nous restons pour immortaliser le coucher de soleil du haut des falaises.

Mercredi 11 juillet 07

 Aujourd'hui, c'est une balade sur Porto-Vecchio, une journée de farniente. Nous commençons par le golfe de Santa Giulia et sa plage adorable, puis nous allons vers  le paradis, avec la plage de Palombaggia, cernée par des dunes, à l'ombre des pins maritimes géants. Au large on aperçoit les îles Cerbicale, c'est vraiment un endroit magique, les caraïbes sans les cocotiers, mais hélas, le lieu est envahi par les plagistes.

 

Une petite visite à Porto-Vecchio, sans grand intérêt, à part la ville haute qui reste assez plaisante, retour en fin de soirée à Bonifacio

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Cuba

BALADE  à CUBA  avril 2006 :

Encore plus de photos avec : http://picasaweb.google.fr/motovoyage35/Cuba2006 

Varadero est notre ville de base.

Varadero est située au début de la péninsule Hicacos, à 140 km à l'est de la Havane et à environ 40 km de Matanzas. Cette péninsule  s'étend sur 1 km de large et se prolonge en mer sur environ 20 km, avec d'un côté le Détroit de Floride et de l'autre côté la Baie de Cardenas. Elle est séparée de l'île par le canal de Kawama, mais reliée par un pont à bascule. Cette langue de terre s'étire vers le nord-est, et la Punta Hicacos, qui est le point le plus éloigné de l'île de Cuba, on y trouve une réserve naturelle, avec des cactus multi centenaires, dont un géant (El Patriarca) d'environ 8 mètres de haut, pour plus de 500 ans, ainsi qu'une forêt vierge et quelques plages.

Varadero, c'est une plage de vingt kilomètres de long, au sable blanc, parsemée  par endroit de cocotiers. La mer y est d'une couleur bleu azur et vert émeraude à la fois, ce qui lui donne une beauté extraordinaire. Le tourisme déferle dés les années 30, lorsque Irénée Dupont de Nemours, un riche américain décide d'y construire son hacienda.  C'est ici que fut construit le premier hôtel de l'île, c'était en 1940. Varadero est de loin l'endroit le plus fréquenté de l'île Cubaine, tant par les Européens que les Canadiens et Mexicains, du point vu touristique. Mais après la révolution cubaine en 1959, les riches propriétaires furent expulsés, et la plage fut rendue au peuple cubain.

Toutefois, à partir des années 1990, lorsque la crise économique frappa le pays, Fidel Castro, bien qu'opposé au développement touristique, dût accepter son essor. Lorsque le dollar américain fut dépénalisé; à l'aide de capitaux étrangers les premiers hôtels de luxe virent le jour à Varadero, puis pratiquement dans toute l'île. La plage de Varadero cesse d'être sauvage, elle devient une zone de tourisme où la population cubaine n'a plus sa place, sauf dans certains endroits restreints.

Varadero est simple à visiter, toutes les rues sont parallèles, numérotées de 1 à 69 et entrecoupées par cinq avenues, dont l'artère principale et l'avenida playa qui longe la plage où sont installés tous les hôtels; l'autre côté est bordé par l'Autopista sur. De l'hôtel nous prenons la navette pour rejoindre le centre ville.  Varadero est à l'origine un simple petit village de pécheurs, devenu bien malgré lui un complexe hôtelier et balnéaire réputé dans le monde entier. Le vieux Varadero a gardé son architecture typique des villages coloniaux, avec de vieilles maisons en bois ou en pierres aux multiples couleurs pastelles. On y trouve quelques restaurants, la gare de bus, des locations de voitures, la poste, pas grand-chose à voir, à part son marché où l'on trouve toutes les babioles souvenirs et des choses attirantes comme des sandales en cuir de chèvre, des châles, des broderies de toutes sortes. Le plus intéressant de Varadero c'est son petit musée municipal installé dans une charmante maison en bois édifiée en 1921, de couleur bleu et blanche. En prenant la calle n°58, nous tombons sur El Parque Josone, magnifique petit parc, avec sa villa, son lac artificiel et sa piscine qui appartenait à un riche espagnol, (mais la révolution est passée par là) c'est un endroit où les gens aiment venir après la plage, écouter de la musique le soir et diner dans l'un des restaurants. 

Les plages sont magnifiques, cocotiers et palmiers sont de la partie.

Le soir c'est un régal pour faire des couchers de soleil.

Trinidad petite ville, située dans la province de Sancti Spiritus à l'ouest de l'île, et au bord de la mer des Caraïbes. Fondée en  1514 par Diégo Velasquez, un conquistador espagnol. La ville est réputée pour son centre historique à l'architecture coloniale exceptionnelle. Elle est classée depuis 1988 au patrimoine de l'UNESCO. Trinidad est en pleine restauration, la cité n'à rien perdue de son charme d'autrefois. Du XVIIe au XIXe siècle, l'essor de l'industrie sucrière et la canne à sucre, récoltée par les esclaves au profit des colons espagnols, fit la richesse de la vieille cité.

Les belles demeures et palais qui entourent  la Plaza Mayor témoignent d'un riche passé. Trinidad est mise en sommeil, par la production de la betterave sucrière d'Europe au milieu du XIXe siècle. La faillite des grandes familles sucrières aristocratiques (Iznaga, Borrel, Becquer, Ortiz) de la vallée de Los Ingenios, laissa Trinidad dans une longue période d'isolement qui s'étendit de 1850 à 1950; cela a permis de préserver intact l'architecture coloniale de la vieille cité.

Les rues pavées de galets de gypse et de granit ont la particularité de se diriger toutes vers la Plaza Mayor. Le centre de la Plaza est composé de quatre jolis jardins, rehaussés par de magnifiques palmiers, entourés par des grilles en fer forgé de couleurs blanches. Au nord-est de la Plaza Mayor, l'iglésia de Santisima Trinidad à cinq nefs, édifiée de 1814 à 1892, le musée de l'architecture coloniale construit en 1819, qui est à l'origine la Casa de Los Sanchez-Iznaga. Un peu plus loin on trouve la galerie d'art et d'artisanat, ancienne demeure d'Aldeman Ortiz construite en 1809. A droite de l'église, le large escalier nous conduit vers la Casa de la Trova où, chaque soir, l'espace devient un endroit où l'on danse jusqu'au bout de la nuit.

La Plaza Santa Ana, pavée de galets difformes, avec son église en ruine, mérite qu'on s'y attarde un instant. 

Les maisons aux couleurs pastelles, vieilles de 200 à 300 ans, donnent l'impression que le temps s'est arrêté. Et on aperçoit à travers les grilles des fenêtres, aux barreaux en fer forgé, rongés par la rouille ou en bois aux couleurs délavées par le temps, l'intérieur des casa parfois splendide au mobilier hérité d'une autre époque. Trinidad est à voir absolument.

SANTA-CLARA  est la capitale de la province de Las Villa, située au centre de l'île de Cuba. Elle fut fondée en 1689 par les habitants de Remedios. Santa Clara est un haut lieu de la révolution Cubaine. En effet, c'est le 28 décembre 1958, que Ernesto "Che" Guevara apprend qu'un train blindé rempli de munitions doit traverser la ville en direction de Santiago.

Accompagné d'à peine 300 compagnons, à l'aide de cocktails molotov et d'un bulldozer, le Che s'empare du train, ainsi que de la ville et réussit à vaincre les 3000 soldats de Batista qui la défendaient.

Ce fait d'arme historique permit de bloquer la progression de Batista qui prit la fuite. C'est à Santa Clara que le Che a été inhumé en 1997, au côté des 38 dalles qui honorent la mémoire du Che et de ses compagnons tombés avec lui au combat en Bolivie, (seules 7 dépouilles ont été retrouvées à ce jour).

Sur la Plaza de la révolution, un mémorial est érigé à la gloire d'Ernesto "Che" Guevara, avec une statue géante le représentant en arme, son socle porte l'inscription "Hasta la Victoria Siempre" jusqu'à la victoire, toujours.                                                                      

Cienfuegos est située au fond d’un golfe, ce qui lui donne une position bien abritée des fortes houles, la cité est fondée officiellement en 1819, et porte le nom du gouverneur général de l’époque, José Cienfuegos.

Un peu d’histoire, l’endroit était connu depuis des lustres, par les indiens Jagua, puis en 1494, Christophe Colomb découvre le goulet naturel, qui permet l’accès à la baie, il décide d’y construire une forteresse. C’est sous l’impulsion des Français que la ville se développe et prospère, puis des Espagnols, la ville s’appelle alors Jagua, nom donné par les indiens.

Au début du XIXe siècle le gouvernement général de l’île, fait appel à une famille, les Laurent de Clouet d’origine Française installés à la Nouvelle-Orléans. Le fils Jean-Louis, né en Louisiane, nomma la cité Fermandina de Jagua, pour ne pas froisser, d’un côté les Espagnols et de l’autre côté les indiens Jagua. Par la suite Jean-Louis de Clouet invita de nombreux immigrants français de Louisiane et de France à venir le rejoindre. Ce n’est qu’en 1830 que la ville prit le nom définitif de Cienfuegos.

Après avoir garée la voiture dans une rue à l’écart du centre ville, surveillé par un adolescent à qui nous avons promis un pourboire, nous nous dirigeons vers le Parque de José Marti, héros de l’indépendance Cubaine. C’est en fait le centre ville, la plaza principale délimitée, par des monuments édifiés du XIXe au XXe siècle, offre une perspective des plus originales. Au sol une rosace d’environ deux mètres de diamètre, représente le Golfe de Cienfuegos, et, indique le lieu exact où Jean-Louis de Clouet marqua les frontières de la fondation de la colonie Française en 1819.

Cette plaza magnifique, avec son superbe kiosque à musique, son arc de triomphe, ses palmiers disséminés de part et d’autre, nous donne une vue d’ensemble très agréable.

Nous voici devant la  Cathédrale de la Purisima Conception, achevée en 1870 de style néoclassique, à l’intérieur, des vitraux en piteux état qui représentent les douze apôtres. A l’est de la plaza se trouve le Palacio Ferrer, coiffé de son belvédère et de son escalier en colimaçon, pour y grimper. Ce petit palais est devenu, maison de la culture depuis 1978.

 La Havane cité de San Cristobal de la Habana est fondée en 1519, elle se fait nommer ainsi en référence au chef indien Habaguanex. La Havane était à l'origine un port de commerce, et ne devint capitale de la colonie Espagnole qu'en 1607. C'était l'ultime étape pour les navires Espagnols de la route des Indes qui s'en retournaient vers l'Europe.

En 1556, la cité reçoit la résidence du gouverneur, avec son port et son mouillage naturel, La Havane devient la plaque tournante de la conquête espagnole. Les cales des navires regorgent des richesses venues d'Amérique du sud: perles, émeraudes, or, indigo, noix de coco, oiseaux rares aux couleurs multicolores, s'en vont enrichir l'Espagne. Mais tous ses trésors attirent les pirates et les flibustiers, la ville est pillée, brulée une première fois en 1538 par des boucaniers, puis de nouveau à deux reprises en 1553 et 1555 par le célèbre Jacques de Sores, Français de son état.

Les espagnols décident pour se protéger de construire en 1582, des remparts et la première forteresse: El Castillo de la Fuerza. Attaqué par Francis Drake en 1586, qui doit renoncer au bout de quelques jours. Les espagnols font édifier deux nouvelles forteresses : El Castillo Del Moro et El Castillo de San Salvador de la Punta; cette fois les attaques cessent, à la vue de ces bastions imprenables.

La ville prend son essor et, l'on voit apparaître de superbes demeures et palais de style Andalou. La Havane remplace Santiago comme capitale en 1607, et prospère aux rythmes des échanges entre l'île et l'Espagne. A partir de 1863 les remparts sont détruits pour agrandir et construire de nouveaux quartiers, c'est à partir de ce moment que la vieille cité (Habana Vieja) se distingue de la ville moderne (Vedado puis Miramar).

La Havane est l'une des plus vieilles villes d'Amérique, pas étonnant qu'elle soit classée au patrimoine mondial de l'humanité depuis 1982. Le centre historique, la Habana Vieja érigée au fil des siècles, par les espagnols, les anglais et les américains lui donne un charme très particulier.

Nous arrivons tôt le matin, nous laissons la voiture dans une rue de la vieille cité, en espérant la retrouver intacte. Nous découvrons une ville en total délabrement, la plupart des somptueuses demeures et palais sont en ruines. Ils ont été abandonnés après la révolution, par leurs riches propriétaires et envahis par des milliers de paysans, tous ces gens s'entassent dans les maisons au passé chargé d'histoire. Le quartier espagnol, qui représente le centre historique, est certainement le plus riche en monuments et palais de toute sorte, qui étale ses constructions du XVIe au XVIIe siècle.

Commençons par La Plaza de Armas, la plus ancienne place de la ville où tout à commencé, plantée de fromagers et de palmiers royaux, au centre de la place, on y trouve, un splendide jardin qui abrite de très belles fontaines et une statue de Carlos Manuel de Céspedes. En semaine les bouquinistes y installent leurs boutiques ambulantes, qui regorgent de livres parfois très rares et originaux, un vrai régal pour les touristes. La Plaza de Armas fut édifiée dés le début du XVIe siècle, elle est entourée de fabuleuses demeures et d'édifices militaires, dont le Castillo de la Real Furza (château de la force royal). Refaite et réaménagée en 1776 aux dimensions que l'on connait actuellement, remaniée en 1841, elle n'a pas bougé depuis cette date.

Filons vers "La Plaza de la Catédral", ancienne place des marais; nous voici devant la cathédrale fondée par des jésuites au XVIIIe siècle, avec sa façade de style baroque et ses deux campaniles de chaque côté de formes et hauteurs différentes. Dédiée à San Cristobal le patron de la ville, à l'intérieur dans la nef centrale reposèrent jusqu'en 1898, les cendres de Christophe Colomb, ensuite elles ont été rapatriées dans la cathédrale de Séville. A droite, le Palacio Del Marqués Lombillo, érigé en 1730, puis réaménagé quelques années plus tard. Juste à côté, la Casa Del de Arcos, très beau monument à arcades de type colonial, édifié en 1741 par le trésorier du Roi, Diego de Peñalva Angulo y Calvo de la Puerta. Au fond de la Plaza, le Palacio de Los Condes de Casa Bayona, construit en 1720, pour le gouverneur de l'île, il abrita ensuite pendant un temps une distillerie de rhum, avant de devenir un magnifique musée d'Art Coloniale.

Nous quittons la Plaza, pour nous engagés dans la calle (rue) Ignacio, afin de rejoindre la calle Obispo, l'une des plus anciennes, où la restauration de ses vieilles demeures avance à grand pas. Elle en devient l'avenue la plus animée et fréquentée par les touristes, avec ses nombreuses boutiques de commerce en tout genre. En remontant la calle Obispo, on arrive dans un quartier qui fut dans les années 20-30, le siège de grosses banques, comme à Paris, New-York, Londres, on déployait alors sa richesse et son opulence, dans des façades majestueuses, apologiques et parfois déclamatoires.

Nous voici devant le Parque Central, l'un des endroits les plus vivants de la vieille cité, remarquable place plantée d'arbres depuis les années 1920. Elle est entourée de merveilleux palais et autres superbes demeures.

Nous continuons notre balade, vers le Capitolio, élevé de 1920 à 1929, c'est la réplique du Capitole de Washington. Siège de la chambre des représentants et du Sénat, jusqu'à la révolution Castriste de 59. La coupole qui la coiffe s'élève à 61 mètres de hauteur, par terre et au centre, un diamant marque le km 0 de toutes les routes du pays.

Après avoir flânés parmi beaucoup de rues et de ruelles, nous voici arrivés à la Plaza Vieja, qui aligne un nombre important d'admirables et surprenants palais et demeures, pratiquement restaurés, un ravissement pour les yeux. La Plaza Vieja fut construite au milieu du XVIe siècle, et devient un lieu prestigieux aux XVIIe et XVIIe siècles, essentiellement fréquentée par les nobles, les bourgeois et les commerçants aisés, qui furent autorisés à y bâtir leurs résidences.

Les plus monumentales et impressionnantes demeures s'embellissent, de portiques, loggias, façades aux détails gracieux et élégants, balcons et porches soutenus par des colonnes, font de cette place un endroit très plaisant.

Il est tard, il est temps pour nous de rejoindre Varadero.

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'Ouest des USA

          5600 km, A TRAVERS L'OUEST  AMERICAIN

  Plus de photos avec : http://picasaweb.google.fr/motovoyage35/LOuestDesUSA2008#

L'Ouest Américain ou Far-West compte 13 états, nous nous contenterons dans traverser 4 (Arizona, Utah, Nevada et Californie du 8 au 24 mars 2008) ce voyage a été effectué en voiture et non en moto, pour la simple raison qu’il faut compter 1800 € de location pour une moto, contre 325 € pour une voiture. Nous reviendrons et peut-être que nous le ferons en moto.

1er jour 8mars08

Nous arrivons à Phoenix (Arizona) vers 20h00, il fait déjà nuit, le temps de remplir les formalités et, de récupérer la voiture de location (pas trop de problèmes avec la boîte automatique), il est 22h00. Ensuite deux heures de galère pour retrouver l'hôtel qui est à seulement 15 miles de l’aéroport.  Mais quand vous débarquez dans une grande ville américaine, pour la première fois ce n’est pas si facile que ça, il faut commencer par déchiffrer les panneaux autoroutiers.

2ième jours9mars08

Il est 10h du mat, nous voila partis pour l’aventure de l’ouest américain, nous quittons Phoenix par la route 60 nord-est, direction la réserve Apache. Nous y rencontrons des gens un peu méfiants au premier abord, puis les langues se délient, nous échangeons quelques mots avec eux. Nous nous rendons compte que l’alcoolisme et la misère font partis de leur vie quotidienne. Nous sommes un peu gênés, achetons quelques courses dans un petit market de la réserve, pour déjeuner le midi et, reprenons la route. Nous ne voyons pas de terre de culture, mais que des montagnes, des canyons, des cactus et des zones désertiques, il n’y a rien à faire pour le peuple Apache, je comprends mieux l’ennui et le désarroi de cette population. Quelques kilomètres plus loin après avoir quitté Fort Apache, nous sommes surpris de voir de la neige dans la forêt de pins, qui nous entoure, ainsi que sur les bas côtés de la route, nous sommes pourtant au sud des Etats-Unis. C’est vrai que ce n’est que mi-mars. Nous sortons de la réserve Apache en direction de Show-Low, canyon, cactus et désert se succède tout le long de la journée. Nous rattrapons la route 61 plein- nord, puis la route 180 nord, pour nous diriger vers le « Parc National  forêt pétrifiée » au nord-est de l’Arizona.

Les milliers de troncs fossilisés de la forêt pétrifiée datent du trias (environ 225 millions d’années). La région était alors occupée par le delta d’un fleuve, sur les rives poussaient des arbres géants. Ils furent enfouis sous des dépôts sédimentaires riches en silice.

La silice remplaça lentement la matière végétale et fossilisa les troncs. Progressivement, la région s’enfonça et fut ensevelie sous des strates sédimentaires. Son soulèvement récent, conjugué à l’érosion permit la mise à jour des troncs fossilisés. On y trouve également des pétroglyphes amérindiens et des fossiles d’animaux préhistoriques. Nous voila déjà chez les Navajos, il est tard nous décidons de nous arrêter dans un motel en plein cœur de la réserve, dans la petite ville de Chinle au pied du Canyon de Chelly.

3ième jours 10mars08

8h30, nous commençons la journée par la visite du « Canyon de Chelly ». Le mot Chelly est une déformation anglaise du mot Navajo « Tseqi », qui signifie canyon rocheux ; C’est une superbe faille  taillée en  Y, creusé par deux rivières : Tsaille Creek et Whiskey Creek, dans une plaine quasi désertique. D’une grande beauté de couleur rouge sombre, de la dimension approximative des gorges de l’Ardèche. On devine bien comment les lits des rivières se sont creusés dans la roche de grés, pour atteindre plusieurs centaines de mètres de profondeur (400 m environ).Dans le fond on distingue des champs de cultures, des hogans, des chevaux, des chèvres, des moutons et des pick-up. En effet celui-ci est habité depuis des milliers d’années, on y trouve les ruines de villages Anasazis, datant de 350 à 1300 ans de notre ère. Les Anasazis sont les premiers habitants de la région, l’originalité de ces villages c’est qu’ils furent construits dans des grottes ou sous des aplombs des falaises de grés.

Le site est sacré pour  les Navajos, c’est vers 1700 ans qu’ils se sont installés dans le fond du canyon en menant des attaques contre les villages pueblos, puis contre les espagnols et enfin contre les américains. Pour mettre un terme à ces attaques, une campagne militaire fût menée par le terrible Kit Carson, qui remporta cette bataille finale en 1864, (mais sans gloire) en affamant les Navajos. 8000 Navajos, femmes, enfants, vieillards et guerriers furent déportés vers le Nouveau-Mexique. Dans l’une des premières réserves, ce fût un échec, les survivants (à peine la moitié) furent autorisés à regagner le canyon.

Après cette belle journée riche en histoire et paysages, nous reprenons la route 191 nord, jusqu’à Bluff (Utah) pour y passer la nuit.

4ième jours 11mars08

Ce matin il fait froid, il a gelé cette nuit, mais le soleil veille et nous sentons déjà la chaleur tiède de ses rayons nous envahir. Nous prenons la direction de l’ouest par la route 163, pour rejoindre « La Vallée des Dieux ». Après avoir parcouru une douzaine de miles, entre Bluff et Mexican Hat, nous prenons la piste sur notre droite, pour découvrir des paysages superbes, des formations géologiques  extraordinaires de couleur rouge. La piste est praticable en moto comme en voiture, elle enchaîne la tôle ondulée, petites montagnes russes, quelques fois des passages de  torrents asséchés. Compter environ 2h30 pour parcourir les 17 miles de piste, avec les arrêts photos, cette vallée est peu fréquentée par les touristes, c’est dommage car ça vaut le détour.

Nous sortons de la piste, puis nous prenons la 261sud, pour rejoindre Mexican Hat et, de nouveau la 163 ouest, pendant une vingtaine de miles et nous arrivons dans un décor de western, le plus connu dans l’histoire du cinéma. 

« MONUMENT VALLEY »  (à cheval sur l’Arizona et l’Utah)

Un rêve de gosse se réalise, les images de cow-boys et d’indiens défilent dans ma tête, les plus grands westerns de John Ford avec John Wayne ont été tournés dans ce décor extraordinaire. Monument Valley situé à l’intérieur de la réserve des Navajos, nous offre un paysage extraordinaire de beauté, d’une dimension colossale, que le regard ne suffit pas à embrasser d’un seul coup d’œil, cette immensité désertique. Pitons, butt et mesa de roche, d’origine volcanique,  atteignent parfois 400 m de hauteur, changent de couleur du lever au coucher du soleil, passant du rouge pâle au violet. Ce tableau gigantesque a vu le jour  il ya environ 160 millions d’années et, continue de se modifier. La piste est caillouteuse, poussiéreuse, voir avec quelques ornières, mais reste praticable en voiture et moto, longue d’une vingtaine de miles, environ 3 à 4h00 de visite.

 La vallée est peuplée d’indiens Navajos, qui vivent de l’agriculture, de l’élevage de moutons et de chevaux, ainsi que de l’artisanat vendus aux touristes (poteries, bijoux, couvertures etc.).Certains habitent, encore à la manière de leurs ancêtres, dans des huttes traditionnelles, « hogans » fabriquées avec des rondins de bois, des brindilles et recouvertes d’argile, ils effectuent encore le travail quotidien selon les rîtes ancestraux. Le soleil décline, il reste environ 160 miles avant de rejoindre Page, notre ville étape, il fait  nuit quand nous arrivons et mais nous trouvons facilement un motel.

5ième jours 12mars08

Page fondée en 1957 pour la construction du barrage sur le Glen Canyon où coule le fleuve Colorado, Page est située à 6 miles du « lac  Powell », sur un plateau désertique de 1310 m d’altitude « Manson Mesa », qui domine la rive sud du Colorado qui forme l’immense lac artificiel « Powell ». Nom qu’on lui a donné en mémoire de l’explorateur John Wesley Powell (1834-1902), qui descendit une grande partie du fleuve, avec quatre embarcations et neuf hommes, en mai 1869. La journée commence par la visite du barrage, suivi d’une petite balade le long de la rive ouest du lac Powell, qui nous offre un magnifique paysage de couleurs variées. Nous suivons maintenant la route 89 nord, passons Kanab, Mount Carmel Junction, Glendale et filons vers le « Parc National Bryce Canyon », encore enneigé à cette époque de l’année.

 

 Le parc est connu depuis l’époque des trappeurs (vers les années 1830), d’une beauté extraordinaire de part ses roches en forme de cathédrales déchiquetées, Bryce Canyon est creusé dans des falaises roses, qui changent de couleur au gré des heures. Sculpté par l’érosion, le gel et la pluie depuis des millénaires, ce qui donne ces étranges et magnifiques colonnes de pierres, qu’on appel Hoodoos, d’ailleurs beaucoup de sites portent des noms laissés par les Indiens Paiute : Paria (eau boueuse), yovimpa (les pins), Paunsaugunt (la maison du castor). Nous revenons sur nos pas vers Mt Carmel, rejoignons la petite route N° 9,

pour atteindre le « Parc National de Zion ». En fait c’est plutôt un étroit canyon, comme taillé d’un coup de sabre, d’environ 8 miles de long, creusé par la rivière Virgin depuis 135 millions d’années et d’une profondeur de 600 m, composé de couches sédimentaires, allant du blanc cassé au brun foncé. Au fond du canyon, nous avons rencontrés des mule deers (daims). Il est déjà tard, nous resterons donc à Springdale pour la nuit.

6ième jours 13mars08

Nous partons vers 8h00, pour être en milieu d’après-midi à Las-Vegas, mais pour l’instant nous prenons l’Interstate highway 15 plein sud, pendant une centaine de miles. Nous entrons dans l’état du Nevada,  l’interstate serpente en de grandes courbes sur une quinzaine de miles, en passant dans un canyon où coule la rivière Virgin. Puis nous sortons au niveau de glendale, suivons la route  (169), nous traversons Logandale et Overton, non loin du Lac Mead, puis nous empruntons une petite route sinueuse, qui traverse le parc d’état «Parc d’état La Vallée de Feu », de magnifiques paysages d’origine volcanique s’offrent à nos yeux, les roches d’un rouge vif, qui composent cette toile de maître y ont été sculptées et torturées par le temps et l’érosion, environ 2h00 de visite.

Vers 15h00, nous entrons dans Las Vegas, ville plantée en plein désert, écrasée de chaleur et de soleil, environ 30° au mois de mars ; Elle nous accueille, par le freeway à deux fois 8 voies, où je suis un peu perdu parmi tous ces gros pick-up, camions à trois, voir quatre remorques, qui vous passent à gauche et à droite ; C’est  impressionnant au début, mais on s’habitue vite à la circulation.

Las Vegas, fondée en 1905 à la construction du chemin de fer, située sur une piste d’un ancien campement de pionniers, qui suivait la piste espagnole reliant Santa-Fe à la Californie. Une ville d’argent, de débauche, de spectacles féériques et musicaux parmi les plus étonnants du monde. Nous trouvons un motel avant 16h00, après les prix grimpent en fonction du remplissage des chambres, nous évitons le week-end, car beaucoup trop cher. Nous ne sommes pas trop loin du Strip (Las Vegas Boulevard), nous voila partis pour une balade, nous repérons les plus grands hôtels casinos, puis nous rentrons au motel pour diner. Il fait nuit, nous sommes éblouis par les illuminations de toutes sortes, nous visitons quelques casinos : Le Paris qui représentent plusieurs quartiers de Paris, (la Tour Effel, l’arc de Triomphe, l’Avenue des champs Elysées, la gare d’Orsay, l’Opéra Garnier, les boutiques de la rue de la Paix, etc.…) le Bellagio avec son merveilleux spectacle son et lumières et jets d’eau, sur un lac de 3,5 ha. Le M.G.M, avec en façade son lion géant doré de la Métro Goldwyn Mayer, qui reçoit régulièrement les plus grandes stars du 7ième Art. Nous visitons encore deux ou trois casinos, puis rentrons au motel pour finir la nuit.  Pour notre part, nous avons appréciés la ville de lumière, les casinos géants, sa vie tumultueuse et de folie la nuit.

7ième jours 14mars08  

Nous quittons Las Vegas par la 160 ouest jusqu'à Pahrump, nous rattrapons la route 178 pour rejoindre Shoshone en Californie. Shoshone (nom d’une tribu indienne) est située à l’entrée sud de la Vallée de la Mort  «Park National Death Valley » . On y trouve, une pompe à essence, une épicerie avec un distributeur de billets, un petit musée dans l’ancienne station service et à l’extérieur une vieille voiture des années trente, qui vaut bien une belle photo.

Nous entrons dans la mythique Vallée de la mort, 70 miles de désert avant d’atteindre Furnace Creek, ancienne mer de 200 millions d’années, coincée entre la Sierra Nevada et les Shoshones Mountains ; La Death Valley s’enfonce sous le niveau de la mer pour atteindre son point le plus bas à Bad Water (– 86 m), la température la plus chaude y a été enregistrée en juillet 1913 avec 57°C, et le record de froid la même année avec moins 9°C.

Ce désert que l’on suit par une route étroite et sinueuse, serpente à travers des paysages lunaires et très variés: des étendues salées d’une blancheur incroyable, des montagnes à l’ouest, des dunes au nord, des villages fantômes, et des mines abandonnées (d’or, d’argent et de borax). A  Furnace Creek, nous visitons un petit musée gratuit, situé dans la plus vieille maison en bois (1883) de toute la Death Valley, à l’intérieur, on y découvre tout un tas de choses, sur la vie des pionniers, des mineurs, une foule d’objets divers de l’époque de l’ouest. A l’extérieur une exposition est consacrée à l’exploitation  minière (or, argent et borax), on y trouve des wagonnets, des chariots, des calèches, une diligence et même une authentique locomotive du XIXème siècle. La première mine de borax, fut découverte par un français du nom d’Isidore Daunet en 1875. Après Furnace Creek nous rejoignons la route 190, peu avant Stovepipe Wells Village,  à notre droite, à quelques encablures, apparaissent les dunes de sable blanc, d’une dizaines de mètres de hauteur. Nous quittons la Death Valley par la route 190 ouest, et de chaque côté sur une étendue infinie, des arbres de Josué, sorte de palmiers-cactus qui prolifèrent dans toute la région. C’est vers 19h00 que nous rejoignons, Lone Pine au pied du Mont Whitney (4417m) une petite ville de l’ouest très particulière. En effet, c’est dans la région que furent tournés les grands westerns du cinéma hollywoodien. Nous prenons une chambre par hasard dans un vieux motel en bois des années 30, et apprenons par le patron, que le motel fût construit spécialement pour les acteurs et actrices de l’époque. John Wayne, Gary Cooper, Errol Flynn, Cary Grant, Anthony Quinn, Spencer Tracy, Rita Hayworth, Clint Eastwood et pleins d’autres ont séjournés dans ce motel mythique.

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